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Archive for the ‘chef à l’oeuvre’ Category

A la suite d’une échange autour du sujet sur un réseau social, je me suis dit que ce serait amusant d’écrire une lettre à ces fameux moutons que nous sommes censés compter pour peu que nous ne réussissions pas à prendre notre sommeil.
Pour l’occasion, j’ai fait revenir à la plume et à l’encre madame Cyclopédie elle-même, qui n’hésite jamais à se lancer dans des polémiques moulin à venteuses, dès qu’elle en a l’occasion.

Lettre de madame Cyclopédie au troupeau de Panurge qui l’empèche de dormir la nuit

Très chers moutons, très chères brebis, très chers agneaux virgule
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– Ligne suivante à la barre !
– C’est moi !
– Levez la main droite et dites je le jure.
– Je l’jure !
– Vous l’jurez quoi ?
– Ben, j’chais pas m’sieur !
– Bien. Très bien mon p’tit. Ce n’est pas grave, tu vas voir, ça va aller. Au fait, je suis une femme, madame Cyclopédie, c’est pas bien gentil, ça, de m’appeler monsieur. Bon, passons. Je déclare le tribunal ouvert.
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Vu le procès verbal du dix dernier à l’appui,
Vu la décision du tribunal de grande instance de Thélème,
Vu l’abbaye par laquelle tout arriva,
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vous êtes priés de cesser cette farce !
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Cela fait maintenant plusieurs fois que, le soir, au coucher, vous débarquez sans invitation à mon chevet.
Il m’est apparu qu’en plus d’avoir un sens de la provocation plutôt développé, vous étiez dotés d’une qualité de ressort remarquable, couplé à une inéfficacité totale. Vous ne me faites pas dormir !

Car oui, le constat suivant m’amène à dire que non content de jouer à saute-par-dessus-vous, ne voilà-t-il pas qu’hier soir l’un d’entre vous, le plus téméraire sans doute, ou peut-être le plus inconscient, ce n’est pas impossible non plus, Dieu ait son âme, bien-essaya le grand saut de… par dessus mon dessus de lit.
Mon dessus de lit n’est pas une barrière à sauter ! Entendez-le !
Je ne sais pas pourquoi je prie pour l’âme de ce mouton là en particulier, sauf à savoir qu’il disparut de l’autre côté du lit, probablement dessous, et que je ne le revis plus, du verbe revivre. Enfin, jusqu’à ce jour où, plus dynamique qu’un autre, je sortirai cet appareil appelé communément un aspirateur…
Je ne me suis pas foulée, je sais !
Et ils sont encore là, épars, voletant au moindre souffle, enfin, comme je les imagine, puisque je ne suis pas encore allée voir dessous comment ça se présente.
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Ceci dit, le dessus de lit se tient au dessus de ma tête dans les moments de grands envahissements d’énergumènes de votre catégorie. Ce dernier montre à mon égard une certaine forme de solidarité dont je le remercie vigoureusement. Toute inéfficace soit-elle, elle a le don de me réconforter en constituant une barrière protectrice entre moi et le reste de vos congénères encore présents en ces lieux.
Oui, je sais. Je dis une chose et son contraire, et alors ? Ça gène quelqu’un ?
Vous imaginerez aisément que, dans mon infinie détresse d’insolitude insomniaque, la recherche de la plus profonde obscurité soit une de mes meilleures contre-attaque.
Je ne comprends toujours pas pourquoi, ni comment, vous réussissez, malgré ce, à la traverser et à passer sous mes paupières pour arriver à ce que je vous compte. C’est pourtant ce que vous avez fait à plusieurs reprises.
Je n’ai pas besoin de me faire repriser les yeux, ce ne sont pas des chaussettes, d’accord ?
J’ai entendu dire qu’il suffisait de vous compter pour ne plus être génée par votre présence, et pour avoir tenté de le faire, je n’en vois pas le bout, est-ce normal ?
C’est pourquoi je vous accuse :
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D’un, de passer et de repasser, sans aucune limite, sans que je puisse authentifier un seul d’entre vous.
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Deux, d’utiliser votre ressemblance à cet effet pour abuser de mon infinie patience.
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Trois, mais où est donc le berger ?
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Vous n’avez qu’à inverser la tendance, et qu’on n’en parle plus ! Prenez exemple là-dessus, pardine !
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Mouton et bergers 1
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Donc, je me permets de solliciter votre grande bienveillance, dussé-je en passer par Panurge lui-même, afin de ne plus vous glisser à l’impromptu dans mes prises de sommeil.
Car je compte bien le prendre, oui, et le reprendre, même, ce sommeil.
Avec ou sans sauts de moutons, avec ou sans vous, oui, vous lisez bien, sans vous, blanches créatures à la fourrure épaisse que nos bergères filent à la quenouille et qui ne cessent de gambader au dessus de la barrière de mon dessus de lit pendant que la pauvre salariée que je suis tente désespérément de subvenir à des besoins primaires en vue d’être relativement en forme pour une nouvelle journée de travail le lendemain.
Dorénavant, si vous souhaitez venir vous faire compter, je vous prie cordialement de bien vouloir prendre rendez-vous au moins la veille, sachant que mon agenda est complet d’ici à trois mois, et toc !
Ce qui n’empêchera que :
Voici ma plainte en question, moutons, brebis, agneaux et dix de der,
ZZZZZZZZZZ RRRRRRRRR TIC TAC ZZZZZZZZZZ RRRRRRRRRR TIC TAC
DRIIIIING !
Oh non, pas déjà !
Siiiiiiiiiiiiii
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Ah ! J’allais oublier.
Mes hommages et mes remerciements les plus confondus pour l’oreille attentive que vous préterez à mon courrier.
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Madame Cyclopédie

