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Archive for the ‘Mystère’ Category

Il y a des mythes au logis
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Dans les trous du réel, tous les mythes se logent jusqu’à remplir les vides, colmater les esprits, boucher l’accès à leurs délires.
Hélas, plus fort que la matière, le vide remplit le monde.
Il est, dans sa force, maître à bord.
L’oubli règne dans les plis de sa houppelande.
Et voici l’esprit à produire, raccommoder, refaire l’histoire.
Ainsi avance l’humanité.
Elle écrit, réécrit, réinvente, transforme, métamorphose, jusqu’à découverte complète des vérités premières. Celles qui n’ont jamais bougé. Celles qui seront encore là dans mille ans.
Le mythe de l’amour en est un.
Dans sa fonction de maintien du monde, il erre désespérément à la recherche d’un asile, frappe de porte en porte, parfois entendu, parfois nié. Il n’entre que peu, et pourtant il est là, présent, empli du mystère de son nom.
Mais les mythes ne font pas bon ménage.
Ils luttent pour exister, au péril de leur vie, jusqu’à la perdre totalement.
Ceux qui sont morts ont encore un tombeau sur lequel les autres peuvent lire, témoins de leur existence passée.
Chacun d’eux se feuillette jusqu’à la réparation, jusqu’à la disparition.
Il en est d’autres qui, venant du fond des âges, se lisent en creux.
Le premier est un homme, Adam, toujours vivant.
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– Mais qu’est-il donc venu faire dans cette galère ?
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Nous avons voulu faire appel à notre envoyée spéciale, Cyclopédie, pour qu’elle aille voyager jusqu’à lui, mais Cyclopédie en Vacance n’est pas joignable.

Aussi, JoBougon et son espace font-ils appel à vous pour y répondre.

– Mais qu’Adam est-il donc venu faire dans cette galère ?
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Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa. (Genèse 1, 27)

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Le store vénitien

Il est à claire-voie et son caillebotis aux nuances boisées mélèziennes est si doux à caresser que Marie, à chaque occasion, ne manque pas de toucher ses planchettes d’une pulpe de doigt soyeuse, suivant amoureusement les jolies veines aux dessins mystérieux.

Son imagination la surprend parfois à rêver d’histoires toutes plus fantasques les unes que les autres.

Elle se dit à chaque fois qu’elle devrait les écrire, ces histoires, quand l’œil du bois anime son regard intérieur et vient mettre en perspective une somme de scénarios rocambolesques dont seul son langage a le secret.

Toute une multitude de personnages peuple sa densité. Les ondes solaires, suivant l’heure du jour, viennent souligner certains, mettant en valeur une existence, puis une autre. Les relations se nouent entre elles, se dénouent parfois, certaines disparaissent, d’autres arrivent, et à l’intérieur tout s’organise naturellement, dans le calme le plus olympien qui soit.

Ouvragé par le fameux architecte Lord Norman Foster, l’initiation du projet, depuis sa conception jusqu’à la réalisation complète et son installation ayant pris rien moins que sept ans, il va sans dire le prix de l’objet culte qu’aujourd’hui Marie parcours des doigts avec toute la douceur chaleureuse du grain de soie dans l’inaltérabilité du plaisir à laisser voyager son âme aussi loin qu’elle puisse s’aventurer, c’est-à-dire dans l’immensité illimitée de l’inimaginable imaginaire.

Ces derniers temps, les songes délimitent un espace dans lequel gît une ombre aux contours brumeux. Certains personnages apparaissent alors plus régulièrement.

Bénédictin et Louise, deux archéologues spécialistes du nocturnisme ligneux, équipés d’outils spécifiques à la mise à jour des ombres, creusent, fouillent, dénichent et éclairent morceaux par morceaux l’ensemble de ce qui gît dans cet espace, allant de surprises en découvertes, extirpant quelques doutes au passage, récoltant ça et là pistes de recherche diverses, identification des origines de l’ombre, remontées généalogiques, signatures conditionnées sous vide, conservées soigneusement jusqu’à ouverture, dissection de nécroses et autres fioritures.

