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Archive for février 2018

Ce mois-ci, c’est chez Iotop, Le dessous des mots

 

jobougon dit :


Je sens que ça va être chaud !
Un conte braisé à la flamme, comme les chamallows, ou encore attisé au souffle torride de la canicule.
Histoire de réchauffer la bise hivernale.
Merci Max-Louis, j’aime beaucoup votre portrait, tout à fait naturel.

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agenda_ironique_fevrier_-2018
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– Euh ! Comment dire…
Il me devient de plus en plus difficile d’écrire !
N’allez pas vous y tromper, sous mes airs bravaches, je n’en mène parfois pas large.
C’est que j’aime bien faire la roue, ce qui ne veut pas dire pour autant que je sois un paon, non, juste que j’aime bien imaginer que je suis en train de pondre le texte de ma vie. Faire la roue c’est quoi ? Ben tu prends une brouette, tu la pousses. Je sais pas moi ! Tu forfantes.
A partir de là, je prends le temps de couver, je reste au nid le temps de protéger d’une douce tiédeur mon futur rejeton, puis une fois que les contractions sont là, je file à la maternité littéraire, et là, l’obstétricien m’aide, parfois avec les forceps, parfois en supervisant, parfois sans rien faire, et l’œuf arrive.
Cette fois je suis partie sur une idée qui m’enflammait littéralement, celle d’écrire sur le temps qui repassé, défroissé, laisse apparaître des pans entiers d’histoire qui n’ont pas encore été découverts. J’ai branché le fer à repasser le temps, mais c’est à cet instant précis que le courant à péter. Je veux dire, les fusibles ont lâché, plus d’énergie pour alimenter la chauffe.
Adaptation oblige, brancher un fer à vapeur sur un circuit d’électricité qui a pété, pour repasser le temps, ça allait être chaud. Enfin, non, justement. Mais si quand même.
Je m’emmêle les pinceaux.
Aller hop, si en plus les artistes peintres s’en mêlent et s’emmêlent les pinceaux !
De là à dire que je suis une artiste peintre ?
Je n’sais pas trop…
Bon !
Qu’à cela ne tienne, dans la buanderie, j’ai récupéré deux ou trois vers, que j’ai ajustés, ils sont là.
Restait donc à relever le défi de février chez iopote.
Un sujet pareil, ça dépote !
Alors que pourtant février tourne encore ses pages du semainier, nous étions à la saint Valentin, l’agenda iroque faîtait ses trois zans et je séchais lâmentâblement sur la copie. (Tu copies qui ?) / (Tais-toi corbeau !)
Que faire ?
Mes mondes intérieurs étaient en parfaits remaniements, refusant de me venir en aide. Seul, un morceau d’empathie semblait sensible à ma difficulté. Il s’avança en me voyant perplexe.
– Tu n’as qu’à mâcher les mots, tu verras bien !
Puis il disparut comme il était venu.
Je me suis souvenue de mon professeur de français qui nous disait souvent :
– Les mots, c’est comme les malabars, plus vous les ruminez, moins ils sont spontanés. Laissez-les couler d’eux-mêmes, ils savent où aller.
Mais comme rien ne se passait, je me suis souvenue aussi du malabar rose qui restait dans le placard. Avec ça, vous allez dire, mais qu’est-ce qu’elle essaie de suggérer.
Je ne suggère rien, je prends au pied de la lettre et m’en amuse beaucoup. Voyez d’ici l’effet que cela produit. Dans les placards que range-ton ?
Je connais quelqu’un qui a un dinosaure qui fait un bruit de dinosaure la nuit lorsque le compteur se déclenche en heures creuses. Mais là n’est pas le sujet.
Bon, venons-en au fait.
J’ai donc consciencieusement mastiqué le truc.
Rien.
J’ai fait des bulles une fois le sucre fondu et avalé.
Toujours rien.
Je commençais à me sentir découragée mais continuai à mastiquer avec acharnement.
Puis j’ai commencé à faire des bulles, histoire d’alléger l’exercice.
Une grosse bulle, qui pof, éclate, me recouvre soudain le visage, juste au moment ou vaincu par l’épuisement je m’endors.
Paf !
Ma face tombe sur le cahier.
Je me réveille quelques minutes plus tard avec des mots, des tas de mots collés sur le visage.
Vous imaginez la scène ?
Des mots emmêlés et collés, en vrac, et toujours pas d’histoire à proposer à l’agenda.
Fées vrillées, priez pour moi, que mon œuf ne soit pas perdu.
Donc me voilà devant le miroir, à décoller un à un les mots, et à les disposer au fur et à mesure sur le papier de mon cahier.
Peut-être que cela suffira, mais où sont passés les mots gagnants ? Le truculent tringueld censé suivre le quadragésime ?
Ils ont du sortir les poubelles plus à l’aise, en ratepassant les serpillières, ou encore ont trouvé la porte d’entrée d’un conte et n’en sont pas revenus.
Bref, je n’avançait à rien dans ce train.
Une fois décollés tous les mots, je suis allée prendre ma douche, ma sainte Tignasse avait besoin d’être lavée.
Quand je suis revenue dans le bureau, une serviette en turban autour de la tête, je me suis penchée sur mon cahier. Les mots du vrac malabar s’étaient ajustés, comme un printemps de Parme, une charmeuse de Stand Halles.
Le calendrier Thalanos par contre était en complet désordre.
L’électricité était revenue mais plus rien ne ressemblait à avant. Les mots s’étaient pris des cours de pelle et ne voulaient plus dire des trucs ordinaires. D’ailleurs, je n’ai toujours pas compris ce que sont ces cours.
Voici pour ce qui s’était écrit avec les mots décollés du chewing-gum.

