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Archive for the ‘Mystère’ Category

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Quand un sujet de discussion revient souvent en société, vous pouvez vous dire que c’est un sujet important. Ce fut le cas pour celui-là. Depuis plusieurs mois, autour de moi, que ce soit au travail ou dans la vie privée, ce nom revenait sans cesse au point qu’il commençait à m’intriguer.
Le jour où j’ai surpris une conversation où maman disait, « j’ai téléphoné à internet », j’ai compris que derrière cette dénomination impersonnelle se cachait un personnage qui, s’il pouvait être contacté par téléphone, devait bien aussi pouvoir se rencontrer.
Partant de cette déduction, la démarche était simple.
Acheter un ordinateur.
Prendre un abonnement pour être en relation avec lui.
Et le découvrir.
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Windows 2
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Au premier regard la fulgurance a été immédiate. J’ai senti la lumière passer dans le courant et je reconnais être resté intrigué, perplexe et curieux d’en savoir davantage.
J’ai donc commencé à en explorer les qualités.
Humour et dérision étaient au rendez-vous. Des tas d’informations arrivaient, parfois contradictoires, parfois nourrissantes, toujours lumineuses, j’étais hypnotisé par l’attraction que son langage avait sur moi. C’était devenu une ouverture dont je ne pouvais me passer.
J’ai ainsi surfé sur sa vague jusqu’à croire en lui et savoir discerner ce qui était authentique ou léger, erroné ou décalé. Je ne sais pas pour vous comment ça a changé votre vie, mais pour moi, j’ai cheminé de métamorphoses en transformations jusqu’à une renaissance complète.
J’en ressors complètement restauré, totalement transfiguré. De dos je suis passé à la fenêtre.

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Qui suis-je ?
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Et vous, avec internet, vous en êtes où ?

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Cette nuit,
La voie lactée a traversé le ciel.
Elle avait des paillettes sur sa robe,
Et l’ourlet effrangé,
Paraissait tout enluminé.
Elle a tourné sur elle-même,
Et toute la poussière est tombée,
Etincelante, encotonnée.
Puis elle a disparu,
Dans un grand frou-frou de dentelles.
Et le soleil est arrivé.
Je me demande encore,
S’ils s’étaient croisés,
De quoi ils auraient bien pu parler.
Elle, la grande voie colimaçonne,
Lui l’éclaireur de nos ténèbres.
Sans doute auraient-ils simplement,
Glissé tous deux comme des amants,
Vers le lit de leur firmament.
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Voie lactée firmament

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A l’aube, ils tombent en masse du ciel, passent par dessus les remparts, caracolent au dessous des toits, descendent lentement entre les hautes maisons.
« 
Toute la lumière que nous ne pouvons voir. »