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Réponse du troupeau à madame Cyclopédie
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Très chère madame Cyclopédie,
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Nous accusons réception de votre plainte, très chère, et préconisons d’entrée un rassemblement à l’occasion de la transhumance numéro B 4258612 alinéa 2 du code de l’hypnotique publique afin de traiter votre demande au raid, baygon, catch et kapo réunis au sommet du colloque des plinthes à traiter.
Nous sommes dans une profonde affliction à la suite de la disparition de notre meilleur élément, qui était le moins reconnaissable d’entre nous, puisqu’il se chargeait souvent seul de cette tâche infinie qui consistait à se faire compter régulièrement dans l’hypothèse de provoquer le sommeil qui ne vient jamais, (car peu sensible à la provocation), et souhaiterions venir constater sous votre lit l’identité de celui qui s’y trouve peut-être encore. Une équipe d’autopsy viendra d’ici ce soir procéder au recueil de données. Nous espèrons que votre agenda prévoira un rendez-vous d’urgence, notre troupeau semble frappé du même fléau que vous depuis sa disparition, il s’auto-compte, et nous vous saurons mille gré d’accéder à notre demande.
Notre berger tient à préciser que la « photo preuve » d’une quelconque inversion de la tendance n’est que pure médisance, et n’est qu’une rumeur contre-électorale de plus à laquelle nos équipes insomnigènes ne réagiront pas. Panurge reste notre unique guide en ces prés.
Il est entendu qu’à la suite de cet épisode plus ou moins loufoque vous pourrez reprendre le sommeil de la juste. Nous nous engageons à respecter votre entière tranquillité à ce sujet. Et nous garderons bien dorénavant de venir nous faire compter à ces moments fragiles d’endormissement. Par contre, si vous souhaitez changer de décor, nous vous proposons de venir compter les étoiles dans le ciel, c’est un peu plus long, mais vous aurez peut-être la chance de rencontrer l’astéroïde B 612 sur laquelle vit un petit prince de notre connaissance.
D’ailleurs, il n’est pas impossible non plus que notre confrère disparu soit celui pour qui Antoine de Saint-Exupéry a dessiné une caisse, qu’il soit dedans, et sur l’astéroïde B 612.
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Au plaisir de vous revoir.
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Confraternellement.
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Mouton arc-en-ciel, porte-parole du troupeau concerné et en son nom.
An de grâce 2017
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Mouton arc-en-ciel
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Un seul conseil ? Optez pour le mouton couleur, c’est bon pour le moral.
Et puis même sous les lits c’est plus gai.
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Mouton insomnie 3

