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Archive for the ‘Anémones de mer à quatre feuilles’ Category

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Il se disait que vert,
Est la couleur complémentaire,
De celle du rouge à l’opposé.
Il se disait que vert,
En cours d’anglais des temps scolaires,
Rimait si bien avec osé,
Que rouge pourrait s’y essayer.
En relisant les exercices,
Une écriture fine et serrée,
D’une main patiente avait tracé,
Une râme alors psychomotrice,
Avec laquelle je pagayais.
Et cet anglais si imparfait,
Se moque bien du temps qui passe,
Pourvu que le vert soit loquace,
Devant le rouge de mes deux joues,
Quand c’est Jacques qui ose le Tout,
Dans l’air circonflexe de l’âme.
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Anne me dit qu’elle ne participera pas cette fois tout en me demandant si « on » lui en voudra.
Offusquée, j’en dégaine mon plan B en lui proposant de lui écrire sa participation commune.
Lire les commentaires :
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Me vient l’idée de chez Martine.
Un lapsus de lecture, encore, qui me fait de l’œil. Pas moyen d’en réchapper, je m’enfile dans la faille inconsciente de mon cerveau bibidineux pour ce faire. (A repasser ?)
Lire en fin d’article :

*Pour rappel : la politique, c’est ce qui concerne la constipation et donc la structure et le fonctionnement d’une communauté, d’une société, d’un groupe social, qui a trait au collectif, à une somme d’individualités et/ou de multiplicités.
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A partir de là, vous avez une heure pour en parler.

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Sibélius et la petite vieille se regardèrent, pouffèrent de rire sous cape, et décidèrent de s’associer pour réusssir l’examen proposé au concours de « la plus grande découverte du siècle », frisant l’indélicatesse de forme la plus profonde tout en se donnant les moyens de toucher le fond de la question.
Réunis sur les bancs de première classe verte saison, nos deux compères s’étaient naturellement assis l’un à côté de l’autre, le premier pour avoir eu le sentiment que celle-là le ferait bien c…., la seconde pour avoir compris qu’elle ne serait jamais loin des W-C grâce à lui.
Il faut savoir que le cours comprenait en introduction une grande partie de culture pin-punaise, c’est comme ça qu’on appelait les longs débats d’humeur que les maîtres plombés de la politique avaient eu le don de nous transmettre. Il s’avérait nécessaire voire incontournable de connaître les rouages des bases afin d’en déterminer toute la qualité fonctionnelle.
Une fois que la formation était lancée, le chapitre suivant laissait entrevoir la possibilité d’innover le système existant en imaginant comment passer de la communauté à l’individuel. Les exemples de l’histoire n’étaient pas si légion que ça, mais ceux cités donnaient à penser.
Il fallait d’abord digérer le contenu de la première partie pour en déployer toute la saveur. Sur une échelle cartonnée, Sibélius et la petite vieille se firent un plaisir de mesurer la chose. Le mètre ruban ayant disparu, il fallut chercher une unité de mesure sans étalon or. Un simple bristol quadrillé à l’échelle fera l’affaire.
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(Petit aparté, en attendant, la petite vieille cherche encore son mètre ruban, disparu lors d’un exercice écossais sur tissu tartan, rien à voir avec Tarzan, mais disparu ça oui.)
Bref, sans en dire plus là-dessus, la politique du curieux besoin de mesurer la chose donnait du travail à ces deux étudiants, et coroyez bien que ce cursus n’était pas prévu au chapitre trois, sauf que la société des gens de la politique ne le voyait pas du même œil et avait décidé de chercher des trouveurs.
Evidemment, le troisième chapitre consistait à apprendre l’art de chercher et de trouver des trous du c.. suffisamment engagés dans une démarche collective pour en faire une société.
Donc, il ne fallut pas longtemps à ces deux compères pour en comprendre tous les enjeux.
C’est dans ce courant d’air primitif qu’ils firent leur devoir de citoyen, et qu’ils décrochèrent le pot aux roses.
Ils furent reçus en grande pompe par le président de la corporation qui n’en était pas à son premier tronc commun venu.
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C’est ainsi que Sibélius et la petite vieille parfirent leur culture générale en la matière, ils en chièrent beaucoup mais finirent par tout évacuer, comme le fit si bien ce grand monsieur de la chanson atchoum rhythm and blues dont voici un morceau.