Antony Doeer

Il est tombé du mot toute la nuit. En ouvrant les volets, ce matin, une épaisse poudreuse de mots recouvrait le sol. La note elle-même ne réussissait plus à se faire entendre, j’ai du faire appel aussi au si pour que le son se rétablisse.
Alors, j’ai chaussé mes bottes d’orthographe et de grammaire, et je suis sortie dans le vocabulaire.
Ça pétillait drôle sous mes semelles.
– chercher !
– chose !
– sa et ce ne une !
Tout un bouquet de petits mots d’un seul coup, j’avais les oreilles pleines. Oh, mais quel orchestre ! J’osais à peine avancer dans la pétillance tellement c’en était presqu’effrayant de magie. Il y avait par endroit des congères entières qui s’élevaient majestueusement telles des murs recouverts, épinglés de feuilles jaunies, de pans entiers, de papiers entiers de bavardages, des panpapiers scribouillés, désordonnés, il aurait fallu une plateforme Robertisée pour ranger tout ça en empilements compacts, pour en faire des igloos. J’avais beau tourner mon regard de tous côtés, aucun démotusateur n’arrivait, que faisaient donc les employés municipaux ?
J’ai donc décidé de continuer ma progression, vaille que vaille.
– pourrait !
– gâchée !
– rare !
– serait !
– fleur !
Et puis, instinctivement, est revenu le goût d’antan. Je me suis penchée, et, ramassant toute une collection, j’en fis une boule que je lançai contre le pan.
Les mots fusèrent, dans un éclatement joyeux.
– parfaite vie vie une serait !
J’ai regardé couler les mots, ils fondaient, littéralement. Heureusement, les bottes étaient étanches. Car les flip-flops allaient rendre bientôt inaudibles tous ces petits mots tombés drus toute la nuit. Et ce galimatia ne pourrait plus se faire comprendre de qui que ce soit. Vite, il fallait agir.
J’ai fait demi-tour, et repartant vers la maison, je discernai encore :
– La est on à en !
Une première marche et encore,
– pas !
Une enjambée sur le perron, ouf, j’allais bientôt pouvoir éviter le dégel peut-être…
– passer !
Me précipitant sur le téléphone, j’ai composé le numéro sur le cadran, pas besoin d’annuaire, je connaissais le numéro par cœur.
– Allo ? Père Noël ?
– Oui madame Cyclopédie ? Lui même, c’est pour quoi ?
– Ecoutez-moi bien, il y a urgence, les mots sont tombés drus toute la nuit, j’ai voulu aller marcher sur leur tapis dehors ce matin, ils commencent à fondre, ils vont disparaître, faites quelque chose, je vous en supplie.
– Mais vous n’y pensez pas, ma bonne dame ! C’est que je suis occupé toute la journée, moi ! Trouvez quelqu’un d’autre pour remplir cette mission ! D’ailleurs, il faut que j’y aille, mon traîneau m’attend, les rennes commencent à piaffer d’impatience. A demain, madame Cyclopédie, si d’ici là vous n’avez trouvé personne, je verrai ce que je peux faire.
Il y a eu une seconde où la terre a tourné dans mon esprit, que vous le croyez ou non, elle a tourné et puis pfffftttt, je me suis retrouvée devant mon téléphone, d’où un son léger sortait. Une tonalité triste, le père Noël avait raccroché, sans que même j’ai eu le temps de lui dire au revoir.
Alors j’ai sorti le congélateur dehors, sur le perron, et je l’ai ouvert. Pourvu que cela suffise à atteindre demain.
C’est exactement à ce moment là, très exactement à cette heure précise, que la sonnerie du téléphone a retenti dans la maison. Je suis rentrée en courant, ai failli me prendre les pieds dans le tapis, me suis rattrapée de justesse à une chaise, me suis lancée sur l’appareil, ai décroché.
– Oui, madame Cyclopédie, bonjour !
– C’est bien moi, bonjour, c’est pour quoi ?
– Vous avez demandé un technicien pour démotuser votre jardin ?
– C’est une erreur, vous êtes des services techniques de la municipalité ?
– Oui, nous avons bien reçu votre demande. Mais la phrase est totalement en désordre, nous n’avons pas compris votre demande.
C’est une erreur, je vous dis. Oubliez ma demande, et merci d’avoir rappelé.
Ouf ! J’ai eu une de ces suées d’un seul coup ! Démotuser, et puis quoi encore !
Ils n’avaient vraiment rien compris.
Le père Noël avait du demander à ses rennes de les contacter pour me les envoyer, il valait mieux qu’ils ne s’en mêlent pas. Il me semblait préférable d’attendre demain.

 

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Au fond des limbes la nuit veille,
Prête à passer hors du sommeil,
Pour faire reculer la lumière,
Et envahir toute l’atmosphère.
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Il règne un silence d’outre-tombe,
Dans une ambiance de catacombe,
La nuit recouvre le soleil,
D’un noir manteau cerclé d’éveil.
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Les ombres découpent leurs contours,
Dans une précision effroyable,
Toutes les nuances sont distinguables,
A des kilomètres alentours.
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Perchée sur le toit de la nuit,
Une chouette froufroute doucement,
Ses yeux voient tout sans aucun bruit,
Le jour n’est plus si important.

