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Archive for the ‘Jeux’ Category

histoire-10

Pour le plaisir de camper l’image

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Encore eusse-t-il fallu inclure l’hippocampe, le mimosa, le n’importe, un chat ou deux, l’action de manger, une tentacule d’on ne sait trop quoi, peut-être d’hippocampe, après tout pourquoi pas, sans s’épuiser, le tout en vert, et non en vers, pour que naquissent ces espaces qui prendront la forme que l’on veut, ces espaces peuplés d’espèces d’on ne sait quelle planète étrange…
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C’est ainsi que :
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Le
mimosa fleurit
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Un
chat mime osa manger la tentacule caudale d’un hippocampe campé sur une épuisette verte que n’importe quel animal aurait pris pour un filet à papillons.
Le
chat mime régurgita la queue de l’animal sur le mimosa fleuri de la carpette campée au pied de la porte du vestibule.
– C’est osé, dit la
tentacule.
– C’est mimé, miaouta le
chat mime.
Ils ressortirent épuisés de l’épuisette verte à papillons où étaient campés un
hippocampe à la tentacule caudale sectionnée proprement et un mime osé miaouté par un chat campé sur une carpette de vestibule fleurie d’un mimosa où gisait une tentacule d’hippocampe sectionnée proprement.
– C’est vert sévère ? Ou c’est versé vert ? Mima le
mimosa fleuri de la carpette du vestibule où une épuisette verte se prenait pour un filet à papillons. A l’intérieur, une tentacule caudale ne mimait pas sa section, tout en cherchant un hippocampe à la tentacule manquante.
– C’est versé sévère et vert, répondit n’importe comment le
chat épuisé d’avoir oser mimer manger une tentacule d’hippocampe allongé sous un mimosa fleuri.
– C’est plutôt vert vers le sévère, n’importe quel
chat pourrait le dire, répondit le mimosa fleuri, gêné par l’absence de la tentacule d’hippocampe épuisée par l’appétit du chat, en faisant mine de manger du mime.
– Et le mime, il en pense quoi ? Demanda le
mimosa.
Le mime mima le
mimosa et le chat, mima l’hippocampe à la tentacule épuisée par l’appétit du chat, mima le vert de ce n’importe quoi sévère qui mimait encore le gris campé sur le mimosa miaouté.
– Où en sommes nous ? Demanda le
chat vers lequel le mimosa se tournait d’un air sévère.
C’est l’
hippocampe qui prit la parole, mais pas n’importe comment, pour répondre aux deux :
– Nous en sommes à onze
hippocampes avec celui-là, douze mimosas avec celui-là, non compris celui du titre, autant de sections, deux chats dont un vert, ce qui fait en tout quatre vingt dix moustaches, huit pattes et…
– Ok, c’est bon on s’arrête là. Coupez !
– Quoi, la
tentacule ?
– Non, le tournage du mime de la section de la
tentacule par le chat, oui mais lequel ?, mimé par…
– Stoooooooooppp !!!!!!!!!!!!

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Clef de sol chat 3

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Elle ouvre les serrures en biais,
Ne vit pas que en cabinets,
Elle est le trésor des zumours,
Quand elle rit même de son tambour.

Décalée sur son quant à soi,
Elle lorgne les jeux de l’aloi,
Perchée sur un chat de gouttières,
Aussi beau que des réverbères.


Assurément elle y voit goutte,
Quand le gouvernail et la joute,
Répond avec une balle au bond,
Elle finit pliée pour de bon.

La clef de travers n’est gosier,
Que pour l’illusoire et l’épée,
Car elle ne vient à traverser,
Que le diaphragme et le hoquet.