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https://www.youtube.com/watch?v=VAzSvhioo34

 

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Entrer en maison de retraite n’est pas une mince affaire quand on y pense. J’ai rencontré la grand-Sophie alors que je faisais un reportage sur la qualité des sols en institution dans le cadre du grand concours de circonstances de l’amélioration de la qualité des sols en institution organisé par le haut comité de la qualité des sols en institutions.
L’établissement est sis sur la crête du mont Manaslu, on y accède à dos de chameaux jusqu’à mi-nauteur, puis le périple se termine à dos de chameau jusqu’à la dernière moitié gravie.
La période qui précède l’entrée est souvent la plus difficile, il s’agit de rassembler les effets nécessaires et suffisants à la vie dans la dernière demeure.
La seule chose qu’elle avait souhaité conserver se résumait à quelques feuilles de papier et un stylo.
Rien n’est important ici bas, dans la mesure où ce qui est passé n’est plus, ce qui est présent est là mais s’échappe déjà, et ce qui est futur reste à écrire, l’essentiel étant d’écrire un avenir heureux.
Mais je m’égare, à raconter déjà la rencontre avec elle alors que je n’ai même pas encore décrit les lieux.
C’est une petite maison accrochée à flanc de rocher. Elle comprend dix chambres, spacieuses, et de pièces attenantes utilisées à la logistique.
L’enquête précédente faisait état de « fissures suspectes nécessitant la nécessité d’une nouvelle étude plus poussée ». En allant inspecter l’endroit, j’ai donc constaté ceci.
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pelage-tigre_h-624x409.
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Il était encore un peu compliqué pour moi de déterminer l’origine de ces stigmates mais je ne décourageais pas de réussir à boucler mon article.
C’est là qu’elle est arrivée.
Elle parlait doucement avec un accent suffoqué du manque d’oxygène, elle ne voulait pas perdre le souffle qui était, disai-telle, le secret du longévisme longétidudinal de son gran-tâge.
– Je suis venue là, me confia-t-elle, pour rencontrer l’esprit du lieu.
– Depuis, j’ai compris que cet ésprit est partagé par la petite communauté, et je me demande comment je n’ai pas eu le réflexe de la photographie lorsque je les ai rencontrés au fil de ma retraite. Mais si vous voulez que je vous parle d’eux, vous allez oublier un peu vos recherches au sol et regarder les yeux grands ouverts autour de vous.
Puis elle claqua des mains.
Un premier pensionnaire arriva. Courbé sur sa canne, il me tendit une main de velours dans un mouvement d’humeur joyeuse et me serra la mienne.
Lui, me dit-elle, c’est Barnabé, il est spécialiste des plans d’eau. Barnabé est sourd, raison pour laquelle tu dois lui écrire ce que tu souhaites lui communiquer. Il ne perçoit que les vibrations mais n’a le décodeur que si tu le partages avec lui.
Barnabé me fit un petit clin d’œil puis traversa la pièce sur la tranche et sortit.
Deuxième claquement de mains de Grand-Sophie.
Une toute petite bonne femme dégringola du lustre. Je ne l’avais pas vue jusqu’ici. Elle était agile comme un singe et vint se percher sur l’épaule de ma conteuse de diamants.
Je dis ça parce-que sont dentifrice préféré à l’époque où elle avait encore des dents, ben c’était celui de la marque émail, à partir de là, vous allez comprendre la suite.
Je ne corrige rien.
Elle, poursuivit-elle sans se départir de son calme, c’est Lucette. Elle fut une grande dam pour son époux feu le grand un sans dits.
Même pas peur.
Sur sa lèvre supérieure restait encore une trace blanchâtre, stigmate du temps où elle laissait des inessuyés au brossage. Elle fit mine de soulever le coin, ouvrit un peu la bouche, puis se mit à bailler.
– Elle non plus elle n’a pas le décodeur ?
– Non, elle non plus elle n’a pas encore atteint l’âge du décodeur.
Complètement insensé, je restai dans la plus grande insension qui soit lorsqu’un quatrième personnage fit son entrée. Il était couvert de peauvres bêtes en lampeaux, semblait glisser sur le sol et s’y confondre, j’allais peut-être avancer du côté zébré de l’affaire.
– Aucune correction ne sera effectuée, mon brâve, alors faites bien attention à la faute d’ortho-graphe !
Il me tendit un papier sur lequel un nom était inscrit.
– C’est le nom du père, me dit-il ! Tu ne dois jamais le prononcer.
A l’instant où le nom me sautait aux yeux, une jolie pensionnaire en robe des champs arriva en clopant-clopin et me tendit un mouchoir.
– Ne pleurez pas jeannette, cela n’est jamais qu’une histoire de passage sans tabac.
– Mais c’est quoi ce délire ?
Grand-Sophie reprit d’un ton tranquille et sentant les cieux.
– Pas d’affolement, vous aurez votre idée de la question plus tard.
Ils ont tous défilés les uns après les autres, les uns tous plus défilants que les autres, je n’en revenais pas.
Oscarabé le pionnier, Blaise spécialiste des grands-aises, Corneille au flambeau, Apolline en fond sonore, toute l’équipe de la maison de retraite du Manaslu m’a débitée sa petite histoire en forme de sol.
Grand-Sophie à la fin me tendit une loupe.
– Voilà pour vos recherches.
Après une longue, longue étude de la question, j’ai scribouillé un rapport authentifié par attestation jointe.
Le sol de la maison de retraite semble présenter quelques zébrures brunes sur fond orange qui laissent présupposer que la lumière ne vient pas des fissures mais bien au contraire de l’ensemble du reste.
Ci-joint ma conclusion.
Le défaut d’aspect ne présentant aucun danger, le choix de réfection vous reste à charge.
Veuillez recevoir, Monsieur, Bla bla bla de circonstances adaptées, en l’attente de votre réponse, veuillez recevoir etc etc signé : votre envoyé de recherche qui a trouvé.
Jean Dunette