Un concept paraît émerger de la fouille.
Qui est le suivant : tout signe d’appel d’une quelconque nébulosité est à considérer.

Sans aborder la question de la considération anxieuse, mais bien plutôt du côté pittoresque et singulier, chaque nébulosité contient son réservoir de force et d’endurance tout en maintenant à perte l’énergie du dispositif déconditionnable tant qu’il perdure.

Georges Buffalo, quant à lui, recense tous les points d’intersection d’où sont issus les détails constituant ce qui pourrait être nommé la qualité particulière de l’ordinaire.

Les pores de respiration du bois en sont la première manifestation.
Certains boursouflent, d’autres cramoisissent, d’autres encore présentent une pointe blanche, laissant supposer la partie cachée de l’iceberg.
Dans le dernier cas, Georges Buffalo fait appel à la compétence de Michaëlle Long et son outil spécial, qui viendra extraire l’ensemble en l’arrachant par la pointe.
Le corps de la partie invisible est ensuite passé à l’appareil converse, qui restitue la totalité en version poétisée à souhaits, tout en laissant émerger toute la beauté de l’émanation prismatisée originelle.
Ainsi, une zébrure tournée en vers devient une marbrure diamantaire dans la boiserie du store ; une bosse de chameau, un dos de perle huîtrière ; une écaille de tortue, un liséré d’or kintsugi ; et ainsi de suite.
Michaëlle nous a confié quelques bribes de poésie, pour illustrer par l’exemple l’effet de l’appareil converse.


L’épine discrète

Pointe n’en faut,
Quand sur la pointe des pieds,
Perchée sur une bosse de chameau,
La pointe du cœur vers l’amour tournée,
Elève son chapeau,
Vers le creux du souhait,
D’aimer d’un cœur léger,
Jusqu’au dos du chameau.

Pointe sans faux,
Jusqu’à faire reculer,
A la garde des mots,
L’étendue des contrées,
Aux larmes de couteaux,
Et sortir de la roche,
La larme bleue de l’épée bleue d’Antioche.

Point trop n’en faut,
De ces rigueurs givrées,
Mais vers le sud, temps beaux,
Dans l’effort de monter,
L’escalier des oiseaux,
Pour enfin s’envoler,
Sur la pointe des mots.

Point-virgule en duo,
Calame ensorcelé,
Embrasure d’à-propos,
Et finesse évoquée,
Feront pencher l’gigot,
Vers le Saint Héritier.



Un lecteur distrait pourrait se poser la question de savoir si Marie ne serait pas le diminutif de Marie-Cyclopédie.
Un mot attentif à Marie répondrait simplement que Gustave Eiffel n’est pas le peintre de l’origine du monde.
Un autre attentif à Cyclopédie pourrait passer pour un imbécile en affirmant que le Roi n’est mage que dans le jardin d’autrui. Et pourtant, pourtant… Rester. N’avoir pour seul secours que cette confiance enracinée dans on ne sait quelle profondeur nébuleuse, au cœur d’un jardin tout aussi mystérieux, c’est dire combien « n’obtient pas la myrrhe qui veut ».




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L’escarpement du parcours tracé à la voix d’alunir fait fuir les curieux du bocal d’escient déplacés par les buveurs de biens. Ainsi peuvent gravir allègrement la déclive ceux qui, créateurs de justes fantaisies, sur les hauteurs du Mont Fuji, d’un rythme jonglé constantatoire marquent les pages des livres oubliés.
Cette route de la légende écrite, endurablement lavée du volcan, surprend le voyageur par la précision de son pinceau.

https://ledessousdesmots.wordpress.com/2021/02/13/aux-gouts-nuances-le-vivant-saffronte/