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position-du-sol-en-clef-de-sol-1.
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L’émail du filet est plombé,
Comme une dent un peu cariée,
Et sa mâchoire peut se fermer,
Le petit poisson a filé.

Une boucle en vers, une boucle en soie,
La clef du bonheur est en moi,
Qui ferme les mailles du filet,
Autour des têtes prêt du bonnet.

 La prochaine étape sera quoi ?
La clef des champs, la clef des bois ?
Elle sera peut-être réunion,
Du point de croix d’exclamation.

Mais quel désordre cette clef,
Elle mélange les points de crochet,
Avec les fonds de petits pois,
Et le cochon, n’en parlons pas.

 

 

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La « Anne », elle avait pas son pareil pour tournicoter du coton perlé d’agenda ironique.
Juin, qu’elle avait dit, c’est une affaire dans l’sac.
Alors dans son fourre-tout, elle y a collé
deux images, sages comme des gros lézards du Nil qui dormiraient au soleil, (pas besoin de lunettes noires), et quelques phrases suspectes comme, insérer OBLIGATOIREMENT « C’était à … faubourg de… dans les jardins de ou d’…»  dans l’titre, (zut, le titre, je l’avais loupée cette consigne là), et puis les mots « cannibale, fourbir, niquedouille, praliné, rentable, sautiller, tellurique ».
Pfffftt !!! Pourquoi faire simple quand on peut faire simple ?

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Pis qu’en plusse, on n’a même plus l’droit d’râler !!!
Qu’est-ce que t’as dit ?
Non, non, rien ! J’ai rien dit.
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Famille Addams bis.
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Il y avait réunion de famille, l’heure du gong avait sonné, grand-père Gomaize fêtait ses 150 ans de décès, et Mortencia, drapée dans son digne deuil, allait enfin pouvoir exécuter les dernières volontés de son défunt époux. A ne pas confondre avec ses dernières voluptés, bien entendu, qu’elle exécutait encore fidèlement jusqu’au dernier souffle de Gomaize, mais laissons sous silence leur intimité.
Il lui avait remis, sur son lit funéraire, le contrat de confiance dans lequel elle s’engageait, sait-on jamais, légalement, à ne pas confondre avec létalement, et pour une durée contractuelle du nombre d’année précisé ci-dessus, plus haut, à ne pas prendre aperçu ne serait-ce que de près ou de loin de son testament avant cette date.
Gomaize aimait, à l’époque de son existant, tirer vers le haut du panier, aussi disait-il toujours : « Patience est mère de charité, mais ne moquez pas l’hôtel-Dieu, il touche le fiel ».
Il avait un petit cheveu sur la langue, papy.
Mortensia n’avait plus la grâce d’antan, ni le mordant d’ailleurs. Mais elle avait gardé la blancheur laiteuse de ses vingt ans grâce à l’onguent du docteur sangsuet, cosmétique intégral, indice 6, ayant la caractéristique de maintenir le taux d’hémoglobine sanguin à l’indice correspondant. Affaiblie mais résistante à tout, suivant sa philosophie « atout prendre », Mortencia prétendait mordicus que la lividité consécutive à l’application de cet onguent lui permettait de rester visible à feu Gomaize, qui sinon ne pourrait la reconnaître de l’au-delà. Au delà de quoi, le taux risquerait de flamber, laissant exsangue et sans sang les vaisseaux laissés à sec de ce fait incendiaire. Et rajoutait souvent à qui voulait bien l’entendre, les flammes éclairent mais la nuit porte conseil. Optant pour le style bénitier, lancé par le célèbre couturier Maryvonnet saint Lacroix, elle avait revêtu une veste écossaise portée par lady Conne Doyle dans les années 20 lorsqu’elle a joué le fameux personnage d’
Irène Adler dans « Un scandale en Bohême », achetée au vide grenier de Louvain sainte Uccle Wilsèle pour la modique somme astronomique de dix neptunes.


