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Archive for the ‘Science’ Category

Mangroves.

La dégradation rapide de certaines mangroves, dans le monde entier, est devenue préoccupante par ce qu’elles constituent des stabilisateurs efficaces pour certaines zones côtières fragiles qui sont maintenant menacées, et parce qu’elles contribuent à la résilience écologique des écosystèmes après les cyclones et tsunamis et face aux effets du règlement climatique, incluant la montée des océans.


Au creux des bordures sombres se tortillent des lianes,
Tentacules visqueuses qui happent vers le fond,
Telles des algues médusées secrétant leur poison,
Lâchant comme un soupir une bulle de miasme.
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Le marais décompose les plus tendres substances,
Pas un ours de mer n’y tenterait une griffe,
L’aileron du requin naviguant d’un œil fixe,
Referme son sillage d’une mâchoire élégante.
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Pourtant petits poissons s’y glissent assidûment,
A travers un maillage sans doute un peu serré,
Nul autre prédateur n’oserait s’y frotter.
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J’y ai foutu les pieds, enfin, ma jambe de bois,
Un peu comme à la fête de Trifouillis-les-Oies,
J’n’irai pas la remettre, je n’suis pas bon soldat.
J’y mettrai plus les pieds, promis, plus un bout d’gras.
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Qui a vu ma prothèse ? Oh mince, elle s’est barrée…
Elle me mettait à l’aise, c’est con ! J’vais m’faire bouffer !
Avec ma peau d’orange et mes airs déconfits,
J’irai clopin-clopant surfer sous les éviers.

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pig leg pete

 

 

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Il avait plu longuement cette année là, les cousins habituellement en voyage se réunissaient tous les jours à l’heure du thé pour décider avec mère Henriette de la prochaine destination. La restauration du cloître était terminée. La rente annuelle via-chemin-du-sentier-de-soit de ce fait disponible, permettait de disposer d’un budget suffisamment conséquent pour espérer partir à au moins quinze kilomètres du domicile familial, le bonheur se lisait sur le visage de tous les membres. Empêtré, de son prénom, le plus sage de la famille, connaissait son heure de gloire grâce au tube catholique de l’année, « Les cannibales seront bien gardés », qu’il fourbissait à loisir pour le faire briller devant un auditoire qui se serrait les coudes devant tant de lumière. La question à débattre restait de savoir si le voyage se ferait en sautillant à cloche-pied, via la via fée Râto, ou encore en courant, version moins rentable dans la mesure des quinze kilomètres à distribuer sur deux semaines. Vu la couleur du ciel, le temps s’avérerait plus que mouillé, ce qui risquait de ramollir les pralinés qu’Empêtré envisageait d’offrir à Inextricable, sa fiancée, qui résidait à quatre kilomètres en roulant vite d’ici, et chez qui ils envisageaient de faire une halte pour la nuit.
Ce voyage, tout le monde y tenait beaucoup. A tel point que la carte s’arrachait de mains en mains, et qu’il devenait à peine possible de la visualiser plus de quelques secondes voire quelques
niquedouilles de suite. D’ailleurs, Empêtré, résigné à ne pas reconnaître tout l’itinéraire bis, avait décidé d’utiliser tout le temps libre dégagé des préparatifs de ce faîte pour écrire une lettre terriblement tellurique et abécédaire à sa dulcinée que voici. (La lettre, pas la dulcinée)
Le principe est simple, voyez plutôt chez carnet comment il s’y est pris. C’est sur une idée de la licorne ici, et je vous laisse découvrir.
En lisant le texte de carnet, je me suis extasiée devant tant de talent et de créativité. Mais oui le Dodo, j’ai même trouvé presque injustice flagrante de Flanagan à vouloir te coffrer pour incendiarité et précarité d’enquête sur la voie république. Bon enfin, il a l’air d’avoir des preuves. Mais s’il faut faire un faux témoignage, je suis prête à couvrir la première plume qui osera s’y attaquer. Est-ce bien inintelligible ?
S’il est clair que la fluidité ressentie à la lecture de ton texte semble être le reflet de la facilité avec laquelle j’ai pu m’imaginer qu’il avait été écrit, la surprise est arrivée à la fin, retenant par ricochet mon attention, me portant à relire plusieurs fois, lorsque je découvris que le texte était un abécédaire, en d’autres termes, que chaque phrase débutait par, et dans l’ordre, les lettres de l’alphabet. Petit rappel illustré : A-B-C-D-E-F-G-H-I-J-K-L-M-N-O-P-
π -Q-R-S-T-U-V-W-X-Y-Z. Et là, soudain, j’ai mesuré la performance accomplie.

