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Archive for the ‘Poésie’ Category

« Quand un fou paraît tout à fait raisonnable, il est grandement temps, croyez-moi, de lui mettre la camisole »
Edgar Allan Poe
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Lorsqu’ils sont ciselés par l’amour
Les mots nous ouvrent sur le jour
D’un éclairage chaleureux
Qui nous rend tellement plus heureux
Qu’une fois la direction donnée
Le cœur l’emprunte enthousiasmé.
Ceux qui nous ouvrent le chemin
Sont des étoiles et des gardiens
Pour les feux sacrés de la joie
Et les vents d’ange des esprits droits.

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Allégorie de la Spiritualité

Allégorie de la spiritualité

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Il y eut un silence d’amour et la porte s’est ouverte sur le ventre des mots. Ils étaient doux comme de la soie, certains plus ronds que d’autres retenaient mon attention. Celui de la tendresse semblait parcouru de vagues lentes et quelque chose par endroit pointait du doigt l’élasticité de sa paroi. J’ai cru discerner une ligne évanescente évaporer son message à travers la peau tendue, une ligne qui écrivait viens, viens dans le ventre de mon mot, entre dans la joie de ma délicatesse, de mes rêves, de mes rires, de mes jeux d’enfants prêts à inventer ce nouveau monde qui n’appartient qu’à nous et où se déploient d’autres notions chatoyantes comme l’irisé de nos deux âmes unies vers le bonheur.
Je suis entrée, et le moelleux délice du mot amour caché à l’intérieur m’a accueillie dans sa chaleur, et bien que la porte d’entrée soit restée grande ouverte sur le reste des éclatants rires de bonheur des mots soyeux ou mordorés, je suis restée, et j’ai compris à la croissance de l’aube que le mot ne ferait que grandir.

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Non,les silences du samedi saint jardinier de Dieu-mind
Cet espace n’est pas mort.
Il bruisse doucement.
Il émet et se tait, il étreint le silence,
Et dans son doux rayon sa lumière de tendresse,
Dépose en mon âme un parfum de sagesse,
Qui enivre mon cœur et suspend l’allégresse,
Au dessus du grand vide,
Qui descend, insondable,
Au cœur de mes ténèbres,
A tourner mon regard,
Bien plus loin que l’ivresse.
Non,
Cet espace n’est pas mort,
Il ressemble à l’aurore qui se lève doucement,
Dans le cœur généreux du monde des enfants,
Où se tient une porte au parfum de mystère.
Il se hisse,
Sur la pointe des jeux dans un souffle d’hiver,
Pour mieux laisser ensuite s’exprimer la lumière.
Et sa graine lentement hausse à l’abri d’hier,
Les deux pôles de demain, les silences de naguère.

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Les trous de vers de la poésie
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La poésie ne définit pas.
Elle ébauche, elle suggère, mais jamais elle n’impose.
Par contre, les ouvertures qu’elle suscite agrandissent les territoires de l’être.
Elle est « témoin » et « narratrice » de ces mondes intangibles qui occupent les espaces intérieurs infinis en prenant le lecteur par la main pour le guider dans l’enchevêtrement des trous de vers.
Ils sont légion, parcourant l’immensité sidérale d’un réseau invisible de la Terre, et témoignent d’une silencieuse histoire de la naissance du cosmos où se relient les mondes de toutes les dimensions.
Leur langage est suffisamment géométrique pour que leurs lignes décryptent parfois l’un des mystères de la création.
Quelques bribes magnétiques attirées par les pôles descendent parfois en pluie sur nos terres pour peu que la galaxie traverse l’un de ces nuages.
Yasmine s’est rendue sur l’axe pour en recueillir quelques unes.

