Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Jeux’ Category

.
.


.
.
Un rat du champ un peu Marcel,
Sur la scène un peu maritime,
Déployait son sens de la rime,
Devant un rat pourvu d’ocelles.
.
.
Oh, sel de la terre, qu’avez-vous
Fait des eaux selles de la rivière,
Celle qui coulait du haut des mers,
Monté par un cavalier fou ?
.
.
Il poussait là l’unique grand roque,
Par dessus méandres et mystères,
Sans faire d’échec à la manière,
Dont il portait la blanche toque.
.
.
Vous vous prîtes pour un papillon,
Mais n’avez d’ailes que le fond,
Et l’imprimé de votre robe,
Ne vous rend même pas hydrophobe.
.
.
Le rat d’ocelles d’un ton moqueur,
Du champ de mer d’où vint la rime,
Mit sous le nez de son rimeur,
Le radeau sel du vent des frimes.
.
.
Si mon pelage original,
Ne convient pas à ton fanal,
Ne vient pas m’en faire un dessin,
Toute imitation n’est qu’emprunt.
.
.
Du champ de la scène maritime,
Marcel devra tout rembourser,
Les ocelles perchées sur la rime,
Rigolaient de ce flibustier.

Read Full Post »


.
.
Facebouc
.
.
– Assis !
– e
– Couché !
– e
– Debout !
– e
– Ne pas comprendre l’élégance du geste figure une carence en sérotonine !
Affirma Tournesol en fermant le tiroir du bureau où il recevait en consultation une chèvre du Bengale porteuse d’un entonoir en guise de chapeau.
La chèvre venait prendre avis auprès de son confrère car son chapeau refusait de laisser passer la lumière qui ne cessait de vouloir pourtant ajourer le tube cathodique qui le prolongeait.
La chèvre fourragea dans son sac et en sorti une touffe de foin.
– Pensez-vous que la carence vienne de là ? Demanda-t-elle.
Le professeur observa méticuleusement la bouffe alimentaire puis s’exclama :
– C’est de l’herbe à zèbre ! Qui vous a prescrit cette nourriture ?
La chèvre leva un sourcil étonné, tout en tricotant doucement sa barbichette assaisonnée d’oranges.
– Mais c’est vous !
– C’est bien la meilleure…
– Vous parlez sérieusement ou vous vous moquez de moi ?
– Pourquoi ? Vous prenez le train ?
La chèvre commençait à s’agiter tout en tournicotant un collier de perles qu’elle portait autour de son cou, puis elle bêla longuement dans un rire chevrotant.
– J’ai perdu l’accent, est-ce possible que cela ait influé sur la distribution ?
– Vous l’avez formulé comment ?
– J’ai demandé de la sœur automne in, pourquoi ?
– Cela n’explique pas que ce soit pour zèbre !
– Descendons-nous d’un zèbre ?
– Dans ce cas, c’est plus clair !
Le professeur attrapa une perçeuse dévisseuse et s’approcha de l’entonnoir puis, avec précision, il perça un nouveau trou dans le tube cathodique érigé sur la tête de la chèvre.
– Voilà ! J’espère que cette carence se résoudra d’elle-même avec le jour.
– Et pour les courants d’air, vous me conseillez quoi ?
– Portez un bonnet. Vous faites quelle taille ?
– Soixante.
– Vous avez une petite mamelle ! Portez un bonnet en soixante, alors. Je vous le prescris en modèle contention, comme ça, vous serez remboursée intégralement.
– Très bien. Soyez remercié de toute mon assurance, docteur Tournesol.
– Revenez pour d’autres trous, votre tube cathodique cligne des aérations, achetez du foin dans la collection herbe hiver, il sera plus frais, et adoptez la couleur ! Le cathodisme vous en sera reconnaissant.
– Merci Tournesol !
– Ah ! J’oubliais ! Qu’est devenu Tournevis, votre associé ?
– Il s’est desséré la tête cruxiforme en forçant sur l’ouverture d’un pot de peinture.
– Oh ! J’espère qu’il s’en remettra !
– Je lui ai prescrit une sérotonine 5HT en grande surface, pour l’habituer.
– Le jeu ne le gène pas trop ?
– J’ai bien cru qu’il ne retrouverait pas sa forme, et puis si !
– Cette forme anodique qui n’a rien d’anodin plaît-il ?

– Il est comme j’aime.
– Mais lui ?
– Il ne se prononce pas.
.
.
chèvre zèbre animaux en résine nlcdeco.fr décoration original
.
.

Read Full Post »

.
.

Perle d'éclipse

Perle d’éclipse


.
.
Une perle d’éclipse à l’éclat de diamant,
Traverse encore le temps dans le flot d’une rivière.
Le saumon qui la tient dans la gueule fait l’écrin,
Sur l’écran de l’horloge où se devine une main,
Avec deux grands pavillons suspendus à son bruit,
Aussi fugitivement que luit l’espace sur la grêle céleste.
La sphère irisée retient une sécrétion,
Ne gardant en son cœur que l’ultime précision,
Où se sculpte le trait d’une paix mitoyenne.
Tremblez dictes poètes aux surfaces bien polies,
Ici plus rien n’échappe aux creux de la folie,
Même la rage douce y creuse au fond du lit,
La trace de ses ténèbres, la lumière de la vie.
.
.

saumons rouges

Saumons rouges du pacifique

.
.

Le choix des mots, le choc des échos

.
.
La-couverture-de-Paris-Match-n-3657-un-numero-anniversaire-exceptionnel_original_backup
.
.
De ces mots renversés je n’ai nulle prétention,
Mais j’ai forte impression quand la phrase coule à flot,
Entraînant dans sa course les verbes du présent,
Qui roulent encore leurs bosses sur des graviers fluviaux.
Dans l’eau des verbes hauts se devine l’étonnement,
Entre gaufre et mouvement, l’eau de là fait bourgeon,
Et le chameau des maths indique la direction,
Vers laquelle vont les rondes espacées des remous.
Le bruit que fait l’orage tombe de la goutte au nez.
Elle crève de nuages, zèbre le mur du son,
Gifle la flottaison d’un sous-l’eau amorti,
Pour aller se noyer sous le flot de ses mots.
Ah, que n’ai-je encore dans l’évaporation,
Gravi en altitude jusqu’à disparition,
La montage de silence d’Alembert et Diderot.
Ah, que neige encore le flocon de l’écho,
Dans la tempête blanche des bourrasques passées,
Jusqu’à s’évaporer au seuil de son foyer,
Dans la douce chaleur d’une fraîcheur retrouvée.
De ces mots imposés, de ses flots composés,
De grâce épargnez-moi le choc de ses échos.
Car si je me joue d’eux, ils ont pied dans la lettre,
Et moi, de leur sérieux, je m’amuse de l’être.
.
.
Paris Match N° 80553
.
.

Read Full Post »

« Le pied de l’inexpérience n’est dodu que s’il prend racine à la candeur »
Lao Tseu

.
.

clematite bleue

Clématite bleue


.
.
Elle serpentait en glissant à fleur d’eau
.
.