Elle découvrirait, tout comme le reste de la famille, mais pas avant 90h52mn de la nuit, le contenu du testament que celui-ci avait rédigé en vue de cet instant poignant.
Toute la vérité, rien que la vérité, sur l’origine de la fabuleuse richesse qui allait alimenter les comptes bancaires et ne tarderait pas à dévider sa fortune sur les différents entrepreneurs qui se pressaient aux portes du manoir pour en restaurer les coins et recoins dégradés par le temps.
C’était à Golgothique, faubourg de Baldhoween, dans les jardins d’Addams et Dave.
Grand-mère Mortensia, mortifiée par le froid, s’était emmitouflée jusqu’aux oreilles. Son foulard Kermesse lui donnait l’air comprimé des veuves de bonne loi, son doux sourire revêtu pour l’occasion, elle évitait tout de même d’ouvrir la bouche, n’ayant pas honoré son dernier rendez-vous chez le dentiste, qui devait lui fourbir un dentier flambant blanc, assorti au teint, nous comprendrons un peu plus tard la raison de ce loupé.
Il y avait son frère, oncle Pestilent, de son prénom d’alliance avec Bondéanause, le père de la cousine Germaine. Il a endossé la combinaison rose réservée aux panthères, prétendant que la souplesse est un gage de gri-gri. La dernière fois qu’il a assisté à la lecture d’un testament, dit-il, il a hérité personnellement d’une dette de jeu à hauteur de trois atouts, dont un passage par la case départ. Ce qui lui a permis tout de même d’empocher un mois de salaire, mais a suffit à le rendre méfiant à l’égard des héritages. Pestilent est venu accompagné de ses trois enfants et demi. Ne pouvant en encadrer que deux et demi sur trois, il a décidé de lâcher-prise avec le benjamin, dont le jaune est assorti à son jumeau, à peine plus égal en âge que lui-même. Ils ont la réputation de n’être pas des comics, préférant largement la carrière saurienne à celle ornithienne, plus empennée.
Mon frère, Louis XII, a tenu à se placer à la gauche de Mortensia. « Comme ça, je ne suis pas loin des biscuits à thé », a-t-il avoué ce matin en lorgnant sur son téléphone portable pour voir si l’heure du dé-jeûner allait bientôt arriver. Notre demi-sœur Rellente s’est glissée discrètement du même côté pour ne pas être loin de la table, tout en restant approximativement la niquedouille préférée d’haute-maman. Vu que personne ne l’a jamais vue entièrement, elle reste comme une effluve dans les jardins d’Addams et Dave. Parlons-en de ces deux là, ils sont allongés par terre, toujours prêts à partir en voyage tellurique, sac à portée de main. Ne les confondez pas avec le paysage Pelousain, ce sont des hommes, trans-sexualisés, mariés de surcroît, depuis les années lumières, et bien décidés à affirmer leur position, c’est-à-dire au repos, mais attentifs. Ils ont connu l’époque des attentats aux tifs, celle où les coiffeurs coupaient toutes les franges de travers, et ont décidé de mener le combat de la frange droite, quoiqu’il leur en coûterait. Etant donné les nombreux frais auxquels ils sont exposés, du fait de leur engagement, ils espèrent bien retirer de leur présence un pécule modulatoire, leur permettant d’essorer la majeure partie de leurs dettes de jeux. Car couper de la frange droite, croyez-le bien, est une entreprise hasardeuse, les paris sont relevés à hauteur de sourcils la plupart du temps.
