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Archive for janvier 2014

La boussole inverse

J’ai égaré,
La boussole inversée,
En sortant de son trait,
De béton désarmé.

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L’atelier d’Olivia nous propose cette semaine les mots suivants :

Souhaitvœuxmutationémigrerdesideratummelting-potcoursplastiquefausserfurtivementcacherclandestin

Ainsi que :

Cette consigne facultative : commencer votre texte par « J’ai la ferme intention de lui dire la vérité. Sans me chercher d’excuses. »

http://oliviabillingtonofficial.wordpress.com/2014/01/20/liste-des-mots-100/

Toute vérité n’est pas toujours bonne à dire

J’ai la ferme intention de lui dire la vérité. Sans me chercher d’excuses, je ne peux cacher plus longtemps mes agissements, d’autres vies en dépendent, et je ne voudrais pas fausser la réalisation d’un tel projet.
C’est que voilà, en fréquentant un cours d’art plastique, j’ai rencontré Emile. Jusque-là, rien de bien extraordinaire, sauf que dimanche dernier, Emile m’appelle pour me demander un service.
– Il faut que je te dise ça mais pas au téléphone, ajoute-t-il. Peux-tu me rejoindre au café Van Gogh à 16 heures ?
– Que de mystère ! Mais ok, me surpris-je à lui dire, alors que d’habitude, je suis plutôt du genre à me méfier de ce type de demandes un peu obscures. Son ton de voix, peut-être ? Ou qui sait, une mutation existentielle amorçant son travail souterrain en grand secret ? Quoiqu’il en soit, à 16 heures tapantes, je l’attendais sur la terrasse du café, sirotant tranquillement un café brûlant.
Je l’ai vu arriver de loin, il regardait furtivement derrière lui, comme s’il avait peur d’être suivi. Son visage semblait crispé mais quand il me vit, un large sourire l’éclaira et il se jeta littéralement sur moi pour m’embrasser chaleureusement.
– J’ai eu si peur que tu ne viennes pas ! Ce melting-pot où j’habite est un vrai repaire de voleurs, je me demande si je ne suis pas suivi.
– Mais dis-moi, tu transportes donc des lingots, que tu aies si peur de te les faire voler ?
– Tu ne crois pas si bien dire, me répondit-il en chuchotant et en me faisant signe de baisser le ton.
J’étais bien intriguée. Alors quand il s’est assis en face de moi, spontanément, je me suis penchée vers lui pour ne rien rater de ce qu’il allait me dire.
– J’héberge un émigré clandestin. Me dit-il en soufflant.
– Et alors ?
– Ce n’est pas un émigré ordinaire.
– Ah !
– C’est le roi Salomon !
– Hein ? Celui du temple, du jugement, de la mine, de la reine de Saba ?
– Lui-même.
– Emile, tu délires, il est mort depuis belle lurette !
– Et bien, c’est ce que je croyais, moi aussi. Mais regarde ça !
Et il me tendit un anneau serti de pierres fines qui semblait sortir tout droit d’un musée.
– C’est le sceau de Salomon, me dit-il. Celui qui a le pouvoir de commander les démons, les génies, ou encore de communiquer avec les animaux. Prend-le, tu comprendras pourquoi il me faut de l’aide.
J’ai hésité, puis je l’ai saisi délicatement en me faisant le vœu de n’éveiller aucun démon.
– Maintenant, adresse-toi à ce chien, aux pieds de son maître, là-bas.
El là, grande surprise, j’ai entendu distinctement la pensée de ce chien qui répondait aux miennes.
– ça alors ! C’est plus qu’incroyable !
– Le roi m’a demandé d’aller remettre cet anneau dans son tombeau.
– Pourquoi n’appelle-t-il pas un génie pour réaliser son souhait ? Il a le sceau, il n’a qu’à l’utiliser pour présenter ses desideratums, après tout, qu’est-ce-qui l’en empêche ?
– Justement, ce n’est pas possible. Celui qui détient le sceau ne peut s’en défaire avec son propre pouvoir.
– Qu’est-ce-que je peux y faire, moi ?
– Je voudrais que ce soit toi qui le gardes. Chez moi, c’est bien trop risqué. Le roi Salomon se charge du reste. Il doit retrouver le génie échappé, celui qui l’a tiré du repos éternel, et ensuite, il pourra rejoindre son tombeau, cette fois, définitivement.
– Emile, c’est une histoire de fou !
– Oui, je sais…
J’ai donc gardé le sceau sur moi, incitée par la détresse que mon ami n’exprimait qu’à demi. Sans imaginer une seule seconde que cet acte allait avoir toutes les conséquences que cela engendra.
C’est pourquoi demain, j’ai la ferme intention de lui dire la vérité. Sans me chercher d’excuses, le médecin qui me soigne doit connaître toutes les déambulations de mon esprit possédé.
Je vous écris du centre hospitalier spécialisé en psychiatrie de Pontoise, où je suis enfermée depuis bientôt 20 ans.
Vous me demandez comment s’appelle mon thérapeute ?
Mais Emile, enfin ! Vous ne l’avez pas deviné ?
Et le roi Salomon ?
C’est le chien du vigile. Depuis qu’il est muselé, il n’y a plus qu’avec moi qu’il peut communiquer.

