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Archive for janvier 2012

Stéréotypés, modélisés, ils ont une idée nette de comment on écrit pour devenir écrivain.
On dirait une frappe en calque, vous m’en ferez trois pages que vous remettrez sur mon bureau demain avant trois heures !
Ainsi sont édités ces aligneurs de mots, ces texteurs de copies à rendre, ou plutôt à vomir.
Ils vendent leur âme au diable et s’étonnent de ne plus la trouver.
Je les vomis, ces mots, ils éructent, postillonnent, salissent gras, grossiers des bas quartiers à enfermer.
Puis je les polis, petits cailloux dorés qui valent leur pesant de pierre d’âne, de ceux qui copiaient sur le voisin et restaient aux fonds des classes près du vieux poêle à bois, à ronronner aux aguets, cueillant au hasard du cours les mots qui résonneront encore longtemps dans leurs cahiers tâchés.
Mais de modèles à écrire, pourquoi faire ?
S’embarrasser de tant de niaiseries, rituels noircissants, soulageant quelles angoisses ?
Non, vraiment, c’est pitoyable !
Alors que sortant de leur ventre mou, des phrases courtes, reprisées, couturées jusqu’à la gorge se moquent bien de les envoyer au Panthéon.
Chanter le murmure des sourciers, voilà un programme à ne pas manquer. Retourner la feuille, l’envoyer valser, dire et encore déplier au fond du lecteur les saveurs dignes comme ces vieillards plissés par l’âge, par la ferveur qui les habite.
Et en crever, bouche grande ouverte, pour ne pas en mourir.
Ils sont allés s’acheter des mots bonbons, mielleux, enrobant et gélatineux. Ils gluent de suave, ils collent aux abcès vides de leur cervelle conditionnée.
Et l’éditeur sourit, il vend, ces sucreries douceâtres, font la une des présentoirs à remplir des sacs, que l’on ferme avec des liens plastiques, et que l’on envoie à la décharge pour ne plus s’ennuyer.
Qu’on les pende, comme dirait celui de la B.D. !
Haut tout court, mais qu’on les extermine, ces faiseurs d’uniformité, ces sucreurs de foutaises !
Moi je les écume doucement, les récupère, les transforme, pour en faire un vocabulaire en forme de tête de Turc. Genre, j’ai une vomibroyeuse dans la poche, toute la comprendoire en tiroiterie, l’étagendaire popliclef verdigeoyurante, et la catharsismoïque en gloriodrille.
Et quand je sors ma carniaiserie tout en fromages, croyez-moi, ça chlingue de chez chlinguer…
J’ai un fromaginaire un peu en panne, alors rien à déclarer avant trois heures sur les bureaux des beaux messieurs bien propres.

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Pelures d’anges

Le temps nous oblige à défaire
L’ambiguïté des ciels couverts
Dans son halo une lune ronde
Veille à la douceur moribonde
Effilochant de sa lumière
L’étonnement de sa bannière
Des vides à ne plus en finir
S’éloignent sur le pont à ternir
Les vives couleurs de la jeunesse
Laissant en trace nos forteresses
Hautes constructions élancées
Vers ces nuages ensanglantés
Du rayon de soleil couchant
Qui sous son auspice prévenant
Viendrait annoncer le Mistral
Son jus d’oranges est magistral
Nappé de zébrures en nervures
Il badigeonne d’éclaboussures
Le flamboyant d’un soir serein
Augurant du vent de demain.

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Torsion

J’ai les cervicales en cavale
Ce matin je me lève bancale
Mon oreiller m’a fait faux bond
Il se la joue à l’édredon
La tête fumée comme un hareng
Je me recouche et je m’étends
Puis dans un soupir je m’étire
Pour redresser et assouplir
L’évangile de mes vertébrales
Toujours en forme de cathédrale.

