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Archive for juillet 2016

Tenter d’imiter est une grave erreur. La recherche de soi passe par les autres, pourquoi pas, mais ne jamais oublier que le soi détient tout, tout ce qui fait de soi une tessiture, un style, une sensibilité qui n’appartient à nul autre. C’est un bricolage issu d’ajustements, de connaissances, de rajouts personnels, de transfiguration.
Il n’y a rien d’autre à faire que de tenter de dépasser ce soi en cherchant encore et toujours plus loin cet autre chose que le soi n’a pas encore trouvé.
Et puis de temps en temps, comme une offrande, le soi nous donne une étincelle, un message, une entrevue. C’est tout un monde alors qui s’ouvre, une perspective, un angle de vue, et cela n’est jamais fini.
Le chemin, c’est ça.
Et chacun en soi détient la lumière du soi, comme une illusion, comme une vérité, comme quelque chose dont on n’est jamais sûrs, mais qui est perceptible, qui ne se définit pas, qui est en constante mouvance, comme une brume opaque où parfois le monde grouillant de la vie prend sens, dans le chaos le plus absolu comme dans l’ordre le plus pur.
Et c’est là où je t’ai rencontré.

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Antide janvier

L'impermanence n'est pas un rêve

C’était la nébuleuse d’Orion,
Qui pondait ses œufs en boutons.
La voie lactée clignait de l’œil,
En préparant son grand cercueil.
Le lait se boit tard dans la nuit,
S’écriait-elle au bout du pis.
Regarde l’espace comme il est grand,
Ta vie est là, fais donc son chant.
Les ailes déployées d’Uranus,
Sur le système solaire rébus,
Transportent les vœux les plus purs,
Jusqu’à la porte de ton mur.
C’est la plus grosse des planètes,
Pluton qui n’est plus aussi bête,
Fait table rase de toutes les miettes,
Sur le plancher de l’obsolète.
Rien n’est jamais si vertical,
Que les rêves que l’on se trimballe.

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L’étiquette de conformité se décolle en eaux profondes, là où la balle n’est plus si ronde. Un jeu de paradoxe y déploie plus de poils que de plumes, griffes de dragons en forme de palmes, les aquatennismen manient le revers à l’endroit comme à l’envers, le grillage des raquettes ne raquette rien, mais la balle fait ping, puis peut aussi faire pong, ainsi se déforment les sphères ovalisées par la pression, angularisées par le grillage. Le paradoxe se moque de lui-même comme de la première dent de requin venue. Il arrondit les angles à la meurtrissure de la poésie, effiloche le papier collé sur la boite, et les industriels laborieux réussissent alors à la changer.

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Est-ce que lib’Elmer est un journal ?

A la chasse au lapin blanc,
A la chasse au lapin blanc,
Disait le monde étriqué à ses fils décalés
Sur l’ouvrage des idées.
A la chasse au lapin blanc
Tu n’iras pas !
Décalé N°1 lève à peine un sourcil.
Décalé N°2 joue simple, au rouge fil.
Décalé Tartempion s’en tamponne le croupion.
A la chasse au lapin blanc,
Mon monde,
J’irai perché sur une jument,
Une jument Gironde,
Aussi ronde que le monde,
Quand il creuse le terrier,
Du lapin de clapier,
Echappé du bocal,
Du bocal cornichon,
Qui se fait des yeux ronds,
Aussi gros que le monde.
A la chasse au lapin blanc,
Moi je vais,
Mais n’en tue pas vraiment,
Et dire que j’ai le temps,
De tuer des secondes,
C’est comme perdre le monde,
Dans le creux de ton sang.
Mais que font les beaux jours,
Les aiguilles du printemps,
Sur l’horloge de l’amour ?

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– Flanagan !
– Quoi ?
– Va falloir vous y remettre, mon vieux, on a une nouvelle disparition sur les bras !
– M…e, j’ai une vrille dans la tête qui veut pas m’lâcher !
– Faut arrêter les anniversaires, mon vieux, ça n’vaut rien à vos enquêtes !
– C’est les zôtres, zont qu’à pas me faire des surprises….
– Arrêtez de vieillir c’est un ordre !
– Zavez une recette chef ?
– Oubliez vot’date de naissance !
– Collez moi un Alzelmer pendant que vous y êtes !
– Ok ! Alors, oubliez que vous êtes né !
– Merde alors ! J’aurais pas cru ça pôssible. J’aurais du naître panais !
– Je vous l’avais bien dit que le panais pané n’est pas né !
– A moins qu’il ne le soit de la dernière pluie…
– Naître panais ou n’être pas né ?
– Telle est la question !
– C’est l’histoire du panais de la dernière pluie alors !
– Puisque je vous dit que le panais pané n’est pas né !
– Oh ! Vous multipliez les pas, on avance alors !