Grande admiratrice du style nuancé d’un artiste hors du commun, j’ai un peu honte mais il m’est venu l’idée baroque d’imiter le genre rococo de l’artiste en éditant de temps en temps des micro-looping du caractère approché.
Voici le premier trajet, avec Hokusai pour illustrer mes petites promenades elliptiques en pays lettré.
Vous pourrez aller suivre les tribulations de cet artiste au sommet de son art jargonné avec le lien fourni ci-dessus.
Quand c’est grand et bon, il est bon de le reconnaître.
L’imiter est un défi.
Chaque exercice le relève.
Un grand bravo Max-Louis Doré à la Gustave.

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L'homme à la lettre Hans Memlinc

L’homme à la lettre Hans Memlinc 1480 Musée des offices de Florence

 

 


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L’esprit flottant par dessus monts et merveilles, accompagnée de mon filet à mots, je cherche le fil qui va m’aider à débobiner suffisamment de clarté pour réussir à écrire cette lettre magistrale qui occupe ma pensée quotidiennement. Dire la présence de tous les instants pour en restituer les couleurs, savoir marier les mots pour qu’au delà du sens commun, l’aura de la douceur félicienne exhale son arôme, embaumant l’âme bien plus loin que le parfum des roses. Poser les bases de l’édifice pierre par pierre, mot à mot, en allant ramasser dans les éboulement la forme qui va s’ajuster au plus près de la solidité de l’ensemble, et du mot voûte fait pivot, réunir l’intégralité des forces en un seul point. De ce qui monte en puissance, toute de graduation légère, entrer dans la phrase très simplement pour le dire. Cette sensation d’être à l’intérieur d’un faisceau vibrant, traversée d’ondes, transportée. Chaque fois que la finitude de l’inscription dans la matérialité se manifeste à la conscience, autre chose se déploie davantage, qui vient de très loin, de très profond, incroyablement diffus, éternellement renouvelé. Je crois que c’est la grâce de Dieu qui parle à travers l’encre lorsque la lettre tente de rassembler l’expression de ce qui habite l’être aimant. Communion du silence infini bien plus loin que l’aurore, dénué de représentation. C’est cela l’essence de cette inoccupation accueillante.
Les miracles existent. Celui-là en est un. Et pas à pas l’ensemble de ce qui me paraissait obscur se dévoile à mon âme par l’expérimentation des phénomènes indescriptibles autrement que par la métaphore mystérieuse des forces telluriques et célestes associées.
Et dans la confiance inclure la mort.
Très doucement. Si lentement qu’elle ne se fait pas sentir. Justes légers, pour que la magie opère son œuvre.
C’est comme ça que je te reçois.
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A la lettre dessin-petite-souris

Je souris tu souris


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Giboulée, zébu, cognassier et riboulaine : Une édition filaire de l’agenda ironique d’avril 2020 chez carnetsparesseux, le marionnettiste qui en tire les fils ce mois-ci.