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7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30 avril de l’an 2017 du mois de grâce d’avrilitude chez la grande écrevisse qui rêvait de devenir aussi hurluberlue que le professeur Taurus lui-même secondé par sa fidèle assistante mademoiselle Dithyrambe connue aussi sous le patronyme de Panégyre dont le préfixe « Pané » mettra la goutte d’eau à l’oreille de ceux qui entendent même ce qui est dit. Eddie Taurus dévisage, à ce qui se dit, une carrière d’éditeur pour tailler le carton en bavette, nous attendons sa prochaine conférence avec un Patience.
Pendant ce temps, les gouttes des jours s’égrenaient imperturbablement, laissant entrevoir un océan temporospatial sur lequel nos héros surfaient, puisque les vacances durent se prolonger dans la baie, mais laissons la parole aux témoins visuels des premières lignes.
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Huître Arcachon

Les témoins visuels des premières lignes

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Nous étions tranquillement en train de bailler lorsque l’eau a fait une figure de roulement de taille exceptionnelle. Ça n’arrive pas tous les jours, alors nous avons tous ouvert grand notre porte tout en restant sur le pas pour ne rien rater du spectacle. Et c’est là, qu’éberlués, nous avons assisté à la scène la plus surréaliste qui soit. Une tour Eiffel en justaucorps girafe émergea la première des eaux, coiffée d’un bonnet bleu des mères d’Omer de la Borée, coiffé lui même d’un pompon bistre bouclé. Ce bleu est un peu moins chaud que celui des mères du Sud depuis que l’on sait que les Pupuces y vivent, pour avoir été rafraîchi par des glaçons en forme d’iceberg synthétisés informatiquement, ou le contraire.
Bref, quand on a vu la reine perchée, on s’est dit, quelles belles vacances elles vont passer ensemble. Parce que notez bien que le bonnet bleu n’est pas une coiffe, mais une friandise de 30 mètres de chocolat portant le prénom de sa race. Un peu comme au jeu des sept familles, lorsque vous demandez : Dans la famille Pupuce je demande l’arène, au début, on ne comprend pas, mais après, on ne comprend pas et ensuite, on ne comprend pas. Ce qui rend totalement incompréhensible toute tentative de compréhension.
Nous étions en train de nous gondoler comme des huîtres bossues que nous sommes devant le spectacle incongru de ces deux entités lorsque nous avons repéré deux autres intrus, l’un, le pelage roux dégoulinant, et l’autre, toutes plumes et chair de poule dressées, qui tentaient maladroitement de s’accrocher aux boucles. Une fois calmée, la mer repris son aspect plat du pays qui est le nôtre, et le plumitif noir vint faire son curieux jusque devant nos portes, becquetant de ci, becquetant de là, forçant nos coquilles à se refermer dans un retranchement minéral sans faille.
Sur ce, motorisée par le sponsor local de la culture de notre génération, Dame Eiffel, empoignant vivement les triangles isocèles des skis nautiques, nous offrit le clou de la saison avec le plus beau quatuor que la baie ai jamais vu de mémoire d’huîtres. Reine Pupuce se surprit elle même à rire à fanons déployés tellement la chose était folle. Ses deux compères associés ne la lâchaient pas d’un carré de chocolat, c’était du grand n’importe, de l’immense quoi, du magnifique croa.
A la suite de quoi l’une d’entre nous a jugé bon de se remettre en question. Où sont nos congénères sauvages ? Demanda-t-elle ?
C’est là que nous nous sommes vues, parquées comme de vulgaires productions, inexistantes dans notre singularité originelle.
Depuis, le petit peuple ostreîculté est en dépression.
Mais nous avons déjà un courant de remous qui ne vas plus tarder à se manifester.
Il se dit dans les milieux marins que les boucles de coiffe d’Eiffel sont comparables à des planètes car elles font une révolution. Manquerait plus que l’on se prenne un système solaire dans la volière de l’a baie.
Quelles belles vacances ce fût là.
Nous remercions tous les acteurs de la pièce de nous avoir offert un spectacle aussi grandiose que les vacances de Pupuce en Tour Eiffel et skis nautiques.
L’hélicotroptère ne devrait plus tarder, le nouveau président de notre corporation demande le retour de la Dame de fer en sa Capitale.
Nous vous remercions de votre attention.
Et ne tarderons pas à rejoindre le rang de colliers qui nous attache à notre rocher.