 

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Clef de sol chat 2

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Baleine sous gravillon 2
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Il y a baleine sous gravillon,
Dit le fils thon sous le ponton.
Il y a baleine sous gravillon,
Quand je respire et que je t’hume.
Tu sens le parfum de l’écume,
Alors que censé être roche,
Sans avoir odeur de brioche,
Tu devrais sentir le caillou,
Mais pas l’écume et son courroux.
C’est mon haleine, dit la baleine,
Je crois que j’ai indigestion,
De murailles et d’indignation,
Sous le gravillon je promène,
Et vide l’air de mes poumons.
Mon estomac du haut en bas,
A le hoquet, n’en parlons pas.
Et le gravillon qui me couvre,
A le parfum de qui m’éprouve.
Ton père le thon sous le ponton,
N’a de courroux aucune raison,
Puisque de la conversation,
Se débattaient toutes les questions.
Fils thon de la mer si tu veux,
Dis-moi comment n’être que jeux,
Ecumer l’eau de l’océan,
Sous gravillon prend tout mon temps.
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Baleine sous gravillon 1

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mais auxquelles elle a répondu, tout en sollicitant ses amis écrevistes pour en faire de même.

A propos de l’écriture :

1 – Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Elles sont sur les étiquettes, celles des boites de sucre ou de conserves par exemple…
Non, ce n’est pas une plaisanterie. Enfin, presque pas. Enfin, peut-être. Enfin si. Mais j’ai entendu un jour dire des enfants qu’il apprennent à lire sur ces mêmes étiquettes, alors étant encore une grande enfant dans l’âme, j’avais envie d’utiliser cet argument pour le faire valoir.
Par exemple, je prends une boite, je lis ce qu’il y a marqué dessus. Ici, « Ananas en branches au sirop léger ». Evidemment, ce sont des tranches, pas des branches. Comme j’ai envie de jouer de la déformation, je note branche. Je visualise alors les branches, visiblement originaires du Kenya. (C’est marqué sur la boite). Je l’imagine avec des singes dessus, c’est la région, et c’est la représentation que j’ai de ce pays. Je me fiche bien de savoir s’il y a des singes ou pas en vrai, d’ailleurs. Et c’est parti mon kiki ! Voici le début d’un roman. On se souvient tous de la ferme africaine, (dans la formulation ici je garde le « on », le « nous nous souvenons » étant d’une tournure trop lourde à mon goût) de la fameuse Karen Blixen, dont fut issu l’encore plus fameux film, out of Africa, joué par deux grands du cinéma américain, Robert Redford et Meryl Streep, et bien notre autrice, dans ma logique oiseuse, je peux l’imaginer prenant pour point de départ les boites de « singe » que les GI américains mangeaient pendant la guerre (souvenez-vous du corned-beef) pour écrire son roman, sachant très bien que le lecteur en aucun cas ne sera dupe de mes inventions, puisqu’elles sont totalement dénuées de toute rationalité. Ce qui ne me dérange pas, car après tout, en écriture, tout est permis, même la déformation du réel. Et là-dessus, je ne me gène pas. Et voilà, de fil en aiguille, du Kenya nous sommes propulsés aux états-unis en l’espace d’une boite. Comme quoi, la conserve, ça mène à tout à condition d’en sortir.

2 – Quand et pourquoi avez-vous commencé à écrire ?
Le premier juin 1961, alors que je ne venais pas de souffler ma toute non-première bougie, ou pour reformuler plus précisément, une non-bougie parmi l’église de mon existence, le dieu vivant du vocabulaire m’est apparu en rêve. Il m’a envoyé un virus, contaminant, multipliant les formules, les jeux, les rebondissements, les extensions d’idées, l’amour de l’apprentissage, le goût de lier, euh, pardon, de lire, et j’ai été pandémiée à lier à partir de cet instant, il était exactement la même heure à la seconde près au même endroit. Je me souviens avoir prémédité une première dent à cette époque là.
Sinon en vrai, j’ai commencé à aimer écrire le jour où j’ai eu mon premier succès littéraire. C’est-à dire, en classe. J’avais écris un petit texte sur un virtuose du piano qui donnait un concert, et la prof, appréciant fortement ce texte, l’avait valorisé auprès du groupe. Narcissiquement, ce souvenir m’est resté en mémoire, et ce n’est pas pour rien.

