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Archive for the ‘poèsie’ Category

poemes-de-france-n10-15-avril-1915-victor-hugo
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Où nagent les étoiles,
Lorsque l’eau du delà,
Tarit sous la chaleur du voile,
Qui couvre leur royaume,
Où brillent les toits de chaume,
Et leur paille de roseaux,
Sous les feux et l’arôme,
Des entre-deux trépas ?
Elles nagent à Canicule,
Le pays d’Oasis,
Où songent les renoncules,
A l’ombre des canisses.
Elles nagent dans l’air flottant,
Au parfum de volcan,
Qui irradie, brûlant,
De son courant croissant,
Le lit des flots de là.
Elles nagent entre deux eaux,
Louvoient la grande voile,
Entre chèvre, entre-joie,
Et choux en forme de poire,
Et les ruisseaux ciboires,
Des eaux en claires-voies.

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« Les mots, ils ne demandaient rien d’autre que d’être heureux ensemble. Même pas heureux d’ailleurs, ils n’étaient plus si exigeants. D’être ensemble, c’est tout. »

…d’attendre demain.

C’était demain, et le jour commençait à flotter autour des persiennes. Il faisait comme un ruban guirlande qui allait s’accrocher jusqu’au plafond, à l’autre bout, ce qui donnait à la pièce une allure de sapin de Noël. Chouette ! J’allais enfin savoir si la fonte des mots avait eue lieu, ou bien pas.
Vite ! Un petit effort ! C’est que la température n’était guère élevée, l’idée du froid me bloquait la respiration. Mais bon, aller, courage ! Juste un petit effort, et je réussirais à sortir des draps bien chauds et à me lever.
La lueur blanchâtre filtrait jusqu’aux bordures des cadres de la fenêtres, quelque chose comme une lumière crue, le père Noël n’avait pas prévu la cuisson. Bien que je préfère l’été, avec sa chaleur, son soleil qui apporte des rayons rouges orangés, j’aimais bien cette impression d’irréalité qui ondoyait autour de moi.
J’enfilai rapidement une robe de K Gibbi, c’est un peu plus réduit, ou un peu moins étendu, c’est comme on veut. La chambre était encore plongée en traîne de nuit, avec quelques éclats d’étoiles épars sur le mur opposé aux volets.
Les dernières braises rougeoyaient encore dans le foyer lorsque j’arrivai dans la salle à manger, le feu ne tarderait pas à reprendre, il suffisait de recharger méthodiquement avec ces bûches savamment taillées à la mesure de l’âtre par les bon soins des bûcherons. Je n’omis pas de placer un journal froissé en boule en dessous, bien en contact avec les brandons, puis je m’approchai nonchalamment de la porte et l’ouvrit.
Ça alors !!!
Mais quelle ne fut pas ma surprise !
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arbre-a-voeux
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Non seulement le congélateur ouvert s’était rempli de tout un tas de lettres, toutes plus décorées les unes que les autres, et le froid n’avait plus la primauté du lieu. Mais en plus, les arbres étaient jonchés de feuilles remplies de mots, ils s’étaient rassemblés là pour ne pas disparaître, j’en versai une larme de joie. C’était probablement encore une facétie du père Noël, il dit toujours plus tard, plus tard, celui-là ! Et puis, c’est au moment où tu t’y attends le moins qu’il te fait une surprise ! Celle-là était de taille, de taille d’arbre. Et il ne me restait plus qu’à en cueillir les fruits. Il y eut alors, à cet instant précis, une idée fulgurante qui traversa mon cerveau. Ce qui me surpris beaucoup, car j’avais l’habitude qu’il soit lent. Que de présents m’étaient offerts cette année…
Pressée par cette soudaine inspiration, je repris la direction du foyer chaleureux où commençaient à s’élever à nouveau de grandes flammes dans la cheminée, et me saisit du téléphone.
– Père Noël ?
– Il dort encore, chère madame, que désirez-vous ?
– Oh pardon ! Bonjour, à qui ai-je l’honneur ?
– A son renne de tête.
– Oh ! Vous êtes combien, sinon, à tirer son traîneau ?
– Plus très nombreux, vous savez ! Nous vieillissons un peu, vous comprenez ? Vous êtes Madame Cyclopédie ?
– Oui, c’est moi.
– Il m’a chargé de vous transmettre un message.
– C’est lui, n’est-ce pas, les mots préservés sur les arbres à vœux que j’ai découverts ce matin dans mon jardin ?
– De quoi me parlez-vous, chère madame ?
– Ah ! Ce n’est pas lui, alors… Et quel est donc son message ?
– Il me dit que vous pouvez faire appel au magicien Morphée, qui saura très bien arranger tous vos petits bricolages. Ah, tiens, je crois que c’est le père Noël que j’entends, si vous avez un instant, je vais lui demander s’il désire vous parler personnellement.
– Merci, monsieur renne de tête, je patiente.
Une minute plus tard, la voix du père Noël résonnait dans l’appareil.
– Madame Cyclopédie, quelle bonne surprise ! Vous n’avez pas résolu votre problème de mots, je suppose ?
– Et bien si, justement, et pourtant, je n’ai rien fait. Je voulais vous en remercier, car c’est vous, n’est-ce pas ?
– Moi qui quoi ?
– Vous qui avez sauvegardé tous les mots ?
– Euh… Non, j’étais en distribution de présents cette nuit, mais vous avez fait appel à Morphée alors ? Peut-être même sans le savoir, j’imagine.
– Père Noël ?
– Oui, Cyclopédie ?
– Voulez-vous m’aider à cueillir tous ces papiers avec moi en dehors de votre temps de travail ? A deux, nous serions qui sait plus efficaces ?
– C’est que… Cela demande réflexion, madame Cyclopédie ! Vous savez, moi… 24 heures dans l’année, vous n’imaginez pas ce que cela demande comme énergie. Le reste du temps, je flâne, je volète, je me promène, et cela me va si bien.
– Père Noël ?
– Oui, Cyclopédie ?
– Père Noël, réfléchissez, vous me connaissez, je ne mets la pression à personne, mais les mots, vous savez, ils sont là, ils risquent les intempéries, alors, pensez-y s’il-vous-plaît. J’ai besoin de vous pour préserver leur plénitude.
– Envoyez-moi un courrier, madame Cyclopédie, et je verrai ce que je peux faire pour vous.
Nous avons raccroché. J’avais l’impression qu’il était heureux en disant ces derniers mots. Alors qu’au fond de mon cœur s’installait quelque chose comme un doux sentiment d’espérance, j’ai vu des feuilles tournoyer au dessus de moi, comme un vol de colombes, et je suis tombée dans les fruits du pommier.