Samedi 18 avril 2020, Saint Parfait !
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Un jour qui n’est déjà plus est un jour passé.
Mais où est-il donc passé ?
Une enquête en cours de passé suis sa trace. A la vitesse de la lumière, ce qui est éclairé aujourd’hui fait-il déjà partie du passé ? L’anquêteur s’appelle l’an Kevin.
Il s’est extrait la tête du tout petit bout de sa lorgnette terrestre pour se rendre compte que la nuit n’existe pas puisque le soleil continue de briller et d’éclairer la Terre en permanence.
Sa conclusion :
La nuit n’est qu’un phénomène en trompe-l’œil.
Le jour n’est donc pas passé. Il continue.
Merci à Kevin pour cette enquête rondement menée.
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Dimanche 19 avril 2020
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De quel humour était-il né ? Il en était encore à se le demander !
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C’est en suivant une ligne de vie que le zébu s’était cogné à un cognassier bizarre.
Il glissait là, paroles rares, des p’tits papiers ébouriffés, par le courant des ciels rêvés.
Zébu laissait passer l’papier d’Art, Ménie Grégoire se chanterait en onde bleue, légèrement soulevée par les coings. Elle fonda « à la Jane » l’association « l’oiseau bleu » et l’Arc tendu de son aura ira jusqu’à chausser la clairvoyance, par le plus grand des hasards, après avoir marché plusieurs kilomètres sous une
giboulée d’eau tiède et rincé la lucidité du prisme optique par les deux bouts.
Tout le reste n’est que
riboulaine, sauf la formation du temps solaire. Rien n’est plus beau que son substrat, essence du puits à la racine, intermédiaire élancé vers le retentissement vibrissonné d’un frisson moléculaire.
Une voix se fraye un chemin vers son guttural accomplissement.
Nous ne sommes que des chargés de missions, et celle d’être et de rendre heureux est la seule à remplir.
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Lundi 20 avril 2020, cette fois Odette fête son saint, n’est pas Toulmonde qui veut !
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Cet espèce de
cognassier bizarre continue d’occuper toutes nos rubriques. Il avait en lui une puissance communicative pour peu que l’on se penchât vers ses branches chargées de fruits dorés comme une riboulaine du désert de Gobari,
Même les troupeaux de doux
zébus ne le traversent plus depuis belle lurette. Mais l’allure de la lurette vient à s’interroger depuis quelques temps sur l’origine de la trilogie des giboulées descendantes et ascendantes du centre de la Terre.
Ainsi hochent-ils la tête sans marquer de surprise à cette noble remarque, la marque du cognassier bizarre n’est recensée nulle part et même les publicitaires n’en disent pas un seul mot.
Nous nommerons ce mystère en l’évitant.
Ôtez les caractères typographiques et envolez-vous vers d’autres points de vue moins cartésiens mais tout aussi réels sinon plus.
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111 tris

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Ossian fait monter les esprits avec sa harpe sur les bords de la rivière de Lora, vers 1811 (voir 146776) - Baron François Pascal Simon Gérard

Ossian fait monter les esprits avec sa harpe sur les bords de la rivière de Lora, vers 1811 (voir 146776) – Baron François Pascal Simon Gérard

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– Vous êtes de la famille des magnolipsida ?
– J’ai la force de la Louisiane et le souffle de Chine.
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LaO FuCius
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Ainsi l’Aster symphonise,
Et sa révolution syphonise,
Le pétale du vivace,
Sous l’étoile T2 tasse.
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La Chine odorifère,
Que le souffle sans fer,
Nul cas du rossignol,
Reçoit dans l’entresol.
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Nul ne sait qui des T,
Vint oeuvrer en premier.
La haut la confusion,
N’aura pas de prison.
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Un rat du champ un peu Marcel,
Sur la scène un peu maritime,
Déployait son sens de la rime,
Devant un rat pourvu d’ocelles.
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Oh, sel de la terre, qu’avez-vous
Fait des eaux selles de la rivière,
Celle qui coulait du haut des mers,
Monté par un cavalier fou ?
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Il poussait là l’unique grand roque,
Par dessus méandres et mystères,
Sans faire d’échec à la manière,
Dont il portait la blanche toque.
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Vous vous prîtes pour un papillon,
Mais n’avez d’ailes que le fond,
Et l’imprimé de votre robe,
Ne vous rend même pas hydrophobe.
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Le rat d’ocelles d’un ton moqueur,
Du champ de mer d’où vint la rime,
Mit sous le nez de son rimeur,
Le radeau sel du vent des frimes.
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Si mon pelage original,
Ne convient pas à ton fanal,
Ne vient pas m’en faire un dessin,
Toute imitation n’est qu’emprunt.
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Du champ de la scène maritime,
Marcel devra tout rembourser,
Les ocelles perchées sur la rime,
Rigolaient de ce flibustier.