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Un trou de vers,
Pris de vertige,
Devant l’immense espace,
De la poésie,
Se prit à versifier.
Ce trou là ne vaut pas la balle,
Au centre d’acier de l’Oural,
Qui sème zizanie et pagaille,
Dans la poitrine de l’espace-temps,
Ecrivirent les journaux d’antan.
Mais le trou d’vers,
La tête en l’air,
Creusait ses tunnels ordinaires,
En long en large et en travers,
Si bien qu’il zébra l’univers,
D’une poésie imaginaire,
Toute occupée à enchanter,
Les vides et les pleins délaissés,
Par une belle prose de qualité,
Qui d’un trou d’vers vint à passer,
La porte d’une prose étoilée.
Un joueur de foot égaré,
Shoota dans la prose étoilée,
Qui d’un trait remonta le trou,
De vers d’un bout à l’autre bout,
Et mit fin à sa qualité,
En débouchant sur l’Elysée.
Ciel ! Dit la prose émerveillée,
Mais dans quel plat ai-je mis les pieds !
Un trou qui cesse de voyager,
Est-ce pour autant un trou fermé ?
Et la prose toute ébouriffée,
Par la tête en l’air aérée,
Pria le trou de dessiner,
En vers le bonheur d’exister.
Le tableau des traits de l’artiste,
S’anima alors sur la piste,
Des grands espaces illuminés.
Ça grésillait dans l’atmosphère…
Le chemin qui mène en enfer,
N’est pavé de bonnes intentions,
Que pour l’escargot et le lion.
Et d’un croc pas tibuléré,
L’escargot croqua l’hyménée,
Sur la toile du lion de Némée.

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L’agenda ironique sera celui de l’OND*.
*Lire octobre, novembre, décembre.
Après être agendé électrironiquent par chachashire en octobre suite à un plantage de matériel informatique chez moi, il était question d’inventer des mots valise, puis d’en faire des phrases, puis de choisir une phrase chez chaque participant pour en fabriquer un dialogue.
Les trois étapes prirent deux mois, et terminèrent leur course chez patchcath qui décida de reprendre toutes les fins des huit dialogues pour nous faire écrire en décembre.
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Les fins bouclaient leurs bouches avec une telle force que je restai devant le silence avec stupeur en me demandant comment j’allais pouvoir imiter les moutons de l’insomnie en sautant la barrière des clôtures.
Une intense réflexion mit ma pensée en agitation électromagnétique jusqu’au moment où celle-ci produisit une étonnante petite flamme parlante.
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chatnoir tournee
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La meilleure façon d’écrire, me dit-elle, c’est encore celle-ci. C’est de mettre un mot devant l’autre et puis de recommencer.
Oui mais la fin ?
Tu mettras la barrière où tu voudras, et tu pourras même la déplacer au gré de tes vagabondages nocturnes, les mots sauteront par dessus, et toi avec.
La nuit qui suivit ma divine illumination, je me suis réveillée à trois heures du matin pour envoyer une invitation à toutes les fins recensées par patchcath et leur proposer le menu poisson que voici :
Marinade de poisson rose au bouc et au thym de tomate déconfite.
Légumes de retraite studieuse au piment fort accompagnés de sa morue dessalée.
Fromages au plateau d’Ecosse de petit pois.
Fruits de saison de l’agenda.
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Elles m’ont répondu. « WE’RE ALL MAD HERE » !
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Chat du cheshire
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Faisons un petit voyage au centre de la tête du chat, me souffla alors la flamme de la bougie hyppocampique.
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chat noir allégorie ombres
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Vous avez dit pièces d’ombres, Rodolphe ?
En effet, est-ce l’ombre du chat ou le chat lui-même, que vous voyez ?
Ou bien s’est-il recouvert d’ombres solaires ?
A qui tient-il compagnie illustrée ?
Revêtu de son costume trois pièces d’ombres chinoises, le chat noir nous offre ses meilleures rimes.
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Le chat noir
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Montmartre à l’heure de ses oreilles,
Sonne l’horloge aux yeux vermeil,
Et à sa moustache en soleil.
Montmartre au moulin de son cœur,
Sonne la trompette de l’ardeur,
Qui de ses hypnotiques vapeurs,
Chasse le train de ses humeurs.
Le chat noir embasiliqué,
Du sacré-cœur vint à vaquer,
Et de sa moustache qui brillait,
Sortit une fin de son paquet.