Les funérailles de l’Elfe

J’avais déjà assisté à un enterrement d’Elfe, mais là, c’était bien la première fois que je voyais ça !
Il y avait des fleurs partout, les nains couraient dans tous les sens en criaillant comme des oiseaux qui piaillent et en riant comme des fourmis jacasses qui jaspillent. Les ogres leurs jetaient des boules de coton, mimant les jeux de boules de neige, et les fées vrillées soufflaient dans des cotillons et crustacés, avec de grands beuglements sonores. Une foule en liesse battait des mains et tapaient des pieds en cadence, comme un seul homme. Le curé est arrivé au son de cloche cristallin, ce qui a figé le mouvement.
Tout le monde avait le rire aux yeux et chacun attendait la suite de la cérémonie.
Le prêtre a pris le chat qui dormait sur un fauteuil au coin du feu et l’a posé sur la poitrine du mort.
Il y a eu un bruit crépitant, un grésillement fugace, puis un long murmure dans l’assemblée. Le chat était devenu rougeoyant comme une braise et de longs filaments émanaient de son pelage incandescent.
Chaque filament pétillait d’étincelles qui retombaient sur la foule en flocons lumineux, en milliers de paillettes qui recouvrirent le sol et les personnes rassemblées autour du défunt.
Un autre murmure de surprise s’éleva. Le corps du mort, gagné par le rougeoiement du chat s’allumait aussi. Et plus le rougeoiement s’intensifiait, plus l’assemblée semblait heureuse, recouverte de milliers d’éclats oranges diffusant son or lumineux et rayonnant. Un souffle brûlant a caressé la foule, une voix s’est élevée, gutturale, psalmodiant un chant funèbre plein de joie, puis une autre l’a rejointe, jusqu’à ce que les milliers de voix soient en cadence, et le cercueil s’est élevé.
Le cercueil était devenu un vaisseau, toutes voiles gonflées du chant de l’assemblée, il commença à s’élever tout en s’éloignant. L’assemblée ne le lâchait pas du regard, le vaisseau porté par l’âme du chant s’en allait vers sa destination. Il allait vers le soleil.
Le chat faisait son gouvernail.
Bientôt, on ne vit plus de lui qu’un tout petit point brillant dans le ciel qui se déplaçait lentement en direction de l’astre de vie.
Ce furent les nains les premiers qui se remirent en mouvement, en courant et piaillant dans tous les sens.
Les ogres reprirent leurs jeux de boules de neige en coton.
Les fées vrillées soufflèrent de plus belle dans leurs cotillons et crustacés avec de grands beuglements sonores.
Le curé dans un son de cloche cristallin se servit une coupe de champagne.
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C’était une belle cérémonie.
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Après ça, je me suis assise à mon bureau, et j’ai écouté le chant du silence.
Il m’a semblé entendre un ronronnement diffus.
J’ai souri en mon fort intérieur, et je me suis promis d’aller racheter du malabar dès que j’ai à faire quelques courses alimentaires.
On verra bien si les œufs littéraires sortent encore de mes ruminations roses malabar.

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C’est une minute de vérité,
Qui se présente en buanderie,
Et se demande si elle est vraie.
Vous n’avez qu’à vous repassez,
Répond la repasseuse âgée.
La minute se repasse au fer,
Température un peu amère,
Ou température satinée ?
Pour une minute de vérité,
La question était trop osée.
Je repasserai,
Une fois posée,
La décision du bon degré.
Répondit la minute d’en vie.

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