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Archive for the ‘Joie d’aimer’ Category

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YOU ARE MY ANCHOR declaration of love
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J’écris de l’ancre du bonheur,
A la réunion de nos cœurs,
Sur le papier du sentiment,
Qui se fait doux au fil du temps.
J’essaime à la brise de l’espoir,
L’agrandissement de nos accords,
Dans le concert des arrosoirs,
Et la croissance qui nous honore,
A construire les espaces communs,
Où se rejoignent nos deux mains.
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Par l’écriture à dos d’humeur,
Orientée vers la douceur,
J’écris à l’encre de l’ardeur,
Pour construire ce monde meilleur,
Dont nous rêvons depuis longtemps,
Jusqu’à la rime de la tendresse,
Avec laquelle ma plume caresse,
Ce goût de la délicatesse,
Qui fait le ciment de la paix,
Et le trait de solidité,
De notre belle complicité.

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Temps de préparation : Variable mais long
Temps de cuisson : En fonction de la variabilité
Ingrédients : Les plus nombreux possibles

https://jobougon.wordpress.com/2015/10/15/tete-en-lair-poetique-tete-dans-lair-des-courants-dair/

Préparation de la recette :

Préparez votre état d’esprit en conséquence. Dormez peu, soyez perturbé, accumulez sources d’épuisement, ruminations anxieuses, interrogations existentielles, sentiments de révolte, maltraitances de la part de votre entourage, stress, somatisations, sensibilité exacerbée, lucidité négative, frustrations, difficultés en tout genres, désespoir et désillusions.
Noyez vous.
Ou plutôt, sombrez au fond de votre boite.
Regardez passer un lapin blanc.
Donnez un grand coup de pied.
Remontez à la surface, sortez de la boite, secouez vous les plumes, faites vous aider au besoin.
Regardez disparaître le lapin blanc.
Croisez le regard d’une personne, soyez traversé par un rayon, restez étonné, interrogateurs, cherchez à comprendre.
Menez l’enquête sans faillir, sans doctrine, montez doucement dans l’aérien du sentiment.
Laissez vous transporter.
Vous êtes prêts.

Posez une poêle anti-adhésive sur le gaz allumé à feu doux.
Disposez de la chapelure au fond.
Vaquez à vos occupations. Par exemple, allez prendre une douche, non, trop long, me communique marmiton.com, donc optez plutôt pour un brin de vaisselle, un léger rangement, type rassemblement d’objets en un seul lieu plutôt que dispersés dans toute la maison, un rang de tricot, une lecture de page, rêvez de ce regard, entendez la sonnerie du minuteur, courrez pour rejoindre la cuisine.
Voilà, c’est fait.
Vous y découvrirez avec une immense gratitude que votre capacité culinaire est désormais opérationnelle, que vous vous êtes dépassé.
La boite siège bien sur le lit de chapelure, le fond est bien fondu à point, et cette fois, grâce à la chapelure, elle n’a pas copié-collé au fond anti-adhésif de la poêle.
Les choses se sont faites sans vous, bien qu’avec vous.

Allez manger au restaurant et ne déclarez pas votre sentiment au porteur de ce regard si merveilleux. Parlez lui de la recette du tupperware pané.
Si le rayon est encore là, il manifestera son goût prononcé de la cuisson lente et à feu doux.

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L’étiquette de conformité se décolle en eaux profondes, là où la balle n’est plus si ronde. Un jeu de paradoxe y déploie plus de poils que de plumes, griffes de dragons en forme de palmes, les aquatennismen manient le revers à l’endroit comme à l’envers, le grillage des raquettes ne raquette rien, mais la balle fait ping, puis peut aussi faire pong, ainsi se déforment les sphères ovalisées par la pression, angularisées par le grillage. Le paradoxe se moque de lui-même comme de la première dent de requin venue. Il arrondit les angles à la meurtrissure de la poésie, effiloche le papier collé sur la boite, et les industriels laborieux réussissent alors à la changer.

