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Archive for the ‘Grain de remue méninges’ Category

Six avril de l’an de grâce 2017
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– La topique du cancer, vous en pensez-quoi ?
– C’est la dernière invention de Freud.
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– Aller, on lève Lacan ?
– Pour aller où ?
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– L’Eiffelattitude est-elle recensée dans le DSM ?
– Le quoi ?
– Le « Dissociation Subtle Model ».
– C’est un découpage Américain projectif. Un Rorschach en quelque sorte.

– Ah, d’accord !
Long silence, puis :
– Et ils se sont déconcertés longtemps pour en arriver là ?
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Ainsi parlait c
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– Mais il n’est pas tout seul.
– Non. Avant lui il y a eut Friedrich

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clef-de-sol-remplie-de-notes

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L’émail du filet est fait d’airs,
Et son solfège est sans manières,
Pour que le si, ce congénère,
Voyage un peu moins d’ordinaire.

Elle esquisse les notes au piano,
Son acoustique va lontano,
Légère et porteuse d’harmonie,
Fugace aussi son paradis.

Elle se tient dans les interstices,
Est loin de tous les artifices,
N’entre jamais qu’entre les murs,
Porteurs de charpente et toiture.

Cette clef tiens la bien au chaud,
Mais ne la tiens surtout pas trop,
Elle voyage de très ordinaire,
Ne se fixera dans ton aire,

Que si tu ne t’en sers jamais,
Pour l’enfermer dans le progrès,
Sinon c’est elle qui l’enferme,
Dans l’errance et dans l’épiderme.


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clef de sol chat

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La « Anne », elle avait pas son pareil pour tournicoter du coton perlé d’agenda ironique.
Juin, qu’elle avait dit, c’est une affaire dans l’sac.
Alors dans son fourre-tout, elle y a collé
deux images, sages comme des gros lézards du Nil qui dormiraient au soleil, (pas besoin de lunettes noires), et quelques phrases suspectes comme, insérer OBLIGATOIREMENT « C’était à … faubourg de… dans les jardins de ou d’…»  dans l’titre, (zut, le titre, je l’avais loupée cette consigne là), et puis les mots « cannibale, fourbir, niquedouille, praliné, rentable, sautiller, tellurique ».
Pfffftt !!! Pourquoi faire simple quand on peut faire simple ?

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Pis qu’en plusse, on n’a même plus l’droit d’râler !!!
Qu’est-ce que t’as dit ?
Non, non, rien ! J’ai rien dit.
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Famille Addams bis.
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Il y avait réunion de famille, l’heure du gong avait sonné, grand-père Gomaize fêtait ses 150 ans de décès, et Mortencia, drapée dans son digne deuil, allait enfin pouvoir exécuter les dernières volontés de son défunt époux. A ne pas confondre avec ses dernières voluptés, bien entendu, qu’elle exécutait encore fidèlement jusqu’au dernier souffle de Gomaize, mais laissons sous silence leur intimité.
Il lui avait remis, sur son lit funéraire, le contrat de confiance dans lequel elle s’engageait, sait-on jamais, légalement, à ne pas confondre avec létalement, et pour une durée contractuelle du nombre d’année précisé ci-dessus, plus haut, à ne pas prendre aperçu ne serait-ce que de près ou de loin de son testament avant cette date.
Gomaize aimait, à l’époque de son existant, tirer vers le haut du panier, aussi disait-il toujours : « Patience est mère de charité, mais ne moquez pas l’hôtel-Dieu, il touche le fiel ».
Il avait un petit cheveu sur la langue, papy.
Mortensia n’avait plus la grâce d’antan, ni le mordant d’ailleurs. Mais elle avait gardé la blancheur laiteuse de ses vingt ans grâce à l’onguent du docteur sangsuet, cosmétique intégral, indice 6, ayant la caractéristique de maintenir le taux d’hémoglobine sanguin à l’indice correspondant. Affaiblie mais résistante à tout, suivant sa philosophie « atout prendre », Mortencia prétendait mordicus que la lividité consécutive à l’application de cet onguent lui permettait de rester visible à feu Gomaize, qui sinon ne pourrait la reconnaître de l’au-delà. Au delà de quoi, le taux risquerait de flamber, laissant exsangue et sans sang les vaisseaux laissés à sec de ce fait incendiaire. Et rajoutait souvent à qui voulait bien l’entendre, les flammes éclairent mais la nuit porte conseil. Optant pour le style bénitier, lancé par le célèbre couturier Maryvonnet saint Lacroix, elle avait revêtu une veste écossaise portée par lady Conne Doyle dans les années 20 lorsqu’elle a joué le fameux personnage d’
Irène Adler dans « Un scandale en Bohême », achetée au vide grenier de Louvain sainte Uccle Wilsèle pour la modique somme astronomique de dix neptunes.


