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Archive for the ‘Gazouillis’ Category

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prevert-numerique-livre
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Il se disait que vert,
Est la couleur complémentaire,
De celle du rouge à l’opposé.
Il se disait que vert,
En cours d’anglais des temps scolaires,
Rimait si bien avec osé,
Que rouge pourrait s’y essayer.
En relisant les exercices,
Une écriture fine et serrée,
D’une main patiente avait tracé,
Une râme alors psychomotrice,
Avec laquelle je pagayais.
Et cet anglais si imparfait,
Se moque bien du temps qui passe,
Pourvu que le vert soit loquace,
Devant le rouge de mes deux joues,
Quand c’est Jacques qui ose le Tout,
Dans l’air circonflexe de l’âme.
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– « Parce-qu’une lettre sans réponse est une lettre sans réponse, je ne vois qu’une solution, l’écrire ! »
« Ainsi parlait la boite aux lettres jaune aux normes de la poste. »
La boite aux lettres se saisit de la première lettre simple arrivée et lui demanda le plus simplement du monde de l’aider à formuler une réponse simple à la lettre R. pour en valider bonne réception.
Ainsi fut-il !

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Madame la lettre R. Simple,
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Lettre R Troyes
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Sans qu’aucun accusé de quelque nature que ce soit n’ait été reçu à mon ouverture, je confirme bonne réception de votre sollicitation et c’est avec une profonde sollicitude que je tiens à vous présenter toutes nos excuses les plus sincères. Croyez bien, madame la lettre R. simple, que sans votre timbre, ou même avec, vous avez toute l’importance de notre considération dans la mesure où vous êtes sortie de l’ordinaire en signalant votre singularité. Il va sans dire que ces échanges postaux resteront dans l’histoire de notre évolution toute aussi singulière, c’est-à-dire sous couvert d’enveloppes dûment affranchies dorénavant, ce dont je vous remercie du fond de la boite à courriers.
L’avenir de nos services est à la clef de voûte du contrat de confiance ce que le droit de retrait au guichet est à la liberté d’expression, autant dire, absolument respectée.
De plus, considérant le fait que cette adresse est toute à l’honneur de votre clarté, il me semble raisonnable d’affirmer que le passage du facteur saura restituer la juste place qui revient à votre missive.
Ceci dit, tout R. simple que vous ayez choisi d’être mentionnée, il me semble reconnaître dans votre démarche qualité l’ampleur d’un phénomène jusque là mis sous silence, qui est celui des recommandations sous-couvert de nos intelligence-services. Nous sommes absolument convaincus que notre clientèle jusqu’ici assez peu expresse puisse être dorénavant en état de maintenir un niveau de qualité d’être lettre tout à fait excellente sans pour autant sombrer dans la précipitation de la performance, et tiens à vous remercier personnellement pour cette évolution. Soyons lucides, le refus de l’e-timbre ou ne pas l’e-timbrer ne passera pas par une lettre morte. J’aurais d’ailleurs plutôt envie de dire qu’elle risque de devenir lettre-vie.
Conforme aux attentes sans pour autant être dépourvue d’originalité, la poste reconnaît que le service dont je ne suis que le maillon constant se doit d’assurer autant que faire se peut l’équité tout en laissant à chacun le droit de s’octroyer des prérogatives d’orientation personnelle. Par exemple, je ne passerai pas sous silence qu’à l’époque des fêtes, les enfants de tous les continents sont en mesure d’adresser au père Noël des lettres sans timbres qui seront bien sûr acheminées à destination, tous les facteurs de la création ayant connaissance de l’endroit où crèche un vieux bonhomme à la barbe blanche et au manteau rouge dont les rennes sont en général les premiers heureux de décacheter les commandes toutes informulées soit-elles de la majeure partie d’entre ces lettres, Monsieur Noël, pour ne point le citer, faisant le reste. Il a, soit dit en passant, un traîneau tellement spacieux, que le volume total des présents peut être immense, il occupe le tout. Vous allez me dire, après un agenda de juin aussi contrasté, le tout n’étant pas rien, quoique risquant de l’être, j’hésite à œuvrer au contraire de l’ensemble, ne sachant pas si rien n’est recevable de la commande, ou si au contraire tout l’est. D’ailleurs, je ne suis plus très sûre de bien me faire comprendre, dans la mesure où moi-même je ne suis plus très sûre d’être aussi confuse que tout le début du rien du tout ci-dessus.
Le receveur des postes me demande d’assurer la discrétion, toute la discrétion, rien que la discrétion, dès lors que le destinataire a les moyens de renvoyer l’appareil de l’ascenseur.
Connaissant la simplicité naturelle et spontanée de la lettre R., je vois mal comment elle pourrait s’équiper d’un moteur et d’une cage, toute ascensionnelle soit-elle. Il s’agit d’une cage, tout de même, et les enfermements sont si loin d’être éradiqués !
Affaire réglée, n’en parlons plus. Je vous remercie donc d’avoir signalé cette distorsion afin que notre dépôt soit garanti d’accepter toutes sortes de réclamations dans la plus grande intelligence qui soit.
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Tampon de la foi faisant poste.
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Bien à vous.
