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Archive for août 2016

René Magritte L'Art de la conversation

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Un p’tit délire de vacances avec la consigne de Martine mais sans appliquer la règle de la disparition lipogrammique.

La majuscule :
Alors comme ça, tu minusculises les majuscules en prétendant que je ne pense à rien, n’est-ce pas ?
La minuscule :
Bah ! Faut dire, c’est tout d’même pas toi qui m’envoies du déroulement, qu’est-ce que tu veux au juste ?
La majuscule :
C‘est juste revoir une majuscule de temps en temps, dont j’ai besoin.
La minuscule :
D‘abord, tu voudrais me faire croire que la majuscule est délicate, ensuite, elle est tendre, et enfin, elle devient confiante, pour peu que tu l’apprivoises, les gens heureux n’ont pas d’histoire, c’est du moins ce que l’on prétend…
La majuscule :
Et puis quoi, encore ?
La minuscule :
Fiche toi de moi !
La majuscule :
Garde toi bien de penser un truc pareil, je ne banalise pas en rapport avec la taille, belle amie.
La minuscule :
Hep, je te rappelle quand même que l’autre jour, tu as osé prétendre que je me prenais pour le centre du monde sous prétexte que j’étais nombreuse.
La majuscule :
Il est évident que tu occupais tellement l’espace que je ne savais plus où donner de la tête, ouest, est, tu étais partout, quelle mégalomane tu fais parfois !
La minuscule :
Je te donne du fil à retordre, n’est-ce-pas ?
La majuscule :
Kesque tu vas pas chercher là, « vieilles biques », retordre du fil de minuscules, tu as donc perdu le nord, tordue que tu es ?
La minuscule :
Largement dépassé, ce nord, mon petit bouchon !
La majuscule :
Méééééh !
La minuscule :
Nan mais qui c’est qui se la joue « vieilles biques » plurielle dans l’histoire, c’est celui, qui dit qui l’est !
La majuscule :
Oh la puérile, mais je n’ai jamais dit ça, moaaaah !
La minuscule :
Paix à son âme….
La majuscule :
Quelle petite garce !
La minuscule :
Reste que c’est comme ça que tu m’aimes, aller, avoue, sinon tu t’ennuierais volontiers dans toute ta belle parade majusculaire comme un hit.
La majuscule :
Soit petite et t’es toi !
La minuscule :
Tant que tu ne me prendras pas au sérieux, j’irai sillonner du sud au centre, du nord largement dépassé, au sud-ouest mon préféré pour le foie de canard.
La majuscule :
Une fois, une marchande de foie, qui n’attendais que majuscule, décida de garder la foi, le crois-tu ?
La minuscule :
Vé, pour sûr, que je connais l’histoire, c’est même moi qui te l’ai racontée dans sa presque totalité !
La majuscule :
Whouah, la grosse mytho !
La minuscule :
X-traordinaire, enfin, tu me cernes de près, de très près, même, puisque je deviens aussi grosse que toi maintenant que tu le reconnais comme tel !
La majuscule :
Zentendez bien, très chère minuscule combien ce dialogue ne rime à rien, puisqu’aucune sonorité ne s’assonne à aucune autre, mais zavez bien raison, on s’en fiche, nous, au moins, on rigole de tout et de rien, n’est-ce pas ce qui compte ?
La minuscule :
Avec ta gueule de métèque on ne va pas remettre ça en repartantà zéro ?
La majuscule :
Bécasson, mais que si, nous zallons repartentationner tout depuis le début.
La minuscule :
C‘est du Zébulon, comme langage ?
La majuscule :
Décidément ma petite, vous mettez de la majuscule partout !
La minuscule :
Epi quoi, encore, Laissez moi au moins le dernier mot, puisque vous gardez la première lettre, cachez donc moi ce « f » que je ne saurais voir !
La majuscule :
fin, je vous l’accorde, accordez-moi ce « f », minuscule, n’est-il point ?