3 – Avez-vous tenu un journal, des carnets où vous notiez des citations, des pensées, etc. ?
Oui, je recopiais la composition des aliments sur les étiquettes.
Je peux réciter par cœur la composition de l’huile de foie de morue : Huile de foie de morue.
Huile qui a su offrir à mon cerveau de nourrisson un développement normal et harmonieux témoin de son état général conservé.
Ce qui à ce jour me permet de noter la pensée ici pensée.
C’est oui aussi, dommage, j’avais un super cahier de 200 pages, avec des trucs que j’aimais particulièrement, et que je n’ai plus en ma possession. Il ne me manque pas vraiment, mais si je l’avais encore, il aurait une grande valeur affective à mes yeux.

4 – Qu’avez-vous écrit en premier ?
Mon premier poème est issu d’une boite de sucre en morceaux, dont voici le contenu :

Oh sucre brut,
De canne tu te déclares.
Ton bon goût est un art,
Un peu comme la flûte,
Taillée dans ton roseau.
168 morceaux,
De 6 grammes environ,
Qui fondront dans le fond,
De la tasse de café,
Donneront ton sucré,
Par saveur ajoutée.

Évidemment, je ne me suis pas arrêtée là, puisque d’autres premiers écrits ont suivis et suivront encore.
Et sinon, je ne me souviens pas exactement du premier premier. J’ai juste quelques vagues souvenirs des premiers textes courts que je m’amusais à inventer en seconde, première et terminale, qui étaient si tarabiscotés qu’invariablement je ne les finissais jamais.

5 – Avez-vous persévéré ?
J’ai envie de dire que oui, mais je ne suis pas sûre d’être crédible.

6 – Pourquoi avoir rendus vos textes publics ?
Primo, parce que.
Ensuite, j’y réfléchis.
Probablement pour être lue, ou pour voir si ce que j’écris est apprécié.
Sûrement pour être en interaction avec le lecteur.

7 – Comment imaginez-vous le lecteur ?
Je l’imagine beau, subjugué par la beauté de mes textes, ensorcelé, fasciné, sous le charme.

Ça fait toujours du bien.
Je l’imagine cultivé comme un champ de betteraves à sucre, sans pour autant comparer le lecteur à une betterave à sucre, non mééééh ! Etait-il nécessaire de le préciser ? Auquel cas, vérifiez auprès de votre sélecteur de blog si celui qui s’octroie toutes les libertés est approprié à votre équilibre psychique. Ou alors, lisez le fameux livre d’Harold Searles, « l’effort pour rendre l’autre fou », et faites vous plaisir, devenez-le. Ensuite, pour continuer, je l’imagine intelligent comme le SIS, un peu secret donc, mais distinguable en braille et même en dé-braillé.
Exactement comme vous qui me lisez.
Enfin, en imaginaire, je ne demande pas confirmation ou bien si ?

8 – Que voulez-vous offrir au lecteur ?
Une meilleure connaissance de la lecture des étiquettes lui permettant un meilleur repérage nécessaire à tout consommateur soucieux de savoir ce qui occupe son assiette.
Pour citer l’étiquette de l’eau minérale naturelle que j’ai sous les yeux, 80 mg/litre de calcium, dans l’assiette, choisissons la à soupe, et fractionnons le litre en plusieurs portions, de façon à être plus adaptés.

