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Archive for the ‘Grain de folie’ Category

Le printemps des poètes, c’est du 9 au 25 mars 2019

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Printemps des poètes 2019 2
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Ce matin en sortant de ma douche, je me suis arrêtée devant la penderie pour choisir une tenue adaptée à la saison.
Lorsque j’ai voulu prendre le petit pull gris que j’affectionne tout particulièrement, la manche du blouson en jean m’a attrapé le bras. J’ai senti le tissu rugueux retenir mon geste, et croyant tout d’abord à un hasardeux accrochage, (ma penderie est pleine comme un œuf), j’ai écarté vivement la manche et replongé mon bras vers l’étoffe repérée précédemment. Quelle ne fut pas ma surprise de voir toutes les manches des vestes se placer en travers de mon chemin et d’entendre soudain :
– Non, pas question de sortir prendre l’air aujourd’hui.
Les vêtements avaient l’air très sérieux.
Je me suis placée devant la porte grande ouverte, campée sur mes deux pieds, et leur ai demandé.
– Qu’est-ce qui vous arrive ?
Le premier cintre s’ouvrit d’un grand sourire et, montrant du crochet le calendrier mural, me répondit.
– Les vêtements ont droit à leur premier mai, ne compte pas sur eux !
– Mais… Mais… !!! Nous ne sommes pas le premier Mai !
– Et alors ? Un premier Mai le 10 Mars, qu’est-ce que ça peut faire ? Nous, on ne bouge pas, c’est compris ?
Devant le ton péremptoire des vêtements, prise au dépourvu, je n’ai trouvé qu’à bafouiller platement :
– Mais enfin, qu’est-ce que je vais mettre, moi ?
Le petit pull gris ouvrit alors largement son encolure pour prononcer ces quelques mots.
– Et bien, tu n’as qu’à t’habiller de poésie !
Stupéfaite, j’ai entendu le peignoir de bain ricaner, et la combinaison de ski s’est rencognée dans le fond de la penderie d’un coup de zip pincé.
J’ai voulu tirer sur le petit pull gris mais il avait disparu sous un monticule de lainages colorés.
La même petite voix que tout à l’heure, amortie sous les étoffes, rajouta alors.
– Puisque c’est le printemps des poètes, nous, on va se reposer les fibres, pendant que toi, tu iras chercher de quoi t’habiller dans l’art poétique.
Plusieurs voix surenchérirent.
– Notre premier mai à nous, ce sera cette année du 9 au 25 mars, et ce 20ème printemps tournera autour de la beauté, alors, c’est plutôt chouette, non ? Nous t’avons fait grâce du 9, tu devrais nous en être reconnaissante.
Désemparée, j’ai acquiescé, puis me suis mise à réfléchir.
S’habiller de poésie sur le thème de la beauté, ça n’allait pas être coton, mais alors pas coton du tout ! Enfin, je n’allais tout de même pas sortir en peignoir de bain.
Alors j’ai pris un crayon, du papier, et me suis installée à mon bureau.
Ensuite, j’ai commencé à écrire.