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machine-a-ecrire-underwood-n6

Machine à écrire Under Wood N°6

Passer le langage à la machine,
Celle à écrire,
Pour savoir si le sens qui l’anime,
Est solide,
Est-ce qu’on peut ravoir à l’imprimante,
La précision,
La portée d’une pensée transparente,
Le don,

Pour retrouver une verve d’accords,
De ces mots devenus fades,
Convient-il de faire certains efforts,
Acceptables ?

Passer le langage à la machine,
Celle à écrire,
Pour savoir si le sens qui l’anime,
Est solide,
Est-ce qu’on peut ravoir à l’imprimante,
La précision,
La portée d’une pensée transparente,
Le don,

Petit Robert ces mots que tu donnes,
S’oxydent-ils à l’usage ?
Ces bûcherons parfois qui tronçonnent,
Les clefs du déchiffrage.

Ecrire ! A la machine !!

Est-ce l’encre qui fait la misère,
Ou encore l’usage commun ?
L’amalgame d’une culture ordinaire,
Repris par tout un chacun ?

Passer le langage à la machine,
Celle à écrire,
Pour savoir si le sens qui l’anime,
Est solide,
Est-ce qu’on peut ravoir à l’imprimante,
La précision,
La portée d’une pensée transparente,
Le don,

Ecrire ! A la machine !!

Le langage est un ami mais aussi un traître, développons un peu l’idée, et découvrons tout un pan de recherche aussi phénoménal que surprenant.
C’est l’histoire d’un stylo plume qui demande à son propriétaire, prénommons le Jean-Pierre, au hasard, de le recharger en encre.
Extrait d’une autrum propositionnum : (En latin dans le texte)
– Hey, men ?
– Oui, quoi ? Tu veux quelque chose Mont Blanc ?
– Pfffttt ! Tu te moques de moi, JP, je suis tout juste un Caran d’Ache !
– Tiens donc, enlève tes bottes mon vieux, tu as les chevilles qui enflent !
– Oh, c’est bon, hein ! On ne va pas remettre cette discussion sur le tapis vert, ok !
– Toujours cette même tendance à vouloir avoir raison, hein ?
– Mais J’AI ! Raison.
– Mouais ! Tu veux quoi ?
– Pas la peine de maugréer, t’as même pas vu que je suis en panne ?
– ça m’fait des vacances…
– Ah ben merci !
– Et voilà, il boude.
– Non Môssieur, je ne boude pas ! J’exige !
– Et puis quoi encore, il ne manquerait plus que ça !
– J’ai des choses à dire, Môa, Môssieur !
– Bon, aller, sors là ta pastille ! Tu la veux de quelle couleur ta cartouche ?
– Bleu marine.