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Lasse usée fatiguée épuisée et j’en passe
C’est dans l’ordinateur un cheval qui m’agace
Un rien venant de Troie il atterrit chez qui ?
Je m’en fous et j’en suis à me dire que j’en ris
Si ce n’est poésie qui emplit mes fichiers
Et qui vont de ce fait emplir des poches volées
Alors si mes silences font office de violence
Je ne donne aucune excuse à ceux qui font des anses
A mes paniers percés de toute part j’abandonne
Et je laisse la place à ceux que ça étonne
Je rends mon tablier à qui veut essuyer
La perte des souliers qui garnissaient l’osier
Plus d’œufs d’or ni de poule pour pondre les âneries
Qui sortaient des claviers polis et interdits.

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Ce temps là

Les vents phraseux n’émeuvent plus ma voix
Ils me traversent et s’éloignent si loin de moi
Que chaque mot défait n’atteint rien de ma soie
Dressée imperturbable je n’évoque ni ne crois
Un seul de ces vocables qui noircissent la place
Telle la caravane j’avance et je dépasse
L’attroupement des badeaux qui piétinent la glace
Aucune vie qui ne soit si fourbe n’y échappe
Dans le souffle glacé des vaseuses promesses
La tirade de l’air me donne des frissons glabres
Et retirant du gel une arme qui est un sabre
Je m’enfuis avant même d’avoir vu cette messe
Il n’est nulle trace de vie ni même de noblesse
Dans le flot verboyant d’où s’écoule cette espèce
De langage insipide et froid venue d’ivresse
A dire des champs de soie alors qu’ils sont de pierre
Et ourdie de la charge qui me semble amère
Je défie la prison de tenter d’enfermer
Encore une fois une seule le penchant liberté
Qui œuvre dans mes fonds à garder ma légère
Capacité à suivre ces vents qui me génèrent
Tant d’aventures osées vouées à l’éphémère
Mais qu’importe car j’aurai durant toutes ces années
Osé brûler mes ailes aux vents de ces forêts
Et œuvrant souvenirs comme des pierres précieuses
Que je ressortirai quand bien vieille en liseuse
Je revivrai encore leurs piquants de la vie
Avant que de finir bien piquée moi aussi
Alors tu pourras voir sous mes heures le bonheur
Et débusquer encore le goût des belles heures
Qui sonnent encore pour ceux qui ouvrent encore les yeux
Sur les jeux différents qui nous apprennent un peu
Le partage et l’amour, la gaité démunie
Le don du généreux qui lui n’a pas de prix.

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Elle se couche à minuit
Et se lève à Paris
S’endort dans le sommeil
Se réveille à Marseille
S’assoupit sous un pont
Et se retrouve à Lyon
La facétie du rêve
L’emmène jusqu’à Genève
Elle fait couler son bain
Atterrit à Pékin
Ecorche ses genoux
Pour aller à Moscou
De la douleur elle peste
Arrive à Budapest
Dans les bras de Morphée
Voyage jusqu’à Poitiers
Va se brosser les dents
Le vol tombe à Milan
Et sous la capitale
Elle remue du bocal
Dans les vents de l’Oural
Et puis quand elle se parle
Elle retrouve la ville d’Arles
Son sourire dans la nuit
La ramène dans son lit
D’où elle sort épuisée
D’avoir tant voyagé
Pris tant de longues années
A faire tous ces trajets
Et fermant les paupières
Elle termine au cimetière.

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Sur scène

Café-théâtre du petit nid

7 rue Marc Sangnier
13200 Arles

Lieu de rencontres artistiques
Prochain spectacle samedi 28 janvier 2012 à 21h00
Scène ouvertes en partenariat avec Horizons culture.
Pour participer contacter :
Serge Navarro 06 98 43 16 10
Renseignements, réservations, inscriptions :
Christine Petit et Thierry Dubouis
04 88 09 09 40 ou 06 11 30 84 37
Un lunch vous est offert gracieusement à la fin du spectacle.

http://www.flickr.com/photos/ville-arles/6294669329/

 

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