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Pour m’habiller de poésie,
J’ai tissé du verbe et du bruit,
Et les oiseaux sont arrivés,
Chargés de plumes ramassées,
Et les abeilles ont déposé,
Du miel d’or, des fleurs d’été,
Et la lumière s’est irisée,
Autour de la trame de papier,
Et soudain une robe arc-en-ciel,
Déplia deux superbes ailes,
Pour se glisser autour de moi,
Dans un lent mouvement de dentelles,
J’ai vu un bas de pyjama,
Glisser doucement sous les doigts,
Des gants de peau doublés de soie,
Et se plier sur un dossier,
Pour s’endormir les poings fermés,
Un escarpin couleur soleil,
Prit la mesure de mes orteils,
Puis d’un talon preste et léger,
Claqua son pas de menuet,
Pour dire à l’autre d’arriver.
A que d’atours, me dit le jour !
Seriez-vous la muse de l’amour,
Que la nature vous vêtisse,
Presque aussi bien qu’une pelisse ?
Une brise légère et passagère,
Couvrit mes épaules d’un ton fier.
Que dis-tu donc, jour des poètes ?
Mais où as-tu donc mis ta tête ?
La beauté n’est rien à côté,
De la plus profonde des bontés !
Et de l’amour, qu’en sait le jour ?
Le cœur de la nuit est serré,
Devant la splendeur des étoiles,
Mais le cœur de la nuit dévoile,
La beauté bien mieux que la moelle,
Des os qui furent sous la pelisse,
Du temps de l’animal en vie.
Ainsi le jour de poésie,
Habillé des bruits et du verbe,
Redressa là toute sa superbe,
Et lança une rime à la pluie,
Pour qu’elle arrose le vert de gris.
La bonté qui passait par là,
Devant la couleur en émoi,
Décida que le vert serait,
De l’arc-en-ciel le mieux paré.
L’amour alors prit son envol,
De son arc et d’une parabole,
Enveloppa toute la beauté.
Ainsi de sa lumière nimbée,
Le jour en fut tout rhabillé.
C’était un dimanche enchanté.
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Jasmine
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Mais je n’étais toujours pas habillée. Enfin, c’était étrange, je l’étais mais je ne l’étais pas. Alors j’ai attrapé un rayon de lumière sur lequel j’ai tiré, puis me suis vêtue d’un morceau de ciel bleu où naviguait un petit nuage tout blanc.
Mes charentaises en peau de mouton acceptèrent de me chausser à condition que je leur retire les talons aiguille inconfortables qui leurs piquaient la fourrure.
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Le lendemain était un lundi. Le placard resta fermé à toute sollicitation, les portes coulissantes bien bloquées, ramassées sur elles-mêmes. On les aurait crues presque comme prêtes à bondir.
J’ai un peu essayé d’insister pour les ouvrir, sans succès, et repensant à la rébellion de la veille, je manquai de courage pour affronter à nouveau toutes les manches des vêtements.
Je me suis dit : Il faut trouver un autre poème habillé.
Cette fois, la rime se refusa à moi. J’essayai la prose. Pas mieux.
Je me suis souvenue qu’il y avait un grand sac à grains en jute au grenier, vestige du temps où toute notre famille se réunissait pour participer au prix inter-poulaillers.
En taillant trois ouvertures pour laisser passer la tête et les bras, j’ai réussi à bricoler une tenue rudimentaire.
En matière de poésie, cette fois, ça faisait plutôt beauté rupestre.
Je préférais ma robe arc-en-ciel mais elle avait décidé, elle aussi, de résister en restant clouée sur le calendrier des effets de fées. Et puis, tout bien réfléchi, un nuage, même entouré de ciel bleu, c’est tout de même un peu humide.

Voilà !
Je me disais :
Et vous,
Si vous deviez vous habiller de poésie,
Vous le feriez comment ?

Géraldine écrit :
Le verbe plisser croisait ses deux s autour du chant des pinsons pendant que celui de vêtir enveloppait le doux bourdonnement des abeilles.
Durant un court instant, les vibrations de toutes leurs petites ailes ont recouvert ma peau d’une caresse légère et subtile, mais transparente. Dommage, c’était bon de se sentir enveloppée de ces minuscules battements translucides.

Alexandra écrit :
Lorsque j’ai saisi le casse-noix à pleines mains, j’ai senti la douceur de son bois chauffer mon corps entier et l’envelopper de cette vibration toute irradiante. Comment décrire un tel délice sinon en inventant une image. Je crois que c’est comparable à être dans l’œil du typhon, ou encore baigner dans un scaphandre à l’intérieur duquel circuleraient des milliers de bulles éthérées.

Adelune écrit :
Comment d’une fanfreluche à étamine j’ai revêtu une parure de myriades de lucioles, comment ces petites bestioles ont déposé sur ma peau leurs petites pattes grenues et comment ces petits corps serrés ont su faire de leur tapis dru la plus belle étoffe que l’humain ait jamais eu la joie de porter.
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C’est à Vous.
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Vous pourriez, par exemple, commencer votre texte par :
J’aimerais m’habiller de poésie comme on se vêt d’un habit du dimanche.
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joconde 4
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Aller, tiens, une petite divagation du matin.
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moineau_et_cerises___estampe_-chadel_jules_clafouti céleste et jumeleine
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L’acajou divagador
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J’ai relu
Mépatou
Et partout par contre
Le culinaire vocabulé
Du vocabulaire cuisiné
Exhale un parfum d’encrier
Dans la craie de mon tableau fou
Et l’encre collée au papier
Sur la peinture où crisse la craie
Tente bien de déshabiller
Le vocabulaire cuisiné
Sous la purée des mots cajous
Ceux à la noix touchent la joue
Du cœur de l’ambre d’avant-goût
Il s’impose à moi l’avant-goût
Prémice d’une syntaxe ordonnée
Sur l’abscisse de la volonté.
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Ecrit pour ne pas oublier d’aller voter l’agenda ironique de janvier chez carnetsparesseux.