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Chuuuuuuuuuuuut Elodie, ils sont pour moi les derniers mots de la fin !
Chat noir, chat noir, vous avez dit chat noir, comme c’est bizarre…
C’est bizarre, avec ses pièces d’ombres et ses célèbres lumières de génie, avec l’illustre et joyeuse troupe poétique qui de Montmartre témoigne encore du bouillonnement intense d’une basilique exceptionnelle, d’où de longs vers d’encre s’échappent encore, filaments invisibles noyés dans la masse de lignes aéro-postales issues d’un auteur aux cheveux couleur de blés mûrs. Le mélange des genres ici atteint des gammes muettes mais perçantes comme le regard du chat.
Vous n’avez pas votre pareil, Rodolphe, lui avoua un jour Allais en complaignant d’un humour impeccable ce mirliton d’Aristide Bruant.
Vous n’avez pas votre pareil pour dépareiller les premières photos de mon moulin à paroles.
Tu peux pas t’en empêcher ! Pfffff !
Et le moulin à paroles de Normand de reprendre la parole aussi impeccablement qu’aimablement en lui octroyant la meilleure pensée de l’ombre féllinienne pour demander une trêve de douceur de vivre.
Mais Elodie n’en démordra pas, elle lèvera les yeux vers la place du Tertre en modiglianant quelques mots incompréhensibles.
C’est pas moi, c’est le Zébulon.
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Chat noir Dragon noir
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os-du-dodo
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Toute ressemblance avec un oiseau fréquentant l’agenda ironique ne serait que oiseuse spéculation.
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Le saviez-vous ?
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L’île Maurice détient la palme des ossements de l’oiseau rare disparu qu’est le raphus cucullatus, autrement connu sous le nom de dodo.
Cette palme vient d’un lieu mystérieux identifié comme la mare-aux-songes, tenez-vous bien, ce lieu prolifère d’ossements, et encore aujourd’hui, de nombreux chercheurs fouillent l’endroit jusqu’à l’acharnement absolu.
Considérée comme le charnier le plus désossé du monde, la mare n’a pas fini de dévoiler tout ses secrets.
Le dernier article paru sur le sujet vient d’être écrit par le dorénavant oisif mais célèbre PIN-Tade, Kalkal Aynoum de son prénom.
Il fait état d’une prolifération plus que suspecte d’os de grenouilles, de sauriens et de mi-gallinacées.
Intrigué par cette douteuse multiplication, Aymoun Kalkal Pin-Tade s’est mis en relation avec une confrère spécialiste de la multiplication des morcellements squelettiques en tout genre, l’immense Océane Degivifik, polonaise d’origine, auteur des « Morfondements de la haute équithité ». On se souviendra de la contestation massive qui fit fureur à l’époque, mais dont le mouvement finit par s’estomper dès lors même que fut reconnue l’époustouflante véracité de sa découverte, qui permis d’ouvrir tout un champ nouveau d’exploration en ce qui concerne la temporalité gauche des mammifères marins, particulièrement du dauphin hélicoïdal du Japon. Bref, là n’est pas notre propos.
Il est apparu, à la suite de leur réflexion commune, que ces restes étaient issus du restaurant qui jouxte le génome du troisième songe.
En longeant l’établissement, ils ont observé une intense activité mais absolument aucune trace permettant d’orienter la recherche sur l’origine des aliments transformés en cuisine.
Le plus stupéfiant de l’histoire fut lorsque le laboratoire remit son rapport à Aynoum.
Les ossements dataient tous de l’époque sumérienne, c’est-à-dire, de moins cinq mille trois cent trente ans en arrière.
Tenez-vous bien, l’entassement des os prit des proportions telles que la mare finit par se transformer en colline, puis en montagne. Sa hauteur à ce jour équivaut quasiment celle du toit du monde, l’Everest !
C’est Adam qui doit bien se tenir les côtes de rire, le bougre !
Vous me direz, 8850 mètres d’altitude, c’est un peu comme un troisième pôle, il en était donc poussé un quatrième.
Alors comment expliquer une poussée d’histoire aussi gigantesque sinon en mettant Dieu sur le coup.
Les articles sur le sujet succédèrent aux articles sur le dit même sujet, sans que d’explications rationnelles ne viennent éclairer la lanterne de la recherche, lorsque Kalkal Aynoum eut l’ingénieuse idée d’étudier la disposition de ces curieux ossements séculaires.
L’astucieux ajustement de ces restes gargantuesques se situaient dans la zone de hasard chaotique, celle où tout ordre se rétablit spontanément, faisant d’un ensemble hétéroclite une architecture harmonieuse et équilibrée.
Seulement voilà ! Haut lieu unique et isolé où gisent encore les dernières reliques de ce fameux dronte, celles-là même à l’origine de la recherche de Kalkal Aymoun, ne sont plus accessibles.
La seule solution qui pourrait venir à bout d’une telle épineuse situation serait d’aller creuser un tunnel sous la mare-aux-songes et de prendre le risque de l’effondrement du terrain avec écrasement des sous-sols, rendant tout accès aux vestiges impossible.
L’étayage adapté est à l’étude, et dans l’immédiat, les travaux tournent au ralenti en l’attente d’une solution, qui sait…
Jusqu’à la confrérie des chercheurs de mystères s’est prononcée en faveur, arguant du fait qu’il serait dommage de se priver de telles connaissances, tout ça à cause d’un foutu néo-ossuaire tumoral.
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etoile-bleue énergie céleste
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Regarde la
Qui te regarde
La regarder !
Hôte du ciel,
Elle éclaire
De sa lumière du temps passé
Le présent de nos à venir.
Elle est la trace et le passage
D’un dessein clair sans bavardage.
Regarde son ciel s’éclairer
Du grand silence des vérités.
L’espace du temps qui disparaît,
Fera le bonheur des années,
Et la lumière due son aimé.
L’espace de ce temps disparu,
Ne sera pas un temps perdu.