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L’envers des contraires

Un peu l’inverse des opposés,
Le dessous qui montre son dos,
Le revers de tous les versos,
Viendraient encore à s’imposer.
Ce qui est en haut est en bas,
Du minuscule à l’infini,
Les B.A.S. initient l’érudit,
L’érudit sait qu’il ne sait pas.
L’inverse ignore encore tout ça.

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Tout est prétexte à poésie

Sens ou son, image ou envie,
Tout est prétexte à poésie.
Eclairage de nos ressentis,
Bavardages à meubler l’ennui,
Exploitation de leur magie,
Les mots se chargent de retranscrire,
L’expression de tous les regards,
Des bords au cœur d’un territoire,
Pour en son centre se recueillir,
Mais si loin de cette émotion,
Qui habite le bouleversement,
Naissant de tous les sentiments,
Tumultueux de la passion.
De cet écart viendra l’effort,
De rapprocher un peu les bords.

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Diversion

C’est l’histoire,
D’un verbe un peu effarouché,
Qui regarde une syllabe en biais.
Comment fais-tu toi si petite,
Pour avoir toutes ces qualités ?
Comme la voyelle j’ai du mérite,
Comme la consonne je sais danser.
Un complément un peu odieux,
Les toisa de son air pincé.
Vous n’avez donc rien de mieux,
A faire que de rester coincés,
Au beau milieu de mon tracé ?
Puis un sujet vint les rejoindre.
Vos bavardages sont pour le moindre,
Aussi vains qu’un lot de pronoms,
Qui n’auraient pour seuls compagnons,
Que leurs fidèles ressemblances !
Montrez un peu plus de brillance,
En ajustant vos différences,
Pour au moins essayer de faire,
Un beau roman imaginaire.
Les voyelles ouvrent leur bouche en cœur,
Et pour démontrer leur ardeur,
Elles s’éparpillent sur le papier,
Parmi les consonnes étonnées.
Que de syllabes, se dit le verbe.
J’agis et les rassemble en gerbes.
C’est comme ça que toute l’équipée,
Finit par remplir le papier,
Pour écrire l’histoire d’une syllabe,
Qui regardait un verbe en biais.

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L’effet cryptique

 

http://leslecturesdasphodele.wordpress.com/2014/01/13/les-plumes-20-resultats-de-la-collecte-pour-masques/

LES PLUMES 20, résultats de la collecte pour MASQUE(S) !
L’atelier d’écriture chez Asphodèle avec les mots suivants :
Masque
Visage, camouflage, armée, plume, vénitien, jaune, déguiser, bal, argile, mensonge, embaumer, comédie, celer, mystère, pailleté, crème, farandole, grimace, hypocrisie, dissimuler, unir, usure, unique.

L’effet cryptique

Sous le masque burlesque, s’entassait l’usure des comédies que la vie lui servait régulièrement. Non pas qu’il n’y ait pas une part de vérité dans chaque visage rencontré, mais seulement ces multiples petits mensonges ordinaires qui laissent au camouflage une allure de pseudo grandeur mais se devinent à ces petites plumes arrachées à l’argile de son âme. Pourtant ce soir, il ne ferait aucune grimace. Le bal vénitien battait son plein, avec son armée de personnages aux costumes pailletés, l’air embaumait de toute une déclinaison de fragrances capiteuses qui lui tournaient la tête. Dissimulés sous l’artifice vestimentaire, les danseurs garderaient leur mystère et paradoxalement l’hypocrisie s’effacerait, laissant place aux jeux légers du badinage sans conséquence. Le carnaval avait ceci d’unique dans cet aspect, cette faculté de dépouiller de tous les masques coutumiers sous celui du tissu, comme si se déguiser celait en son usage un pouvoir d’authenticité du fait de son anonymat. Alors il pouvait bien se lancer dans cette farandole légère et s’unir à la foule parée de couleurs éclatantes, allant du jaune au bleu, et déclinant toutes les nuances imaginables, les plus belles rencontres seraient, qui sait, peut-être encore possibles. De son expérience, il tentait de n’en préserver que la crème. Ainsi l’attrait de la vie pouvait être gagnant, rien ni personne ne pourrait lui ôter cette faculté de clairvoyance qu’il y avait gagnée.