9 – Êtes-vous sensible à la critique ?
Absolument ! J’ai toujours une ampoule de cortisone à proximité au cas où je ferais un œdème de couic réactionnel. Même avec beaucoup d’humour et de recul, il m’est nécessaire de faire trois amples respirations pour reprendre mes esprits quand une remarque justifiée ou pas me demande méditation profonde pour y voir clair.
Par exemple, l’autre jour, lorsque j’ai écrit. « Ma main gauche s’est mise à trembler, faisant tomber mon stylo, laissant ce dernier profondément immobile au sol », et qu’un lecteur m’a demandé si j’étais sûre que c’était la main gauche, il m’a fallu aller ouvrir la fenêtre et prendre au moins trois goulées d’air frais avant de commencer à pouvoir y réfléchir correctement, de façon objective et rationnelle. Deux nuits pour déterminer qu’au final, étant droitière, ce ne pouvait pas être la gauche. Une semaine pour me souvenir qu’à cet instant là, je mangeais un sandwich de la main droite, que tenant le stylo de la main gauche, je ne voyais pas le sens de la position puisque je n’ai aucune capacité d’ambidextrat. Enfin, lorsque j’ai réalisé que la main gauche était celle du cœur, j’ai compris pourquoi ce côté, simplement parce-que j’envisageais alors d’écrire un poème d’amour.
Voilà dans quels affres d’interrogations mon raisonnement peut s’immerger et ce, pour peu que je me mette à réfléchir, réflexion induite par les remarques critiques venant remettre en question mes affirmations ou positionnements quelconques.

10 – Quand vous écrivez, avez-vous un rituel d’écriture ?
Entre deux mots, je me lève, je compte trois pas en arrière, deux en avant, trois en arrière, quatre en avant, et je me rassois. Ça m’aide à la concentration.
Parfois, je rajoute une boite de quelque chose comme des biscuits au chocolat, ou un verre de coca, et je refais la même chose mais à cloche pied, la boite de chocolat ou le verre d’eau à la main. Le challenge, c’est de ne rien renverser. Si une seule goutte tombe à terre, je suis tenue de tout recommencer mais en double, puis en triple, et ainsi de suite, jusqu’à réussite complète de l’exercice. C’est mon côté perfectionniste qui est en jeu alors.
Des fois, quand j’écris des âneries plus grosses que moi, je me trouve pitoyable. Alors je prend mon courage à deux mains, et j’édite. Et là, il y a toujours quelqu’un pour trouver ça complètement déjanté et en rire, et bien croyez-le bien, cela me fait rire de mes mêmes âneries et me donne envie de continuer à me sentir bête dans mes écrits mais d’opter pour le parti d’en rire.
Naaaan donc, en vrai, je n’ai aucun rituel d’écriture, si ce n’est celui de mettre en marche l’ordinateur, et parfois, de surfer des heures durant sur des idées en cherchant sur le net pour en faire un article à peu près satisfaisant et à mon goût. Un peu comme les sucres de la boite.

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La « Anne », elle avait pas son pareil pour tournicoter du coton perlé d’agenda ironique.
Juin, qu’elle avait dit, c’est une affaire dans l’sac.
Alors dans son fourre-tout, elle y a collé
deux images, sages comme des gros lézards du Nil qui dormiraient au soleil, (pas besoin de lunettes noires), et quelques phrases suspectes comme, insérer OBLIGATOIREMENT « C’était à … faubourg de… dans les jardins de ou d’…»  dans l’titre, (zut, le titre, je l’avais loupée cette consigne là), et puis les mots « cannibale, fourbir, niquedouille, praliné, rentable, sautiller, tellurique ».
Pfffftt !!! Pourquoi faire simple quand on peut faire simple ?