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Code de la pensée publique 2
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De la prose alexandrine naît parfois quelques sourires taquins d’origine suédoise ou polonaise.
A la ligne porteuse des couches d’ozone, l’entonnoir oppose un chant signé humour. C’est Jules qui pourrait en parler. Rien n’est plus bête qu’un pied de vers, qui prend le pied de la lettre comme un voyageur qui prend un train. Et en alignant le pied sur un carreau, Jules s’aperçut qu’il sonnait les cloches à pied d’oeuvre. De là à dire que le pied est beau, il n’y a pas loin. Jules étudia la structure du pied de la lettre et ne put que constater l’angularité bien droite de ce pied compassé. Fort de cette découverte, il s’aperçut alors que le vers dépassait le carreau. Il s’empressa donc d’avertir un pléiade qui prosait par là que l’égalité de l’alexandrin n’était plus à prouver, et content du saut qu’il venait de faire sur un seul pied, il enfila une pantoufle en suivant la cloche au pied des vers.
Les cloches clochaient, les vers versaient, et la pantoufle s’ozônait l’angle droit pendant que le gauche égalisait les côtés du carreau.
C’est de la faïence de Louise Bonne, affirmait l’alexandrin taquin pendant que l’égalité proposait à la pantoufle de s’associer au saut de puce de l’écriture douce et soyeuse qui filait centre à terre dans la dimension sous-solaire du déclin de la matière littéraire.
Je n’ai pas dit mon dernier mot dit la matière dont la table faisait un jeu de vers, « Le jeu des tables de vers », en tablant sur la matière pour appuyer ses sous-titres.
Ainsi commença l’étrange histoire du code de la pensée publique à l’article de la vie bien pendue dont les ténébreux vers marchaient sur la tête chaussés de pantoufles vertes prairies, à saut de cloches interposés, et aux sons et lumières scintillants de clarté.
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Code de la pensée publique

Code de la pensée publique


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mort_dans_cercueil
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A la suite d’une attaque ineptisceptique d’un auteur prétendant que ma dynastie n’existe pas, moi, branche terminale de Bourdon, scandalisée que notre lignée soit aussi peu considérée, décide de faire ce qu’aucun historien n’avait jamais eu le courage de faire, la regarder en face pour retracer en détail son histoire.
La première souveraine qui régnât prit le pouvoir à la création du temps.
Vu son manque d’expérience en tant que débutante en la matière, elle se fit la main au détriment des longueurs, frappant qui d’attaques d’animaux sauvages, qui de rages de dents fatales, de fractures septicémiques, d’usures précoces, d’obsosénescences programmées…
Je vous le demande !
Mais son pouvoir était limité.
La population administrée était à cette époque clairsemée, éparpillée en clans de petits nombres d’individus. Ce furent ses descendantes qui instaurèrent le ratio des pandémies, des guerres, des génocides et des événements climatiques ou accidents hécatombeaux.
De mères en filles et de pères inconnus, la dynastie des Mort compta, paraît-il, jusqu’à cinquante générations. Mais nous n’en sommes pas très sûres. En vérité assez fusionnelles, il nous arrive parfois de ne plus situer la généalogie de notre monarchie, d’où la méconnaissance du grand public à l’égard de notre lignage.
Aujourd’hui, en terminale des Bourdon, ma puissance recule mais mon ingéniosité augmente.
« Les plateaux de la balance sont toujours en équilibre » est notre devise chez les Bourdon.
Mon aïeule mit bas d’une branche secondaire considérée comme littéralétalement « Mortifère », mais à effets retards s’ils n’étaient pas aigus, à une époque aveuglée de rentabilité.
La branche du devoir.
Ainsi, une somme de devoirs et de conditions de mise en œuvre échût à la population grâce à sa souveraine administration, minant le principe de vie bien plus invisiblement que ne l’avaient fait les pandémies de peste, de choléra ou même les camps d’extermination de Buchenwald.
Quoiqu’il en soit, la Vie faisait en sorte que la Mort succède à la Mort.
On a beau dire que son étalage se module en fonction de ses représentantes, je crois me souvenir que sa présence était historiquement plus proche et plus visible, alors que de nos jours, je ne cesse d’être repoussée, cachée derrière les murs.
Les chambres froides ne bénéficient d’aucune des formes de médiatisation dont regorgent petits et grands écrans, ce que les disparues représentantes de notre dynastie regrettent au plus haut point.
Pourtant, moi, petite dernière, je fais recette. Ma production va croissante, proportionnellement à l’indice démographique, relatif à la multiplication de l’opposition co-régnante, la Vie.
Quelques témoignages prétendent même que mes conditions s’adoucissent globalement, bien que je reste imperturbable et implacable devant toute forme de subversion.
Les journaux relatent bien encore la barbarie qui m’accompagne parfois et que la dignité tente de faire reculer.
Vu la présence fondamentale de nos deux dynasties que sont la Mort et la Vie, il reste à établir un dialogue entre nous, ses représentantes.
La recherche fait état d’un déficit temporel dans l’espace de transition.
Une piste les oriente sur la recherche d’une dimension dans laquelle la rencontre triangulaire sera possible.
Il s’agit d’une dimension assez stupéfiante, intermédiaire, où nous, les Mort mortes, les vivants, les morts et moi pouvons nous rejoindre et communiquer.
C’est comme ça que j’y ai rencontré Walter Ego, et que ma mère lui offrit des jumeleines que nous mangeâmes en nous fixant les yeux dans les yeux un rendez-vous créaginaire.
Je prépare ma descendance.
Mais pas encore. La pingouination est assez complexe, il va me falloir plus de temps.
Je peux tout de même vous annoncer que l’ouvrage « La vie, la Mort et l’être » est en préparation et sera le prochain titre d’édition de nos laboratoires sarcophages.