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Valentyne et Ghislaine m’ont taguée.
Et sous mes airs bougons, voyez-vous, j’en suis fort flattée.
Alors grand merci à ces deux fées.

Quelles en sont les règles ?

Lorsque tu apprendras que tu as été désigné(e), te réjouir tu devras. Danser la gigue et arborer le logo de ce tag sur ton blog tu feras.

Tag Valentyne

Jusque-là ça va ! Mais pour la gigue repassera !
La danse et moi, c’est chien et chat…

Pour remercier celui qui t’a désigné, un petit texte tu rédigeras.

Merci Valentyne

La jument très spéciale

La jument aime beaucoup les livres,
Avec ses lunettes très spéciales,
Et son allure très impériale,
Elle poursuit des wombats à suivre.

Aventurière elle dû tremper,
Sa plume dans une encre euphorique,
Car son verbe est si exotique,
Qu’un hydravion s’est renversé.

Elle atterrit dans un roman,
D’où sa couleur si peu commune,
Aussi verte qu’un talisman,
Enroulé d’une vague d’écume.

Chaussée de ses verres à monture,
Elle nous renverse, je vous l’assure.
La jument verte n’a pas fini,
De cultiver les cocasseries.

Et puis pour Ghislaine

Elle conviviale par tous les temps

Penser n’est jamais si sublime,
Que la douce folie qui anime,
Les ateliers de la chimère,
Qui conjuguent osmose et délire.
Ils mêlent l’univers et la Terre,
A l’utopique de ses possibles,
Sans draper l’expression sensible,
Ni puiser dans le combustible,
Du négatif où gronde encore,
Le drame du grave qui le dévore.
L’attraction sans la gravité,
Rime avec convivialité.

Puis, les 10 internautes les plus bavards sur ton blog tu nommeras.

http://drenagoram4444.wordpress.com/
http://autrecotedufleuve.wordpress.com/
http://dodomartin.wordpress.com/
http://moncafelecture.wordpress.com/
http://leslecturesdasphodele.wordpress.com/
http://celestinetroussecotte.blogspot.fr/
http://surleaugeorges.wordpress.com/
http://les-mots-de-flipperine.eklablog.com/
http://patchcath.wordpress.com/
http://laurency.wordpress.com/
Les prévenir (sur leur blog) de ton méfait tu devras.

Voilà qui va m’occuper encore pour un bon moment, je ne me décourage pas pour autant !

Faire ce tag UNE SEULE FOIS tu pourras.

Trop tard, UNE SEULE FOIS ne suffit pas !

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Vélin de l’une

Je déconjugue par tous les temps,
Le verbe aimer dans le présent,
Je dérisionne et me questionne,
Sur l’étendue de la maldonne,
Et je chiffonne,
L’indifférence et son affront,
Le brouillard de la déraison,
Pour ne garder que l’essentiel,
Du verbe aimer et son pluriel.
Je désadore,
La tromperie, les têtes de tort,
L’engouement pour le mauvais sort,
Ces combats sont perdus d’avance,
Mais si j’emploie la tempérance,
C’est bien pour garder l’endurance,
Du verbe aimer en toute confiance.

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Francis Ponge a renouvelé le genre poétique du 20e siècle, notamment avec son recueil Le Parti pris des choses (1942), dans lequel il s’attache à décrire des objets du quotidien, à en rendre la beauté et la poésie, jouant avec toutes les possibilités créatives de la langue.
Né à Montpellier, Francis Ponge (1899-1988) reste longtemps inconnu du grand public. C’est un article élogieux de Jean-Paul Sartre à l’occasion de la publication de son Parti pris des choses qui lui apporte une première notoriété, en 1944. Mais ce n’est que dans les années 1960 qu’il est pleinement reconnu comme l’un des maîtres contemporains de la poésie française. Il obtient le Grand Prix de poésie de l’Académie Française en 1984.
Sa poésie est complètement novatrice. Écrite en prose, elle prend le contrepied de la poésie romantique et n’est pas non plus une poésie d’opinion, une poésie engagée. Pour Ponge, la mission du poète ne consiste pas à étaler ses sentiments, mais à atteindre au plus juste la matérialité d’un objet, d’une « chose ». Il est le poète des objets les plus banals. Pour lui, les choses ont une existence propre et deviennent objets poétiques, dès lors qu’on les observe attentivement.
Les titres de ses deux premiers recueils, Le Parti pris des choses (1942) et Proêmes(1949), explicitent son projet.