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Pis qu’en plusse, on n’a même plus l’droit d’râler !!!
Qu’est-ce que t’as dit ?
Non, non, rien ! J’ai rien dit.
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Famille Addams bis.
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Il y avait réunion de famille, l’heure du gong avait sonné, grand-père Gomaize fêtait ses 150 ans de décès, et Mortencia, drapée dans son digne deuil, allait enfin pouvoir exécuter les dernières volontés de son défunt époux. A ne pas confondre avec ses dernières voluptés, bien entendu, qu’elle exécutait encore fidèlement jusqu’au dernier souffle de Gomaize, mais laissons sous silence leur intimité.
Il lui avait remis, sur son lit funéraire, le contrat de confiance dans lequel elle s’engageait, sait-on jamais, légalement, à ne pas confondre avec létalement, et pour une durée contractuelle du nombre d’année précisé ci-dessus, plus haut, à ne pas prendre aperçu ne serait-ce que de près ou de loin de son testament avant cette date.
Gomaize aimait, à l’époque de son existant, tirer vers le haut du panier, aussi disait-il toujours : « Patience est mère de charité, mais ne moquez pas l’hôtel-Dieu, il touche le fiel ».
Il avait un petit cheveu sur la langue, papy.
Mortensia n’avait plus la grâce d’antan, ni le mordant d’ailleurs. Mais elle avait gardé la blancheur laiteuse de ses vingt ans grâce à l’onguent du docteur sangsuet, cosmétique intégral, indice 6, ayant la caractéristique de maintenir le taux d’hémoglobine sanguin à l’indice correspondant. Affaiblie mais résistante à tout, suivant sa philosophie « atout prendre », Mortencia prétendait mordicus que la lividité consécutive à l’application de cet onguent lui permettait de rester visible à feu Gomaize, qui sinon ne pourrait la reconnaître de l’au-delà. Au delà de quoi, le taux risquerait de flamber, laissant exsangue et sans sang les vaisseaux laissés à sec de ce fait incendiaire. Et rajoutait souvent à qui voulait bien l’entendre, les flammes éclairent mais la nuit porte conseil. Optant pour le style bénitier, lancé par le célèbre couturier Maryvonnet saint Lacroix, elle avait revêtu une veste écossaise portée par lady Conne Doyle dans les années 20 lorsqu’elle a joué le fameux personnage d’
Irène Adler dans « Un scandale en Bohême », achetée au vide grenier de Louvain sainte Uccle Wilsèle pour la modique somme astronomique de dix neptunes.