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Venise vintage
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« Lorsque les philosophes parlent sans détour, je me méfie de leurs paroles ; quand ils s’expliquent par énigmes, je réfléchis ».
Schroeder

L’histoire n’en dit pas long, elle se passe au XVIème siècle.
Elle est conservée en salaison aux archives secrètes du Vatican.

Ce jour là, à Venise, il s’était passé quelque chose d’extraordinaire, et seule une vieille carte de l’île annotée de la main d’un illustre inconnu en faisait foi.
Elle était signée au dos d’un nom ! Andrea Aromatico.
Mais à cette époque là, il n’était pas encore né !

Quoique…

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Venise_Plan_de_Venise_1568

Venise en 1568


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Pierre Basile Valentin, antiquaire de l’île, avait en sa possession un ouvrage de recettes sur la cartographie évolutive du relief des sols.

De temps en temps, lors que sa boutique, désertée de flâneurs, de touristes, ou d’initiés en matière de vieilleries précieuses, se tenait dans le silence le plus pur, il ouvrait délicatement le livre et laissait son regard voguer librement sur les mots et gravures de l’époque, reconstruisant ainsi à l’infini la cité des Doges, ouvrant un passage secret ici, construisant un escalier là, bref, remaniant continuellement l’ouvrage flottant sur la lagune.

L’un de ces instants de profonde méditation fût un jour interrompu par l’arrivée d’une jeune personne habillée simplement d’un surcot et d’une pèlerine à capuche.

L’émanation du coûteux parfum qui embauma alors la boutique permit à Pierre Basile de déduire l’origine bourgeoise de cette charmante jeune femme.

Elle tenait sa capuche resserrée autour du cou, comme pour cacher son visage. Elle semblait bouleversée.

L’antiquaire, qui n’avait pas l’habitude d’accueillir de si jeunes et jolies clientes, encore moins des clientes chamboulées, se leva d’un bond, ce qui fit sursauter vivement la jeune femme.

Ne sachant comment faire, il bredouilla une phrase toute fraîchement lue de son recueil et, en ces termes, lui adressa la paroles.

– La grande sagesse est déjà contenue dans la capacité de pressentir avec exaltation cette main diligente, invisible aux distraits et aux tristes, et vous rassemblez la synthèse de cette immense œuvre, alors soyez la bienvenue. Que puis-je faire pour vous aider ?

De l’embarras apparut sur les traits émus de la dame. Elle le fixa avec de grands yeux intenses et, se reprenant un peu, réussit enfin à être en mesure de lui répondre.

– Monsieur, je cherche un abri, il est arrivé quelque chose d’étrange. Alors que je marchais sur le pont Rialto, allant de mon « humble » demeure à la place Saint Marc pour y retrouver mon amie, j’ai senti le sol se dérober sous mes pas. Après une chute sans gravité, un peu étourdie par le choc, j’ai repris mes esprits et, cherchant à me relever, me suis rendue compte qu’un escalier s’était ouvert sous mes pas. Quelle ne fut pas mon immense confusion de constater que le pont lui-même avait disparu, et que je me retrouvais devant l’entrée d’une sorte de temple, illuminé de millions de bougies rouges, ne comportant aucune porte mais juste une fenêtre dont les volets tirés ne permettaient pas de voir à l’extérieur. Quant à l’escalier, il était bouché par l’éboulement de grosses pierres en forme de creusets, ajustées de telle sorte qu’aucune lumière ne passe entre les interstices. Reprenant mes sens, je fis la déduction que l’oxygène de l’air circulait puisque les millions de petites flammes oranges vacillaient, danses fugaces et sauvages, dans la brièveté de leurs mouvements. L’ensemble était du plus bel effet.
C’est ainsi que, éblouie par cette vision éclatante de beauté, je me suis laissée transporter et, mue par une force venue d’on ne sait quelle part de mon esprit encore ignorée à ce jour, un passage secret s’est ouvert devant moi, m’amenant jusqu’ici.
Permettez que je me reprenne. Qui êtes-vous ? Et où suis-je à cet instant ?