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La « Anne », elle avait pas son pareil pour tournicoter du coton perlé d’agenda ironique.
Juin, qu’elle avait dit, c’est une affaire dans l’sac.
Alors dans son fourre-tout, elle y a collé
deux images, sages comme des gros lézards du Nil qui dormiraient au soleil, (pas besoin de lunettes noires), et quelques phrases suspectes comme, insérer OBLIGATOIREMENT « C’était à … faubourg de… dans les jardins de ou d’…»  dans l’titre, (zut, le titre, je l’avais loupée cette consigne là), et puis les mots « cannibale, fourbir, niquedouille, praliné, rentable, sautiller, tellurique ».
Pfffftt !!! Pourquoi faire simple quand on peut faire simple ?

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Pis qu’en plusse, on n’a même plus l’droit d’râler !!!
Qu’est-ce que t’as dit ?
Non, non, rien ! J’ai rien dit.
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Famille Addams bis.
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Il y avait réunion de famille, l’heure du gong avait sonné, grand-père Gomaize fêtait ses 150 ans de décès, et Mortencia, drapée dans son digne deuil, allait enfin pouvoir exécuter les dernières volontés de son défunt époux. A ne pas confondre avec ses dernières voluptés, bien entendu, qu’elle exécutait encore fidèlement jusqu’au dernier souffle de Gomaize, mais laissons sous silence leur intimité.
Il lui avait remis, sur son lit funéraire, le contrat de confiance dans lequel elle s’engageait, sait-on jamais, légalement, à ne pas confondre avec létalement, et pour une durée contractuelle du nombre d’année précisé ci-dessus, plus haut, à ne pas prendre aperçu ne serait-ce que de près ou de loin de son testament avant cette date.
Gomaize aimait, à l’époque de son existant, tirer vers le haut du panier, aussi disait-il toujours : « Patience est mère de charité, mais ne moquez pas l’hôtel-Dieu, il touche le fiel ».
Il avait un petit cheveu sur la langue, papy.
Mortensia n’avait plus la grâce d’antan, ni le mordant d’ailleurs. Mais elle avait gardé la blancheur laiteuse de ses vingt ans grâce à l’onguent du docteur sangsuet, cosmétique intégral, indice 6, ayant la caractéristique de maintenir le taux d’hémoglobine sanguin à l’indice correspondant. Affaiblie mais résistante à tout, suivant sa philosophie « atout prendre », Mortencia prétendait mordicus que la lividité consécutive à l’application de cet onguent lui permettait de rester visible à feu Gomaize, qui sinon ne pourrait la reconnaître de l’au-delà. Au delà de quoi, le taux risquerait de flamber, laissant exsangue et sans sang les vaisseaux laissés à sec de ce fait incendiaire. Et rajoutait souvent à qui voulait bien l’entendre, les flammes éclairent mais la nuit porte conseil. Optant pour le style bénitier, lancé par le célèbre couturier Maryvonnet saint Lacroix, elle avait revêtu une veste écossaise portée par lady Conne Doyle dans les années 20 lorsqu’elle a joué le fameux personnage d’
Irène Adler dans « Un scandale en Bohême », achetée au vide grenier de Louvain sainte Uccle Wilsèle pour la modique somme astronomique de dix neptunes.