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Agenda d’automne 2018
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Agenda pingouin octobre novembre 2018
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La bouteille de champagne

Une bouteille pleine de mots qui bullent trône sur le tableau de vote. Ce sont des mots millésimés venant d’une époque antique que seuls les vestiges du langage sauront reconnaître.
Combien de graphes décomposés sont réunis ici, nul ne le sait, pas même le vigneron. Mais ce qui est sûr, c’est qu’à l’intérieur, les bulles communiquent entre elles, capables d’affiner saveurs et effets jusqu’à la perfection de l’ivresque.
– Bonjour, vous prendrez un café avec moi si je vais les chercher ?
Elodie leva les yeux de l’ouvrage d’œnologie théosophique qu’elle étudiait pour observer le garçon qui venait de lui adresser la parole.
C’était un garçon de la classe nebula, dernière année du cursus univers SSS (Sain, sauf et sage).
Elle lui sourit, et lui fit signe de s’asseoir.

Ça tombait plutôt bien, elle avait besoin de s’aérer un peu les idées, et puis il avait l’air sympa.
– Tu sais, on peut se tutoyer, j’aime autant. Le “tu” ne va pas déclencher un séisme !
Il revint avec les deux cafés et s’assit en face d’elle en fronçant les sourcils.
– Tu entends ce grondement sourd ? Lui demanda-t-il ?
– C’est le cri de balument des martinets bleus au-dessus d’un nid de roudoudous à poil roux.
– Ah ! C’est ton domaine d’étude ?
– Pas vraiment ! J’étudie les Zébulons, lui répondit-elle.
Devant l’air surpris du garçon elle précisa.
– Les Zébulons, ce sont ces OVNIS qui flottent au dessus de nos têtes lorsque nous créons des espaces relationnels, regarde.
Elle attrapa quelque chose d’invisible au dessus d’eux et le jeta dans la tasse puis elle remua fortement avec la cuillère.
– Celui-là ne viendra plus grignoter nos pensées, lui dit-elle simplement.
A leur grande surprise, ils le virent ressortir de la tasse brûlante, long filament brun et translucide, qui reprit sa place initiale.
Ce petit ver existancié tira les artificelles de ses neurones.
Elodie secoua ses cheveux et cette fois il tomba à terre, frétillant et agonisant, dans la sciure du sol.
L’artificelle s’évapora doucement en chuchotant.
« Tu sais, tu peux dire ce que tu veux. Quand ça délibule, c’est aussi clair qu’un cerf-volant par temps de zéphyr, ça flotte au dessus de nos têtes ! »
– Ça alors ! Si je n’avais pas vu de mes yeux ce truc, jamais je ne t’aurais crue !
– Ils sont rarement aussi résistants ! C’est la première fois que j’en vois un de cette nature ! J’en avais entendu parler, mais bon…
– Moi c’est Elodie, et toi ?
– Moi c’est Kevin.
Puis, observant le livre ouvert à côté du cahier et du stylo, il demanda.
– Qu’est ce que tu fais, tu écris ?
– Oui, c’est pour l’Agengouin, l’almanach Vermot des pingouins.
– Oh ! Je vois ! “Le mur du son est le plombier de la poésie”. Cita Kevin.
– Tu connais tes classiques. Continua Elodie. “S’il existait une seule façon de faire, ce serait simple. Or, il en existe des milliers. La poésie n’est pas une affaire simple ni même une simple affaire”.
– Peut-on y faire figurer un événement aussi délicaristique ?