Pierre Basile Valentin, troublé par ces coïncidences évidentes, dressait le lien avec le livre ancien et l’utilisation qu’il en faisait.
Avait-il découvert de façon fortuite l’accès à un temple sacré par l’intermédiaire de cette jeune personne ?

– Je vous en prie, faites donc ! Veuillez excuser mon ébahissement mais il m’importe de savoir par quelle porte vous êtes entrée dans ma boutique. Mon nom est Pierre Basile Valentin.

Devant leur mutuelle stupéfaction, les deux protagonistes décidèrent de s’éclairer mutuellement en remettant dans l’ordre les événements récents.

Une fois l’ensemble des faits rassemblés, une certaine logique advint au jour.
Ce qui leur permit d’entrevoir quelques lumières.
Vous allez me dire, c’est une Lapalissade…
Je continue.
Puis de décider de s’associer pour explorer plus loin une théorie consécutive à leur travail de synthèse.
Il fut convenu que la jeune femme retournerait sur le pont Rialto et y attendrait jusqu’à résurgence de l’expérience, ou pas.
Avant de ressortir de la boutique, elle tendit sa main à Pierre Basile, s’adressant à lui en ces termes.

– Je m’appelle Moderata Fonte, enchantée de vous avoir rencontré, Monsieur Valentin.

– Vous m’en voyez ravi également, Moderata. Soyez remerciée pour l’heureux hasard qui nous fit nous rencontrer autour d’un événement aussi prestigieux que mystérieux et découvrir ainsi une toute nouvelle porte occulte.

Moderata se rendit donc à nouveau sur le pont Rialto et attendit*.

Mais le bon Pierre Basile eut beau laisser voguer ses yeux sur le fameux ouvrage, plus rien ne se produisit. Et lorsque Moderata tenta de revenir à la boutique, elle ne réussit jamais à en retrouver le chemin.

Pierre Basile consigna toutes les observations des faits sur un parchemin qu’il conserva soigneusement dans une enveloppe scellée et rangée dans le livre de recettes sur la cartographie évolutive du relief des sols.

Quelques siècles plus tard, en 1883, le premier préfet des archives secrètes du Vatican, Joseph Hergenröther, intrigué par le titre du livre, feuilleta négligemment ce dernier et découvrit l’enveloppe.

Vous imaginez bien qu’une fois ouverte, ayant pris connaissance de la fameuse expérience occulte, Joseph désira en savoir davantage.
A cette époque, les dignitaires de l’église catholique disposaient de détectives privés à leur service. Il convoqua un homme en qui il avait toute confiance, Andrea Aromatico, pour enquêter sur le sujet.

Les résultats démontrèrent que :

– La seule preuve de l’existence du phénomène est la lettre dans le livre, et plus tard la carte signée au dos par Andrea Aromatico.

– L’expérience est indémontrable de manière scientifique.

– Elle pourrait, qui sait, permettre de sauver Venise de la montée des eaux en la soulevant.

– Elle a été reproduite mais jamais sur commande, occasionnant des phénomènes n’ayant aucune logique et à des moments complètement imprévisibles. De plus, les points de départ et d’arrivée n’ont jamais plus été les mêmes que décrits par Pierre Basile Valentin malgré de nombreuses tentatives.

– Le dernier passage en date est celui de l’an 2000. Il relia chez Gallimard un premier dépôt légal en novembre 1996 à l’escalier du dépôt légal de février 2002. L’auteur est un certain Andrea Aromatico.
Il est entré par l’universale Electa et sorti par le rayon culture et société des éditions découvertes. Le fameux bug de l’an 2000 n’a eu aucune incidence notable sur son passage secret.