Elle découvrirait, tout comme le reste de la famille, mais pas avant 90h52mn de la nuit, le contenu du testament que celui-ci avait rédigé en vue de cet instant poignant.
Toute la vérité, rien que la vérité, sur l’origine de la fabuleuse richesse qui allait alimenter les comptes bancaires et ne tarderait pas à dévider sa fortune sur les différents entrepreneurs qui se pressaient aux portes du manoir pour en restaurer les coins et recoins dégradés par le temps.
C’était à Golgothique, faubourg de Baldhoween, dans les jardins d’Addams et Dave.
Grand-mère Mortensia, mortifiée par le froid, s’était emmitouflée jusqu’aux oreilles. Son foulard Kermesse lui donnait l’air comprimé des veuves de bonne loi, son doux sourire revêtu pour l’occasion, elle évitait tout de même d’ouvrir la bouche, n’ayant pas honoré son dernier rendez-vous chez le dentiste, qui devait lui fourbir un dentier flambant blanc, assorti au teint, nous comprendrons un peu plus tard la raison de ce loupé.
Il y avait son frère, oncle Pestilent, de son prénom d’alliance avec Bondéanause, le père de la cousine Germaine. Il a endossé la combinaison rose réservée aux panthères, prétendant que la souplesse est un gage de gri-gri. La dernière fois qu’il a assisté à la lecture d’un testament, dit-il, il a hérité personnellement d’une dette de jeu à hauteur de trois atouts, dont un passage par la case départ. Ce qui lui a permis tout de même d’empocher un mois de salaire, mais a suffit à le rendre méfiant à l’égard des héritages. Pestilent est venu accompagné de ses trois enfants et demi. Ne pouvant en encadrer que deux et demi sur trois, il a décidé de lâcher-prise avec le benjamin, dont le jaune est assorti à son jumeau, à peine plus égal en âge que lui-même. Ils ont la réputation de n’être pas des comics, préférant largement la carrière saurienne à celle ornithienne, plus empennée.
Mon frère, Louis XII, a tenu à se placer à la gauche de Mortensia. « Comme ça, je ne suis pas loin des biscuits à thé », a-t-il avoué ce matin en lorgnant sur son téléphone portable pour voir si l’heure du dé-jeûner allait bientôt arriver. Notre demi-sœur Rellente s’est glissée discrètement du même côté pour ne pas être loin de la table, tout en restant approximativement la niquedouille préférée d’haute-maman. Vu que personne ne l’a jamais vue entièrement, elle reste comme une effluve dans les jardins d’Addams et Dave. Parlons-en de ces deux là, ils sont allongés par terre, toujours prêts à partir en voyage tellurique, sac à portée de main. Ne les confondez pas avec le paysage Pelousain, ce sont des hommes, trans-sexualisés, mariés de surcroît, depuis les années lumières, et bien décidés à affirmer leur position, c’est-à-dire au repos, mais attentifs. Ils ont connu l’époque des attentats aux tifs, celle où les coiffeurs coupaient toutes les franges de travers, et ont décidé de mener le combat de la frange droite, quoiqu’il leur en coûterait. Etant donné les nombreux frais auxquels ils sont exposés, du fait de leur engagement, ils espèrent bien retirer de leur présence un pécule modulatoire, leur permettant d’essorer la majeure partie de leurs dettes de jeux. Car couper de la frange droite, croyez-le bien, est une entreprise hasardeuse, les paris sont relevés à hauteur de sourcils la plupart du temps.
Moi, j’ai choisi d’épauler haute-maman plutôt côté bras droit. Je ne sais pas, une intuition, sans doute. Non pas que je défende le patronat, ou une quelconque accointance avec mon banquier. Simplement, Jules m’a dit, si tu ne restes pas à côté de moi, je ne viens pas avec toi dans ta famille. Moi, Jules, je ne peux pas m’en passer, alors comme il s’est assis sur le fauteuil du mort… Mais Gomaize, de là où il est, n’ira plus jouer les cannibales. D’habitude, il envoyait griller en enfer tous ceux qui osaient s’asseoir sur son fauteuil, histoire de les déguster à point un peu plus tard. Là, il ne bouffe plus grand chose, pauvre grand-père, il doit avoir les dents qui grincent d’écume, à ne rien plus pouvoir faire, de là-haut de l’au-delà. Pépère, c’était pas du praliné. Plutôt du piment de Cayenne. Quand il ouvrait la bouche, c’était pas pour faire des bonbons, qu’on disait de lui.
Grand-maman Mortensia présentait son meilleur profil au photographe venu spécialement de la ville pour immortaliser l’instant.
Ce qui tombait plutôt bien, c’est que le notaire et ce dernier ne faisaient qu’un, vu que la mode était au cumul des emplois, les temps sont durs il faut dire, un peu comme les dents de grand-père.
Une fois le paysage familial fixé sur la pellicule, l’intérêt d’avoir des représentants de la cause capillaire pu parfaitement s’entendre. On entendit aussi la lecture du document, légèrement fossilisé sur les coins vu son âge.
Mortensia versa une larme, en entendant la voix de son époux retransmise en direct par le notairographe, la larme toucha le sol, le sol s’ouvrit sur la piscine, une grosse larme de crocodile qui prit soudain forme, baudruchienne, ce n’était pas le moment de faire l’autruche. Dans l’affolement de l’instant, j’ai vu Rellente sautiller sur le bord de la piscine, prête à perdre l’équilibre..
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Famille Addams bis 2
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Les reptiles grouillaient, se multipliant comme des petits pains gonflés d’hélium, comme des fourmis à la gueule allongée, des termites dentues, crantées, rouage funeste de gri-gri mal réglé. Je l’avais dit à Mortensia, n’invite pas l’oncle Pestilent, tu connais sa capacité à être psychédélique. Cette vieille carne n’avait rien voulu entendre. Raison pour laquelle aucun saurien n’en viendrait à bout, la carne est une substance dure, inattaquable, angulaire et saillante, aussi dure que la semelle de ses pompes.
J’ai donc compris pourquoi elle avait raté son rendez-vous chez le dentiste. Vu que les caïmans, crocodiles, alligators et autres dragons du Komodo, ne sont pas commodes, traverser la propriété pour se rendre à son rendez-vous présentait trop de dangers dangereux pour sa vie, elle préféra rester cloîtrée dans le manoir en attendant qu’un prédateur à reptiles vint faire un peu de ménage dans le jardin d’Addams et Dave.
Nous ne pûmes donc qu’assister à la lecture des premières lignes du fameux testament. Le peu dont je me souvienne fut ceci :
« Meurtricia, mon amour, ma chérie, ma tendre, ma seule, mon unique, si j’ai mis 150 ans à te dévoiler la vérité, c’est que les affaires n’étaient pas rentables du tout. Notre culture d’avocats si florissante au début de notre mariage a souffert depuis quelques années du solanum tuberosum. Nous avons du emprunter deux millions d’heures supplémentaires pour la construction d’une usine de déshydratation pour les transformer en fécule, notre pécule a fondu comme larmes au soleil, les spéculateurs ont bouffé le reste, et je ne laisse que ma collection d’ailes de mouches a ton frère qui me l’a soutiré contre un talisman en forme de trèfle à cheval. Sauras-tu m’en tenir griefs aussi longtemps que la mort ?
N’oublie jamais que je t’ai aimée, Meurtricia, que je t’aime, et que je t’aimerai encore, foi de moitié légitime. »
C’est là que je me suis dit, tout d’même, il n’est même pas foutu de citer le prénom de grand-maman correctement. Et que je me suis redit encore en plus, il faudra que je lui demande pourquoi, à la vieille. Franchement, ça manque largement de respect pour elle.