Elle découvrirait, tout comme le reste de la famille, mais pas avant 90h52mn de la nuit, le contenu du testament que celui-ci avait rédigé en vue de cet instant poignant.
Toute la vérité, rien que la vérité, sur l’origine de la fabuleuse richesse qui allait alimenter les comptes bancaires et ne tarderait pas à dévider sa fortune sur les différents entrepreneurs qui se pressaient aux portes du manoir pour en restaurer les coins et recoins dégradés par le temps.
C’était à Golgothique, faubourg de Baldhoween, dans les jardins d’Addams et Dave.
Grand-mère Mortensia, mortifiée par le froid, s’était emmitouflée jusqu’aux oreilles. Son foulard Kermesse lui donnait l’air comprimé des veuves de bonne loi, son doux sourire revêtu pour l’occasion, elle évitait tout de même d’ouvrir la bouche, n’ayant pas honoré son dernier rendez-vous chez le dentiste, qui devait lui fourbir un dentier flambant blanc, assorti au teint, nous comprendrons un peu plus tard la raison de ce loupé.
Il y avait son frère, oncle Pestilent, de son prénom d’alliance avec Bondéanause, le père de la cousine Germaine. Il a endossé la combinaison rose réservée aux panthères, prétendant que la souplesse est un gage de gri-gri. La dernière fois qu’il a assisté à la lecture d’un testament, dit-il, il a hérité personnellement d’une dette de jeu à hauteur de trois atouts, dont un passage par la case départ. Ce qui lui a permis tout de même d’empocher un mois de salaire, mais a suffit à le rendre méfiant à l’égard des héritages. Pestilent est venu accompagné de ses trois enfants et demi. Ne pouvant en encadrer que deux et demi sur trois, il a décidé de lâcher-prise avec le benjamin, dont le jaune est assorti à son jumeau, à peine plus égal en âge que lui-même. Ils ont la réputation de n’être pas des comics, préférant largement la carrière saurienne à celle ornithienne, plus empennée.
Mon frère, Louis XII, a tenu à se placer à la gauche de Mortensia. « Comme ça, je ne suis pas loin des biscuits à thé », a-t-il avoué ce matin en lorgnant sur son téléphone portable pour voir si l’heure du dé-jeûner allait bientôt arriver. Notre demi-sœur Rellente s’est glissée discrètement du même côté pour ne pas être loin de la table, tout en restant approximativement la niquedouille préférée d’haute-maman. Vu que personne ne l’a jamais vue entièrement, elle reste comme une effluve dans les jardins d’Addams et Dave. Parlons-en de ces deux là, ils sont allongés par terre, toujours prêts à partir en voyage tellurique, sac à portée de main. Ne les confondez pas avec le paysage Pelousain, ce sont des hommes, trans-sexualisés, mariés de surcroît, depuis les années lumières, et bien décidés à affirmer leur position, c’est-à-dire au repos, mais attentifs. Ils ont connu l’époque des attentats aux tifs, celle où les coiffeurs coupaient toutes les franges de travers, et ont décidé de mener le combat de la frange droite, quoiqu’il leur en coûterait. Etant donné les nombreux frais auxquels ils sont exposés, du fait de leur engagement, ils espèrent bien retirer de leur présence un pécule modulatoire, leur permettant d’essorer la majeure partie de leurs dettes de jeux. Car couper de la frange droite, croyez-le bien, est une entreprise hasardeuse, les paris sont relevés à hauteur de sourcils la plupart du temps.