histoire de presser un peu de jus de cerveau dans la mesure où il me semble plus mûr ces derniers temps, vu la remontée des températures, la déclinaison du soleil et la hauteur du mercure, je relève le défi de ce petit bonheur abécédaire.
Toujours avec un train de retard, oui, bon d’accord…
Et puis hors concours chez Anne pour l’agenda électronique de juin.

Avec force et détermination, j’ai décidé qu’avec toi j’irais jusqu’au bout.
Bravant les doutes, les errances, les outrages du temps qui passe, les accidents de terrain, j’ai tâtonné longuement, le voyage n’était pas simple.
Carte en main, j’ai donc révisé ma géographie, redéfini le sens, la direction à plusieurs reprises, identifié l’itinéraire à parcourir, les paysages traversés, précisé ma destination..
Du haut du gouffre à la crête des fonds abyssaux, de la cime des profondeurs aux points culminants des précipices, mais aussi dans la traversée des vallées, la découverte des villes, des campagnes ou des déserts, je réussissais toujours à retrouver mon chemin.
Et puis voilà, le vent s’est levé, formulant des adieux déchirants, dissipant tout repères, éparpillant les indications, dispersant l’opiniâtreté.
Folie que l’oubli, j’étais averti, j’avais lu Erasme, je m’y étais préparé.
Garder la foi, toujours, et je me répétais, souviens-toi, dans ces cas là, souviens-toi de la musique.
Héliotropise moi un petit air, une petite chanson, hérissonne moi tout un refrain, un couplet, une divine légende, un opéra rock. Idéalise moi une traversée du jardin d’Eden.
Jubilationne moi du bonheur en quantité déraisonnable. Kilométrise moi du fil d’Ariane pour que je te retrouve à chaque fois.
Largement nous étions loin d’arriver, pourtant si proches, bien que si différents, quelque chose clochait, quelque chose ne collait pas. Moins une que je ne démissionne, et puis une idée s’est greffée dans le cheminement de ma réflexion.
Ne te laisse pas endormir par les apparences, écoute ta petit voix intérieure, elle est toujours ton meilleur guide.
Oublie pour une fois de rester dans le connu, invente un nouveau parcours, réinvente un mode d’emploi, une ligne de faille, un caractère ininventé.
Pourquoi ne pas faire confiance à la vie, tout simplement, sans rien bousculer, tranquillement, pourquoi ne pas laisser faire l’espace, tel qu’il a envie d’être parcouru ?
Πêtre que πêtre serait mieux que ne pas être, alors plus de question, c’est la faute à Shakespeare, plus de Raiponce, c’est la faute à Disney.
Quel avantage y aurait-il a vouloir aller plus vite que la musique, puisqu’elle revient toujours, encore et encore ?
Rien n’est plus précieux que l’instant présent finalement, puisque c’est là que tout peut se passer, puisque c’est lui qui s’inscrit dans le ressenti.
Seulement voilà.
Tentation, quand tu nous tiens.
Une seule fois dans ta vie, une fois n’est pas coutume, tu laisses les commandes au destin, tu écoutes ce que la vie a à t’apprendre, et tu avances sans savoir où tu vas, juste à savoir dans quelle direction, sans rien parier, sans rien forcer.
Viendra bien l’instant où une perspective se dessinera, où tu comprendras pourquoi, au moins le temps de cette traversée, vouloir à tout prix quelque chose ne pouvait prendre aucun sens. Wilde avait déjà écrit en filigrane sur la question dans ses compositions théâtrales, je pense à la question de l’importance d’être constant, faisant référence à la fidélité.
Xylophon, dans son banquet, citera la « kalokagathie », qui littéralement veut dire beau et bon, et qui est la condition de celui qui entretient l’idéal de la conduite personnelle.
Yourcenar, dans l’œuvre au noir, ira beaucoup plus loin qu’une simple approche de valeurs positives, elle ira creuser dans les noirceurs de l’être.
Zapper le bien-être ou opter pour la sérénité, lorsque l’idée se présente, demande de prendre sa pelle, sa pioche, et son râteau, afin d’aller débroussailler et creuser le terrain pour mieux identifier sa constitution, semer pertinent, et faire pousser tout un jardin.