.
.
La flamme douce entrouvrait de grands écarts,
Entre le crépitant fagot et le chambranle de son tirage,
Lorsque la coudée d’étincelles,
Cracha une dent dure au billot,
Où s’écrasait dans un tuyau,
La gougeotte de l’arbre à cimaise.
Sache que l’écot perd son avare,
Et que la vipère en son sein,
Porte l’écaille de son destin,
Fiché entre deux ventricules,
Aussi solidement que l’enclume,
Aime les coups de son marteau.
Sache que l’éclair de son sabre,
Dansera la couleur du ciel,
Parmi les ruches et les abeilles,
Sans qu’une seule ne perde son dard,
Car de l’usure il se fait tard,
Et la lumière est sans pareille,
Lorsqu’elle dévale son arc-en-ciel,
Sous le regard d’un champ d’oranges,
Les pieds dans l’eau, les fleurs en nage,
Ondulant au gré de la vague,
Dans un frisson marécageux,
Du bel empire de Lao Tseu.
.
.
IMPRESSION-SUR-TOILE-ou-PAPIER-Un-dragon-de-serpent-dŽtail-MusŽe-Affiche-Decor
.
.

La lettre porte l’enfant

.
.

Pierre de lune 1

.
.
La lettre porte l’enfant, l’enfant s’est fait rapter.
Ce soir la mer se vague doucement au gré des ondulés.
L’ongle du monde vient de griffer la robe du vent,
Et le vent,
Le vent,
Vend sa robe de curée,
Contre celle d’une eau douce,
Qui dévale des sommets.
Retranché dans sa grotte,
L’enfant émerveillé,
Voit passer cette eau claire,
Et puisée dans ce courant,
La force de l’éclair,
Ouvre la poche du temps,
Et fait jaillir l’hiver,
Criblé de piques à glace,
Hors du cœur,
De ce bel univers,
Porté par un facteur,
Qui transforme les pierres,
En lettres disparues.
La lettre porte l’enfant, l’enfant sort de la lettre,
Et la grotte solitaire porte au cœur une pierre,
Une pierre de lune,
Pleine de jour qui l’éclaire.
.
.

Les livres volent vers le ciel


.
.

Read Full Post »

La vibration laisse émerger le grain de sable qui est là

.
.

The Music 1895 - Gustav Klimt

The Music 1895 – Gustav Klimt


.
.
La vibration :
Laisse-moi te dire quelque chose, l’émergence.
Je suis née d’une réunion de plusieurs longueurs d’onde, de rayonnements incertains, de lumières ténues mais tenaces, durables comme ces montagnes grignotées des pluies ruisselantes, rongées par mille vents embourasqués de chaos, d’enchevelures sauvages embranchées de feuillages, de douceurs moucheteuses aux duvets de tendresse.
.
Le grain de sable :
Une vibration a atteint la roche, regarde, l’émergence, regarde comment je suis tombé de son sommet.
La tête d’une montagne n’est que repos pendant que les éléments viennent, dans toutes leurs déclinaisons, se cogner à elle.
Qu’est-ce-qu’elle fait, la tête ? Elle en perd un peu je crois.
Regarde de quoi je suis fais, moi, si petit et pourtant contenant un monde en entier dans mon grain.
Regarde l’émergence arriver qui était attendue, qui était espérée, que la vibration créa par cette insistance du temps et des intempéries.
Des intempéries je suis né, me voici.
.
L’émergence :
La merveille des merveilles est arrivée.
Le divin enfant de la montagne vient d’arriver du fond des temps, né des intempéries qui n’ont fait périr personne, mais bien naître le divin grain de sable qui contient toute la création du monde en son cœur.
Que le grain demeure, que le vent se lève, que la pluie déverse ses perles d’eau !
La tête, dévêtue de son petit grain, reste tranquille, imperturbable, témoin du miracle que la nature lui offre en spectacle.
.
La vibration :
Le roc, friable ?
Quelques prétentions qu’ait le temps de l’y amener, le roc a encore de beaux jours devant lui.
Il y aurait d’autres grains de sable que rien ne viendrait perturber la tête de la montagne, elle serait à peine moins haute, voilà tout !

Je suis là !
.
Qui parle ?
.
Le grain de sable, et toi, qui es-tu ?
.
.

JESSIE ARMS BOTKE (1883-1971).png

Le dindon de la prétention


.
.

Je suis le dindon de la prétention !
Le temps me fait chanter, et moi, je glougloute, je dindonne, je ding dingue donne.
Mais lorsqu’il s’agit de dindonner du sable que le temps commande, je grince des dents.
Car le sable s’envole dans le vent et pique mes yeux, pique ma crête, pique ma curiosité.
Et puis le temps, le temps !
Cet individu aux rênes grelottées qui conduit la mort, cet espèce de grignoteur insatiable, prétentieux et froid comme le néant !
Le temps, je t’en ferais, moi, des dindons de la prétention pour lui piquer les grains de secondes, de minutes, d’heures, de jours, de semaines, de mois, d’années, de siècles, de millénaires et j’en passe, pour recouvrir des plages entières léchées par l’espace de la mer, des plages de doux repos, de tendres entrechats, de saveurs oiseuses aux allures fruitées, reposants dans la ouate et le velours des coquillages somnolents, des dunes moelleuses gorgées de suaves effluves câlines.
.
L’émergence :
C’est un dindon tout à fait convenable, n’est-ce pas, le grain de sable ?
Ne pourrions-nous pas le dépêcher du côté de l’horloge comics pour qu’il lui sonne les grelots de la plage du temps ?
.
Le grain de sable :
Appelle Jacquemart, on verra bien si sa cloche veut bien arrêter de clocher sur la rampe de ses vibrations !
.
La vibration :
Faut pas s’en faire, là !
Hop hop hop, hors de question d’éteindre mon ébranlement !
Laissez vibrer au cœur du monde la beauté de ma cause, juste parmi les œuvres de la bonté, alors hein, bon !
Touchez pas aux Grisbis du temps, ils sont réglés comme les pendules de fous co-équipiers des astres. N’allez pas jouer aux apprentis sorciers, laissez faire la fluidité des sons et la confiance naîtra des flux et reflux de mes oscillations, dans l’éternel retour au bercail du home.
.
Topinambaulx :
Le son primaire de ta vibration, mon poto, va falloir qu’on cause de sa beauté.
C’est bidonné de farce de dindon, lardé de grains de malice, non ?
.
Le grain de sable :
Qui t’es toi ?
.
Topinambaulx :
M’enfin, y’me connait pas çuilà !?
.
Le grain de sable :
Nan.
.
La vibration :
Tiens donc, moi non plus, pardine !
.
L’émergence :
Kiki ? L’est pas connu de nous.
.
Le dindon de la prétention :
Sesraitipa un nouveau genre de légume ?
.
Topinambaulx :
Rhhhôôôô les incultes ! Je suis une ville invisible, vous n’avez donc pas lu Italo Calvino ?
Nan mais, va falloir changer ça, épifissa encore !!!
.
La vibration, l’émergence, le grain de sable, le dindon de la prétention, en chœur :
C’est un miracle !
La nuit des temps partant du principe que l’essentiel est invisible pour les yeux.
Alors, nous considérons, d’un commun accord, voire d’un accord commun que, dorénavant, ta ville ne fera que croître dans les jardins de la montagne du temps, et qu’arrosée des pluies, secouée des vents, tu puisses rester impassible et imperturbable. L’essentiel est aussi précieux à notre vie que le cœur de la montagne l’est à son temps.
.
La nuit des temps :
Oh purée ! J’ai eu peur qu’ils m’occissent…
.
Un des pendules de fou coéquipier :
Z’ont failli régler son compte à la nuit des temps, qu’on dirait bien…
.
L’horloge comics :
Minute l’éclair, superseconde, Big-Mandrake-Ben, Iron-day, si on remontait un club des cinq ?
Ça vous dirait ?
.
Minute l’éclair, superseconde, Big-Mandrake-Ben, Iron-day :
Enchaînez, enchaînez mon bon ! Vous n’imaginez pas combien nous en rêvions…
.
Le dindon de la prétention :
Yep yep, on va pas les voir tous défiler non plus ?
C’était quoi l’histoire, au fait ?
.
Le grain de sable :
C’est pas possible, pffff !!! Oukizonmillheurtêtesseula ?
C’était l’histoire de la vibration qui laisse émerger le grain de sable qu’est déjà là !
C’est mon histoire, quoi !
.
Evasion vivement recommandée à travers l’agenda ironique de janvier 2020 qui démarre l’an tout neuf chez Véronique.
.
.