– Pourquoi n’avoir jamais réussi à retrouver dans d’autres archives, ni la preuve de l’existence de l’antiquaire, ni celle de l’événement qu’il décrit ?

– Une hypothèse à cela : Après bien des pérégrinations, et par recoupements, il en ressort l’évidence que l’instant de la rencontre de Pierre Basile et Moderata n’existe pas. Ce temps est celui des dix jours disparus à tout jamais entre le calendrier Julien et celui Grégorien instauré à sa suite.

Les jours inclus entre le vendredi 5 octobre 1582 et le dimanche 14 octobre de la même année sont des jours escamotés par la mise en place du calendrier Grégorien sous l’autorité du pape Grégoire XIII.

La date de la lettre de Pierre Basile fait état du mardi 9 octobre 1582.

Après son exposition à la lumière, le fameux document parchemin annoté de la main de Pierre Basile Valentin s’effaça totalement jusqu’à redevenir vierge.

Heureusement, Andrea Aromatico avait pris soin de laisser trace de cette étonnante et mystérieuse histoire à travers une carte signée de sa main en utilisant l’intermédiaire du regard voguant à travers le livre de recettes sur la cartographie évolutive du relief des sols.

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Venise 1573-Pinargenti-Venedig.jpg

Venise en 1573 ( et en forme d’écrevisse ? )

 


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Le mystère de la rencontre calendaire de Pierre Basile et Moderata restera malgré tout et à tout jamais impénétrable.

* Pour l’anecdote, c’était exactement à cet endroit précis qu’elle avait rencontré son futur époux, Filippo de’ Zorzi, quelques mois auparavant.

Ecrit demain sur une échelle pour l’agenda ironique du gouffre de décembre 2019 en villégiature pour les fêtes de Noël chez le tatillon carnetsparesseux.
Il fallait insérer les mots suivants : Noël, échelle, demain, livre, gouffre et tatillon.
Et avec mes remerciements.

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forêt-1.jpg
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Le ciel me traîne,
Le ciel m’étrenne,
Que le ciel m’étreigne,
Fait durer mon règne.
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Forêt-3
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Le ciel me traîne comme une hotte du père Noël,
Semant partout toutes les étrennes de ses rennes,
La flemme se gonfle de mes rêves et de ses ailes,
M’envole au ciel où je pérenne dans l’œil du Zen.
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Forêt-2.jpg
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Le ciel s’étrenne dans le pérenne de la sauterelle,
Traînant ses ailes dans un mouvement de chanterelle,
Si doucement que le tapis du firmament noir s’étincelle,
Au rythme lent et vaguement originel,
Du souffle rond qui le recouvre de vermeil.
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Forêt-4.jpg
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Et la merveille d’une création croise le feu,
Si gigantesque soit le son il est heureux,
Fier comme Ulysse, beau comme un dieu,
Voici le roi de la forêt, voici le maître de ces lieux.
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Forêt-5.jpg
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Oeuf cosmique
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Il était une fois, un œœuf.
C’est pas nouveau.
C’est pas non plus pas très original.
Comme début, sauf à une virile près.
Pardon, une Virgile.
Euh non, pas encore ça.
Non alors quoi ?
Ben une virgule ?
L’ œœuf était un œœuf tronqué troqué au marché du Marais contre un œœil de bœœuf.
Elle s’en bat l’œœuf, vous allez me dire !
Et vous n’aurez pas tord.
Cet œœil là valait bien plus que la grenouille, bien plus que le troupeau de vaches, valait plus que le bœœuf dans l’œœuf.
Cet œœil là dizæ-je valait au moins le bœœulœœuf de la création.

Lætitia pensais au côté ærien de la question.
Lætitia n’est pas une poule.
Donc elle ne parle pas.

Côt.

Voici la question :

Que voit le poussin de Lætitia en sortant du côté ærien de l’œœuf par l’œœil de bœœuf ?

C’est à vous.

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