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Au fond des limbes la nuit veille,
Prête à passer hors du sommeil,
Pour faire reculer la lumière,
Et envahir toute l’atmosphère.
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Il règne un silence d’outre-tombe,
Dans une ambiance de catacombe,
La nuit recouvre le soleil,
D’un noir manteau cerclé d’éveil.
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Les ombres découpent leurs contours,
Dans une précision effroyable,
Toutes les nuances sont distinguables,
A des kilomètres alentours.
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Perchée sur le toit de la nuit,
Une chouette froufroute doucement,
Ses yeux voient tout sans aucun bruit,
Le jour n’est plus si important.

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Clef de sol horloge

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Ah pour sûr, elle ne ferme rien,
C’est pire, elle donne des ailes dorées,
Puis t’envoie t’aller te jeter,
Du haut d’un falaise de chagrin.

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Alors de Charybde en Scylla,
Toujours n’y voir que feu de bois,
Sans que d’appui jamais ne trouve,
Laisse donc mourir si c’est pour ça.

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Donner l’espoir et puis ensuite,
Foutre le camp comme s’évaporent,
Des rêves pourtant qu’iraient bon port,
Pour peu qu’un retour soit sans fuite.

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La clef de sauvetage n’a courage,
Que pour leçons donner à d’autres,
Mais jamais elle ne fait naufrage,
Car dans la vie n’est que mirage.

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Clef de sol chat 3

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Elle ouvre les serrures en biais,
Ne vit pas que en cabinets,
Elle est le trésor des zumours,
Quand elle rit même de son tambour.

Décalée sur son quant à soi,
Elle lorgne les jeux de l’aloi,
Perchée sur un chat de gouttières,
Aussi beau que des réverbères.


Assurément elle y voit goutte,
Quand le gouvernail et la joute,
Répond avec une balle au bond,
Elle finit pliée pour de bon.

La clef de travers n’est gosier,
Que pour l’illusoire et l’épée,
Car elle ne vient à traverser,
Que le diaphragme et le hoquet.

 

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Clef de sol chat 2

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clef-de-sol-remplie-de-notes

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L’émail du filet est fait d’airs,
Et son solfège est sans manières,
Pour que le si, ce congénère,
Voyage un peu moins d’ordinaire.

Elle esquisse les notes au piano,
Son acoustique va lontano,
Légère et porteuse d’harmonie,
Fugace aussi son paradis.

Elle se tient dans les interstices,
Est loin de tous les artifices,
N’entre jamais qu’entre les murs,
Porteurs de charpente et toiture.

Cette clef tiens la bien au chaud,
Mais ne la tiens surtout pas trop,
Elle voyage de très ordinaire,
Ne se fixera dans ton aire,

Que si tu ne t’en sers jamais,
Pour l’enfermer dans le progrès,
Sinon c’est elle qui l’enferme,
Dans l’errance et dans l’épiderme.


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clef de sol chat

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Music background with treble clef and hummingbirds for design

Clef de sol et colibris

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L’émail du filet est doré,
Comme un sentiment ouvragé,
Son émotion peut se fixer,
Et prendre racine au carré.

Elle se tricote au point de joie,
Comme si du jour en forme de la,
De lavabo en robinet,
Elle arrose tous les jardinets.

C’est chaque fois un peu différent,
Sans même une seule guerre et pourtant,
Le carré bleu de sa racine,
N’attend plus rien qu’il n’imagine.

Cette clef vit d’elle tout simplement,
Mais se garde bien dans le temps,
Car même quand l’attente est trop longue,
Elle ne défaille ni ne tombe.

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clef de sol bonnes vacances

 

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position-du-sol-en-clef-de-sol-1.
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L’émail du filet est plombé,
Comme une dent un peu cariée,
Et sa mâchoire peut se fermer,
Le petit poisson a filé.

Une boucle en vers, une boucle en soie,
La clef du bonheur est en moi,
Qui ferme les mailles du filet,
Autour des têtes prêt du bonnet.

 La prochaine étape sera quoi ?
La clef des champs, la clef des bois ?
Elle sera peut-être réunion,
Du point de croix d’exclamation.

Mais quel désordre cette clef,
Elle mélange les points de crochet,
Avec les fonds de petits pois,
Et le cochon, n’en parlons pas.