.
.
«  L’essentiel est invisible pour les yeux », n’est-il point ?

Read Full Post »

Ce mois-ci, véronique nous accueille avec une idée juste farfelue, de grande braderie de mots à revendre, allez-y voir.
.
.
LA BROCANTE D’ÉTÉ ! C’EST ICI
.

.
https://www.youtube.com/watch?time_continue=215&v=SHBGkpXgahc

 

.
.
C’est la boule à qui ? La boule à Zéro ?

Oh, non ! C’est une boule de billard, mais géante, vu que c’est celle de Dieu.

Ah, il y est resté alors….

Où ?

Mais sur le billard voyons !

Ah bon ? Il est pas resté sur le corps ?

Le corps de qui ? Le corps de Dieu ? Le corps du Christ ?

Ah ah ! Sur le corps-billard !

Quelles belles hostilités. Vous reprendrez bien une hostie mon bon monsieur.
.
.
« Approchez, approchez mesdames et messieurs, car aujourd’hui, grande vente aux enchères ! Dans quelques instants, de jeunes apprentis saltimbanques vont vous présenter des mots ! Un mot pour tous, tous pour un mot ! Des gros mots, pour les grossistes, des mots de tête pour les charlatans, des jeux de mots pour les artistes, des mots d’amour pour les amants. »
.
Quand c’est la négresse verte qui le raconte au mot près, celui-ci réagit à peu près, ce qui le rend presque dedans.
Il était une fois une fée du jardin qui s’est arrêtée dans la ville de Juin pour monter un chapiteau où des mots vont faire leur cirque !
Il y a les tigrés du Bengale qui grondent sous les cerceaux enflammés du rire des enfants, bondissant à travers les gradins de la prononciation, effrayant au passage les mots affûtés découverts par Paul-Emile Victor dit « de la banquise en soie », qui la noue en articulant audiblement pour en faire surgir une colombe garnie de sa farce et satrape du collège de ‘pataphysique, veuillez, je vous prie, m’excuser si je reprends ma respiration.
Sorti du chapeau haut de forme, le chameau déambule, bosses à l’air, roulade à gauche, roulade à droite, crachoir serré entre les deux, la gorge déployée, tintinnabulant du gosier que la formulation demande, sinon de la hauteur, une souplesse dans les trapèzes aussi précise que complète. Ainsi, le numéro d’équilibriste qui est triste mais juste, ou tri-légiste, ou un truc comme ça, peut commencer la messe.
Certaines nuances d’air écaillent la surface, fendillant d’une coquille l’éclat de ribambelle des sens, jonglant qui d’un bas mi-long, ou long tout court, qui d’un don à se dandiner de la farce à attraper un 15 brumaire, va égaler le 19 au saut de puce et d’obstacles.
Laissez-moi souffler encore un peu, c’est comme qui dirait d’un seul trait, ou d’un jet, ou encore d’une poussée d’art, d’arche, d’Arxchimède, j’en bégaie et j’en bafouille…
Un éclair barré devient un sérum libre d’où jaillissent, fluides, les larmes joyeuses d’humeur à rebondir en cascades cristallines histoire de dévaler la roche jusqu’à son éclosion. Derrière la sieste du voile se tient le corps du mot et ses trois niveaux de lecture.
Ensuite, les timbrés de la cymbale déploient une musique à cinq balles dont les sons déboulent sur la piste aux étoiles.
– Aïe dit l’une d’entre elles, vous m’avez tordu une branche.
Mais rien n’arrête le bruit qui court sur la surface du sable, pleuvant ses notes de course folle dont la précipitation s’entasse en strates atmosphériques. A mots couverts par le bruit des cinq balles, deux otaries s’époumonent, souffle rauque, les pings expirant sur des pongs aux poings serrés comme des pelotes de laine basques.
Tout le monde se demande ce que font les basques au cirque, à part avoir les nerfs en pelote, on voit pas.
C’est bas, mais c’est là ! Cela n’est pas celer.
Enfin, un bruit du côté de chez la cognée nous sort son dédale de pluvaisons, monté sur un nez rouge Géorgien clooneysque, il est attendu depuis le début,
ce Shere khan,
il a vaincu le dragon !
là, tout s’arrête. On sert les cannelés.
La piste reprend plus tard, il est tard, la nuit commence à tomber. Un dompteur la retient, elle rétablit son équilibre. Relève un pan d’obscurité. Elle est à tomber par terre tellement elle est belle, c’est une belle-de-nuit. Par-delà le jour et la nuit, c’est le tour du vif-argent d’en faire voir aux spectateurs, les enfants applaudissent et leurs paumes s’enflamment d’une ardeur enthousiaste d’aphorisme euphorique. L’acrobatie consiste en une volée de mots à pirouetter en deux temps, trois mouvements, en direction du solstice aérien et funambulaire des antipodes.
Du coup, ça clashe. Les flashs fusent.
Voilà.
A la brocante circulaire, si vous achetez un lot, vous avez droit à une réduction de mot. Un lot de mots croisés se réduit d’une lettre en commun. Par exemple, l’esprit croisé à Windsor, après une réduction d’s devient éprit, de la rose Windor.
J’ai encore du mot dans ma musette, mais ma musette n’amuse plus personne.
Pas même moi-même.
Alors pour décapiter la tristesse, je lui cruaute un tour de joie.
Elle tourne sur elle-même à l’infini, rebondit sur le bonheur de l’échappée, et rit de toutes ses rondes qui s’arrêteront un jour.
Ce jour là, la nuit tombera.
.
.
Quand la nuit tombe
.
.
Quand la nuit tombe,
Elle tombe des nues,
Des nuées s’élèvent,
Dénuées de lumière,
Elles s’élèvent en chaos.
.
La nuit tombe en chaos dans le ciel,
Et le ciel sombre,
Profondeur dénué de lumière,
Dans le désordre de son puits,
Sonde la hauteur des antipodes,
A la lumière de ses ténèbres.
.
La nuit tombe de haut,
Quand la mesure de son écart,
Entre le point de chute,
Et son impact d’arrivée,
Au point culminant,
De sa racine du ciel,
Arrive à son halo.
.
La nuit est tombée,
Sans désastre,
Sans fracture,
Mollement,
Dans l’amorti du nébuleux,
Et la profondeur du mystère.
.
N’en faisons pas tout un fromage !!!
.
Le bris de mots
.
Les mots en verre peuvent se casser.
Ils sont curieux, ces mots en verre,
Curieux envers les vers qu’ils forment,
L’envers du mot inverse son vers,
Et son vers à l’envers fait rêve.
Le rêve revêt un vert de prusse,
Qui parle le vers sans accent,
Sur le versant d’une poérime,
Aussi versée dans la culture,
Qu’une perle plongée dans la nature
Marine où corail et nacralité,
Font plus que force ni que casser.
.
.
Et ça recommence…
.
.
« Approchez, approchez mesdames et messieurs, car aujourd’hui, grande vente aux enchères ! Dans quelques instants, de jeunes apprentis saltimbanques vont vous présenter des mots ! Un mot pour tous, tous pour un mot ! Des gros mots, pour les grossistes, des mots de tête pour les charlatans, des jeux de mots pour les artistes, des mots d’amour pour les amants. »
.
A commencer par une panoplie complète de gros mots arrivée tout droit du syndrome Gilles de la Tourette. C’est une coprolalie de collection qui vaut son pesant d’obscénités. De grande valeur, elle a appartenu à Wolfgang Amadeus Mozart, rachetée en 1901 par André Malraux, et actuellement en attente d’acquéreur de qualité.
Un échantillon :
– Espèce d’impôt sur les grandes surfaces de brocantes de mots.
– Espèce de facture en chocolat de Pâques.
– Redevance pour la téléportation de la vitesse de la lumière.
– Crevaison de semelles en crêpe.
– Crevette des mers du Niort.
– Devoir de résistance sale petite classe ouvrière.
– Guerre des gommes en caoutchouc naturel trafiqué.
– Crotte de mouchoir de poche.
– Nain de jardin potager bio cultivé sans engrais, sans terre, sans graine, et sans légumes.
– Tronche de cake salé à la tranche en biais.
– Ours de Cocagne musical art de la renaissance.
.
Tout au long de la journée, des guides ayant droit au chapitre pourrons vous conseiller en la matière, n’ayez pas peur d’aller les solliciter, ils se feront une joie de vous orienter vers le mot recherché.
.
En ce qui concerne les mots derniers cris, il faudra patienter. Tous les premiers écrits sont déjà partis, mais ceux-là ne sont pas encore arrivés sur le marché à la brocante.
.
Un bouquet de bons mots sera offert à tous ceux qui oseront se mesurer aux mots d’esprits. Ils paraîtront peut-être modestes à certains, à côté de la collection Copro Lalique, mais ils auront le don d’éveiller la floraison des mots roses, dits « mots de soutènement ».
Un lot usé jusqu’à la syllabe arrive par colis-lumières dans quelques secondes, si vous voulez bien les attendre, nous vous les offrirons tout chauds.
Tiens, les voilà qui arrivent.
– Bouquet de pensées.
– Bouquet de pensées.
– Bouquet de pensées.
– Merci.
– S’il vous plaît.
– Avec plaisir.
– je vous en prie.
– Les bons mots sont comme le blé dans les champs : ils moissonnent le pain du bonheur quotidien.
Beaucoup d’amis sont comme le cadran solaire : ils ne marquent que les heures où le soleil vous luit.
La réponse est oui. Mais quelle était la question ?