Moi, j’ai choisi d’épauler haute-maman plutôt côté bras droit. Je ne sais pas, une intuition, sans doute. Non pas que je défende le patronat, ou une quelconque accointance avec mon banquier. Simplement, Jules m’a dit, si tu ne restes pas à côté de moi, je ne viens pas avec toi dans ta famille. Moi, Jules, je ne peux pas m’en passer, alors comme il s’est assis sur le fauteuil du mort… Mais Gomaize, de là où il est, n’ira plus jouer les cannibales. D’habitude, il envoyait griller en enfer tous ceux qui osaient s’asseoir sur son fauteuil, histoire de les déguster à point un peu plus tard. Là, il ne bouffe plus grand chose, pauvre grand-père, il doit avoir les dents qui grincent d’écume, à ne rien plus pouvoir faire, de là-haut de l’au-delà. Pépère, c’était pas du praliné. Plutôt du piment de Cayenne. Quand il ouvrait la bouche, c’était pas pour faire des bonbons, qu’on disait de lui.
Grand-maman Mortensia présentait son meilleur profil au photographe venu spécialement de la ville pour immortaliser l’instant.
Ce qui tombait plutôt bien, c’est que le notaire et ce dernier ne faisaient qu’un, vu que la mode était au cumul des emplois, les temps sont durs il faut dire, un peu comme les dents de grand-père.
Une fois le paysage familial fixé sur la pellicule, l’intérêt d’avoir des représentants de la cause capillaire pu parfaitement s’entendre. On entendit aussi la lecture du document, légèrement fossilisé sur les coins vu son âge.
Mortensia versa une larme, en entendant la voix de son époux retransmise en direct par le notairographe, la larme toucha le sol, le sol s’ouvrit sur la piscine, une grosse larme de crocodile qui prit soudain forme, baudruchienne, ce n’était pas le moment de faire l’autruche. Dans l’affolement de l’instant, j’ai vu Rellente sautiller sur le bord de la piscine, prête à perdre l’équilibre..
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Famille Addams bis 2
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Les reptiles grouillaient, se multipliant comme des petits pains gonflés d’hélium, comme des fourmis à la gueule allongée, des termites dentues, crantées, rouage funeste de gri-gri mal réglé. Je l’avais dit à Mortensia, n’invite pas l’oncle Pestilent, tu connais sa capacité à être psychédélique. Cette vieille carne n’avait rien voulu entendre. Raison pour laquelle aucun saurien n’en viendrait à bout, la carne est une substance dure, inattaquable, angulaire et saillante, aussi dure que la semelle de ses pompes.
J’ai donc compris pourquoi elle avait raté son rendez-vous chez le dentiste. Vu que les caïmans, crocodiles, alligators et autres dragons du Komodo, ne sont pas commodes, traverser la propriété pour se rendre à son rendez-vous présentait trop de dangers dangereux pour sa vie, elle préféra rester cloîtrée dans le manoir en attendant qu’un prédateur à reptiles vint faire un peu de ménage dans le jardin d’Addams et Dave.
Nous ne pûmes donc qu’assister à la lecture des premières lignes du fameux testament. Le peu dont je me souvienne fut ceci :
« Meurtricia, mon amour, ma chérie, ma tendre, ma seule, mon unique, si j’ai mis 150 ans à te dévoiler la vérité, c’est que les affaires n’étaient pas rentables du tout. Notre culture d’avocats si florissante au début de notre mariage a souffert depuis quelques années du solanum tuberosum. Nous avons du emprunter deux millions d’heures supplémentaires pour la construction d’une usine de déshydratation pour les transformer en fécule, notre pécule a fondu comme larmes au soleil, les spéculateurs ont bouffé le reste, et je ne laisse que ma collection d’ailes de mouches a ton frère qui me l’a soutiré contre un talisman en forme de trèfle à cheval. Sauras-tu m’en tenir griefs aussi longtemps que la mort ?
N’oublie jamais que je t’ai aimée, Meurtricia, que je t’aime, et que je t’aimerai encore, foi de moitié légitime. »
C’est là que je me suis dit, tout d’même, il n’est même pas foutu de citer le prénom de grand-maman correctement. Et que je me suis redit encore en plus, il faudra que je lui demande pourquoi, à la vieille. Franchement, ça manque largement de respect pour elle.