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La boite norminée au concours de la Paix des Transports Timbrés. (P.T.T.)
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Boite aux lettres jaune
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Lettre enluminée depuis six mille ans
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Il arrive que les échanges entre internautes fassent naître des jeux complices.
Lors de commentaires au sujet de la lettre de démission que voici, (à lire ici chez Max-Louis), j’ai eu envie de rebondir sur l’idée d’écrire une lettre à la boite en question.
Voilà qui est fait et qui pourrait bien entrer au parangon des jeux épistolaires les plus loufoques qui soient, j’aime me lancer des fleurs, merci moi-même. Si vous avez envie de vous y essayer, envoyez votre lettre dans la boite, elle vous en sera reconnaissante.
Pour ne pas m’arrêter en si bon chemin, j’ai pensé que cette lettre pourrait bien passer par le relais de l’agenda de juin qui se joue les prolongations jusqu’à ce soir minuit, nous sommes encore ce soir, et encore dimanche 24 juin 2018, c’est tout bon.
Pour tout lire des participations à l’agenda ironique de juin allons voir ici ce que notre animateur paresseux a collecté dans le panier du mois.
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Madame la boite aux lettres jaune aux normes de la poste,
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Monsieur Max-Louis, alias Iotop aurait récemment adressé une lettre de démission à cet inconnu de lui-même, que parait-il, vous auriez refusée. Vous auriez prétexté fallacieusement qu’elle était timbrée. La subtilité de la démarche est totalement incompréhensible ! Il me semble que ce refus de votre part dénote affreusement avec la mission dont vous êtes à charge.
Il m’arrive d’imaginer combien il vous en passe, par la tête, de ces lettres adressées, à tant de personnes, sous-couvert d’enveloppes de couleurs et de formats différents.
Mais que vous-est-il donc passé par la tête pour refuser celle-ci ?
Cette lettre, auparavant incluse dans l’alphabet, s’en est trouvée toute décollée.
N’allez pas prétendre que le groupement de lettres restantes vous impressionne par son effet troupeau, toutes aussi fermées l’une que l’autre, pire qu’un pingouin mutique.
Le soleil, qui darde ses rayons sur votre métal, vous aurait fait tourner l’adresse.
Savez-vous, chère Madame la boite aux lettres jaune aux normes de la poste, que si vous étiez en brousse, votre couleur aurait peut-être viré au vert devant l’illogisme de votre refus de coopérer à l’acheminement de cette fameuse lettre timbrée, et que qui sait, la face du monde en aurait été changée. Réfléchissez ! Une lettre de démission qui n’arrive jamais, c’est une intention perdue à jamais pour l’histoire de l’homme. Acheminée, elle aurait été facteur d’une nouvelle orientation de vie. J’ai connu un chercheur qui, un jour d’épuisement, a réussi à perdre ses chaussures, croyant poster une lettre de démission et y glissant malencontreusement ses mocassins. Evidemment, il n’avait plus vraiment toute sa tête ce jour là, mais vous acceptâtes de recevoir son envoi alors même qu’aucune de ses chaussures n’étaient timbrées.
Décidément tout ceci me paraît si incompréhensible que j’ai comme l’impression qu’il me pousse une tentacule d’interrogation sur la tempe droite. Cessez donc de me regarder comme si j’étais devenue chèvre ! Si tel était le cas, je serais pourvue d’une deuxième proéminence identique du côté gauche.
Puis-je vous avouer une chose, la boite ? Tous ces écrits qui vous traversent doivent être si passionnants parfois. L’idée que vous soyez porteuse de tant de missives précieuses m’épate un peu. Non pas que le vecteur par lequel votre point de transit passe soit pivot de la fonction de déplacement, mais bien que c’est de communication dont il s’agit.
Mais que pourrait-on dire de cette dernière ?
La communication passe par des échanges. Les lettres parlent de tout. De la noblesse épistolaire pour les plus traditionnelles aux plus simples rappels de paiement pour les plus financières. Ces échanges d’informations avaient, il me semble, davantage de charme à l’époque des relais postaux. Vous étiez à votre balbutiement, encore dans les limbes de l’invention, que déjà les transports attelés à la tâche acheminaient les transports amoureux des amants séparés. Que de missives amoureusement tournées et parfumées passèrent d’un relais à l’autre sans faillir. La teneur de leurs transports a parfois enchanté des recueils entiers, enluminés d’illustrations précieuses. Que diriez-vous, Madame la boite aux lettre jaune aux normes de la poste, de nous confier certains écrits encore existants et dont la beauté dépasse la fiction par la véracité de son sentiment ?
Et puisque l’authenticité se rapproche de l’intimité, je vous propose de nous en dire un peu plus sur le charme des lettres en nous offrant le meilleur de sa romance sans pour autant sombrer dans son travers ridicule et emphatique.
J’avais envie d’y lire une tendresse inégalée en vos dépôts, que la levée de poste ne saurait effacer.
Vous allez me dire, c’est un peu indiscret comme démarche, ce que je ne saurais nier. C’est que voyez-vous, je suis atteinte d’une déformation assez commune qui s’appelle la curiosité, et que cette déformation m’amène souvent à être dans la recherche de rencontre authentique et personnelle avec autrui. Les amoureux sont les plus propices à se dire de manière intime, et en même temps se dire dans l’intimité demande une confiance éperdument aveugle.