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Une sonorité, un rythme, une idée, et voici une réécriture approximative de la chanson de Serge Gainsbourg qui a été son premier succès en 1958, adaptée pour l’agenda ironique de mai, « en attendant le prochain pont ».
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J’suis l’pointilleur des émois,
Celui qui trace la direction des joies,
J’écoute le chant des cœurs,
C’est mon bonheur,
J’pointille et trace sous carapace,
Toute la cruauté qui nous glace.
Une fois pointillée la chose,
Je la renverse comme un pot aux roses,
ça fait un pont d’aurore,
Dans le décors,
Et la tristesse devient la joie,
Et la vie devient nirvana.
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J’fais des ponts, des p’tits ponts, encore des p’tits ponts,
Des p’tits ponts, des p’tits ponts, toujours des p’tits ponts,
Des ponts sous la glace,
Des ponts dans l’espace.
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J’suis l’pointilleur des ponts rois,
Celui qui trace ma direction vers toi,
J’embrasse toute la lumière,
J’en suis bien fier,
J’pointille les lois qui font de toi,
L’île qui n’attendait plus que moi.
J’y fais pousser du bonheur,
Je prends mon temps car jamais je n’ai peur,
J’arrive, et je renverse,
Tout ce qui reste,
Et qui n’est pas tourné vers lui,
Ce monde où je construis ma vie.
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Quand j’pointille, j’fais des ponts, des ponts solitaires,
Tous ces ponts, ces p’tits ponts, parfois je m’y perds,
Je perds mes repères,
Et je désespère,
Sur les ponts, les p’tits ponts, je m’assois par terre,
Pour les ponts, pas question, d’une mise en bière,
De mes idéaux les plus chers.
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A pointiller de la joie,
Qui sait si les ponts riront bien de moi,
Je m’fous de ces ornières,
Qui trop austères,
Finiront par noyer le cœur,
De ceux qui auront bien trop peur.
Qu’est-ce qui nous rendra heureux,
Est-ce d’essayer ou bien d’être peureux,
Nos choix, nous appartiennent,
Mais si la haine,
Prend le dessus moi je me casse,
Et laisse le pont à sa place.
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J’fais des ponts, des p’tits ponts, encore des p’tits ponts,
Des p’tits ponts, des p’tits ponts, toujours des p’tits ponts,
Des ponts d’chemin d’faire,
Des ponts luminaires.
J’fais des ponts, des p’tits ponts, encore des p’tits ponts,
Quand j’pointille, j’fais des ponts, toujours des p’tits ponts,
Des ponts solidaires,
Des ponts sans manières,
Et dans l’fond, dans le trou, j’y trouv’rai un pont,
Un pont sous la terre,
Un pont d’mise en bière.