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Ils s’étaient planqués derrière un muret pour suivre les expériences mystérieuses de Louisette Dezan et d’Herman Castain.
Depuis dix jours, tout le village est en effervescence. Ces deux là sont des scientifiques connus dans le monde entier pour leurs découvertes fracassantes, et les voilà qui viennent s’installer pour des soit disant vacances au fin fond du pays des forges de Moisdon la Rivière, à faire des allers-retours incessants de l’épicerie à la pharmacie, l’herboristerie à la quincaillerie, du village à la villa, intriguant au plus haut point, tant et si bien qu’une réunion extraordinaire du conseil municipal fut mandée, de façon exceptionnelle, eut lieux, houleuse, où la polémique fit rage, et où le maire, Jean Lamine, fut sommé de nommer deux enquêteurs chargés d’élucider les pseudos vacances de nos deux suspects, ou tout au moins de les surveiller au plus près, afin de calmer les inquiétudes.
Il faut préciser que Louisette est à l’origine de la machine à remonter les bretelles qui fait fureur chez les chefs d’entreprise ainsi que chez les enseignants, du réducteur de temps libre utilisé couramment par ceux qui le récupèrent, de la fiole de survie qui prolonge indéfiniment l’agonie de ceux qui refusent de mourir, et enfin, du sérum anti-vérité mis au point par Lapalitruisme plus tard et utilisé pour détourner les chercheurs de vérités de leur mission. Castain, quant à lui, n’avait eu que le malheur un jour d’en verser une goutte dans son vin, et de constater qu’il avait aussi la qualité de rendre n’importe quelle piquette aussi délicieuse qu’un grand cru. Ce qui généralisa l’emploi qu’on en fit chez les viticulteurs, et guérit définitivement de toute consommation vinicole les chercheurs de vérités vraies encore en activité. Mais eut pour conséquence désastreuse d’éloigner définitivement tous les consommateurs de vin de leurs propres vérités. Les laissant irrémédiablement et définitivement à la merci des vents changeants des milieux ambiants. Castain avait une coquetterie, celle de vouloir qu’on l’appelle non pas par son prénom, Herman, qu’il détestait cordialement, car il lui donnait l’impression d’être une tortue de terre, mais par celui de Victor, je vous laisse deviner pourquoi.
Roger et Adrien étaient donc chargés de la filature. Et c’est armés de leurs jumelles qu’ils tentaient parfois un jet d’œil équipé au dessus du muret. L’œil tombait de l’autre côté, relié à une optique de la jumelle, correspondant à la vision gauche, reliée à celle de l’œil droit resté de l’autre côté dans son orbite, ainsi à deux ils réussissaient à obtenir une vision à peu près complète de la situation, du moment qu’ils n’envoient pas en éclaireur l’œil du même côté, enfin, je veux dire, œil droit et œil droit, ou œil gauche et œil gauche, puisqu’il fallait bien qu’ils l’envoient du même côté du muret pour y voir quelque chose… La technique peut sembler complexe. L’explication aussi d’ailleurs. Probablement parce qu’elles l’étaient vraiment. Car le temps imparti ne pouvant dépasser cinq minutes de jet, régulièrement, ils devaient consulter leur trotteuse et ramener le globe oculaire en bonne place. Le risque étant de perdre un œil. Enfin, plus précisément, la vue de l’œil trop longtemps hors de son logement.
Et ils voyaient.
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livre-page-banche
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Il y avait une machine posée dans le jardin.
Une grosse machine avec des rouages.
Une machine qui ne rentrait pas dans une pièce de maison tant elle était grosse.
Une machine qui ne ressemblait à rien.
Une grosse machine qui ronronnait.
Pas comme un chat, non !
Comme un moteur mais pas ordinaire, plutôt comme une abeille, enfin, une ruche d’abeilles, un ronron bourdonnant comme un milliard de guêpes, comme un taon géant, comme un bourdon fou, bref, ça sentait la machine de guerre.
Louisette et Victor allaient et venaient, alimentant la machine de guerre d’on ne savait quoi, pendant que Roger et Adrien, bonne optique bon œil, les regardaient faire.
Parfois Louisette et Victor observaient autour d’eux, comme s’ils craignaient d’être épiés.
Puis, reprenant leurs activités, ils allaient, venaient, remplissant de temps en temps un réservoir situé à l’arrière de la partie visible par les deux espions, rendant impossible toute identification du carburant employé.
C’est à ce moment précis qu’elle est passée à vélo.
La femme du poète venue rendre visite à son cousin le maire.
Gala Eluard.
Bref, c’est à cet instant précis qu’une effluve parfumée vint caresser les narines de nos deux sentinelles postées un œil en avant et un en bonne et due place.
Gala adorait les parfums capiteux.
Adrien jeta un coup d’œil gauche sur sa montre.
– Il est trois heures moins le quart, chuchota-t-il.
Il y a eu un bruit étrange.
La machine crachotait, prise de toux, jusqu’à l’essoufflement. Elle eut un ou deux sursauts, puis ce fut le silence.
L’alarme de temps sonna. Celle d’urgence, au cas où un oubli provoquerait l’irréparable.
Vite, il fallait rentrer l’œil dans son logement. Mais trop tard, ils étaient repérés.
Louisette et Victor se précipitaient déjà vers le muret.
Gala tenta bien de les distraire en les saluant de loin, d’un large mouvement du bras, montre de sympathie. Mais la sonnerie toute discrète soit-elle les avait trahis.
Ils furent débusqués rapidement, et, faisant mine de se réveiller d’un long sommeil, se levèrent en se frottant les yeux.
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Deuxième page blanche
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Louisette et Victor les regardaient, interloqués.
– Qu’est-ce que vous avez fait à vos yeux ?