Le génie est un cheval emballé qui gagne la course.
Ceux qui ne savent rien en savent toujours autant que ceux qui n’en savent pas plus qu’eux.

Idiot cherche village.

Pardon ! Pour le bon tri-mot dernier, c’est une petite annonce dont nous ne connaissons pas le sexe.
.
Pour ceux qui n’ont pas prévu de sacs d’emballage, nous vous proposons la spirale du bois, l’emballage copeau colimaçon qui fera fonction. Un bruit de mots peut passer à travers, mais le petit filet de mots de bon goût vendu au stand des mots gourmands résoudra grammophoniquement le problème.
.
En cas de réclamation, un échange de mots aura lieu.
.
Les mots d’amour ne sont pas à vendre.
.
N’oubliez pas d’aller découvrir le rayon à mots couverts, reconnaissable à son bras long et son voilage discret. Ils sont idéaux entre deux portes, pour faire enfler une rumeur.
.
Les mots blessants sont bien gardés. Ils sont tous rassemblés dans un mot zoo laid, parqués par genre. Ceux qui font saigner sont dans l’aquarium des piranhas, comme ça, s’ils ne veulent pas se faire bouffer, ils n’ont qu’à bien se tenir. Ceux qui brûlent ont été déposés dans du coton garni de crème biafine. Ceux qui coupent sont dans le bac à sable, seuls les mots composés sont autorisés à y entrer, ce sont ceux qui risquent le moins. Dans une grande colonne, il y a les mots des profondeurs, des capteurs tentent de les enregistrer pour décoder leur langage, les naturalistes y travaillent. Pour l’instant, on ne sait pas s’ils sont dangereux, le quartier de sécurité les surveille avant d’en faire usage, comme vous pouvez le constater, cette brocante est très sécurisée, les proscrits sont réintégrés une fois montré lettres blanches.
Pour les mots frappants, il est prévu des cellules capitonnées.
.
Un conseil, méfiez vous du mot le plus long, il n’est pas toujours bien vu dans tous les milieux. Si vous voulez le prononcer, prévoyez un moment assez prolongé pour aller jusqu’au bout. Installez-vous confortablement.
On y va ?
« Jevousenferaismoidesmotslongscommedesjoursarallongequiseprennen

tpourdestablesdemultiplicationsnonméhofautpaspousser ».

Comment ça va ?
.
Bouquet de pensées.
.
Est-ce que les mots bleus vous tentent ?
Regardez bien mes yeux.
Oui, j’ai compris.
Vous me direz les mots bleus, ceux qui rendent les gens heureux.
Je vous dirai les mots bleus, ceux que je dis avec l’œil bleu.
Y sont inclus les mots démodés, les mots doux, les mots tendresse, les chuchotés au creux de votre oreille, et ceux qui ne sont connus que par nous.
Allons, allons, ceux-là n’ont rien à faire sur une brocante. Sauf quand c’est vous qui me les dites au creux de l’oreille, et que main dans la main, nous sommes allés y flâner.
Mais chut !
.
.
https://www.youtube.com/watch?v=V7EOrUEUaPI
.
.