Moi, j’ai choisi d’épauler haute-maman plutôt côté bras droit. Je ne sais pas, une intuition, sans doute. Non pas que je défende le patronat, ou une quelconque accointance avec mon banquier. Simplement, Jules m’a dit, si tu ne restes pas à côté de moi, je ne viens pas avec toi dans ta famille. Moi, Jules, je ne peux pas m’en passer, alors comme il s’est assis sur le fauteuil du mort… Mais Gomaize, de là où il est, n’ira plus jouer les cannibales. D’habitude, il envoyait griller en enfer tous ceux qui osaient s’asseoir sur son fauteuil, histoire de les déguster à point un peu plus tard. Là, il ne bouffe plus grand chose, pauvre grand-père, il doit avoir les dents qui grincent d’écume, à ne rien plus pouvoir faire, de là-haut de l’au-delà. Pépère, c’était pas du praliné. Plutôt du piment de Cayenne. Quand il ouvrait la bouche, c’était pas pour faire des bonbons, qu’on disait de lui.
Grand-maman Mortensia présentait son meilleur profil au photographe venu spécialement de la ville pour immortaliser l’instant.
Ce qui tombait plutôt bien, c’est que le notaire et ce dernier ne faisaient qu’un, vu que la mode était au cumul des emplois, les temps sont durs il faut dire, un peu comme les dents de grand-père.
Une fois le paysage familial fixé sur la pellicule, l’intérêt d’avoir des représentants de la cause capillaire pu parfaitement s’entendre. On entendit aussi la lecture du document, légèrement fossilisé sur les coins vu son âge.
Mortensia versa une larme, en entendant la voix de son époux retransmise en direct par le notairographe, la larme toucha le sol, le sol s’ouvrit sur la piscine, une grosse larme de crocodile qui prit soudain forme, baudruchienne, ce n’était pas le moment de faire l’autruche. Dans l’affolement de l’instant, j’ai vu Rellente sautiller sur le bord de la piscine, prête à perdre l’équilibre..
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Famille Addams bis 2
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Les reptiles grouillaient, se multipliant comme des petits pains gonflés d’hélium, comme des fourmis à la gueule allongée, des termites dentues, crantées, rouage funeste de gri-gri mal réglé. Je l’avais dit à Mortensia, n’invite pas l’oncle Pestilent, tu connais sa capacité à être psychédélique. Cette vieille carne n’avait rien voulu entendre. Raison pour laquelle aucun saurien n’en viendrait à bout, la carne est une substance dure, inattaquable, angulaire et saillante, aussi dure que la semelle de ses pompes.
J’ai donc compris pourquoi elle avait raté son rendez-vous chez le dentiste. Vu que les caïmans, crocodiles, alligators et autres dragons du Komodo, ne sont pas commodes, traverser la propriété pour se rendre à son rendez-vous présentait trop de dangers dangereux pour sa vie, elle préféra rester cloîtrée dans le manoir en attendant qu’un prédateur à reptiles vint faire un peu de ménage dans le jardin d’Addams et Dave.
Nous ne pûmes donc qu’assister à la lecture des premières lignes du fameux testament. Le peu dont je me souvienne fut ceci :
« Meurtricia, mon amour, ma chérie, ma tendre, ma seule, mon unique, si j’ai mis 150 ans à te dévoiler la vérité, c’est que les affaires n’étaient pas rentables du tout. Notre culture d’avocats si florissante au début de notre mariage a souffert depuis quelques années du solanum tuberosum. Nous avons du emprunter deux millions d’heures supplémentaires pour la construction d’une usine de déshydratation pour les transformer en fécule, notre pécule a fondu comme larmes au soleil, les spéculateurs ont bouffé le reste, et je ne laisse que ma collection d’ailes de mouches a ton frère qui me l’a soutiré contre un talisman en forme de trèfle à cheval. Sauras-tu m’en tenir griefs aussi longtemps que la mort ?
N’oublie jamais que je t’ai aimée, Meurtricia, que je t’aime, et que je t’aimerai encore, foi de moitié légitime. »
C’est là que je me suis dit, tout d’même, il n’est même pas foutu de citer le prénom de grand-maman correctement. Et que je me suis redit encore en plus, il faudra que je lui demande pourquoi, à la vieille. Franchement, ça manque largement de respect pour elle.

