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Archive for novembre 2012

La carpe qui aimait dormir
Au fil de l’eau se promenait,
Lorsqu’elle rencontra un navire
Arrimé au bord d’un vieux quai
Depuis longtemps désaffecté.
Aussi fut-elle bien surprise
D’y découvrir sa cale grise.
La curiosité aiguisée
La carpe qui aimait dormir
Allait devoir se fatiguer
Pour que l’énigme à éclaircir
Puisse trouver une explication.
Elle jeta un coup d’œil en rond
Et croisa ceux d’un beau mérou
Qui tentait de tordre le cou
A une vie sens dessus dessous.
Si je vous fais la courte échelle
Cesserez-vous toute querelle
Pour me renseigner sur le vif
De l’origine de cet esquif ?
Le mérou tout interloqué
Répondit « très chère je rangeais
Pendant que je crois tu dormais !
Tu n’y pourrais donc rien changer ? »
« Laissons donc tous ces matelots,
Ce vaisseau n’est qu’un arbrisseau.
Allons plutôt faire un tour
Du côté de mon arrière-cour. »
C’est ainsi que carpe et mérou
Décidèrent de garder l’atout
De ne pas trop se fatiguer
A des histoires insensées.

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La cigale

Une cigale ne chantait plus
Depuis qu’elle avait disparu
Au fond d’un endroit isolé
Loin de la ville où elle chantait
Neuf collines l’avait accueillie
Dans un caveau de marbre gris
Loin des blouses blanches et des soucis
Du manque de cigarettes aussi
La cigale qui s’appelait Pierre
Gisait au fond d’un cimetière
Et je gage que là où il est
Il est toujours un tantinet
Gouailleur et espiègle fripon
Eructant en contestation
Le chant de son agitation.

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J’ai connu l’existence du conte dans le temple de Vulcain.
Le récit parlait d’un encrier spécial, d’une encre particulière, presque de Chine tout en n’étant pas vraiment indélébile, quoiqu’elle ait résisté à bien des intempéries sans jamais délayer sa trace.
A plusieurs reprises, l’écriture a lancé une amorce dans l’ébauche d’un semblant de scénario.
Pas une seule ligne ne voulant prendre corps, le temps a fini par user les mots.
Malheureusement, une fois écrits, même partiellement, certains sont si résistants qu’ils continuent à flotter sur des parchemins entassés dans les greniers poussiéreux de la mémoire ancienne. Si ancienne qu’elle doit faire partie probablement d’une réminiscence d’outre-vie.
Si j’avais cru un seul instant que l’histoire puisse s’écrire sans rebrousse-poil, qui sait si mon crayon n’aurait pas fait une faute de frappe en passant par l’entrebâillement de la tour du donjon pour aller voir comment s’endort l’occupant du château de ce conte où chaque jour se vit mille aventures chevaleresques et enchantées. L’encre n’a jamais pu observer une quelconque ouverture. Elle a du courir se cacher sous l’ombre du grand saule pour aller retrouver un peu de son intensité d’origine. En fait, elle la retrouva si bien qu’elle en brûla.
Et puis voilà, les contes ne sont plus à la mode. Ils sont moqués, dégradés, comme ces belles couleurs que prennent les imprimantes des bureaux d’études publicitaires. Toutes ces jolies illustrations qui défilent sur les plateaux sont si enivrantes.
Alors une fois vidé le réservoir du stylo-plume, J’ai changé la couleur de l’encre.

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La peinture renversée

Curieuse et tout aussi inattendue
La déesse arriva portée par une charrue
Celle d’un laboureur, sans doute un magicien
Qui venait pour semer la graine à faire bon pain
La peinture était là pour bloquer le passage
Et la divinité en devina l’usage
Donna l’ordre au cocher d’épandre sur le sol
Les flacons renversés et les toiles agricoles
Dispersé sous le soc le barrage se rompt
Sous la force du bienfait venu d’aussi profond
Il fallait bien un don pour oser cet exploit
L’habit du laboureur cachait celui d’un roi
Et quand le boulanger lui fit goûter la mie
La reine de la surprise parait-il en frémit
Tant de bonté conquise par la grandeur du geste
A rendre la saveur à la croûte céleste
Feront de cette fable une belle histoire d’amour
Comme celle des temps anciens et des preux troubadours.

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La pie et le chat

Une pie regardait un chat borgne
Panser l’œil du regard qui lorgne
Certains sont plus soignants que d’autres
D’aucuns diront ils sont tous fous
Et à chercher toujours la faute
Il ne restera que des trous
Quand les yeux n’ont plus rien à dire
Il est l’heure de les faire dormir
Avant que béants et aveugles
Ils ne finissent en eaux boueuses.

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Pas d’amalgame

L’instant était si condensé
Qu’il fallait tout évacuer
Il n’était plus rien d’autre à faire
Tout en sachant encore se taire
Sur tous ces détails encombrants
Qui n’avaient rien d’intéressant
Alors ne mélangeons pas tout
Restons zens et encore debout
Car la fourche était si grotesque
Qu’aucune confusion simiesque
Ne pouvait être retenue
Sous la carapace de tortue.
Il semblait pourtant inutile
De souligner tous le futile
De ces détails un peu grincheux
Que l’eau me servait sous le feu.

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Baisse de régime

Les touches du clavier qui crépitent
Sous la cadence ralentie
Hésitent à dire l’impéritie
Du rythme du cœur qui palpite
Ces instants ont tant de raideurs
Qu’il faut laisser courir sous l’heure
Toute formalité inutile
Pour ne pas faire couler l’argile
Mais bien reposer le courant
A faire le plein de carburant
Alors je baisse plein régime
Le bruit du moteur qui se brime
Pour noyer sous toute sa lenteur
Le prix de son expéditeur
Une caisse entière de ce régime
Moi je dis que ça vous déprime
Une colonie de fourmis rouges
Aussi hidalgo qu’Andalouses.

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