Read Full Post »

Non,les silences du samedi saint jardinier de Dieu-mind
Cet espace n’est pas mort.
Il bruisse doucement.
Il émet et se tait, il étreint le silence,
Et dans son doux rayon sa lumière de tendresse,
Dépose en mon âme un parfum de sagesse,
Qui enivre mon cœur et suspend l’allégresse,
Au dessus du grand vide,
Qui descend, insondable,
Au cœur de mes ténèbres,
A tourner mon regard,
Bien plus loin que l’ivresse.
Non,
Cet espace n’est pas mort,
Il ressemble à l’aurore qui se lève doucement,
Dans le cœur généreux du monde des enfants,
Où se tient une porte au parfum de mystère.
Il se hisse,
Sur la pointe des jeux dans un souffle d’hiver,
Pour mieux laisser ensuite s’exprimer la lumière.
Et sa graine lentement hausse à l’abri d’hier,
Les deux pôles de demain, les silences de naguère.

Read Full Post »

.
.


.
.
Je ne saurais trop me lasser de raconter des histoires…
Toujours pour l’agenda ironique de l’OND chez patchcath en décembre.
.
C’était, il y a bien longtemps, dans l’Amérique des années 1697, la famille du pasteur Duncan Sparrow décida de s’installer dans la baie d’Hudson, pour se rapprocher de la communauté pastorale locale. Elodie, qui venait d’avoir 8 ans, n’appréciait guère le froid des hivers rigoureux mais, mue par on ne sait quelle foi indéfectible, elle décida que l’avenir méritait bien un réchauffement climatique annoncé, aussi, elle développa la théorie des calumettes, prétendant que l’association des allumettes et du calumet ferait un tabac plus tard.
Son père, plutôt aimant et large d’esprit, la laissait toute à son imaginaire, veillant aussi à ce qu’elle bénéficie de l’instruction la plus large et complète possible en la confiant aux bonnes œuvres du comité des femmes savantes, baptisé de la sorte à la suite de l’immense succès d’un artiste Français au délicieux « prénom » de Molière.
L’année s’écoulait, tel un fleuve tranquille, lorsqu’un vaisseau de la flotte d’un Louis quelque chose, roi de France, fit son apparition dans la baie d’Hudson.
Une immense fête s’organisa pour l’accueillir, et le comité fut chargé de préparer les festivités le 12 juillet, à l’occasion de la fête des orangistes.
L’agitation qui précéda le jour en question battait son plein lorsque le jeune Onésime, alors âgé de 10 ans fit son apparition.
Nul ne savait d’où il venait ni qui il était. A cette époque, il y avait encore beaucoup d’enfants sauvages que la population adoptait spontanément, le pasteur le prit sous son aile, et Elodie, ravie de n’être plus fille unique, adopta également ce frère un peu miraculeux qui dorénavant partagerais ses jeux et inventions.
Onésime : Je veux bien faire partie de cette histoire, Elodie, mais je te préviens, je participe activement à tes jeux, nous sommes bien d’accord, mais tu participes activement aussi aux miens
Elodie : Ben évidemment, tiens donc, je n’ai jamais prétendu le contraire, quelle idée !
Onésime : Bon, alors viens, on va voir la mer !
Elodie : C’est quel jeu alors ?
Onésime : On a qu’à dire que nous sommes dans un roman de gare, et que nous jouons à écrire le livre.
Elodie : Plutôt un roman de port alors, ça pourrait donner envie aux marins de lire, c’est bon pour la santé.
Onésime : Mouais ! Si tu veux !
Ils s’échappèrent discrètement du local où les matrones cancanaient tranquillement sur la société québecoise tout en pâtissant pour l’une, éminçant pour l’autre, toutes occupées à la fabrication de plats traditionnels pour le déjeuner Orange.
Canard laquais, oies rôties sauce cumin, porcelet mignon, bar en croûte de lait, jambon d’agneau de grain, pain d’épicéa, poutine de pingouin, galette de fèves, soupe de homard des îles de la Madeleine.
D’ailleurs, les matrones avaient l’air de s’entendre comme « Madeleines en foire ». C’était leur plaisanterie préférée, la forte tête de Madeleine, la vraie, détestait cette blague qu’elle qualifiait de blague pourrie. Elles adoraient la mettre en boite. Madeleine avait une amie, Mélanie, qui ne la quittait pas d’une semelle, tout le monde se demandait ce qu’elle pouvait bien lui trouver, à sa Madeleine, mais bon, c’était leur vie, après tout, et cela ne regardait personne d’autre qu’elles.
Les marins du Pélican, mal chauffés sur le vaisseau, venaient d’arriver, invités à venir profiter du confort de la salle. Ils s’étaient rassemblés autour du bon feu qui brûlait dans la cheminée. Certains d’entre eux avaient mis la main à la pâte, épluchant les légumes, remuant dans les casseroles, surveillant la cuisson des fours. Mais surtout, ils arrosaient leur gosier de vin chaud et de grogs. Les enfants couraient entre les tables. Ça criait, ça s’interpellait, ça riait. Mélanie n’était pas la dernière à s’amuser. Un des marins semblait beaucoup se divertir à plaisanter avec elle.
Tandis qu’ils riaient à nouveau, Madeleine se leva, incommodée par le grognement des mioches, s’approcha de son amie et lui glissa à l’oreille : Paradoxalement tu deviens drolatour avec cette diatribe, trouverais-tu que je sens la crevette arctique ?
Mélanie lui sourit, mais n’en pensa pas moins. Les humeurs acides de sa compagne commençaient à lui courir sur le haricot. Si elle n’apprenait pas à se prendre un peu moins au sérieux, elle serait obligée de renégocier le contrat.

Juste avant de sortir, Onésime et Elodie entendirent une matrone répondre à propos de la recette du poutine que : « 
Pas encore. La pinguouination est assez complexe, il va me falloir plus de temps. »
Du temps, eux, ils allaient en prendre, et du bon.

La vie en société était plaisante, ils s’en amusaient, mais à petite dose. Et les grands espaces de liberté leur convenaient bien mieux. Ils avaient le sentiment de se connaître depuis des siècles, si bien qu’il n’était parfois pas nécessaire de parler pour qu’ils se comprennent.