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La mort de Snoopy
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Agenda pingouin octobre novembre 2018

Agengouin pataphysique

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Salut, c’est super chouette de suivre la trace du pionnier du devant, paske yapluka ! (Yaplu qu’à recopier un peu la trame et puis broder un peu entre), vraiment très sympa !
Voici ci-joint ma contribution à l’AIA aussi, si si !

à partir des mots créés lors de la 1ère étape voici mes phrases de la 2ème étape de l’agenda ironique d’Octobre, imaginé par jobougon (c’est moi, enfin, moi, avatarée sous un pseudo grognon) accueilli ici par votre serviteur, (c’est le premier pionnier, Chachashiré de la polimalie, l’animal !) agenda IA qui se finira en Novembre sur « l’impermanence n’est pas un rève » le propre blog de moi qui ai retrouvé un ordinateur acceptant de coopérer cette fois.

En résumé : Nous avons formé 26 nouveaux mots à partir de 52 mots existants.
C’est pour imager, mais c’est un peu comme passer 52 pulls en laine à la lessiveuse, en ressortir l’équivalent de 26 une fois rétrécis de 50% et associés par paires, pour avoir la tenue complète haut et bas taille enfant.
Nous jouons ensuite à phaire des frases avec les mots nouveaux. Des phrases qui doivent se situer dans le cadre d’une rencontre, ou dans un lieu où les gens se rencontrent, et je le précise encore, celles-ci n’ont pas à être reliées entre elles, du tout, du tout, mais absolument pas du tout, sauf au cas où elles le seraient par une totale inadvertance de forme qui n’aurait absolument rien à voir avec une quelconque intention quelle qu’elle soit.

Voici mes fragments :

1 – Abomifreux 
1 bis – Ou Abominaffreux au choix. 
1 ter – Ou même les deux, Abomifreux ET Abominaffreux, c’est comme vous voulez.
« Vous n’imaginez pas combien l’abomifreux est un langage difficile à apprendre, glissa Rosalie à l’oreille de Barnabé. C’est aussi compliqué que d’apprendre une désencyclopédie par cœur !
Quelle abominaffreusité ! Lui répondit Barnabé pour tenter de la réconforter.»
2 – Balument
« C’est balument ! Répondit Barnabé. »
3 – Jumeleine
« Mais si la jumeleine n’est plus ce qu’elle était, elle y a gagné en aisance et en amplitude de sauts d’obstacles. Affirma gentiment Barnabé. »
4 – Polimalie
« Elle est dotée d’une polimalie à toute épreuve ! S ‘exclama alors Rosalie. »
5 – Fatalimace
« C’est, comment dit-on… ??? Hum, voyons… La fatalimace peut-être ? Suggéra Barnabé. »
6 – Eléphantastique
« – Je me suis inscrite à un club d’éléphantastique. Il s’agit de sauter à l’élastique à dos d’éléphant fantasque.
– J’ai toujours pensé qu’un éléphant fantasque était un pachyderme gaucher contrarié. »

7 – Mergnifique
8 – Enchanquise
« Tu connais les bonbons mergnificats ? Ils sont tellement enchanquisés que même le plus gourmand d’entre nous ne réussirait pas à le réinventer à la hauteur de l’existant. »
9 – Amupliqué
10 – Charonne
« – Il ne s’agit pas d’amupliquer deux charonne à la fois, et tu le sais bien !
– Oui, et alors ?
– Alors pourquoi tu le fais ?
Rosalie prit un air affreusitairement dépiscitaire tout en baissant les yeux au sol, ce qui le fit résonner longuement sans pourtant atteindre le renversement de l’ut. »