– On dirait des œufs au plat oubliés sur le feu ! Noircis mais que d’un côté !
– Des yeux au plat, oui… pff, ça ne vous donne pas bonne mine.
– Et puis vous faites quoi ici ? Vous n’avez donc rien d’autre à faire que de vous pocher les yeux derrière un muret ?
Roger et Adrien ne se laissèrent pas déconcerter pour autant, et contre attaquèrent du tac au tac.
– Mais c’est quoi encore cette machine bon sang ?
– C’est bon, on a compris. Qui vous envoie ?
– Répondez d’abord !
– Non, vous d’abord !
– ça risque d’être long, s’il n’y en a pas un pour commencer.
– Vas-y Louisette, explique leur.
– C’est une machine à distordre le temps.
– Whouah ! Ambitieux, mais arrêtez de vous payer nos têtes !
– Si elle vous le dit, bande d’incultes !
– On a lu Henri Bergson, nous, au moins !
– Qui c’est encore, ce Henri qui sonne ?
– Pfff ! Mais qu’est-ce que ça va apporter encore comme fléaux à l’humanité votre truc, faut vous calmer là !
– Et bien justement, distordre le temps permettra à chacun de se rapprocher de son passé et donc de se pencher davantage sur son futur, d’avoir une mémoire plus large, d’acquérir plus de conscience.
– Oh beh il est p’t’être temps, là, avec vos conneries, voyez dans quel état vous avez mis la population.
– Oui, bon, ça va ! On pouvait pas deviner que ça allait être utilisé de cette façon ! Au départ, l’idée, c’était d’inventer un vaccin contre le fatalisme et la résignation, on n’a pas eu d’pot, c’est tout !
– Ce sont tous les autres qui n’ont pas eu de chance imbéciles !
– Vous auriez au moins pu chercher l’antidote à vos dégâts !
– Et vous avez pensé aux conséquences imprévues de vos découvertes avant d’essayer de les découvrir ?
– Impossible de les prévoir, il faut les inventer pour le savoir. Et puis les questions d’éthique, vous savez, ce n’est pas notre partie. Nous on est des chercheurs, c’est tout !
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– Tiens, on est beaux, avec des chercheurs pareils. Et vous croyez que de remonter les bretelles à des vertus pédagogiques a des vertus pédagogiques ? Que le réducteur de temps libre est une avancée de l’humanité ? Que la fiole de survie va faire disparaître le pire en retardant la mort ? Vous êtes des doux rêveurs dangereux. Des vrais cinglés, ouais !
La machine fit pof pof dans un grand bruit de suffoquement et soudain se remit en marche.
– Et aller ! C’est reparti pour on ne sait quoi encore !
Plus la machine amplifiait son ronronnement, et plus l’environnement semblait se tordre, comme fondu. Les visages coulaient littéralement, se gondolaient, comme ramollis. Même la machine semblait se disloquer, et pourtant, elle tournait toujours.
– Mince, s’écria Louisette catastrophée. J’avais oublié que le temps gouverne la matière. Victor, fais quelque chose, pour une fois.
– Merci pour le « pour une fois » ! C’est toujours à moi de résoudre les complications. Comment on le coupe, ce truc ?
– Va savoir…
– J’ai les doigts tout mous, je ne peux même plus actionner l’interrupteur…
Et voilà,
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dali