Après avoir couru, ils arrivèrent sur la plage.
Onésime : Incroyable ! Sens-tu l’air chargé d’iode, le goût du sel qui pénètre la peau ? Regarde ! La mer s’approche, c’est marée haute. Regarde, l’étendue mergnifique.
Elodie, ravie de le voir si heureux, se disait tout bas : Je regardai. Oui, la mer s’étalait, devant nous.
Onésime : Tu pourrais énoncer ton texte audiblement, j’aimerais en profiter.
Elodie haut et fort : Je disais que je regarde, et que oui, la mer s’étale devant nous.
Onésime : Tu ne remarques rien d’autre ?
Elodie : Si, je remarque que la mer est en train de geler, et que la marée va rester figée en position haute.
Onésime : La glace va rester accrochée aux falaises !
Elodie : Et les marins ne pourrons plus naviguer sur les barques pour rejoindre leur vaisseau.
Lorsqu’ils rentrèrent au coucher du soleil, ils ne furent pas surpris de voir que la salle était toujours pleine.
Mais l’ambiance n’était plus celle festive et joyeuse de tout à l’heure.
Elle était plombée.
Duncan Sparrow attendait sa fille de pied ferme.
Duncan : Nous allons avoir besoin de tes calumettes, fille, lui dit-il gravement.
Elodie : Père, que vous arrive-t-il ? Vous savez bien que ce ne sont que des enfantillages !
Duncan : Pas pour eux !
Et il désigna du menton la troupe d’amérindiens postés derrière les barricades du prieuré.
Duncan : Allez les chercher, ma fille !
A ce moment
là, Onésime réalisa à quel point il était en retard. Les Douze Coups de Midi sonnaient au clocher et les odeurs de brioche remplaçaient allègrement celles des Mc Bacon et autres Cheeseburgers. Il s’empressa de rentrer chez lui, honteux et confus, et jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.
Elodie : Mais qu’est-ce que tu fiches, Onésime ?
Onésime : Je ne te l’ai pas dit, mais je suis le fils de l’un d’eux. Dit-il en montrant les aborigènes. Alors, je continue le roman que nous jouons, ou bien je retourne avec eux ?

Elodie : Ah ! C’est du roman pour de faux, je préfère ça !
Onésime : Oui, mais je t’aime pour de vrai !
C’est à cet instant précis qu’un marin, pris de panique, se mit à déclamer d’un ton grave : Fatalimace ! Nous voici en insolitude ! La route court sous l’eau d’artificelles habitudes ! Mets tes bottes, enfant. Les écriames et les pingouinations attendront que la polimalie des virgules se solve en délibules mirifiques !
Elodie : Mais qu’est-ce qu’il raconte, papa ?
Duncan : Je crois qu’il délire de peur, c’est de la psychose, il a du abuser du rhum ! Va chercher les calumettes, ça apaisera tout le monde.
Ma mère est arrivée, tout essoufflée. Elle avait les bras chargés de bûches.
Ma mère : Tout le monde va avoir froid ici si on ne recharge pas la cheminée, heureusement qu’il reste des femmes pour garder la tête sur les épaules, ici !
Duncan : Elle a raison !
Onésime : Alors, on n’a qu’à prononcer des mots d’amour comme ça, ils se tiendront chaud !

Elodie : Des mots d’amour qui se tiennent chaud devant un feu de cheminée, c’est plus efficace !
Onésime : Chuuuutttt, Elodie, ils sont pour moi, les derniers mots de la fin !Tu peux pas t’en empêcher ! Pffff !

Elodie :
C’est pas moi, c’est le Zébulon.
Ma mère : Mais qu’est-ce qu’ils racontent, ces deux là ?
Duncan : C’est le délire qui gagne, probablement…
Onésine a fait un clin d’œil complice à Elodie.
Elodie est allée chercher les calumettes, et toute l’assemblée les a fumées avec les amérindiens, invités à se joindre à eux.
Ce jour là, ils avaient décidé que la guerre serait finie à tout jamais et que la paix gagnerait, parce qu’ils allaient définir l’acceptable et l’inacceptable, et se mettre d’accord à tout jamais sur le respect de ces limites saines.
Madeleine prépara un chocolat bien chaud, que l’on partagea allègrement. Onésime s’était assis en face d’Elodie .
Elodie :
Ma mère lui offrit des jumeleines, que nous mangeàmes en nous fixant les yeux dans les yeux un rendez-vous créaginaire.
Car ils iraient revoir la mer, c’est sûr. Et cette fois, elle serait peut-être à marée basse.
Ils ramasseraient des coquillages et riraient encore de tout et de rien, complices comme des amis de tout temps, des amis qui s’aiment.
.
.
agenda décembre 2018 calumet hache
.
.

Read Full Post »

Agenda d’automne 2018
.
Agenda pingouin octobre novembre 2018
.
.

La bouteille de champagne

Une bouteille pleine de mots qui bullent trône sur le tableau de vote. Ce sont des mots millésimés venant d’une époque antique que seuls les vestiges du langage sauront reconnaître.
Combien de graphes décomposés sont réunis ici, nul ne le sait, pas même le vigneron. Mais ce qui est sûr, c’est qu’à l’intérieur, les bulles communiquent entre elles, capables d’affiner saveurs et effets jusqu’à la perfection de l’ivresque.
– Bonjour, vous prendrez un café avec moi si je vais les chercher ?
Elodie leva les yeux de l’ouvrage d’œnologie théosophique qu’elle étudiait pour observer le garçon qui venait de lui adresser la parole.
C’était un garçon de la classe nebula, dernière année du cursus univers SSS (Sain, sauf et sage).
Elle lui sourit, et lui fit signe de s’asseoir.

Ça tombait plutôt bien, elle avait besoin de s’aérer un peu les idées, et puis il avait l’air sympa.
– Tu sais, on peut se tutoyer, j’aime autant. Le “tu” ne va pas déclencher un séisme !
Il revint avec les deux cafés et s’assit en face d’elle en fronçant les sourcils.
– Tu entends ce grondement sourd ? Lui demanda-t-il ?
– C’est le cri de balument des martinets bleus au-dessus d’un nid de roudoudous à poil roux.
– Ah ! C’est ton domaine d’étude ?
– Pas vraiment ! J’étudie les Zébulons, lui répondit-elle.
Devant l’air surpris du garçon elle précisa.
– Les Zébulons, ce sont ces OVNIS qui flottent au dessus de nos têtes lorsque nous créons des espaces relationnels, regarde.
Elle attrapa quelque chose d’invisible au dessus d’eux et le jeta dans la tasse puis elle remua fortement avec la cuillère.
– Celui-là ne viendra plus grignoter nos pensées, lui dit-elle simplement.
A leur grande surprise, ils le virent ressortir de la tasse brûlante, long filament brun et translucide, qui reprit sa place initiale.
Ce petit ver existancié tira les artificelles de ses neurones.
Elodie secoua ses cheveux et cette fois il tomba à terre, frétillant et agonisant, dans la sciure du sol.
L’artificelle s’évapora doucement en chuchotant.
« Tu sais, tu peux dire ce que tu veux. Quand ça délibule, c’est aussi clair qu’un cerf-volant par temps de zéphyr, ça flotte au dessus de nos têtes ! »
– Ça alors ! Si je n’avais pas vu de mes yeux ce truc, jamais je ne t’aurais crue !
– Ils sont rarement aussi résistants ! C’est la première fois que j’en vois un de cette nature ! J’en avais entendu parler, mais bon…
– Moi c’est Elodie, et toi ?
– Moi c’est Kevin.
Puis, observant le livre ouvert à côté du cahier et du stylo, il demanda.
– Qu’est ce que tu fais, tu écris ?
– Oui, c’est pour l’Agengouin, l’almanach Vermot des pingouins.
– Oh ! Je vois ! “Le mur du son est le plombier de la poésie”. Cita Kevin.
– Tu connais tes classiques. Continua Elodie. “S’il existait une seule façon de faire, ce serait simple. Or, il en existe des milliers. La poésie n’est pas une affaire simple ni même une simple affaire”.
– Peut-on y faire figurer un événement aussi délicaristique ?