11 – Insolitude
« Dans les espaces d’insolitude, tu peux glisser de la machine à trucs à la moulinette métaphorique. Essaies un jour, tu verras la différence. Lui conseilla Barnabé. »
12 – Artificelle
« Et pour l’artificelle, demanda Rosalie, on s’arrange comment ? »
13 – Brumageux
« Si tu ne réussis pas à trouver la clef, demande aux deux brumageux postés la veille de te renseigner sur l’endroit à l’envers de la boite à mystère. »
14 – Agengouin
« Sinon, tu viens souvent boire le café à l’agengouin toi ? Lui demanda Rosalie. »
15 – Délicaristique
« – C’est en faisant tout le circuit délicaristique que j’ai découverts l’entrée par laquelle ils sortaient tous, affirma Barnabé.
– Et tu y es entré ? Demanda Rosalie. »

16 – Mirififique
« J’ai eu la mirififique idée de… Le reste de la phrase se perdit dans un silence ouateux. »
17 – Délibule
« Tu sais, tu peux dire ce que tu veux. Quand ça délibule, c’est aussi clair qu’un cerf-volant par temps de zéphyr, ça flotte au dessus de nos têtes ! »
18 – Créaginaire
« – Et comment il s’appelle, ton chat ?
– Créaginaire. Répondit Barnabé.
– Et tu lui donne quoi, à manger, pour qu’il ait le poil aussi brillant ? Reprit Rosalie
– Des boulettes d’anomalisson.
– De la marque nomade ?
– Et de la marque lisson, bien entendu ! »

19 – Existancié
« L’existanciation n’est-elle pas issue du courant d’air pensé par notre ami commun, Jean-Sol Pâtre ? S’interrogea doucement Barnabé en lui prenant la main. »
20 – Tartuffolique
« Tu sais, je n’ai pas dit mon dernier tartuffolique, lui glissa doucement Rosalie à l’oreille, et ce n’est pas prêt de s’arrêter. »
21 – Gymnasticot
« – Auriez-vous un gymnasticot à m’offrir ? Demanda Rosalie à Barnabé en le voyant sortir un paquet de la poche de sa veste. Barnabé lui tendit la boite, elle en saisit un avec soin.
Ils passèrent ensuite une seconde d’inattention à se tortiller sur leur chaise. »
22 – Couettivité
23 – Ecriames
« Tu accepterais de faire une partie de couettivité avec moi ? Lui demanda à brûle-pourpoint Barnabé avec un grand sourire.
Arrivée au plateau du bourg Bon, tu prends direction ecriame et à partir de là, c’est toujours tout droit.
– Ok, je viendrai, acquiesça Rosalie.»

24 – Pinguouination
« Tu n’imagines même pas la pinguouination qu’il a fallu déployer pour en arriver là ! »
25 – Chocile
« – C’est la chocile droite en général qui enclenche la turbine. Celle de gauche régule l’ensemble.
– Bon ! De toute façon, c’est comme tout . Ça s’apprend par la pratique. Et puis les modes d’emploi, c’est comme la plomberie. Ça mène à tout à condition d’en sortir.»

26 – Drolatour
« Bingo ! La drolatour du tambour de l’automne perce le jour de retour de la donne. »

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L’agenda ironique de juillet, c’est chez Floriane du blog
PALIMPZESTE qui marie allègrement Estampe et poésie avec une rondelle de couleur. Elle nous propose ce mois-ci de faire revivre Sherlock Holmes en ne nous mettant, pourquoi pas, pas dans la tête d’une petite sirène, d’une Madame Bovary, d’un vin de Meursault, d’un fromage de Meursault, d’un château portant le même nom ou encore d’un personnage d’Albert Camus étranger à lui-même.
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Elle propose d’épicer tout le bazar d’une opiacerie variée consistant à fumer les mots suivants dans le texte :
7 mots – ou leurs variantes – sont à introduire : phrénologie / porcelaine / chute / microscope / inondation / corde – and last, but not least – pangolin.

Bien entendu, nous sommes tous libres de choisir une forme.
Haïku, poème, prose, courts ou longs.
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Le violon d’un fait divers extraordinaire m’a proposé ses quatre cordes.
J’ose espérer que mes canards de violoniste débutante ne vous feront pas grincer des oreilles et des dents.
C’est mon challenge du mois.
J’en ai l’archet qui se déhanche un peu et qui déboîte son écriture au son des fusées pyrotechniques grégoriennes. L’effet zeste s’acidule d’une loi rafraîchissante, celle d’une réforme du code du détectivat gouvernemental sous-couvert d’une coupe de ballon frais servi sur un plateau tout terrain.
Je vous laisse découvrir ce que la pipe stupéfiante de l’agenda de juillet 2018 a dicté à mes dix doigts.