Elle découvrirait, tout comme le reste de la famille, mais pas avant 90h52mn de la nuit, le contenu du testament que celui-ci avait rédigé en vue de cet instant poignant.
Toute la vérité, rien que la vérité, sur l’origine de la fabuleuse richesse qui allait alimenter les comptes bancaires et ne tarderait pas à dévider sa fortune sur les différents entrepreneurs qui se pressaient aux portes du manoir pour en restaurer les coins et recoins dégradés par le temps.
C’était à Golgothique, faubourg de Baldhoween, dans les jardins d’Addams et Dave.
Grand-mère Mortensia, mortifiée par le froid, s’était emmitouflée jusqu’aux oreilles. Son foulard Kermesse lui donnait l’air comprimé des veuves de bonne loi, son doux sourire revêtu pour l’occasion, elle évitait tout de même d’ouvrir la bouche, n’ayant pas honoré son dernier rendez-vous chez le dentiste, qui devait lui fourbir un dentier flambant blanc, assorti au teint, nous comprendrons un peu plus tard la raison de ce loupé.
Il y avait son frère, oncle Pestilent, de son prénom d’alliance avec Bondéanause, le père de la cousine Germaine. Il a endossé la combinaison rose réservée aux panthères, prétendant que la souplesse est un gage de gri-gri. La dernière fois qu’il a assisté à la lecture d’un testament, dit-il, il a hérité personnellement d’une dette de jeu à hauteur de trois atouts, dont un passage par la case départ. Ce qui lui a permis tout de même d’empocher un mois de salaire, mais a suffit à le rendre méfiant à l’égard des héritages. Pestilent est venu accompagné de ses trois enfants et demi. Ne pouvant en encadrer que deux et demi sur trois, il a décidé de lâcher-prise avec le benjamin, dont le jaune est assorti à son jumeau, à peine plus égal en âge que lui-même. Ils ont la réputation de n’être pas des comics, préférant largement la carrière saurienne à celle ornithienne, plus empennée.
Mon frère, Louis XII, a tenu à se placer à la gauche de Mortensia. « Comme ça, je ne suis pas loin des biscuits à thé », a-t-il avoué ce matin en lorgnant sur son téléphone portable pour voir si l’heure du dé-jeûner allait bientôt arriver. Notre demi-sœur Rellente s’est glissée discrètement du même côté pour ne pas être loin de la table, tout en restant approximativement la niquedouille préférée d’haute-maman. Vu que personne ne l’a jamais vue entièrement, elle reste comme une effluve dans les jardins d’Addams et Dave. Parlons-en de ces deux là, ils sont allongés par terre, toujours prêts à partir en voyage tellurique, sac à portée de main. Ne les confondez pas avec le paysage Pelousain, ce sont des hommes, trans-sexualisés, mariés de surcroît, depuis les années lumières, et bien décidés à affirmer leur position, c’est-à-dire au repos, mais attentifs. Ils ont connu l’époque des attentats aux tifs, celle où les coiffeurs coupaient toutes les franges de travers, et ont décidé de mener le combat de la frange droite, quoiqu’il leur en coûterait. Etant donné les nombreux frais auxquels ils sont exposés, du fait de leur engagement, ils espèrent bien retirer de leur présence un pécule modulatoire, leur permettant d’essorer la majeure partie de leurs dettes de jeux. Car couper de la frange droite, croyez-le bien, est une entreprise hasardeuse, les paris sont relevés à hauteur de sourcils la plupart du temps.
Moi, j’ai choisi d’épauler haute-maman plutôt côté bras droit. Je ne sais pas, une intuition, sans doute. Non pas que je défende le patronat, ou une quelconque accointance avec mon banquier. Simplement, Jules m’a dit, si tu ne restes pas à côté de moi, je ne viens pas avec toi dans ta famille. Moi, Jules, je ne peux pas m’en passer, alors comme il s’est assis sur le fauteuil du mort… Mais Gomaize, de là où il est, n’ira plus jouer les cannibales. D’habitude, il envoyait griller en enfer tous ceux qui osaient s’asseoir sur son fauteuil, histoire de les déguster à point un peu plus tard. Là, il ne bouffe plus grand chose, pauvre grand-père, il doit avoir les dents qui grincent d’écume, à ne rien plus pouvoir faire, de là-haut de l’au-delà. Pépère, c’était pas du praliné. Plutôt du piment de Cayenne. Quand il ouvrait la bouche, c’était pas pour faire des bonbons, qu’on disait de lui.
Grand-maman Mortensia présentait son meilleur profil au photographe venu spécialement de la ville pour immortaliser l’instant.
Ce qui tombait plutôt bien, c’est que le notaire et ce dernier ne faisaient qu’un, vu que la mode était au cumul des emplois, les temps sont durs il faut dire, un peu comme les dents de grand-père.
Une fois le paysage familial fixé sur la pellicule, l’intérêt d’avoir des représentants de la cause capillaire pu parfaitement s’entendre. On entendit aussi la lecture du document, légèrement fossilisé sur les coins vu son âge.
Mortensia versa une larme, en entendant la voix de son époux retransmise en direct par le notairographe, la larme toucha le sol, le sol s’ouvrit sur la piscine, une grosse larme de crocodile qui prit soudain forme, baudruchienne, ce n’était pas le moment de faire l’autruche. Dans l’affolement de l’instant, j’ai vu Rellente sautiller sur le bord de la piscine, prête à perdre l’équilibre..
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Famille Addams bis 2
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Les reptiles grouillaient, se multipliant comme des petits pains gonflés d’hélium, comme des fourmis à la gueule allongée, des termites dentues, crantées, rouage funeste de gri-gri mal réglé. Je l’avais dit à Mortensia, n’invite pas l’oncle Pestilent, tu connais sa capacité à être psychédélique. Cette vieille carne n’avait rien voulu entendre. Raison pour laquelle aucun saurien n’en viendrait à bout, la carne est une substance dure, inattaquable, angulaire et saillante, aussi dure que la semelle de ses pompes.
J’ai donc compris pourquoi elle avait raté son rendez-vous chez le dentiste. Vu que les caïmans, crocodiles, alligators et autres dragons du Komodo, ne sont pas commodes, traverser la propriété pour se rendre à son rendez-vous présentait trop de dangers dangereux pour sa vie, elle préféra rester cloîtrée dans le manoir en attendant qu’un prédateur à reptiles vint faire un peu de ménage dans le jardin d’Addams et Dave.
Nous ne pûmes donc qu’assister à la lecture des premières lignes du fameux testament. Le peu dont je me souvienne fut ceci :
« Meurtricia, mon amour, ma chérie, ma tendre, ma seule, mon unique, si j’ai mis 150 ans à te dévoiler la vérité, c’est que les affaires n’étaient pas rentables du tout. Notre culture d’avocats si florissante au début de notre mariage a souffert depuis quelques années du solanum tuberosum. Nous avons du emprunter deux millions d’heures supplémentaires pour la construction d’une usine de déshydratation pour les transformer en fécule, notre pécule a fondu comme larmes au soleil, les spéculateurs ont bouffé le reste, et je ne laisse que ma collection d’ailes de mouches a ton frère qui me l’a soutiré contre un talisman en forme de trèfle à cheval. Sauras-tu m’en tenir griefs aussi longtemps que la mort ?
N’oublie jamais que je t’ai aimée, Meurtricia, que je t’aime, et que je t’aimerai encore, foi de moitié légitime. »
C’est là que je me suis dit, tout d’même, il n’est même pas foutu de citer le prénom de grand-maman correctement. Et que je me suis redit encore en plus, il faudra que je lui demande pourquoi, à la vieille. Franchement, ça manque largement de respect pour elle.