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Ecrit il y a quelques mois déjà, sur une proposition de moi-même à moi-même, et modifiée pour l’édition du jour J, proposition que je soumets à carnetsparesseux dans le cadre de nos échanges sur son blog à l’occasion de l’affaire novembre, ou décembre, enfin, ce n’est pas très clair comme affaire, voyez par vous-même…
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Whouhahouh ! Qu’est-ce qui m’arrive ? J’ai plus de… Mince alors !
Je ne sentais plus rien, mes jambes, mon corps, plus rien ne bougeait, et pourtant, je voyais toujours mon corps, mais ne sentais plus rien !
Je me suis tourné vers mon pote de comptoir, et l’ai poussé du doigt, pour lui demander comment il me voyait. Mon bras est passé à travers son corps, et il n’a pas semblé sentir quelque chose. Par contre, il s’est soudain penché vers un corps allongé au sol.
– OH ! Merde ! Mais c’est moi !
Mon pote a hurlé :
– Adam, Adam, qu’est-ce-que tu fous nom de Dieu !
– Adam ! Merde, arrête de déconner, fais pas semblant d’être mort !
Tout s’est brouillé d’un seul coup, je me suis retrouvé sur un nuage.
Mince alors ! La porte du Paradis ?
Devant, il y avait un bonhomme. Il avait pas l’air commode, le gugusse. L’air un peu armoire à glace, assez refroidissant pour tout dire. Il avait l’air de réfléchir grave, une plume d’ange à la main. Une plume d’ange ? Mais pourquoi je dis ça, moi ?
J’ai tenté de l’interpeller, après tout, si c’était le Saint-Pierre, il me verrait, lui, au moins.
– Dis-donc vieux loup de mer du ciel qui êtes aux cieux, c’est toi qui ouvre les grilles ?
– Pas d’bol mon vieux, c’est complet ! T’as pas vu le panneau ?
– Celui qu’est punaisé sur rien, là ?
Au moins, lui, il m’entendait, et en plus, il avait l’air de me voir. C’était déjà ça.
Même qu’il me répondit encore :
– Ben oui, c’est trop tard, fallait arriver avant, il y a encore deux minutes, il restait une place !
– Il y a deux minutes, je vivais encore !
– Ce n’est pas mon problème, mon vieux, fallait te débrouiller comme tu pouvais, mais arriver à l’heure. Point !
Mouais ! Ça confirmait ma première impression, il était pas facile, le gonze. J’allais devoir négocier.
– Tu sais qui je suis au moins ?
– ça m’est fichtrement égal, les consignes, c’est les consignes !
– Je suis Adam, caboche !