Dali’, Salvador (1904-1989): The Persistence of Memory (Persistance de la memoire), 1931. New York, Museum of Modern Art (MoMA) Oil on canvas, 9 1/2 x 13 (24.1 x 33 cm). Given anonymously. 162.1934*** Permission for usage must be provided in writing from Scala. May have restrictions – please contact Scala for details. ***

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C’est de cette terrible découverte fortuite qu’est né le fameux tableau de Dali, lorsqu’il a eu connaissance de la chose.
Car pour finir, Gala, prise par l’élan de la bicyclette et se rapprochant d’eux pour les rejoindre, avec son aura de fragrances enivrantes, avait à nouveau provoqué l’arrêt de la machine infernale.
Il était exactement trois heures à la montre d’Adrien.
Juste trois heures.
Et les deux pages blanches maintenant étaient recouvertes d’inscriptions, juste à temps pour éviter l’irrémédiable.
Le parfum avait eu un tel impact sur la mémoire du temps que toute les déformations s’étaient estompées à l’arrêt du moteur. Et lorsque des années plus tard elle raconta l’aventure à son mari, Dali, qu’elle n’avait pas encore rencontré alors, il en fut inspiré au point de reproduire la vision d’un monde presque mort, défiguré, déformé, tordu, la vision d’un monde qui aurait pu être le nôtre aujourd’hui si le parfum de Gala n’avait fait reprendre sa consistance au temps.
Pour ne pas inquiéter par trop de réalisme, le tableau fut baptisé «  la persistance de la mémoire ». Il ne mit pas en scène les personnes, seul un animal, (est-ce un canard, un cheval ?), figure l’existence d’une vie gisante ou d’une mort figée.
La machine fut démontée, les plans détruits, le projet oublié à jamais.
Louisette et Victor continuent des recherches faisant plutôt état d’observations et d’analyse que réellement de créativité en matière scientifique.
Mais on n’est pas à l’abri d’une trouvaille expérimentale inopinée, d’une idée folle faisant irruption, d’un éclair de génie louable ou dangereux.
Bref, on n’est pas à l’abri d’une récidive illuminée de Louisette Dezan et Victor Herman Castain.
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Sur une proposition de Martine pour l’agenda ironique de novembre, voici mon premier texte.

http://ecriturbulente.com/2015/11/05/agenda-ironique-du-mois-onzieme-cest-parti/

 

 

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Cosmologie

Mon grand-père Alexandre, qui œuvrait au sein d’une société secrète dont je tairai le nom, me confiait parfois quelques informations confidentielles.
A l’occasion d’une mission, il prit connaissance d’un ouvrage unique gardé à la bibliothèque de l’organisation dont il faisait partie. Voici ce qu’il me dévoila sur cet ouvrage.

