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Archive for septembre 2018

 

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tigre cirque
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La grande toile n’est un chef d’œuvre qu’au regard de la richesse qu’elle nous oblige à développer. Autant de directions, autant de sujets d’attraction, où donc nous emmènent ces voyages si ce n’est au pays de nulle part et partout pour peu que le singe se laisse distraire, à sauter de branches en branches jusqu’à épuisement final.
Mais, dirait le quatrième singe, la sagesse de la toile n’est-elle pas de laisser les traces des possibles tout en nous aidant à développer ce bel outil qu’est l’intuition ?
Voyons ce qu’en dit la Raison :
– Madame la Raison, que pensez-vous des opinions diverses qui éparpillent les lambeaux de pseudo-vérités véritables aux multiples coins du kaléidoscope ?
– Monsieur le Quatrième singe, dans quelle branche vous situez-vous à cette heure tardive ?
– Madame la Raison, je m’interroge encore mais je n’ai pas d’opinion !
– Précisez votre pensée je vous prie.
– Et bien, à pseudo-vrai dire, je me situe sur la branche qui se dépouille de ses feuilles dans la saison d’automne, très chère Madame.
– J’aime vous l’entendre dire, Monsieur le Quatrième singe.
– Madame la raison, qui se cache derrière vous que je ne saurais voir ?
– C’est madame la Folie, mon brave !
– Jamais vous sans elle, jamais elle sans vous ?
– Si j’osais, Monsieur le quatrième singe, je vous dirais bien que jamais vous sans la sagesse, jamais la sagesse sans vous…
– C’est un Sophisme ?
– Non, c’est une Aliçade !
– Une La Maliçade totalement Lapalicienne.
– Comme quoi, la toile, c’est comme le journalisme, ça mène à tout à condition d’en sortir !
– Bien belle journée, alors, Madame La Folle Raison.
– Et tout de même, Monsieur Le Quatrième Singe Sage.