– …
– Oh, et puis arrêtes de faire croire que c’est complet là-d’dans ! La créativité n’a pas été inventée par l’opération du saint esprit, que je sache !
– T’en sais quoi, toi, l’Adam, si c’est complet ou pas ! Tu en as été chassé par ton père, alors hein ! Viens pas me la faire, récupère ton serpent et tout le bataclan, y’a pas d’place, que j’te dis !
– Pffff ! Caractère !
– Roule-toi par terre pendant qu’t’y es !
– J’ai quand même reproduit une sacrée lignée, tu pourrais au moins reconnaître ça !
– Te monte pas le bourrichon, mon vieux ! Tu as vu le résultat ? Une bande de sauvages prêts à s’entre-tuer pour un p’tit bout d’gras supplémentaire, lamentable !
– Ben quand même ! Y sont pas tous comme ça, pourquoi tu ne vois que ceux qui se déchirent ?
– Les autres, qui en parle ?
– Moi !
– Vas-y !
– Et d’un, ils sont créatifs.
– Et de deux, ils font des créations, eux !
– Et de trois, ils créent aussi de la créativité.
– Meeeerde ! Ils se prennent pour Dieu ou quoi ?
– Reste poli, dis-donc !
– Ouais, bon, ok ! Tu veux une place à quel endroit alors, l’Adam ?
– Moi, Adam, je veux une place à ma place !
– Ah ! Si tu ne m’aides pas, je vais avoir du mal à te trouver une place à ta place !
– C’est pas faux !
– Alors ?
– Je veux d’abord retrouver l’Eve, elle est à l’intérieur ;
– D’habitude, c’est l’contraire !
– Oui, beh là ! C’est pas comme d’habitude, alors tu dis quoi ?
– C’est une fouteuse de merde, elle fout la pagaille partout où elle passe. En ce moment, les saints légifèrent, ils ne sont pas sûrs de la garder.
– Aller ! Qu’est-ce qui s’est encore passé ?
– Sais pas, elle fait rien comme personne !
– C’est qui ce Personne ?
– Ben t’es con ou tu le fais exprès ? Personne, c’est personne ! Elle fait rien comme nul autre, quoi !
– Ben encore heureux, mon vieux, sinon, elle ne serait pas elle-même !
– C’est vrai, j’y avais pas pensé.
– Tu penses à quoi, toi ?
– Moi, je ne pense pas. Je fais ce que Dieu me dit de faire.
– Et il te dit quoi, mon père ?
– Il me dit, les méritants d’un côté, les autres de l’autre !
– ça va être pratique ! Je suis tout seul ! Et les méritants, ils méritent comment ?
– Ils suivent la procédure, ils remplissent le formulaire et ils rentrent dans la case.
– Elle est où, ta case, bonhomme ? Tu es en train de me dire que moi, Adam, je dépasse ?
– Je suis en train de te dire que je n’ai pas reçu ta demande.
– Eh, dis-moi, vieux loup saint Pierre ? La Eve, elle a rempli le formulaire ?
– Faut croire ! Et si tu permets, l’Adam, loup et saint pierre, c’est pas le même poisson.
– C’est quoi la différence ?
– Le loup, il a les dents longues, alors que le saint pierre reste de marbre.
– Et je le trouve où, moi, ce foutu formulaire de marbre ?
– Demande à ton père ?
Évidemment, comme il n’était pas visible, ou présent, enfin, j’allais vite le savoir, je me suis tourné vers la grille.
– Papa ?
Voix d’outre-tombe :
– Oui, mon fils ?
– Comment je fais pour entrer au paradis ? Ton sbire de saint marbre n’a plus un seul formulaire valide à fournir !
– Demande à ta mère, elle sait mieux que moi ! Tu sais, moi, les procédures, c’est pas mon truc.
– Et qui c’est, ma mère ?
Voix d’outre-tombe :
– Saint Pierre ?
– Oui, Dieu ?
– Fais le rentrer, parce-que sinon, on n’en sortira jamais !!!