– Non Kevin.
– Donc, laissons l’obscurité dérouler son parchemin. La parasynthèse des esprits réunis fera la différence.
– Les graphes d’octobre nous ont été livrées délivrées.
– Maintenant, ils vont agir !
– C’est la chocile droite en général qui enclenche la turbine. Celle de gauche régule l’ensemble.
– Bon ! De toute façon, c’est comme tout . Ça s’apprend par la pratique. Et puis les modes d’emploi, c’est comme la plomberie. Ça mène à tout à condition d’en sortir.

– Qu’est-ce que tu dis ?
Ils levèrent la tête en même temps et se mirent à rire.
Kevin attrapa le Zébulon de la main droite.
– Maintenant que je peux te voir, pas la peine de t’époumoner comme ça, vieux ! Je peux t’entendre, aussi ! Si tu as quelque chose à dire avant de disparaître, c’est le moment !

– Je suis la terminaison d’une branche de l’arbre de la perte de connaissances. Je vais gagner de ma perte l’ensemble des fausses idées et regagner la vérité du tronc en repassant par les racines. La décomposition me nourrit, et de l’humus, je recompose la nouvelle année lumière à laquelle j’aspire depuis tant de saisons. Quelques feuillets dispersés par le vent iront s’égarer au pied d’autres congénères, comme un échange de perte de connaissances que la grande mère recueille sans distinction.
J’ai voyagé tant d’années pour en arriver là.
Je ne suis plus que nourriture.
Ici, rien ne m’appartient.”
– Ben dis-moi, Kevin, la cueillette est bonne ! Je prends des notes ou bien tu préfères t’en charger ?
– Prendre le temps de se triturer le bec de gaz ne fait rien à l’affaire ! Ce sont des traces, des évaporations résiduelles. Mais la disparition, elle, se transforme pour continuer à vivre ailleurs, sous d’autres formes. L’équilibre se rétablit toujours quelque part !
– Oh, tu as entendu ? Si c’est pas dans le bec, c’est pas la peine de te tortillonner la tête comme un gymnasticot !
– Heu, peut-être. Bref, toute une faune artificelle, une polimalie créaginaire née de notre pingouination viendra piétiner notre délibule.
Kevin levait les yeux aux ciel d’un air désenchanté.
A ce moment-là une enchanquise nous déposa une tarte à la crème de bambou, celui comestible au nord ouest du pays des Polpilles.
Nous commençâmes notre joute verbale et lui affirma qu’il n’y avait pas de fatalimace dans le contrat proposé…
– Le gratin dauphinois siphonné ? C’est très simple à réaliser. Tu épluches les artificelles et tu les coupes à la mandolotte. Tu fais revenir les oidons, les échagnons et les larlotes, jusqu’à coloration. Ensuite, tu mixes, tu chinoises et tu mets le tout dans le chiffon.
–  Tu as lu le dernier Arthur Soupolait ?
– Tu plaisantes ou quoi ?! Depuis que j’ai appris qu’il avait copié-collé Zola, Valéry, Aragon et bien d’autres, c’en est fini de ce bouffon tartuffolique !
– Tu as terminé ta thèse sur les écriames ?

– Pas encore. La pinguouination est assez complexe, il va me falloir plus de temps.
Nous avançames pas à pas, presque main dans la main mais paradoxalement avec une certaine insolitude ancrée dans nos cultures.
Quelque chose avait fini par se relier entre lui et moi.
Il n’y avait plus cette affreuse froideur détachée, mais une discrète reconnaissance commençait à se dessiner au-dessus des mots, qui venait constituer doucement une guilde du parchemin.
– “S’il en est qui pensent que les mots sont trop pas là, l’inverse se produit. Dans la dénomination du produit en croix, la guilde nous offre une règle de neuf absolument conforme. L’attente n’est pas vaine. Ainsi, le rouleau déroulait son chemin sans se presser, avec le rythme lent de ceux qui gravissent la hauteur jusqu’au sommet. Dans les parages, quelques hiéroglyphes diffus veillaient, ne présentant jamais qu’un profil éthéré d’invisibilité. La détection naturelle se faisait spasmodiquement, dans des écarts lunaires aux appuis hermaïques. S’il en est qui ne pensent pas que les mots sont trop là, la guilde leur demandait d’esquisser un résumé complet afin de parachever l’ensemble pour que l’enveloppe tienne.“
Comme je ne savais plus quoi en penser vu la tournure assez improbable de la conversation, j’ai lancé à tout hasard.
– T’as fait quoi ce week-end ?

– J’ai remonté le fleuve Charonne en canoë.
– Celui qu’on appelle l’AI ?
– Quoiqu’on en dise l’AI n’est pas si abomifreux que ça !
– Une jumeleine ?
– Non merci, je fais attention à ma couettivité.
J’ai souri. Il avait probablement de bonnes raisons de parler comme ça. Moi, je détestais ce passage. Je ne trouvais aucun plaisir à traverser la nappe de brouillard épaisse et glaciale qui recouvrait le cours d’eau. Elle me donnait l’impression que je n’en sortirais jamais.
Kevin dû lire dans mes pensées car il ajouta en me prenant la main.
– Aller chez des gens ? Quelle barbe ! On va plutôt suivre le conseil de Bénabar : une pizza, un bon film et ça nous fera une super soirée couettivité !
D’un ton que je voulais léger, j’ai rétorqué ironiquement.
– Que toutes les amupliquées se lèvent pour sauver les âmes perdues ! Si tu ne réussis pas à trouver la clef, demande aux deux brumageux postés la veille de te renseigner sur l’endroit à l’envers de la boite à mystère, c’est ça, hein ?

  • Tu Zébulonnes ou tu tournicotes, se moqua-t-il avec un grand sourire.
    – Nous passons des moments mergnifiques elle et moi ! Et il déposa affectueusement un baiser sur ma joue.
    – Viens faire une ballade !
    – Tu sais bien que je ne peux pas marcher !
    – Oui, mais j’ai loué un drolatour !
    – Dans ce cas ! alllons-y.
    Je me suis saisie de mes deux cannes anglaises et nous sommes sortis au grand air. Autour du lac les mouettes ricassaient joyeusement et le soleil battait son plein.
    Dans la tête de Kevin aussi, ça ricassait joyeusement, et le soleil battait son plein.
    Un Zébulon passant passa les trois dernières minutes d’antenne à Kevin pour qu’il nous dise les derniers mots de la fin.
    – A toi, Kevin.
    Alors, Elodie m’a pris par le bras et elle s’est penchée sur mon épaule.
    – “Mirififique soirée” me souffla-t-elle à l’oreille d’un ton rieur, avant de le répéter.
    – Absolument pas elle est éléphantastique au contraire.
    – Nous, c’est comme ça qu’on dialogue, Kevin et moi !
    – Chuuuutttt, Elodie, ils sont pour moi, les derniers mots de la fin !Tu peux pas t’en empêcher !
    – Pffff ! C’est pas moi, c’est le Zébulon.