– Non Kevin.
– Donc, laissons l’obscurité dérouler son parchemin. La parasynthèse des esprits réunis fera la différence.
– Les graphes d’octobre nous ont été livrées délivrées.
– Maintenant, ils vont agir !
– C’est la chocile droite en général qui enclenche la turbine. Celle de gauche régule l’ensemble.
– Bon ! De toute façon, c’est comme tout . Ça s’apprend par la pratique. Et puis les modes d’emploi, c’est comme la plomberie. Ça mène à tout à condition d’en sortir.

– Qu’est-ce que tu dis ?
Ils levèrent la tête en même temps et se mirent à rire.
Kevin attrapa le Zébulon de la main droite.
– Maintenant que je peux te voir, pas la peine de t’époumoner comme ça, vieux ! Je peux t’entendre, aussi ! Si tu as quelque chose à dire avant de disparaître, c’est le moment !

– Je suis la terminaison d’une branche de l’arbre de la perte de connaissances. Je vais gagner de ma perte l’ensemble des fausses idées et regagner la vérité du tronc en repassant par les racines. La décomposition me nourrit, et de l’humus, je recompose la nouvelle année lumière à laquelle j’aspire depuis tant de saisons. Quelques feuillets dispersés par le vent iront s’égarer au pied d’autres congénères, comme un échange de perte de connaissances que la grande mère recueille sans distinction.
J’ai voyagé tant d’années pour en arriver là.
Je ne suis plus que nourriture.
Ici, rien ne m’appartient.”
– Ben dis-moi, Kevin, la cueillette est bonne ! Je prends des notes ou bien tu préfères t’en charger ?
– Prendre le temps de se triturer le bec de gaz ne fait rien à l’affaire ! Ce sont des traces, des évaporations résiduelles. Mais la disparition, elle, se transforme pour continuer à vivre ailleurs, sous d’autres formes. L’équilibre se rétablit toujours quelque part !
– Oh, tu as entendu ? Si c’est pas dans le bec, c’est pas la peine de te tortillonner la tête comme un gymnasticot !
– Heu, peut-être. Bref, toute une faune artificelle, une polimalie créaginaire née de notre pingouination viendra piétiner notre délibule.
Kevin levait les yeux aux ciel d’un air désenchanté.
A ce moment-là une enchanquise nous déposa une tarte à la crème de bambou, celui comestible au nord ouest du pays des Polpilles.
Nous commençâmes notre joute verbale et lui affirma qu’il n’y avait pas de fatalimace dans le contrat proposé…
– Le gratin dauphinois siphonné ? C’est très simple à réaliser. Tu épluches les artificelles et tu les coupes à la mandolotte. Tu fais revenir les oidons, les échagnons et les larlotes, jusqu’à coloration. Ensuite, tu mixes, tu chinoises et tu mets le tout dans le chiffon.
–  Tu as lu le dernier Arthur Soupolait ?
– Tu plaisantes ou quoi ?! Depuis que j’ai appris qu’il avait copié-collé Zola, Valéry, Aragon et bien d’autres, c’en est fini de ce bouffon tartuffolique !
– Tu as terminé ta thèse sur les écriames ?