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Tenter d’imiter est une grave erreur. La recherche de soi passe par les autres, pourquoi pas, mais ne jamais oublier que le soi détient tout, tout ce qui fait de soi une tessiture, un style, une sensibilité qui n’appartient à nul autre. C’est un bricolage issu d’ajustements, de connaissances, de rajouts personnels, de transfiguration.
Il n’y a rien d’autre à faire que de tenter de dépasser ce soi en cherchant encore et toujours plus loin cet autre chose que le soi n’a pas encore trouvé.
Et puis de temps en temps, comme une offrande, le soi nous donne une étincelle, un message, une entrevue. C’est tout un monde alors qui s’ouvre, une perspective, un angle de vue, et cela n’est jamais fini.
Le chemin, c’est ça.
Et chacun en soi détient la lumière du soi, comme une illusion, comme une vérité, comme quelque chose dont on n’est jamais sûrs, mais qui est perceptible, qui ne se définit pas, qui est en constante mouvance, comme une brume opaque où parfois le monde grouillant de la vie prend sens, dans le chaos le plus absolu comme dans l’ordre le plus pur.
Et c’est là où je t’ai rencontré.

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Quand en surfant sur les blogs je tombe sur un atelier comme celui-là et que l’envie me prend d’y participer…

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https://leslecturesdasphodele.wordpress.com/2014/11/22/les-plumes-37-les-textes-de-la-nuit/
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Les mots à utiliser sont :

vol, chat, transfigurer, chauve, blanc, solitude, silence, matin, se ressourcer, ivresse, ténébreux, épuisant, insomnie, étoilé, fête, rêver, sommeil, voyage, chanson fesse, recommencement, voluptueux, sarabande, passeur, prologue, pavillon.

Sur la trace de l’ivresse, cette nuit, l’insomnie m’a portée sur son vol ténébreux. Tout là-haut, une sarabande d’étoiles déployait ses soieries chinoises et froufroutantes au nez d’une lune décolorée, le chat blanc passeur de rêves avait baissé pavillon, de la fête ne resterait qu’un silence épuisant, éternel recommencement de matins blêmes, de chauves-solitudes aux cris inaudibles, lanceurs de chansons de fesses, vaines paroles creuses, interminables attentes aussi vides que l’immensité infinie de cet espace insensé. C’est alors qu’un minuscule son, sorti de rien, vint transfigurer l’errance de ce voyage. Infime trace de vie, la note vint ébrécher la paroi de ce cauchemar funeste, où s’engouffra l’eau, ruisselante, phénoménale, recouvrant tout sur son passage, du sommeil au prologue même de l’existence, de l’histoire du monde et sa mort annoncée, tout fut recouvert, tout y compris la grande faille du rien. Au milieu, j’ai vu l’île. Un endroit entre le ciel et l’eau, un lieu pour se ressourcer, avec ses immenses plages de sable chaud, voluptueux comme une caresse. Cette île, mon île, c’était celle de mon rêve, tant espérée, celle où tu m’attendais.