 

 

FIN.
.
.
Martinets notes de musique.
.

Read Full Post »

.

Agenda pingouin octobre novembre 2018

Agengouin pataphysique

.

Salut, c’est super chouette de suivre la trace du pionnier du devant, paske yapluka ! (Yaplu qu’à recopier un peu la trame et puis broder un peu entre), vraiment très sympa !
Voici ci-joint ma contribution à l’AIA aussi, si si !

à partir des mots créés lors de la 1ère étape voici mes phrases de la 2ème étape de l’agenda ironique d’Octobre, imaginé par jobougon (c’est moi, enfin, moi, avatarée sous un pseudo grognon) accueilli ici par votre serviteur, (c’est le premier pionnier, Chachashiré de la polimalie, l’animal !) agenda IA qui se finira en Novembre sur « l’impermanence n’est pas un rève » le propre blog de moi qui ai retrouvé un ordinateur acceptant de coopérer cette fois.

En résumé : Nous avons formé 26 nouveaux mots à partir de 52 mots existants.
C’est pour imager, mais c’est un peu comme passer 52 pulls en laine à la lessiveuse, en ressortir l’équivalent de 26 une fois rétrécis de 50% et associés par paires, pour avoir la tenue complète haut et bas taille enfant.
Nous jouons ensuite à phaire des frases avec les mots nouveaux. Des phrases qui doivent se situer dans le cadre d’une rencontre, ou dans un lieu où les gens se rencontrent, et je le précise encore, celles-ci n’ont pas à être reliées entre elles, du tout, du tout, mais absolument pas du tout, sauf au cas où elles le seraient par une totale inadvertance de forme qui n’aurait absolument rien à voir avec une quelconque intention quelle qu’elle soit.

Voici mes fragments :

1 – Abomifreux 
1 bis – Ou Abominaffreux au choix. 
1 ter – Ou même les deux, Abomifreux ET Abominaffreux, c’est comme vous voulez.
« Vous n’imaginez pas combien l’abomifreux est un langage difficile à apprendre, glissa Rosalie à l’oreille de Barnabé. C’est aussi compliqué que d’apprendre une désencyclopédie par cœur !
Quelle abominaffreusité ! Lui répondit Barnabé pour tenter de la réconforter.»
2 – Balument
« C’est balument ! Répondit Barnabé. »
3 – Jumeleine
« Mais si la jumeleine n’est plus ce qu’elle était, elle y a gagné en aisance et en amplitude de sauts d’obstacles. Affirma gentiment Barnabé. »
4 – Polimalie
« Elle est dotée d’une polimalie à toute épreuve ! S ‘exclama alors Rosalie. »
5 – Fatalimace
« C’est, comment dit-on… ??? Hum, voyons… La fatalimace peut-être ? Suggéra Barnabé. »
6 – Eléphantastique
« – Je me suis inscrite à un club d’éléphantastique. Il s’agit de sauter à l’élastique à dos d’éléphant fantasque.
– J’ai toujours pensé qu’un éléphant fantasque était un pachyderme gaucher contrarié. »

7 – Mergnifique
8 – Enchanquise
« Tu connais les bonbons mergnificats ? Ils sont tellement enchanquisés que même le plus gourmand d’entre nous ne réussirait pas à le réinventer à la hauteur de l’existant. »
9 – Amupliqué
10 – Charonne
« – Il ne s’agit pas d’amupliquer deux charonne à la fois, et tu le sais bien !
– Oui, et alors ?
– Alors pourquoi tu le fais ?
Rosalie prit un air affreusitairement dépiscitaire tout en baissant les yeux au sol, ce qui le fit résonner longuement sans pourtant atteindre le renversement de l’ut. »

11 – Insolitude
« Dans les espaces d’insolitude, tu peux glisser de la machine à trucs à la moulinette métaphorique. Essaies un jour, tu verras la différence. Lui conseilla Barnabé. »
12 – Artificelle
« Et pour l’artificelle, demanda Rosalie, on s’arrange comment ? »
13 – Brumageux
« Si tu ne réussis pas à trouver la clef, demande aux deux brumageux postés la veille de te renseigner sur l’endroit à l’envers de la boite à mystère. »
14 – Agengouin
« Sinon, tu viens souvent boire le café à l’agengouin toi ? Lui demanda Rosalie. »
15 – Délicaristique
« – C’est en faisant tout le circuit délicaristique que j’ai découverts l’entrée par laquelle ils sortaient tous, affirma Barnabé.
– Et tu y es entré ? Demanda Rosalie. »

16 – Mirififique
« J’ai eu la mirififique idée de… Le reste de la phrase se perdit dans un silence ouateux. »
17 – Délibule
« Tu sais, tu peux dire ce que tu veux. Quand ça délibule, c’est aussi clair qu’un cerf-volant par temps de zéphyr, ça flotte au dessus de nos têtes ! »
18 – Créaginaire
« – Et comment il s’appelle, ton chat ?
– Créaginaire. Répondit Barnabé.
– Et tu lui donne quoi, à manger, pour qu’il ait le poil aussi brillant ? Reprit Rosalie
– Des boulettes d’anomalisson.
– De la marque nomade ?
– Et de la marque lisson, bien entendu ! »

19 – Existancié
« L’existanciation n’est-elle pas issue du courant d’air pensé par notre ami commun, Jean-Sol Pâtre ? S’interrogea doucement Barnabé en lui prenant la main. »
20 – Tartuffolique
« Tu sais, je n’ai pas dit mon dernier tartuffolique, lui glissa doucement Rosalie à l’oreille, et ce n’est pas prêt de s’arrêter. »
21 – Gymnasticot
« – Auriez-vous un gymnasticot à m’offrir ? Demanda Rosalie à Barnabé en le voyant sortir un paquet de la poche de sa veste. Barnabé lui tendit la boite, elle en saisit un avec soin.
Ils passèrent ensuite une seconde d’inattention à se tortiller sur leur chaise. »
22 – Couettivité
23 – Ecriames
« Tu accepterais de faire une partie de couettivité avec moi ? Lui demanda à brûle-pourpoint Barnabé avec un grand sourire.
Arrivée au plateau du bourg Bon, tu prends direction ecriame et à partir de là, c’est toujours tout droit.
– Ok, je viendrai, acquiesça Rosalie.»

24 – Pinguouination
« Tu n’imagines même pas la pinguouination qu’il a fallu déployer pour en arriver là ! »
25 – Chocile
« – C’est la chocile droite en général qui enclenche la turbine. Celle de gauche régule l’ensemble.
– Bon ! De toute façon, c’est comme tout . Ça s’apprend par la pratique. Et puis les modes d’emploi, c’est comme la plomberie. Ça mène à tout à condition d’en sortir.»

26 – Drolatour
« Bingo ! La drolatour du tambour de l’automne perce le jour de retour de la donne. »

Read Full Post »

Older Posts »