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Débranche, qu’il lui disait ! « Il », c’était son neurone de la réflexion. Débranche et laisse donc aller le fil là où il veut. Ambivalence, quand tu nous tiens !
Car voilà, Melle Tirma pensait trop, tout le temps, et pas forcément juste. D’ailleurs, le juste flottait d’un gauche à droite puis d’un droite à gauche sans vouloir se fixer à un endroit précis. C’est que justement, si la fixation avait lieu, le juste ne serait plus que rigidité cadavérique. Voilà encore de quoi penser, alors où est la prise ?
Car cette fois, la question est de savoir s’il est possible de débrancher le neurone en question, ou bien s’il s’agit de l’orienter sur d’autres sujets de réflexion plus agréables finalement.
Là-dessus, Melle Tirma tenta de reprendre sa lecture pour laisser penser l’auteur du livre à sa place.

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Au fil de l'eau Pascale Cuvelier

Quelle est la différence entre ce que je vois, ce que j’entends, ce en quoi je crois, ce qui m’est dit, ce que j’en pense, ce que je décide d’en faire ?
Instinct, intuition, croyances, conviction, utopie, appelons ça comme on veut.
C’est labile, ça se dissipe, ça revient toujours, ça prend tous les contours, les détours, ça tilte, impacte, s’égare, reprend, soulève, transporte, ouvre des champs, nourrit, réveille, fait rêver, se retire, c’est doux, parfois cruel, ça oblige à se recentrer tout le temps, c’est un sillon qui se creuse, un chemin qui se retrouve chaque fois avec plus de sérénité, un repère, un ancrage, un exercice de style, un entraînement à la longévité, un phare, un éclairage par tous les temps, une nuit sans peur, une solidité, un talon d’Achille, une vague, un monologue qui en rejoint un autre, deux monologues qui se répondent, qui se cherchent, s’entrevoient, s’imaginent, s’assurent, découvrent, constatent, avancent, s’approchent, se frôlent, se touchent, recommencent, disparaissent, reviennent toujours, s’assurent de leur existence, de leur réalité, véracité, stabilité, solidité et fluidité.
La différence est dans le fil de l’air, dans le fil de l’air non filaire, dans le sans fil de l’invisible qui relie.
La différence est dans le lien qui se construit au fil du temps, ce lien qui relie, qui relit, qui revit, qui revisite, ce lien vivant qui n’est pas de fer, pas de sang, pas de pierre, pas d’argent. Qui relie le dedans de l’un au dedans de l’autre. Un lien qui fait un pont. On s’y tient soit d’un côté, près du dedans de l’un, soit de l’autre, près du dedans de l’autre, soit en équilibre, au milieu.
Et en dessous coule l’eau du temps.
La différence est dans le choix, dans le pourquoi du choix.

Fil du temps Daniel Desbiens

On n’apprend pas la vie, on la découvre au fil du temps.

Daniel Desbiens

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langry2

Si vous ne savez pas qu’elle existe, vous n’aurez pas idée de la chercher.
Pour la sortie, et bien c’est pareil.
Raison pour laquelle il existe l’entropie et la sérendipité.

langtry1

L’augmentation de l’entropie conduit inéluctablement à l’avènement de la conscience.

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