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Imaginons un point « A » situé dans l’espace. Puis un point « B » situé dans le temps.
Supposons que je sois présente dans « A », pendant que dans « B » tu voyages.
Est-il possible que ces deux points se rencontrent ?
Auquel cas ils formeraient le point « AB » d’intersection à la jonction de l’espace et du temps.
Il ne reste plus qu’à choisir, toi, l’instant, moi, l’endroit, pour ouvrir ce point sur le jardin d’AB.

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A partir de rien autant aller nulle part.
Broyer du blanc de sentiment, c’est de l’art,
J’en fais un tableau de Mozart,
Un bijou de pluie du hasard,
Je te saute au cou du regard,
Et dans ton baiser je m’égare.
Tes mains attrapent mes coins épars,
Et me rassemblent, mais quel bazar,
Je suis sens dessus dessous, c’est bizarre,
Quel drôle de vide ce tintamarre,
Mon cœur qui bat en gyrophare,
Vient de tomber comme un pulsar,
Dans le grand bonheur de te voir.

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Ouvrir une fenêtre sur l’abysse de l’inconnu n’était pas chose simple, et pourtant, un explorateur avait décidé de relever le défi. Il s’appelait Paul Alexandre Lebon.
Pour s’équiper, il avait choisi les outils les plus divers mais les plus simples, en avait fait une synthèse, puis s’était mis au travail.
Il avait commencé par faire le tour du monde pour rassembler autour de lui les connaissances des explorateurs les plus ingénieux, afin de constituer la banque de données la plus fournie possible, qui régulièrement était complétée, discutée, partagée.
Puis l’expédition s’était montée, une fois les territoires identifiés. Un plan d’actions progressif venait indiquer la méthode à employer, rien n’avait été laissé au hasard, bien que pourtant toutes surprises y étaient justement les bienvenues. Car c’était là le paradoxe, avoir une discipline au millimètre pour aller débusquer l’inattendu.
Enfin, entouré d’un groupe de volontaires curieux d’aller à la découverte des profondeurs, Paul Alexandre décida de la date du départ. C’est toujours un peu empreint de fébrilité, les départs d’aventure. Les plus impatients durent freiner leurs ardeurs afin de progresser dans la sécurisation la plus réalisable qui soit, aucune prise de risques inutiles n’irait mettre en péril une telle démarche.
Vint donc le moment de se mettre en marche.
Le groupe rassemblait vingt et une personnes, y compris l’organisateur de l’expédition, toutes de milieux très différents, mais réunies autour du projet d’exploration avec une même volonté de découverte de l’inconnu.

1 Marine, qui étudiait les milieux marins depuis quelques années, espérait en retirer de nouvelles compétences. Les dernières mois de recherche lui avaient donné l’impression de stagner, elle avait besoin de se renouveler et d’avancer dans de nouvelles directions, et ce voyage allait peut-être lui apporter de nouvelles sources d’évolution.

2 Bienvenu avait un rêve, celui de tout comprendre. Il dévorait livres et œuvres de penseurs, assoiffé de tous raisonnements lui permettant d’y voir plus clair. Toute utopique soit sa recherche, elle lui permettait malgré tout de ne pas sombrer dans un pessimisme désabusé, de garder l’espoir chimérique mais porteur de réussir un jour à tout comprendre et de constituer progressivement un art de vivre en équilibre.

3 Roger voulait changer le monde. Il poursuivait l’idéal d’un monde meilleur, en paix, fait de petits bonheurs simples. Il pensait trouver dans l’abysse de l’inconnu le truc qui l’aiderait à approcher cet idéal.

4 Hector était un résistant qui venait chercher la force de résister. Le monde de l’image avait figé le mouvement en le fixant sur une pellicule glacée. Il tentait de réveiller la douceur du printemps dans les clichés endormis.

5 Gatien était un résistant potentiel qui cherchait à quoi résister. La routine, la violence, l’indifférence, les interdits à l’emporte pièce, l’injustice ? La liste était longue. Il tentait de trouver une hiérarchie cohérente.

6 Gaël entrait dans la résistance et voulait savoir de quelle manière résister en priorité. Il cherchait le mode d’emploi, la stratégie la plus efficace.

7 Arsène cherchait à ne plus résister, mais simplement à accompagner le mouvement et le diriger vers la clef de la réalisation.

8 Adèle savait qu’elle aurait de nouveaux points de vue en sortant de l’aventure. Sa motivation était forte, pour couvrir le panorama du monde environnant d’un regard le plus large possible.

9 Alice désirait un souffle nouveau. Vivre du nouveau, créer quelque chose d’autre que tout ce qu’elle avait pu vivre jusqu’à présent. Elle cherchait un guide de réinvention de vie. Elle l’avait trouvé en la personne de Paul Alexandre.

10 Angèle espérait découvrir le principe de développement du goût du partage. Elle voyait bien qu’il était possible de faire passer ce goût à d’autres, comptait bien l’acquérir et le disperser autour d’elle.

11 Barbara quant à elle souhaitait acquérir de nouvelles connaissances à partager. L’abysse était le lieu des compréhensions par excellence, elle n’aurait pour rien raté le voyage.

12 Pour Fabrice les choses étaient un peu différentes. Il n’avait aucunement l’intention de trouver quoique ce soit bien qu’il sache qu’il en retirerait forcément quelque chose. Il accompagnait simplement son meilleur ami, soutien inconditionnel amical, prêt à accueillir toute forme d’imprévisible.