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Le pâtre
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Il s’endort sous les feuilles d’un automne morose,
Mais le coin de son œil se lève sous la prose.
D’un regard malicieux il sonde l’origine,
Et le chemin d’hiver à venir sous la bruine.
Ronflent les grandes flammes qui ne brûlent plus rien,
Ni personne, ni condamnent, mais réchauffent les siens,
Qui sont de bleus à l’âme versés en bleus lavande,
Sur de vieilles assiettes perchées sur le chambranle.
Et l’âtre crépitant lui fait ce doux regard,
Et ce sourire charmant au museau de renard.
D’une patte élégante il tourne encore les pages,
En soufflant le papier comme les ailes du moulin.
Il s’endort lentement, bercé par le vin chaud,
La cannelle et le banc où dort un chat en rond,
Et fauteuil basculant c’est le regard mi-clos,
Qu’il laisse entrer le vent en feuilles tourbillonnantes.
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Il n’y a pas de Gabonais au numéro que vous avez demandé. Parlez après le signal sonore. Bip – Bip – Bip – Bi – Bop – Be – Bop – A – Lula.
C’est toujours comme ça, quand tu as besoin de ta meilleure copine parce-que tu sens que tu couves une grosse pintade, et que la pintade, c’est toi, bin croyez-le ou pas, ça fait râler de chez craquer.
Bon, dans ces cas là, il me reste encore une sortie de secours. Aller me payer un gloubi-boulga chez Casimir, ça tombe plutôt bien, il y a quatre jeudis cette semaine, voyons, voyons, jeudi ou jeudi ?
Plutôt jeudi au final. Quoique, jeudi, c’est pas mal non plus. Bref, je ferme les yeux, je lance mon doigt à l’aveuglette sur les jeudis de la semaine, et là… Surprise, je tombe sur jeudi. Ça tombe plutôt bien encore une fois, puisqu’on est jeudi. Ouf ! J’ai bien cru ne jamais m’en sortir.

Donc, c’est décidé, je file au carnet bleu, chez Casimir et Susy, sa copine la nymphomane, avec mon tricycle. On l’appelle comme ça parce-qu’elle est capable d’engloutir dix gloubi-boulgas d’affilées et d’avoir encore faim. Bon, tu me diras, avec Casimir, ils forment un super beau couple. Lui, il a la ligne arrondie devant, elle c’est derrière, ce qui fait qu’ils s’emboîtent si parfaitement bien qu’à eux deux ils posent pour les magazines Tao. Tiens, je vous envoie un portrait.
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Pingouin de la banquise

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Allo les studios, ce n’est pas tao cette photo, mais qu’est-ce qu’y fout… à la télé, tu veux pas qu’ça rende rogneugneu ! Rhhhôôô !
Bref, je continue.
Ils me surnomment le
dragon. Oh, c’est toute une histoire. C’était le jour où je leur avait commandé un smoothies barbe bleue. En fait, le bouchon doseur est tombé avec le curaçao, et la coupe était pleine. Je reconnais que je m’étais bâfrée, c’est pas tous les jours que t’es servi copieux dans un établissement pareil. J’avais juste pas prévu que mon estomac se retourne, dans un hoquet général, sur glace pilée, je vous dis pas, ça fait du désordre, comme une grosse gerbe. Alors ils m’ont raconté qu’à me voir déposer un renard triple boyaux sur le parquet fraîchement lavé, ils ont cru voir un dragon cracheur de feu bleu. Paraît qu’en Chine, y sont sacré, et protégés. Depuis, on en rigole encore quand on se voit.
J’adore les regarder travailler en cuisine. Ils sont inséparables, imparables, impeccables, imperméables, improbables, cherchez l’intrus, et tellement heureux d’être ensemble. Oh, ça ne se voit pas du premier coup d’œil, c’est fin, juste assez pour l’intuiter, à peine pour le voir pour qui ne les côtoient pas. Ils ont une grâce infinie à se savoir, à se sentir là, ensemble c’est tout, à se vivre. Ils dégagent une aura de fraise tagada, tagada, tagada, tagada tsoin tsoin, tagada, tagada, tagada tsoin tsoin, enfin, ils sentent bon, ils sentent le bonbon.
Deuxième acte, la scène se déroule devant la carte, le choix s’avère cornélien, mais ce n’est pas la première fois, comme on dit, les goûts et les couleurs…
Bref, les couleurs qui se faisaient plus vives, même si c’était le mois dernier, continuaient à se densifier, s’y fier, danser, dans ses fieffées cartes, les mélanges s’intensifiaient. Au point que même Casimir en eut des suées. Trop de couleur tue la couleur, divise-moi tout ça par une racine carrée !
Hippolyte son meilleur ami arriva juste à temps pour l’arrêter.
– Stop, fais gaffe mon vieux, choisis bien ton chiffre. Diviser de la racine au carré, c’est comme faire de la compote de pommes, si tu ne mets pas un peu de sucre, y’a comme un pépin.
– Ah ! Quel est le chiffre préféré des Français alors ?
– C’est le 28, parce que dans le 28, il y a 2 et il y a 8.
– Allons pour la
racine carrée de 28, je ne suis pas contrariant pour la futilité populaire. D’ailleurs, la popularité n’est pas mon fort. Il me semble que la maison a opté plutôt pour la qualité dégustative que pour le chiffre d’affaire. Mais quitte à marier les deux, je préfère que la clientèle sorte satisfaite plutôt que la bourse à plat. Je ne ferai pas un cour complet d’algèbre, ni un tour complet du cadran solaire, pour dire que la saveur ne se compte pas, bien au contraire, la saveur compte, c’est ce qui fait son goût de reviens-y.
Revenons-en à nos couleurs. Dans une comédie en trois actes, il y a comédie, et il y a …
Quatrième de couverture, passage à l’acte.
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tomate1
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– Je prendrai la coupe
paléobotanique s’il vous plaît.
Casimir se retourne et me toise de haut en bas.
Pour s’écrier de son bon ton le plus orange qui soit.
– Qu’est-ce que c’est que ce vous !?
Oh la la, je sentais déjà le clafouillis arriver, j’ai piqué un far, puis le nez dans un gloubi-boulga imaginaire pour tenter de sauver la façade. Peine perdue, et c’est rouge comme une pivoine que je bégeya lâmentablement dans la semaine des quatre jeudis.
Si vous voulez le numéro de mon répondeur, composez le gabonais absent et faites l’étoile.
Je vous remercie de votre attention dans le cadre de cette comédie en racine carrée de 28 actes, à partir de ce tombé de rideau, la scène sera jouée en cryptée.
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