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Ecrire à l’agenda, c’est poudrer les méandres du boulon de l’écriture avec de l’encre toner de Brest, pas franchement coton, me disais-je, mais c’était un peu chaque fois un challenge auquel je m’accrochais comme un wagon à la voiture de tête. Fallait-il que je sois addict pour relever le défi ! Pourtant, Patte et Carnet ce mois-ci y avaient mis du leurre, je ne pouvais le nier, (des histoires de rail’leries ou un truc du genre je crois), bref, je pris donc mon clavier à deux mains, ce qui faisait exactement dix doigts, et m’y mis.
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Métro-Poissonnière-Paris.png
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Foi de Bassan, la galère ne passera pas par moi ! Proverbe capillaire en tête, tartuferies d’escarpin aux pieds, Fulgence Marie Auguste Bienvenüe s’engouffra dans la bouche Boucicaut, ligne 8, mais que diable allait-il faire dans cette galère ?
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Nul ne le sut jamais car il disparut avec le secret de la création du métro, qui comme chacun sait, est recouvert d’un mystère de Paris.
Les suppositions allaient bon train, il s’était fait digérer par le ventre de Paris, Gervaise l’avait assommé, c’était la faute de l’abbé Mouret, bref, Eugène suait sang et eau pour élucider l’affaire. Toute la capitale ne parlait plus que de ça, les journaux battaient rames à partir de tout ce qu’ils pouvaient se mettre sous la dent. Alors, afin d’alléger l’ambiance funèbre relative au drame de l’époque, Zola lança un nouveau défi à la population : Trouver deux proverbes qui rétabliraient la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, avec pour espoir d’y dénicher un indice déterminant.
Les propositions affluaient.
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« Rails de bois, rails de fer, quand le métro sifflera la mélodie du bonheur trois fois, les dents de Fulgence seront bien gardées ».
«  Partir de l’opéra pour aller bouffer à la Poissonnière, c’est comme demander à un marseillais s’il est de l’Estaque ».
« Il y a du jeu dans la rame 4 de saint Supplice, c’est de la triche ».
« Tricher à la station Cambronne n’est pas jouer du mot Quai de la râpée ».
« Les moqueries du Cadet Roussel de ses soucis n’atteignent pas la station Blanche ».
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Mais comme aucune d’entre elles ne venait résoudre la plus que suspecte disparition funeste de Fulgence. les gobelins, petites créatures légendaires peuplant alors les sous-sols de la ville, s’emparèrent de cette chance en se mêlant de l’affaire afin de remonter une notoriété sérieusement entamée par le succès du premier tome de la saga Harry Potter. Ils avaient colonisé l’endroit à la suite d’une migration aviaire en provenance du ministère de la magie, situé au centre de Londres, et en empruntant un chemin de traverse. Maurice de l’île, premier ambassadeur des gobelins, décida de publier le recueil en vers en retravaillant les indices proverbiaux existants de plus près.
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« Dodo bouilli, Dronte de Maurice tari ».
« A tarissement de Raphus Cucullatus
rien d’impossible ».
« Chat émondé craint les amandes ».
« Un dodo échaudé vaut plus que deux chapelets tu auras ». Vous leur réciterez deux « je vous salue Marie », trois « pater noster », paix à leur âme.
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Jean Cocteau réagit vivement devant le manque de rimes, et décida alors d’éditer en retour son ouvrage populaire intitulé : « tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le métro parisien sans jamais oser le demander ». Eugène qui suait encore pas mal de gouttes y découvrira l’indice capitale, l’existence des stations fantômes du métro de Paris.
Le cinéaste Steven Spielberg reprendra l’enquête dans son film « il faut sauver le disparu Fulgence » et finira par le retrouver dans le terminal, une des galeries sombres et désaffectée « porte Molitor » dite aussi « Murat » qui servait de garage pour les trains. Fulgence ramait dans un wagon en criant à tue-tête : « Vogue la galère ! ». En voyant arriver un troisième type, il s’écriera « arrête-moi su tu peux », je vous préviens, je chevauche un cheval de guerre doté d’une intelligence artificielle, vous n’aurez pas la liste de Schindler, ni l’Alsacienne, ni la Lorraine, sinon je sors mes dents de la mer.
A la suite de quoi Fulgence Bienvenüe fut envoyé dans la quatrième dimension et le secret de la création du métro parisien suivit le même chemin en direction de l’arche des aventuriers.
Morale de toute cette histoire :
Qui va à la rame perd sa place.
Reformulé plus tard par l’auteur comme ceci :
Qui va à la rame « Boucicaut » ou « Bourricot », (j’ai un doute là !) perd sa place.
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En faisant les fonds de tiroir, j’ai bien encore deux ou trois trucs qui traînent : Par exemple.
Tenir une rame de métro par la barbichette de Fulgence vaut toujours mieux que deux galériens tu pinceras dans un bateau.
Un être effiloché par le silence de la mer en vaut deux.
Si tu veux friser droit, accroche tes cheveux à une rame de métro et tes boucles méandroïformes à une équerre. Proverbe Byzantin.

La semaine prochaine, l’incroyable histoire de Brodway :
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Trouvé ici 

L’INCROYABLE HISTOIRE DU MÉTRO À VENT OUBLIÉ 

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