Les huit autres participants étaient des fervents fidèles du pionnier et le suivaient depuis tellement longtemps qu’il était devenu impensable pour eux de ne pas graviter dans son cercle. C’est que la vie que savait créer Paul Alexandre autour de lui était si enrichissante sur tous les plans que la recréer ailleurs ne réussirait pas à égaler la qualité de cet environnement, alors l’alimenter de réciprocité étant une source de joie pour tous, il n’y avait aucune raison de la quitter. Ils étaient comme une grande famille harmonieuse, mutualisant leurs forces, partageant leurs incertitudes, mais progressant irréductiblement vers la connaissance d’eux-même et du monde, vers une diffusion des fruits de leurs recherches.
Tout ceci constituait l’originalité du groupe. Chacun venant participer à hauteur de ce qu’il était capable d’offrir tout en étant réunis autour d’une même cause, celle d’aller vers plus de conscience.
Paul Alexandre déroulait la carte et guidait l’expédition.
La première partie du voyage se déroula lentement. Le terrain était accidenté, la marche difficile. Le groupe avançait péniblement, peu de paroles s’échangeaient, mais avertis de l’aspect difficile du parcours, personne ne démissionnait. Il y avait beaucoup de dénivelés, des rochers se détachaient parfois, déboulant des sommets au risque d’écraser les marcheurs au passage. La stratégie adoptée était celle du chapeau. Les bords renforcés envoyaient les signaux nécessaires à l’avertissement, un pas de côté, et la roche dégringolait sans faire ni morts ni dégâts matériels vers les fonds insondables. Régulièrement ils levaient leurs chapeaux à l’efficacité du procédé.
Lorsqu’ils eurent gravi le sentier étroit, ils débouchèrent sur une prairie ou un gîte les attendait. Le temps coulait comme une rivière, naturel, fluide, sans heurt, malgré la difficulté du voyage.
Chaque jour qui passait ainsi les rapprochait de leur but. L’altitude commençait à faire sentir son manque d’oxygène. Certains passages comprenaient leur lot de difficultés, c’était ainsi, il était nécessaire de l’accepter pour aller jusqu’au bout.
Jusqu’au jour où après avoir gravi, puis redescendu la montagne Lanterneau, ils atteignirent enfin l’abysse.
Tous les bleus les plus profonds déclinaient leurs nuances à l’infini. Des taches plus claires émergeaient par endroit. Le paysage, d’une beauté inouïe, n’était plus que ciel et eau bordés des continents, immensité et infinitude, rien en surface ne permettait de penser qu’une fenêtre s’ouvrirait en ce lieu. Pourtant…
Paul Alexandre demanda au groupe de se positionner en cercle, allongés à terre, têtes réunies.
Puis, il sortit une flûte de Pan et se mit à jouer.
Pour déverrouiller une surface : un mariage de forces unies, un air enchanté, et le miracle s’accomplissait.
Les eaux se sont ouvertes mettant toute sa profondeur en lumière.
Une lumière éblouissante, fulgurante, jaillissant de nulle part, de partout, vint alors les aveugler. Une fois accommodés les regards se tournèrent vers la fenêtre.
Ce qu’ils y virent les déconcerta au plus haut point.
Il n’y avait rien. Absolument rien. Vide ou néant, appelez ça comme vous voudrez. Et ce rien entrait dans leur esprit au point de leur faire oublier qu’ils existaient.
Ils auraient pu rester là, cloués, pour l’éternité.
C’est un grand chien noir qui vint les tirer du néant. Hasard de la destinée il s’était amusé à flairer les traces du groupe parce-que l’odeur de l’un d’eux lui rappelait son maître, qui n’était autre que Paul Alexandre Lebon.
Un simple jappement réussit à sortir le groupe du rien.
L’abysse se referma.
Le voyage de retour fut plus facile. La connaissance du chemin inverse faisait qu’un homme averti en valait deux, chaque piège de terrain devenait presque un jeu.
Ils discutèrent longtemps de cette expérience extraordinaire. Chacun d’entre eux en avait retiré quelque chose, quelque chose d’un tout. Ils avaient touché l’inexistence dans le rien, ce qui les avait conduit à leur tout individuel. Une fraction infime de l’abysse avait élu domicile dans leur conscience, et ce rien changeait tout.

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C5%9A%C5%ABnyat%C4%81

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ens%C5%8D

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