 

 

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Licorne-563x353

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Elle nage de mer Caspienne,
A source d’affluents,
Et remonte les courants,
Sans courir ni sans flemme.

Pourtant de flegme sûr,
Elle quitte ses chaussures,
Ou sabots de bohème,
Car la voici qui aime.

La licorne de l’Oural,
Adore que le jour râle,
Et que la nuit soit pâle,
Sous un ciel qui s’emballe.

C’est que de poissons bleus,
Elle escorte les bancs,
Et d’arrosoirs heureux,
Elle annonce le printemps.

La Licorne est d’argent,
Dans une règle d’or,
Car son silence est grand,
Et sa parole trésor.

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Ma participation à l’agenda ironique d’Août chez Martine : Merci de me laisser trace de votre passage dans le monde de ma grande folie douce.
Car toute minuscule soit-elle, je gage qu’elle saura admettre que la majuscule contrainte était nécessaire à sa créativité.
Bonne lecture à tous.

Et moi qui me débat encore avec ce terrible exercice de style, mais qui gagne chaque jour un peu plus de terrain.

Je serai chevelue barbue avant le 24 août, c’est dit. Yapuka. Avec deux essais en route, il faudra bien que j’en termine un. Car si la consigne est complexe, pour autant, visiblement, elle n’est pas impossible à remplir. Sauf que dans le style, j’aurais tendance à sembler un peu incohérente de prime abord, et travailler sur la clarté du langage m’ôte toute ma compétence. Furieux paradoxe que celui-là.

Attenter contre lettrine est un crime de lèse-prestige, fulminer ne modifie rien, même si c’est une solution d’hypoesthésie virtuelle.
Bien malgré lui, Eson suffoquait de vindicte devant tant d’indiscipline, son omnipotence se voulait incontestée, patente, manifeste, et il se faisait fort de l’imposer, surtout pas de vague, c’était la règle.

Ces minuscules n’en étaient pas à leur premier soulèvement, mais elles n’avaient apparemment toujours pas entendu sa domination.
Dorénavant, la stratégie à mettre en œuvre se nommait « influence peaufinée », il l’avait affûtée durant les siècles passés, à moult reprises, faire régner la peur pour convaincre et soumettre, il savait très bien faire, voire même encore mieux, puisque cela n’apparaissait plus de façon lisible, il était invisible, invincible, enfin, le pensait-il comme tel.
Eson n’avait jamais banni l’union du savoir assorti aux dispositions d’un plan adroit, nul n’irait sans lui, ni lui sans nul.
Fort de ce postulat, il s’avança vers le lieu des négociations.
Glandeur nature, le peuple des minuscules s’était rassemblé, arborant des banderoles de couleurs vives et brandissant des porte-voix tonitruants, ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers.
Hurlant que la fin des majuscules venait d’arriver, que le Nord sonnait le glas du sud, que le soleil devrait dorénavant se lever à l’Ouest, arguant tout et son contraire à la fois, dépêchant du missionnaire, [sic], satellisant de la fin du monde à tout va autour du grain de trop du grand et puissant Eson.
– « 
Il mélange l’évanescence du blanc avec son envers, chuchota la plus grande des majuscules au plus jeune des paragraphes, c’est un peu cruel tout de même ! »
– « 
Je gage que le résultat produira du chapitre, c’est la moindre des choses ! »
– « 
Kidnappons les interstices, il ne restera plus que la race dominante, c’est-à dire le grand maître et nous, ce sera le bonheur. »
– « 
L‘ouvrage ne voudra rien dire, sans eux, nous risquons de devenir bien insignifiants. »
– « 
Mais qui parle ainsi ? »
– « 
Nous, les livres ; réduits à quelques mauvaises pages, quel futur se profilerait sans la postérité des bibliothèques ?
– « 
Organisez un référendum et tentez de définir ce qui fera trait d’alliance, ce serait en effet regrettable de perdre le sens de l’identité de la culture générale. »
Particulièrement interloqué, Eson, à l’écoute des échanges d’idées, entrevit alors la brèche, mais suffisamment tard, quelques secondes gagnées et le flot des minuscules avait envahi l’édition en rangées bien alignées, régulières, légitimes et alternées, enfin, cadencées, devrait dire l’éditeur ensuite, car les majuscules s’étaient noyées dans la masse, elles formaient les îlots sur lesquels chaque section s’arrimait.
– « 
Quel chaos, rien ne se passe comme prévu, c’est à rendre perplexe un régiment de pictogrammes ! »
– « 
Restons logiques, pas de panique, ceci n’est pas un langage connu. » S’écrièrent de concert au piano un malabar bouchant d’une bulle la porte de l’échappée belle et un acolyte lieutenant coiffé d’une raie au milieu et d’un képi d’acier.
– « 
Tous ensemble, sinon rien ! »
– « 
Unissons nos forces, rassemblons-nous, l’avenir est là. »
Visiblement interdits, certains bouquins ne réagissaient même plus.
– « 
What do you say » ?
– « 
Xénophobes de tout poil, cessez d’exclure, de cliver, d’éradiquer, de rejeter, de castrer, d’eugéniser, j’en passe et des meilleures, vous vous en porterez tellement mieux ! »
– « 
Youpi, il fallait bien que ça arrive un jour, ces enfantillages idiots ont assez duré, serrons-nous les coudes pour le bénéfice de l’ensemble et l’existence de la littérature. »
Zoner du verbe de droite à gauche, de la majuscule du nord au sud, du milieu du centre au centre de l’est-ouest, n’avons-nous donc rien de mieux à faire que de guerroyer sans relâche jusqu’à faire disparaître de la minuscule ?