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cerf volant crocodile

Un crocodile volant,
Très lent au demeurant, 
Parcourait tout le ciel,
Tiré par des ficelles. 
Quelle est votre recette,
Pour être si léger ?
Lui demanda la bête,
Aux longues dents qui rampait.
« Je ne croque que l’air,
Mais jamais la chanson »,
Dit le cerf-volant fier,
De jouer les bouffe « on ». 

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Débranche, qu’il lui disait ! « Il », c’était son neurone de la réflexion. Débranche et laisse donc aller le fil là où il veut. Ambivalence, quand tu nous tiens !
Car voilà, Melle Tirma pensait trop, tout le temps, et pas forcément juste. D’ailleurs, le juste flottait d’un gauche à droite puis d’un droite à gauche sans vouloir se fixer à un endroit précis. C’est que justement, si la fixation avait lieu, le juste ne serait plus que rigidité cadavérique. Voilà encore de quoi penser, alors où est la prise ?
Car cette fois, la question est de savoir s’il est possible de débrancher le neurone en question, ou bien s’il s’agit de l’orienter sur d’autres sujets de réflexion plus agréables finalement.
Là-dessus, Melle Tirma tenta de reprendre sa lecture pour laisser penser l’auteur du livre à sa place.

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Une histoire de fil qui se déroule, associé à une machine à en découdre, voilà de quoi alimenter les réflexions studieuses de nos étudiants en herbe d’âme. A chercher à comprendre à la fin tout est tellement bien rangé que la vie elle même s’en trouve anesthésiée. Une étiquette sur les pots de malchance, une autre sur les pas de pots qui marchent sur le fil, ou encore comment faire rentrer les âmes dans des cases. C’est tellement plus simple ainsi.
Donc la méthode, c’est d’avoir un mode d’emploi, une procédure, et de la suivre à la lettre. C’est ainsi que je devins une femme de lettres en allant aux toilettes. Imaginons un segment W-C dans le graphique où l’ordonnée est le champ du connu, et l’abscisse le champ de l’inconnu. Soit un angle O-Q-P, situé sur ces points précis. Je vais donc devoir réfléchir à comment ouvrir le triangle WO-Q-PC ainsi constitué afin de pouvoir π c. Partant du point commun C, il m’apparaît nécessaire de voir si la bobine est ou n’est pas. De plus, une vérification s’avère nécessaire, le rouleau peut-il s’assimiler à une bobine ?
Ainsi, de fil en aiguille, le C serait le semblant d’une clef, à trois quarts de lettres prêt.
Pendant ce temps, j’aurais largement eu le temps d’aller sonner chez la voisine, ou encore d’aller soulager ma vessie derrière un arbre.
Bref, il est des raccourcis qui font chemins de traverse, ou pas.
La méthode du bout de la bobine serait à ce titre une étiquette de plus.
Mais au fond, si je retire tout, que reste-t-il ?
Rien.

Chez carnetsparesseux, une histoire d’agenda ironique suspendu au fil d’avril, voilà de quoi gazouiller sur le fil des mathématiques littéraires.

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Faire des siamoiseries,
C’est comme débarber la folie.
Il y a ceux qui s’y jettent,
Ceux que la chose inquiète.
Juste à la pince à épiler,
Même pas moyen d’y échapper.
L’arrachage n’est pas compliqué,
Une paire de lunettes sur le nez.
Tu t’approches du bulbe du poil,
Tu pinces la base, ça fait pas mal,
Et d’un coup sec un peu brutal,
Tu le déracines aïe aïe aîe.
Ceusse qu’ont trois poils sur le menton,
Auront vite fait d’avoir raison,
De chaque repousse à l’avenir,
En surveillant l’entretenir.

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