Juste avant la création

Il était une fois il y a très longtemps une poche de l’univers qui s’appelait le néant.
Le néant flottait, informe, dans le grand vide universel, à cette époque la pensée n’existait pas, le néant était, tout simplement, ignorant lui-même sa réalité, tout erratique étant son voyage impensé.
Le temps alors était sans mesure.
Un jour, alors qu’il était déjà très vieux, son chemin croisa celui d’un trou noir.
La proximité des deux corps sidéraux produisit un choc d’un impact considérable et sans précédent. La découverte de l’autre existant fût si violente que la fusion qui s’ensuivit provoqua une explosion unique, libérant une énergie telle que la température s’éleva en un dix-millième de seconde à des extrêmes impensables, la déflagration remua l’univers entier et fit jaillir une multitude de particules d’où naîtraient, un fois sortis du chaos originel, la matière et la vie.
Le néant, ayant acquis la conscience, se reconstitua sous des formes démultipliées, dans l’éclatement de la rencontre. Il ne restait également du trou noir que des parts morcelées qui fusèrent en rayonnements pour aller s’éparpiller aux confins de l’univers.
De cette fulgurante rencontre naquit quelque chose qui allait changer définitivement la face du vide et de l’existant. Ce quelque chose se nomme l’Amour, c’est pourquoi, lorsqu’un trou noir issu du grand originel rencontre une part de matière, mû par une force de reconnaissance puissante, il l’absorbe toute entière, cherchant dans cette étreinte céleste à retrouver le souvenir de l’union fondamentale.
Le néant indélébile laissa son empreinte dans toute chose existante.
Depuis, les créatures pensantes nées du grand big bang décrétèrent qu’un dieu doté d’intelligence avait orchestré la croisée des chemins et l’existence de toute chose.

http://dodomartin.wordpress.com/2013/03/25/concours-le-thme/#comment-17774

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Les dupés, comptez-vous !

J’ai des couteaux au bout des doigts,
Croix moi ça va faire du sang froid,
Tu coules la sueur dans mon dos,
J’ai plus le cœur de l’artichaut,
Va falloir lui régler son compte,
A cette petite bouteille de contes,
Sinon tu vas tomber par terre,
Et te trouver six pieds sous terre.

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Il ne faut pas renvoyer la pareille de l’ascenseur mais il faut renvoyer l’ascenseur de l’appareil.

Lyane Bolac

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Poésie douce

La psychiatrie est une école de liberté visant à gai rire par sa fonction poétique, tout en restant à la base une machine à repriser les existences, recousant ensemble les morceaux vivants déposés par la personne en soin.
Aucune rationalité ne fonctionnerait là où le rêve est maître, de plus, si elle devenait centrale, elle deviendrait totalisante. La rationalité n’est que la marge qui sert à tenir les feuilles.
Un être humain digne de ce nom est une part de rêve qu’il convient de restaurer, faire croître et fleurir plutôt qu’étouffer. Toute singularité individuelle est une valorisation existentielle. La difficulté du soin étant de réussir à nouer noblesse et dignité ensemble dans l’universalité en échappant au danger de l’équivocité. Evitons de laisser les enjeux sécuritaires prendre le pas sur ceux plus essentiellement humanitaires.
La question qui se pose étant celle-ci :
Comment faire pour que le processus d’humanisation se mette en œuvre ?
Comment faire des existants ?
Tout en acceptant par ailleurs la double aliénation mentale et transcendantale.
Reconnaissons donc simplement que le malentendu est le mur porteur des relations humaines.
Paroles d’un vieux con battant :
Ce serait une science de la nivologie où quelque chose pourrait s’exercer de façon erratique accueillant l’inattendu et l’improbable. L’inconscient est nettoyé par la fiction et la réalité du récit est plus important que le récit de la réalité. Et si avoir de la mémoire, c’est se compromettre, alors je me ferai fort de me rappeler ce qu’elle contient.

Bonne pèche

Résumé personnalisé des journées de l’AMPI à Marseille les 7 et 8 octobre 2011
Dessine-moi la psychiatrie.
Portrait d’artistes réunis autour d’une table.

Jocelyne Bayard Infirme hier à l’unité Gérardin CHG Arles

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