14 juillet 00h00mn00s
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C’est la centrale de mesure du temps qui lança l’alarme la première, tous les calendriers avaient basculé brutalement du 14 juillet au 25 décembre. La nouvelle date figurait déjà sur tous les journaux, le réseau informatique, les horloges solaires, les montres de plongée sous-marines, les autres ainsi que les agendas et calendriers postaux du monde entier dans le monde.
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Cette fois-ci s’en était trop ! Le monde dans le monde entier s’était élevé contre presque six mois de décalage, toute la presse était en effervescence, on entendait les rotors des hélicoptères gronder au dessus des toits de Paris, des autres grandes villes sans doute aussi, le petit bout de la lorgnette étant Paris dans l’histoire ci-citée, je ne citerai qu’elle. Le Vatican avait dépêché Monseigneur l’évêque Antoine de Bouchitey afin de confronter les archives romanes calendaires et l’actualité.
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Monseigneur A. de B. descendit de la longue limousine blanche dix huit roues devant les caméras rassemblées à l’occasion de son arrivée. Une petite femme brune d’environ 45 ans lui tendit un micro tout en le suivant de très près, elle portait un épais chandail à col roulé malgré la chaleur caniculaire :
– Monseigneur, qu’adviendra-t-il du monde si les grandes fêtes de l’année se déplacent comme celle-ci ?
L’évêque resserra son écharpe et toussota légèrement.
– Nous allons ouvrir une enquête, et les meilleurs détectives vont être invités à travailler sur l’énigme. Pour l’instant, aucune hypothèse ne dépassera le cadre de la recherche, nous en faisons le serment. La psychose populaire est déjà bien avancée, nous n’allons pas en rajouter une tartine. Si vous le permettez, j’aimerais avancer et rejoindre l’Elysée où le gouvernement m’attend.
On a du taf, vous comprenez ?
– Par quelles questions le gouvernement compte-t-il commencer les recherches ?
– Ce sera ma dernière réponse. Nous commencerons probablement par la question de l’habillement ! Allons-nous l’adapter à la saison ou aux températures ? Puis celui de la durée des vacances scolaires. S’agira-t-il de les réduire de neuf à deux semaines ? Nous allons aussi faire appel aux différents services de la météo. Il leur est peut-être possible de réajuster les températures en fonction des dates, nous n’avons qui sait peut-être pas encore exploré toutes les dimensions. Nous venons de passer du 14 juillet à 00h00mn00s au 25 décembre même heure dans tous les endroits du fuseau horaire mondial, il y a vraiment de quoi frissonner. Si vous voyez d’autres solutions, écrivez à Cruci-fiction.com, qui collecte toutes les hypothèses et idées d’adaptation.
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Les grandes grilles du palais se refermèrent sur lui et les journalistes s’empressèrent de se disperser pour rejoindre les presses où seraient imprimés tout à l’heure les journaux de ce soir.
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Monseigneur A. de B. fut accueilli par l’assemblée des ministres dont l’air sinistre soufflait une atmosphère glaciale. Le président, absent pour cause d’absentéisme les rejoindrait plus tard. Un sapin décoré de guirlandes clignotantes et multicolores siégeait au centre de l’immense table. Les treize desserts se gelaient les coupes garnies sur le même plateau de la même immense table. Une hotte en osier remplie de pommes de pin était posée sur le fauteuil du chef d’état.
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La ministre de la météo vint à sa rencontre. Devant le regard étonné de l’archevêque elle montra du doigt la hotte tout en lui expliquant que les pommes de pin sont porteuses des éléments de reproduction que sont les pignons, et que la hotte est placée sur le siège présidentiel pour qu’en son absence, les éléments constitutifs du gouvernement n’oublient pas de reproduire les rouages de la pensée dentée de l’oligarque.
– Pourquoi ne pas l’avoir recouvert de la pèlerine rouge ?
– Il est trop jeune. Sa barbe n’est pas encore blanche.
Le ministre des feux d’artifice s’interposa.
– Il n’y a pas un instant à perdre ! Qu’est-ce que je fais, moi, avec tous ces spectacles en rade ?
– Vous avez prévu la bouffe ? j’ai la dalle. Demanda A. de B.
La ministre de l’à-propos s’interposa.
– C’est la rade de Brest ?
– C’est la rade la Pâquerette !
Les ministres pouffèrent de rire.
– Mais qu’y sont bêtes !
– Avec ce temps, je me disais que nous devrions lancer la mode des maillots de bain en laine. Ça marie élégamment le temps caniculaire à celui plus floconneux d’un Noël aux tisons.
– Je lancerais bien la mode du maillot de bain en porcelaine, lança d’un ton badin le ministre du plongeon au plongeoir.
La ministre des accidents domestiques le fusilla du regard.
– Et puis quoi encore ! Vous voulez nous les casser menu menu ou quoi ?
– Pfff ! J’déconne madame brûlure du premier degré, la chute risquerait d’en faire une mosaïque, on pourrait en faire une science, un peu comme la phrénologie avec la forme du crâne, pour lire l’avenir dans les tesselles des maillots…
– Franchement, mon cher, franchement !
– Ça vous la coupe, hein ! Rajouta-t-il grassement d’un ton goguenard.
– La chique ? C’est d’un chic ! Soyez donc rassuré car pour la brûlure, je préconise au vingt cinquième degré la pommade radicale, celle qui s’enduit par induction et apaise définitivement l’idée même de brûlure à tous les étages du degré. Soyons fous.
– Ça, pour l’être, hum, je ne comprends rien à ce que vous me dites…
– Et vlan, pour une brûlure au premier degré, une couche épaisse de sécurité ! Je n’ai pas eu mon diplôme de ministre dans une pochette de paic surprise pour rien, non mais !
– Et pour revenir au menu, y-a-t-il un ministre de la composition du repas dans l’assemblée ?
– Y’a des pignons mais y faut les éplucher !
– Ne va donc pas manger le pain pignon du président, toi… Il va pas aimer, mais alors, pas du tout ! C’est pas Jésus le gugusse.
– Tsss, tssst, vous pourriez respecter un peu le clergé les gars !
– Ça va, j’ai les archives, et je sais lire ! Mais j’ai faim, et quand j’ai faim, je ne sais plus réfléchir correctement. On s’y mets ?
– Vous préférez quoi, une croustade de pain béni ou un gigot d’agneau lié à la sauce saigneur ?
– Une madeleine farcie aux pruneaux suffira, merci !
Là-dessus, le pangolin de la porte d’entrée se mit à tinter.
– Ah ! Ce n’est pas trop tôt ! Voici notre détective et son co-accolyte !
Le ministre de la croustade se coiffa d’une belle miche tout en se dirigeant vers la porte. Le microscope suspendu au coin de l’angle mort pointait vers lui son œil de verre tout en le suivant de son regard catadioptrique.
Watson et Holmes entrèrent, saluèrent d’un mouvement d’optique à l’emporte-louche l’assemblée du gouvernement puis vinrent s’asseoir à côté de Monseigneur l’Arche sur invitation de ce dernier.
Une jeune secrétaire déposa devant eux un épais dossier.
– C’est la première fois que vous nous faites l’honneur de vous intéresser à une affaire d’état, et nous vous en remercions. Le président me charge de vous transmettre toute notre gratitude. Sur ces mots, elle leur tendit un plateau aqueux où gisait une forme lumineuse.
– Sherlock, que diriez-vous de ce présent ? L’interpella d’un ton sec le docteur Watson.
– John, il demande ingénue flexion. Monseigneur, permettez que je le détaille à la loupe.
– Je vous en prie, réfléchissez. Je vous prête mon intention monoculaire intérieure si vous en avez besoin. Elle est dotée de lentilles coniques, dix fois plus puissantes que votre machin, là. Répondit l’Arche A de B, la vèque en Berne.
– Merci Monseigneur, mais la loupe, mais la loupe, la loupe
– Attendez, s’exclama la ministre du souvenir associé librement, ça me rappelle quelque chose, écoutez !