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A la suite d’un commentaire j’ai pont oui-oui dire qu’un pont est invité à passer par patte pour arriver en lysière chez Emilie, c’est-y pas du joli ? Même que par la même occasion le pont-y dessert les Carnetsdudodo ainsi qu’une certaine Anne de Panama perchée ou penchée (voire même pont-chez) sur la question du yogi, c’est selon.
Missionnée par l’encrier pour faire le tour de la question, je m’interroge encore mais je n’ai pas d’opinion. Pour risquer d’en avoir une, (d’opinion), en général, je constitue une grille de critères à mettre dans la balance.
– Détester dé-pont-dre de quiconque, est-ce pour autant une ponstruosité ?
– Qui pont un œuf pont un bœuf. Dissertation à développer architecturalement parlant plus tard.
– Un pont-age est-il chiffrable en termes de temps-ponts ?
– Aucun rapport avec le premier pont venu.
– Une fois les ponts pesés déchaussés, le régime hypont-calorique est établi par pont-phylaxie. (qui c’est celui-là?)

– Les quatre types de pont-ventions sont soit primaires, secondaires, tertiaires ou quaternaires.
– Les cons-ponctionnaires auraient perdu leurs T.
– Dans la pont-xion publique, il paraît que ceux qui arrivent en retard croisent ceux qui partent en avance.
Voilà, j’étais bien avancée. De ponts en ponts, jamais encore je le jure, je n’aurais cru, ça je l’assure, tourner en rond.

Car de quel côté de la balance mettre chaque argument ?

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A la chasse à l’œuf de Pâques, à la chasse à l’œuf de Pâques,
disait la cloche d’airain
au lapin en chocolat sous les fleurs allongé.
A la chasse à l’œuf de Pâques tu n’iras pas.
Et pourquoi que j’irais pas ?
Lapin de mer je suis, lapin de mer je reste !
L’aquaculture du râble a encore de beaux jours !
A la chasse à l’œuf de Pâques j’irai,
Et tu pourras sonner, du haut du phare,
Du haut du phare de la baleine,
Cloche d’airain et de bohème,
Qui de l’œuf sortit ce poème.

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