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Fin



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Très chère Madame, j’accuse la réception de n’être qu’une pâle copie de vos mots. Vous m’aviez habituée à plus aigu, plus lacérant que ça, et je ne peux que constater combien la pâleur de vos particules d’ouvrages lignifugés sortent des rangs de nos clichés les plus transparents qui soient, mais n’atteignent pas la dimension du quart de la feuille de papier entière, qui, soit énoncé au passage, ne s’est pas fêlée pour l’autre demi-cinquième, mais est bien mâchée et remastiquée en pourcentage inconnu de nos services comptables. Je dois reconnaître par contre que votre piment de voyelle est d’un tout autre monde. C’est donc armé de ma tronche en cuttercut biaisé que je déségloquerai les deux premières lettres résiduelles en m’interrogeant sur la qualité étonnamment parfumée de vos éxéglocutions, digitalement parlant, que nous catacyclopédirons immédiatement en donnant un peu plus de cervelle à nos, ah, on me dit de ne pas les citer, je ne parlerai donc pas des moutons qui se comptent à pas lents, jusqu’à ce que sommeil ne s’ensuive pas toujours, car il arrive parfois que le…
Ah, on me dit de ne pas citer non plus le loup, donc laissons le sous le silence. Le silence, ça saoule. Remarquez bien qu’avec quatre pattes à son actif il a un équilibre hors du commun.
Voilà donc une proposition que me refourgue donc le vieux Noël ! Quel poilu des deux mains celui-là ! S’est-il foiré, pas frit de vous écrire lui-même que les verbes hauts et les syntaxes décentrées, lui, il n’a pas les yeux pour les parcourir en face des trous. Il a une déjante à gauche, c’est ce qu’aurait dit le document incisif.
C’est pourquoi : Primo, voilà ce que je vous propose.
Vous allez commencer par trier les premiers jets, puis nous regarderons ensuite les horaires des suivants. Le vol 4985 en direction de Singapourien me semble correct, ils ont du papier W-C imprimé à l’encre d’œil de biche, mieux que le pied, c’est exactement ce qu’il nous faut.
Ensuite, vous ferez exactement le contraire de ce que je vous dirai. Quand je prononcerai ardoise, vous ferai la tuile, vous comprenez ?
Par exemple je dis Balthazar vous dites ?
Vous dites ?…
Je vois, on n’est pas rendu.
Bon, assez épilogué, sans sept ans d’insupportable légèreté de Noël, vous ne changez rien à vos écrits, vous continuez comme bon vous inspire votre loufoquerie légendaire.
Et j’arrive.

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lettre-vintage

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Madame Cyclopédie
22 rue du liber Floridus
1717 Alembert

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Le 30 décembre 2016
Alembert

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Monsieur Noël,
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Voilà, comme convenu, et suite à notre conversation téléphonique du 25 décembre courant, je vous écris pour vous demander une faveur. Nous avons en commun le goût des mots, et comme vous le savez, leur saveur est essentiellement reliée au fait que nous aimons jouer avec eux, nous jouer d’eux aussi, et surtout, jouer ensemble.
C’est pourquoi je vous propose de nous associer.
Je vous promets une coopération irréprochable pour les trier, les étriller, les caresser dans le sens du poil, et les parfumer de la saveur que vous voudrez. Nous disposons en rayons de piment de Vienne, de poivre du Bengale tigré, de curry persan et de mille et une herbes aromatiques aux fragrances rondes en bouche.
Je ne sais pas si les mots seront aussi curieux de vous que moi, mais je languis déjà de votre réponse.
Acceptez je vous en supplie, il y va de leur santé. C’est qu’il me semble que depuis quelque temps ils commencent à ternir. Ce serait tellement regrettable de les priver de vos lumières. Ils ne seraient plus si éclairants, vous savez.
Je n’ose imaginer ce qu’ils deviendront sans la fameuse Alice Wonder, face à la pile de mots qui continue de s’accumuler en vrac, dans le plus grand désordre. Pourquoi je cite cette grande dame de la littérature Spirouquoise ? Une étincelle croisée entre les mots mêlés, sans doute !
Car oui, les mots éclairent. Pas besoin d’éolienne pour produire l’énergie à leur lanterne, mais la radiation de votre vêtement rouge couplée à ou deux flocons serait la bienvenue.
Je me tiens à votre disposition pour notre future collaboration, si vous acceptez bien sûr. N’hésitez pas à me contacter sur la ligne Seyes téléphonique du 22 Alembert ou bien encore à l’adresse ci-dessus.

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Avec toute ma considération et en l’attente de votre réponse, cher Noël, soyez assuré de toute ma gratitude à votre égard.

Madame Cyclopédie

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