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ALTRUISME-EFFICACE.jpg

Une métaphorte peut en cacher une autre… 

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Ce mois-ci, Andrea et DominiqueDominique se sont associés pour nous proposer un double agenda ironique septembrien.
Le temps de briller est en réduction pour le soleil, une vague nostalgie des vacances nous mouille les pieds d’une eau suave, il en résulte que, deux propositions valent autant de cogitations qu’une consigne à rapporter dans son sac de vacances, il s’agit donc de suivre à la lettre les prérogatives de nos deux agendistes du mois.
Je me suis pliée en deux pour ce faire.
Et voici ce que les mots du matricule 85893 associés aux mots souterrains de D.H. m’ont déclinés comme les jours.
Léonie et Madeleine vont-elles me faire la remarque suivante ?
– C’est un peu une baisse de léthargie, cette sauce insensée !
Mais non mais non, elles vont faire un défiasco en bi-ironronnisant que le sens, on ne sait pas où il est, et qu’en gros, les mots y sont, alors la consigne étant respectée jusqu’à la trame, comme l’usure, le tissu du récit disparaît pour laisser place à ce qui ne se peut mettre en mots, c’est-à-dire, l’essence même du noyau de l’être.
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A LA LETTRE
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Mon bien cher Jacques,
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Comme tu sais, cette année, les enfants ont choisi la plage de Deauville pour aller passer leurs vacances avec leur mère. Évidemment, tu dois bien imaginer combien je n’étais pas tellement d’accord avec cette idée, connaissant le trou qu’est cette ville, je me suis dit, ces vacances vont être un fiasco assuré, ils vont lui en faire voir de toutes les couleurs noires possibles, je n’étais pas trop loin du dégradé de nuances, mon grand n’a pas quitté son bonnet damier de la quinzaine, et la pépette, enfin, Lionide, elle, n’a eu de cesse de tanner son frère pour qu’il lui prête. Bref, là n’est pas le plus grave de mon propos, car, comme tu me l’as fait entrevoir dans les séances de psychanalyses, c’est le trou qui l’a emporté.
Je vais essayer de reprendre tout depuis le début.
Les deux premiers jours, nous étions ensemble lorsque le téléphone s’est mis à vibrer. Tu sais comment ça se passe, dans mon travail, une urgence et pof, je fais sortir les pingouins du frigo pour les remettre en service le temps du défilé et ensuite, une fois terminé, ils rentrent dans la chambre froide et se rendorment sans poser de problème. Cette fois, c’est le directeur de la pêche à la ligne qui m’a appelé en me disant :
– Duroc, on a un problème !
– Ah ! Vous voulez m’en dire un peu plus, que je lui réponds, au père Marvil.
– Va falloir que vous remballiez vos berniques et que vous réenfiliez votre costume de pingouin, on a une affaire de salsifis sur le dos, et pas la moindre. Il va falloir sortir des ballasts.
– Ah ! Que je lui réponds.
La dernière fois qu’on avait eu une affaire de salsifis sur le dos, on avait du changer tous les meubles de la cuisine, j’en avais encore un souvenir cuisant.
– Bon, j’ai compris ! Que j’ai rajouté tout d’ensuite après. J’arrive !
Une affaire de salsifis, c’est toujours à prendre au sérieux. Aussi, j’ai balluchonné mes affaires, ai pris une soufflante de la part de ma femme, embrassé mes deux poussins, et suis rentré sur Paris par le premier TGV venu.
Prise de remords, ma femme m’a préparé un sandwich au jambon beurre de brebis, que j’ai dévoré avec voracité durant le voyage, un peu piquant, le beurre de brebis, j’en ai fait une flambée inflammatoire à la digestion, mais il avait eu le don de calmer ma fin.
Le père Marvil m’attendait à la brasserie « La Rotonde », comme convenu. Il avait une grosse mèche blanche qui lui barrait le front.
– Qu’est-ce qui vous est arrivé ? Que je lui demande.
– Vous voulez parler de ma nouvelle coupe, Duroc ?
– C’est cela même !
– Vous ne connaissez donc pas le nouveau courant de pensée ? Qu’il me réponds.
– Non ! Que je lui dit.
– Tout Paris est en effervescence avec l’arrivée de l’Alain Jacquemart, le Dijonnais. Il en met plein la vue aux nouveaux créateurs de mode et tout le monde adopte la mèche rebelle tendance, c’est un signe de reconnaissance. On a baptisé le mouvement « Ici l’Aube » et on se salue comme ça.
Et là, il se plie en deux et se relevant d’un coup d’un seul, il envoie la mèche en l’air le temps d’une infinitésimale seconde.
– Et ne me regardez pas avec ces yeux éberlués, Duroc ! Vous allez voir que vous finirez par faire comme nous autres, les saltos à côté, mon bonhomme, c’est de la piquette, loin du pinot noir, la Tintinette blanche, croyez-moi, pour une affaire de salsifis comme celle-là, va falloir en user, et sans modération, encore !
Bon ! Que j’me suis mis à réfléchir en mon intérieur. Va falloir se lacaniser fortiche en allant se promener sous terre.
Ça tombait plutôt bien, nous étions aux invalides, et l’affaire des salsifis ne faisait que commencer.
– C’est un premier indice, Marvil, ça ne suffira pas et vous le savez. Où allons-nous ?
– Départ en métropolitain à la porte Appert, direction Saint Poissy du Pasteur, ligne 14. On observe le ballet des sardines, et on envoie le maximum de pingouins pour déblayer le terrain. Une fois nettoyées, les rames de salsifis seront mises à jour, d’ici là, trouvez-vous une mèche blanche pour vous barrer le front, on vous repérera moins !
Voilà, cher Jacques où nous en sommes de notre enquête. J’avoue ne plus rien n’y comprendre grand chose, aussi je vous demande de vous arrêter un tout petit peu sur la chose écrite pour réfléchir à l’élaboration d’une théorie qu’elle soit fumeuse ou pas ne me gène en rien mais une théorie. Vous comprendrez que sinon, ça suffit, l’angoisse existentielle sort de la boite métallique en fer blanc, et que la mèche en pâlisse d’asepsie. Le procédé souterrain veut sortir au grand jour.
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Avec ci-joint toute mon amitié
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Et la photo des vacances.
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Agenda ironique septembre 2018 Deauville
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Croque-mort Duroc
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Réponse de Lacan à Duroc,
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Je vous reçois cinq sur cinq.
Mais ne fais aucune supposition.
Vous n’avez qu’à créer une ONS*.
Mais avant, revenez à la conservation naturelle dans le sel.
Vous éradiquerez ainsi toutes les explosions de salsifis en conserve.
Vous n’aurez donc plus à changer les meubles de la cuisine.
Et vous pourrez enfin me payer les arriérés des sept séances d’un coup.
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Avec toute ma gratuitude
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Jacques Lacan
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* ONS Organisation Nécessaire des Salsifis

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