– Vous avez eu une inondation de lune, ma petite dame !
Le ministre de la sauce piquante lui tendit une corde.
– Attrapez-la et ne coulez plus !
– J’ai demandé à la sauce piquante si elle pouvait arrondir les angles, glissa affectueusement le ministre de la douceur à la ministre du souvenir associé librement.
Pendant ce temps, Sherlock, qui observait la gratitude d’un air Sherlocké, au bout d’un moment releva la loupe et s’adressa à Watson.
– Watson ?
– Oui Holmes !
– Vous ne voyez rien de bizarre ?
– Je ne vois rien qui ne le soit pas Sherlock !
– Très bien, alors comment allons nous procéder cette fois ?
– Je ne sais pas.
– Cherchez le détail cohérent et remontez son fil. La dernière fois que nous étions en été date de quand ?
– Hier, 23h59mn59s peu de temps avant aujourd’hui 00h00mn01s !
– Pensez-vous qu’il y ait une transition entre hier et aujourd’hui ?
– Sommes toutes, nous pouvons supposer que le zéro absolu en est une.
– Un zéro absolu qui n’est pas une somme, mais bien un infini, n’est-ce pas ?
– En effet ! C’est à en devenir fou…
– Vous comprenez mieux ce qui s’est passé, ou bien je vous redémontre le raisonnement ?
– Nous avons eu une chance formidable !
– Nous aurions pu ne jamais rattraper ne serait-ce qu’une parcelle du temps d’aujourd’hui. Alors un 25 décembre ou un 14 juillet, au regard de l’éternité, nous l’avons échappé belle.
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Personne ne vit l’ombre du ministre du théorème binomial anonyme se glisser vers la sortie. Il avait le rictus de celui qui vient de rater son coup.
Holmes soudain leva le nez en l’air et pensa très fort à son pire ennemi, le professeur Moriarty.
– Au fait, on est quel jour aujourd’hui ?
– Nous sommes le jour du théorème binomial anonyme, répondit d’une voix glapissante l’horloge murale en se tordant une corde vocale.
Watson suivit le regard d’Holmes et fut témoin de la chute de voix répercutée au plafond. Le temps allait changer de tonalité, une entorse de la vocalise, encore un coup fumeux du professeur Moriarty, pensa-t-il.
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L’affaire du déplacement fit grand bruit dans la population ainsi que dans le milieu des chercheurs. La ministre de la sécurité convoqua tous les physiciens pour l’invention et la mise en place des dispositifs de conduction journalière qui permirent de sécuriser le passage d’un jour à un autre sans échappement de quelque nature que ce soit.
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Le théorème de Moriarty reste à prouver.
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Une somme allant de zéro à son jumeau désastral fût déposée au greffe des tribunes de la finale gouvernementale afin de garantir l’emploi de la légalité de toutes les fêtes nationales.
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– Watson ?
– Oui Holmes ?
– Vous ne l’avez pas un peu trop dosée cette pipe d’opiacés ?