– Pas encore. La pinguouination est assez complexe, il va me falloir plus de temps.
Nous avançames pas à pas, presque main dans la main mais paradoxalement avec une certaine insolitude ancrée dans nos cultures.
Quelque chose avait fini par se relier entre lui et moi.
Il n’y avait plus cette affreuse froideur détachée, mais une discrète reconnaissance commençait à se dessiner au-dessus des mots, qui venait constituer doucement une guilde du parchemin.
– “S’il en est qui pensent que les mots sont trop pas là, l’inverse se produit. Dans la dénomination du produit en croix, la guilde nous offre une règle de neuf absolument conforme. L’attente n’est pas vaine. Ainsi, le rouleau déroulait son chemin sans se presser, avec le rythme lent de ceux qui gravissent la hauteur jusqu’au sommet. Dans les parages, quelques hiéroglyphes diffus veillaient, ne présentant jamais qu’un profil éthéré d’invisibilité. La détection naturelle se faisait spasmodiquement, dans des écarts lunaires aux appuis hermaïques. S’il en est qui ne pensent pas que les mots sont trop là, la guilde leur demandait d’esquisser un résumé complet afin de parachever l’ensemble pour que l’enveloppe tienne.“
Comme je ne savais plus quoi en penser vu la tournure assez improbable de la conversation, j’ai lancé à tout hasard.
– T’as fait quoi ce week-end ?

– J’ai remonté le fleuve Charonne en canoë.
– Celui qu’on appelle l’AI ?
– Quoiqu’on en dise l’AI n’est pas si abomifreux que ça !
– Une jumeleine ?
– Non merci, je fais attention à ma couettivité.
J’ai souri. Il avait probablement de bonnes raisons de parler comme ça. Moi, je détestais ce passage. Je ne trouvais aucun plaisir à traverser la nappe de brouillard épaisse et glaciale qui recouvrait le cours d’eau. Elle me donnait l’impression que je n’en sortirais jamais.
Kevin dû lire dans mes pensées car il ajouta en me prenant la main.
– Aller chez des gens ? Quelle barbe ! On va plutôt suivre le conseil de Bénabar : une pizza, un bon film et ça nous fera une super soirée couettivité !
D’un ton que je voulais léger, j’ai rétorqué ironiquement.
– Que toutes les amupliquées se lèvent pour sauver les âmes perdues ! Si tu ne réussis pas à trouver la clef, demande aux deux brumageux postés la veille de te renseigner sur l’endroit à l’envers de la boite à mystère, c’est ça, hein ?

  • Tu Zébulonnes ou tu tournicotes, se moqua-t-il avec un grand sourire.
    – Nous passons des moments mergnifiques elle et moi ! Et il déposa affectueusement un baiser sur ma joue.
    – Viens faire une ballade !
    – Tu sais bien que je ne peux pas marcher !
    – Oui, mais j’ai loué un drolatour !
    – Dans ce cas ! alllons-y.
    Je me suis saisie de mes deux cannes anglaises et nous sommes sortis au grand air. Autour du lac les mouettes ricassaient joyeusement et le soleil battait son plein.
    Dans la tête de Kevin aussi, ça ricassait joyeusement, et le soleil battait son plein.
    Un Zébulon passant passa les trois dernières minutes d’antenne à Kevin pour qu’il nous dise les derniers mots de la fin.
    – A toi, Kevin.
    Alors, Elodie m’a pris par le bras et elle s’est penchée sur mon épaule.
    – “Mirififique soirée” me souffla-t-elle à l’oreille d’un ton rieur, avant de le répéter.
    – Absolument pas elle est éléphantastique au contraire.
    – Nous, c’est comme ça qu’on dialogue, Kevin et moi !
    – Chuuuutttt, Elodie, ils sont pour moi, les derniers mots de la fin !Tu peux pas t’en empêcher !
    – Pffff ! C’est pas moi, c’est le Zébulon.

 

 

FIN.
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Martinets notes de musique.
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