Et voilà, vous avez bien compris.
Les associations, les mots, les formules, l’idée qui vient en tête dans la majeure partie des cas à la lecture c’est quoi ? C’est Marine ! Et son parti d’extrême droite !
Et tout ce que ce parti véhicule avec lui !
Je ne vais pas en faire le détail ici, là n’est pas le sujet justement.
Mais la question qui vient ensuite est : Qu’est devenue l’idée première, la simple couleur, qui permettrait à ce brave stylo plume de reprendre en toute quiétude son écriture sans se retrouver catalogué de lePéniste ou un truc du même genre ?
Et bien elle est tout bonnement écartée, dégradée, elle a été pratiquement effacée devant le signifié qui s’est collé sur le signifiant.
Ainsi se complexifie le langage en se chargeant ainsi de représentations associées, un peu comme une voiture de jeunes mariés traînant les casseroles de la fête. Et ça fait du boucan !
Cela finit même par constituer des strates, un peu comme les alluvions du Rhône dans lesquelles Monsieur Luc Long a repêché le buste de César en personne.
C’est dire !
Existe-t-il des archéologues du langage pour restituer ses couleurs d’origines ?
Vous voyez bien comment l’invisible peut être sous nos yeux et que nous ne le voyons pas toujours bien clairement ?
La dictature de la formule est une torture pour le sens, apprenons à en jouer pour le déjouer !
Apprenons à écrire à la machine.

Signé : Le stylo plume
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Machine à écrire Eche Velée un peu plus d’origine


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Ma participation à l’agenda ironique d’Août chez Martine : Merci de me laisser trace de votre passage dans le monde de ma grande folie douce.
Car toute minuscule soit-elle, je gage qu’elle saura admettre que la majuscule contrainte était nécessaire à sa créativité.
Bonne lecture à tous.

Et moi qui me débat encore avec ce terrible exercice de style, mais qui gagne chaque jour un peu plus de terrain.

Je serai chevelue barbue avant le 24 août, c’est dit. Yapuka. Avec deux essais en route, il faudra bien que j’en termine un. Car si la consigne est complexe, pour autant, visiblement, elle n’est pas impossible à remplir. Sauf que dans le style, j’aurais tendance à sembler un peu incohérente de prime abord, et travailler sur la clarté du langage m’ôte toute ma compétence. Furieux paradoxe que celui-là.

Attenter contre lettrine est un crime de lèse-prestige, fulminer ne modifie rien, même si c’est une solution d’hypoesthésie virtuelle.
Bien malgré lui, Eson suffoquait de vindicte devant tant d’indiscipline, son omnipotence se voulait incontestée, patente, manifeste, et il se faisait fort de l’imposer, surtout pas de vague, c’était la règle.

Ces minuscules n’en étaient pas à leur premier soulèvement, mais elles n’avaient apparemment toujours pas entendu sa domination.
Dorénavant, la stratégie à mettre en œuvre se nommait « influence peaufinée », il l’avait affûtée durant les siècles passés, à moult reprises, faire régner la peur pour convaincre et soumettre, il savait très bien faire, voire même encore mieux, puisque cela n’apparaissait plus de façon lisible, il était invisible, invincible, enfin, le pensait-il comme tel.
Eson n’avait jamais banni l’union du savoir assorti aux dispositions d’un plan adroit, nul n’irait sans lui, ni lui sans nul.
Fort de ce postulat, il s’avança vers le lieu des négociations.
Glandeur nature, le peuple des minuscules s’était rassemblé, arborant des banderoles de couleurs vives et brandissant des porte-voix tonitruants, ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers.
Hurlant que la fin des majuscules venait d’arriver, que le Nord sonnait le glas du sud, que le soleil devrait dorénavant se lever à l’Ouest, arguant tout et son contraire à la fois, dépêchant du missionnaire, [sic], satellisant de la fin du monde à tout va autour du grain de trop du grand et puissant Eson.
– « 
Il mélange l’évanescence du blanc avec son envers, chuchota la plus grande des majuscules au plus jeune des paragraphes, c’est un peu cruel tout de même ! »
– « 
Je gage que le résultat produira du chapitre, c’est la moindre des choses ! »
– « 
Kidnappons les interstices, il ne restera plus que la race dominante, c’est-à dire le grand maître et nous, ce sera le bonheur. »
– « 
L‘ouvrage ne voudra rien dire, sans eux, nous risquons de devenir bien insignifiants. »
– « 
Mais qui parle ainsi ? »
– « 
Nous, les livres ; réduits à quelques mauvaises pages, quel futur se profilerait sans la postérité des bibliothèques ?
– « 
Organisez un référendum et tentez de définir ce qui fera trait d’alliance, ce serait en effet regrettable de perdre le sens de l’identité de la culture générale. »
Particulièrement interloqué, Eson, à l’écoute des échanges d’idées, entrevit alors la brèche, mais suffisamment tard, quelques secondes gagnées et le flot des minuscules avait envahi l’édition en rangées bien alignées, régulières, légitimes et alternées, enfin, cadencées, devrait dire l’éditeur ensuite, car les majuscules s’étaient noyées dans la masse, elles formaient les îlots sur lesquels chaque section s’arrimait.
– « 
Quel chaos, rien ne se passe comme prévu, c’est à rendre perplexe un régiment de pictogrammes ! »
– « 
Restons logiques, pas de panique, ceci n’est pas un langage connu. » S’écrièrent de concert au piano un malabar bouchant d’une bulle la porte de l’échappée belle et un acolyte lieutenant coiffé d’une raie au milieu et d’un képi d’acier.
– « 
Tous ensemble, sinon rien ! »
– « 
Unissons nos forces, rassemblons-nous, l’avenir est là. »
Visiblement interdits, certains bouquins ne réagissaient même plus.
– « 
What do you say » ?
– « 
Xénophobes de tout poil, cessez d’exclure, de cliver, d’éradiquer, de rejeter, de castrer, d’eugéniser, j’en passe et des meilleures, vous vous en porterez tellement mieux ! »
– « 
Youpi, il fallait bien que ça arrive un jour, ces enfantillages idiots ont assez duré, serrons-nous les coudes pour le bénéfice de l’ensemble et l’existence de la littérature. »
Zoner du verbe de droite à gauche, de la majuscule du nord au sud, du milieu du centre au centre de l’est-ouest, n’avons-nous donc rien de mieux à faire que de guerroyer sans relâche jusqu’à faire disparaître de la minuscule ?