Ici c’est encore un peu le serpent qui se mord la queue, mais est-ce pour autant possible autrement ? Eson géant gagnant, où sont les petites minuscules libérées, si ce n’est remplacées par d’autres ? La performance littéraire est fabuleuse, mais le procédé décrit est plus que contestable. Lol, ce n’est pas le procès qui compte, c’est ce qui reste à l’intérieur des encriers. Tous les goûts sont dans la nature.

A moins que je ne sois pas allée assez loin dans mon raisonnement, auquel cas ce que j’y verrai ne sera plus ce que j’y ai vu à ce jour.

Pour ce qui concerne l’idée d’écriture à proposer pour le mois de septembre, je vais le mettre en forme, de quoi, je ne sais pas encore, mais ne tarderai pas à te l’adresser, Martine, dès qu’il est en page.


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Août est arrivé !!! Ouh là là ! C’est clair qu’on va le sentir passer !!! Une telle consigne, c’est du casse tête en puissance inconnue. Mais après tout, pourquoi ne pas s’y mesurer ? Que les WordPressiens se jettent sur leur clavier, et que la rigolade ressorte victorieuse.
Vive l’ironie Aoûtien chez Martine, et tous mes remerciements pour cette idée gigantesquement loufoque mais grandiose.
Sortons des starting-blocks.
A vos marques, prêts, partez !

C’est ici : https://ecriturbulente.com/2016/08/01/laoutage-de-lagenda-ironique/

Écri'turbulente

Au pays des Points Cardinaux, le paisible petit peuple des Minuscules est retenu en otage par l’arrogant peuple des Majuscules. Son minuterritoire est cerné, de toutes parts par ESON, le chef du majuterritoire : il a placé en faction, à tous les points de fuite – à l’est, au sud, à l’ouest, au nord -, ses redoutables et impitoyables lieutenants, malabars homologues des Tom-pouces. Pourtant les Minuscules vont réussir à s’échapper de cette géhenne en empruntant des directions détournées : ensemble, ils ont composé un récit qui a convaincu ESON de leur rendre la liberté.
Comment y sont-ils parvenus ?

Nous devrons reconstituer ce récit (cohérent et persuasif), en vingt-six phrases, pas une de plus, pas une de moins. Chaque phrase commencera par chacune des lettres de l’alphabet, dans l’ordre abécédaire. Elle indiquera aussi la direction empruntée par l’audacieux minuscule. Et, voici que ça se corse, selon le principe OuLiPien lipogrammien (1), cette même…

Voir l’article original 150 mots de plus

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