Je pense aussi que l’aveuglement est transitoire, et que passée une bonne dose de confidences, la confiance est apte à s’installer tranquillement devant la maturité et la capacité de recul de chacun.
Il m’arrive même parfois de me dire que rien n’a jamais plus de valeur que celle que chacun d’entre eux lui accorde.
Donc, timbrée ou pas, retirée du pli de l’alphabet ou pas, je vous prie de recevoir dorénavant chaque lettre adressée en bonne et due forme à son ou sa destinataire sans en omettre aucune.
L’omerta de la lettre de démission doit cesser.

Vingt-six-juin le pied de la lettre en pièce jointe.

En vous priant de recevoir toutes mes déclinaisons les plus poétiques.

La lettre de recommandation qui n’accuse personne.

Lettre R. simple

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L’agenda ironique de juin 2018

Il est chez carnetsparesseux, avec tout et son contraire. Tenter d’inclure les mots « soleil, brousse, chaussure, pingouin, tentacule, épuiser, vert » est bienvenu.
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Aussitôt dit, aussitêtard fait !
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Agenda ironique de juin 2018
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Cher carnet,
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Ce mois-ci, je me promets de m’empresser lentement d’écrire un texte de participation involontairement choisi de mon plein gré, ça me rend folle de savoir qu’il y a des personnes qui sont quelqu’un et d’autres qui ne sont personne, je n’arrive pas à laisser mon raisonnement cloué sur une boucle giratoire au sens unique dont l’interdit renvoie l’ascenseur en censurant, ça me renfofolle d’ascensussurer de la faute de frappe sans jamais frapper la faute sur l’écran de personne, ni de la personne qui est quelqu’un, ni de la personne qui n’est personne.
Aussi, afin de générer de l’autre, j’attrape une tentacule sans faute de performance pour fouetter le contraire de ce que je dis avant même de l’avoir pensé.
L’agenda ironique prend le temps pour le donner au soleil, en passant par la brousse en chaussures de pingouin qui tentacule d’épuiser le tour du vert et son contraire en quatre vingt dix lignes.
L’agenda ironique de juin,
Signait une chose et son contraire,
Dans le tout et n’importe quoi,
En ce lieu.
Les pingouins s’envolaient sur les toits,
La brousse poussait dans les jardins.
Y’avait un poulpe un peu fantasque,
Qui portait des chaussures à claque,
Et marchait à pas de velours,
Sur huit tentacules à bascule.
Dans les allées de l’Alhambra,
Le vert d’eau de ce monde là,
N’épuise pas l’ironie douce,
Qui coule au milieu des rayons,
D’un arc-en-ciel droit et limpide,
Que le soleil de juin traverse.
Y’avait l’écrevisse de l’espace,
La nouvelle louve illuminée,
Et la ride du temps s’étirait,
Pour envelopper tous nos papiers.
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Le bouc de guise en première page du calendrier tirait son char.
Un bouc d’à la guise en charrette qui faisait le tour du domaine.
Que dit la sagesse ?
Elle dit que qui conduit une chèvre attelée ira de blog en blog parcourir tout le globe, elle dit que chaque escale encrera son écran de la chose contraire, en écrits transparents dont la trace restera la sole du sabot.
J’ai cherché la chèvre pour reconnaître l’empreinte, et voici où mes recherches m’ont conduite.
Mode d’emploi : Allumez votre ordinateur, connectez-vous sur internet à la page « tout et son contraire » chez carnetsparesseux, puis entrez par l’écran dans le disque dur, cherchez le sol sur lequel la sole du sabot de la chèvre a laissé son empreinte.
Sélectionnez l’octet concerné.
Si la sole porte des chaussures, c’est un soleil. Tachez d’identifier si c’est un soleil de brousse ou un soleil de juin.
Dans le premier cas, (a), soit la brousse est sèche et vous n’avez aucune trace résiduelle.
Soit elle est fraîche et les petits tas blanchâtres qu’elle laissera sous la semelle des chaussures que la sole du sabot de la chèvre arbore, ces petits tas donc se déposeront sur le sol de la brousse sèche qui ne laisse pas de traces de pas sans la brousse fraîche en petits tas.
Suivez les tas.