Ici c’est encore un peu le serpent qui se mord la queue, mais est-ce pour autant possible autrement ? Eson géant gagnant, où sont les petites minuscules libérées, si ce n’est remplacées par d’autres ? La performance littéraire est fabuleuse, mais le procédé décrit est plus que contestable. Lol, ce n’est pas le procès qui compte, c’est ce qui reste à l’intérieur des encriers. Tous les goûts sont dans la nature.

A moins que je ne sois pas allée assez loin dans mon raisonnement, auquel cas ce que j’y verrai ne sera plus ce que j’y ai vu à ce jour.

Pour ce qui concerne l’idée d’écriture à proposer pour le mois de septembre, je vais le mettre en forme, de quoi, je ne sais pas encore, mais ne tarderai pas à te l’adresser, Martine, dès qu’il est en page.


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Le pâtre
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Il s’endort sous les feuilles d’un automne morose,
Mais le coin de son œil se lève sous la prose.
D’un regard malicieux il sonde l’origine,
Et le chemin d’hiver à venir sous la bruine.
Ronflent les grandes flammes qui ne brûlent plus rien,
Ni personne, ni condamnent, mais réchauffent les siens,
Qui sont de bleus à l’âme versés en bleus lavande,
Sur de vieilles assiettes perchées sur le chambranle.
Et l’âtre crépitant lui fait ce doux regard,
Et ce sourire charmant au museau de renard.
D’une patte élégante il tourne encore les pages,
En soufflant le papier comme les ailes du moulin.
Il s’endort lentement, bercé par le vin chaud,
La cannelle et le banc où dort un chat en rond,
Et fauteuil basculant c’est le regard mi-clos,
Qu’il laisse entrer le vent en feuilles tourbillonnantes.
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Poète à la plume de soie, à tous les coups il ricoche, il encoche, il me caboche, il se rapproche ! Et dans ma tête fleurit le monde. Toute la douceur de ses bonnes ondes vient ricocher dans son sourire. Il est ma patrie d’avenir, mon horizon à entrouvrir, ma distorsion de vagabonde. Et lorsqu’à travers sa fenêtre, j’imagine qu’il m’a dans la tête, moi je m’entête à être bête, comme une panthère qui le guette, prête à bondir sur cet esthète.
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J’ai traversé le fleuve,
Guidée par les rires enfantins,
Et la poésie était neuve,
Sous l’arc en ciel des cabrioles,
Eclats de rimes où vos paroles,
Dansaient dans l’or de ce matin.
J’ai traversé le fleuve,
Né des larmes du ciel,
Guidée par les rimes où s’abreuvent,
Les oiseaux de la fantaisie,
Les éclatantes étoiles de nuit,
L’éclair joyeux de l’éternel.
L’instant fugace faisait éclore,
Le sentiment multicolore,
Qui fait de la vie un présent,
A savourer infiniment.

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