– J’allais vous poser la même question mon cher.
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– ça me rappelle quelque chose…
– Ah, ces ministres sinistres !!!
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Ça papote chez carnetsparesseux, et ça papote tellement que de la discussion jaillit la lumière.
Mettez les lunettes de soleil car nous allons en brousse.
C’est bon, vous êtes prêts ?
GO !
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Les pingouins à Madagascar
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1pattedanslencrier

11/06/2018 à 4:52

En Haïku et en plaçant cinq des sept mots, ça donne :

soleil en brousse,
chaussure en pingouin,
Tout ce vert m’épuise !

Réponse

  1. jobougon

    12/06/2018 à 8:53

    L’idée du Haïku me plaît bien :

    Un pingouin de brousse,
    Avec des chaussures à tentacules,
    Prenait le soleil en bikini.

    Je crois que ça vient de me donner une idée, là !

    Réponse

    • jobougon

      12/06/2018 à 9:10

      Oui, oui ! J’ai déjà un début d’ébauche qui ne demande plus qu’à « dérouler » son jeu d’associations. Dès que c’est dé-ébauché j’envoie le « rouleau » du papier en ligne.

      Réponse


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Ou alors, on pourrait Haïker approximativement :

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Un pingouin vert,

Chaussé de tentacules courtes sur patte,

S’épuisait à sécher sous un soleil de brousse.

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Ou encore :

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Une tentacule de pingouin

Sous un soleil à chaussures vertes épuisées en magasin,

Rebroussait la sécheresse du poil.
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Essayons encore avec :
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Dans la brousse une chaussure de pingouin,
Portée par une tentacule verte,
Sous un soleil épuisé de courir après son char.
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Enfin :
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Une pseudo-tentacule solaire épuisée,
Se rebroussait les manches en rupture de stock,
Pingouin chaussé haut et court.
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Et pour finir :
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Une manche de pingouin,
Chaussait du trente sixième dessous,
Sous un soleil à pois verts.
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En conclusion
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Chausse une pointure de soleil,
Si tu veux avoir les pieds verts à la taille pingouin,
Et les tentacules de brousse-ail !
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Résultat :
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La brousse de culture,
Sans tentacules,
A des chaussures d’équerre verte.
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Postulat :
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A partir de la brousse débroussaillée,
Trouve le vert dans la tentacule,
Et la chaussure du pingouin sous une plante de pied du soleil.
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Argument :
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Les chaussures de pingouin vert
A la mode tentacule de brousse,
Savent combien le soleil est heureux de s’épuiser à tourner ses rayons du côté lumineux.
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Morale de l’histoire :
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Si tu portes des chaussures trigonométriques,
Et que tu es un pingouin poulpiste à tentacules,
Ne sois pas étonné que le soleil soit emmêlé de la brousse.
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Dernier Haïklu avant fermeture :
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Une association de pingouins d’Afrique du Sud,
Décide de fonder le clan des brousses,
En pleine tentacule d’Amazonie.
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Le mot de la fin pour la fin :
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Spiderpingouin, bat pingouin, superpingouin et gouin l’éclair sont dans la brousse.
Quelles chaussures doivent-ils porter pour ne pas se brûler la plante des pieds
Sachant que le sol est vert et chauffé par le soleil ?
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Réponse :
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Des chaussures à semelles en tentacules de crèpe.
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Comics pingouins
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