Un exemple de ce qu’il a écrit :

L’huître

L’huître, de la grosseur d’un galet moyen, est d’une apparence plus rugueuse, d’une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C’est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l’ouvrir : il faut alors la tenir au creux d’un torchon, se servir d’un couteau ébréché et peu franc, s’y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s’y coupent, s’y cassent les ongles : c’est un travail grossier. Les coups qu’on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d’une sorte de halos.
A l’intérieur l’on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d’en dessus s’affaissent sur les cieux d’en dessous, pour ne plus former qu’une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l’odeur et à la vue, frangé d’une dentelle noirâtre sur les bords.
Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d’où l’on trouve aussitôt à s’orner.
Francis Ponge – Le parti pris des choses (1942)

Histoire de me frotter à l’idée, voici une tentative personnelle :

La coupe

Pleine de fruits ou incisive,
Sur un seul pied ou bien active,
Sa première lettre est une lune,
Dont le quartier s’ouvre vers l’O,
Cherchant à gonfler comme un ventre,
L’arrondi ample de son antre,
Pour retourner son infortune,
Vers le u creux de son berceau.
La coupe a donc le vent en poupe,
En présence de ce réconfort,
Que la paix donne à ses abords,
Quand la mousse déborde de sa croupe.
Je la préfère sans nulle branche,
A entailler ou mettre en tranches,
Mais plutôt calice ou saint Graal,
Légende d’Arthur ou Perceval.

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http://moncafelecture.wordpress.com/2014/01/03/la-veritable-histoire-du-monde/

– Et bien, après le grand boum, le peintre s’est réveillé et a voulu reprendre ses pinceaux. Il a cherché des yeux le grand tableau, tout noir maintenant, et il l’a retrouvé. Mais le tableau était morcelé, multiplié en multitudes de petites toiles, vierges, tout était vraiment donc à refaire.
Cette fois, il ne prit aucun modèle. Chaque fois que ses pinceaux se posaient sur une toile, ses personnages prenaient vie dans un nouveau continent, et la couleur de peau qu’il choisit était différente pour chaque peuple créé. Ce qui explique pourquoi les êtres humains sont si différents d’un endroit du monde à l’autre. Mais ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que cette différence allait provoquer tous les conflits qu’elle entraîna. Les noirs arrivèrent en premier. Bien sûr, dans la logique du créateur, il avait voulu rendre hommage à Dieu qui avait recouvert de noir son grand tableau initial. Ton sur ton, c’était un peu difficile de les voir, aussi, il essaya ensuite le jaune, puis le rouge pour enfin oser le blanc. Je dis oser, parce-que blanc sur noir, ça risquait bien d’être un peu gris. Mais il savait déjouer les pièges et réussit à décliner toute les nuances possibles, en masquant certaines imperfections avec des bruns de toutes intensités. Il y eut ensuite une période vide, où le peintre ne se satisfit plus de créer des personnages. Il entama sa phase de feu. Se mit à peindre des flammes, des brasiers gigantesques qui se mirent à brûler aux quatre coins du monde. Puis vinrent les objets, les constructions, édifices en tout genre, et enfin les machines.
Le peintre se faisait alors très vieux. Il ne lui restait plus beaucoup de toiles à peindre, et il se sentait de plus en plus fatigué. Alors il réfléchit à ce monde qu’il venait de faire naître, et se demanda ce qu’il pourrait bien encore inventer avant de mourir, car il sentait bien que sa fin approchait.
– Mais il ne peut pas mourir, n’est-ce-pas ?
– Bien sûr que si, tout le monde meurt un jour, même les créateurs.
– Mais alors, que va-t-il encore inventer ?
– A votre avis ?
– Moi je crois qu’il va inventer la paix, il n’a pas envie, mais pas envie du tout que ce nouveau monde-là soit détruit !
– Moi je crois que c’est l’amour qu’il va léguer à l’humanité. La création demande beaucoup d’amour, et en disparaissant, il ne voudrait pas que tout cet amour qu’il a su donner à travers ses tableaux disparaisse aussi.
– Et bien les enfants, je vous laisse inventer la fin de l’histoire. Car voyez-vous, chacun d’entre vous a le pouvoir de créer, alors zou, au boulot, qui de ses pinceaux, de son stylo, de son instrument de musique, à vous de jouer. Et régalez-vous bien !
Et c’est comme ça que le vieux peintre put mourir en paix, le cœur plein d’amour, car il savait que derrière lui, il y aurait d’autres artistes pour continuer sa mission, celle de créer le monde à l’image de ses rêves.

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