Dans le second cas, si c’est un soleil de juin, retournez à la lecture du premier cas, (a), mais attention si vous avez déjà fait un premier cycle de relecture, sautez par dessus le second cas, continuez une ligne plus bas sans vous épuiser à refaire le cycle du premier et du second cas qui renvoie sur le premier cas ainsi de suite à l’infini, car sinon, vous ne passerez jamais cette partie de l’itinéraire qui forme une boucle au sol. C’est le pingouin qui joue du rodéo afin d’attraper la chèvre par la paire de chaussures ayant marché soit dans la brousse sèche, soit dans la brousse fraîche.
En cas de doute, retournez à la ligne du premier cas cité ci-dessus dans le second cas.
Enfin, une fois que vous êtes fixés, décollez la paire de chaussure soit de la brousse sèche, soit de la brousse fraîche. Vous n’êtes pas obligés de décoller la brousse des chaussures, qu’elle soit sèche ou fraîche. Le mode d’emploi précise plus haut que si elle est sèche elle ne colle pas, et donc ne laisse aucune trace. Constatons immédiatement et ici même que le fait qu’elle soit sèche ou qu’elle soit fraîche a une immense importance.
Dans le cas de la fin du second cas qui renvoie au premier cas, nous en étions à suivre les petits tas de brousse fraîche déposés par les semelles des chaussures du soleil.
Nous allons partir du principe qu’elles ne sont pas collées mais que vous êtes fixés sur la question de la brousse fraîche qui laisse des tas.
Maintenant, il s’agit de retrouver le contraire de ce que vous suivez à la trace depuis le début de l’itinéraire d’une carriole censée nous permettre de voyager de blog en blog sans s’épuiser par le menu.
Attrapez la tentacule de la souris et cliquez dessus. Vous aurez un bandeau déroulant un tapis de sol sous les yeux.
Revenez au tout début du mode d’emploi qui vous conduira à nouveau jusqu’ici.
Ici n’est pas le contraire du début.
Il nous reste à vérifier si le sol est vert, car cette dernière consigne est d’une importance considérable.
Considérons la.
Si le sol est vert, c’est que le tapis de sol est vert, c’est que le tapis est vert.
Cela ne vous rappelle rien ?
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Philippe Bouvard Un oursin sur les tapis verts
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C’est un impair et j’en passe à la suite.
Sur la trace d’une chèvre attelée à une charrette qui passe de blog en blog en parcourant le globe, voici que la décolleuse de juin atterrit sur le tapis vert d’un humoriste fabuleux à la grosse tête aussi bien faite qu’éclectique et qui a été vendeur de lunettes de soleil chez Lissac.
Ah ben bravo !
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petit-bouvard-illustre-
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Si ce n’est pas tout et son contraire, c’est au moins du grand n’importe pas quoi.
Non, du grand pas n’importe quoi.
Euh… Du pas grand n’importe pas quoi ?
Ou du grand pas pas n’importe quoi, voilà, c’est ça.
Je voudrais revenir sur la question de la brousse sèche et de la brousse fraîche.
– Non ?
– Ah bon !
Alors pour terminer :
Que dit l’aberration ?
L’aberration sème du désordre dans le disque dur, et nous propose une autre écriture du mode d’emploi.
Que voici :
Eteignez votre ordinateur et n’attrapez pas la tentacule de la souris. Choisissez plutôt un hérisson ou un mulot.
Déposez le hérisson ou le mulot sur le tapis gris souris, et si demain, il est encore là, éditez votre texte à l’agenda de juin chez carnetsparesseux.
Moi, c’est fait.
Avec quoi ?
J’ai triché, j’ai un pingouin.
Que j’ai attrapé au lasso.
Avec des glaçons de brousse pour la fraîcheur.
Avec tout ça, c’est à se demander qui de la sagesse ou de l’aberration est une absurdité ou le contraire, non ?

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Maricela de la Toba - obra copia
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Les gens sérieux n’ont pas d’histoire, c’est du moins ce que l’on prétend.
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Episode 1 ici
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Episode 2 ici
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Episode 3 ici
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Episode 4 ici
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Episode 5 ici
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Mercredi 6 juin, le bruit résonnant de la raison vint sortir du sommeil notre fameux Gyrus Temporal Supérieur.
Et puis il reconnut la voix de l’idée maïeutique.
– Poussez !
Une idée de reproduction se tenait cambrée sur un phénomène plasmatique, l’ADN distendu.
– Poussez, je sens que ça vient, vous y êtes.
L’idée de silence se taisait.
Le brouhaha des voies de la raison couvrait celle-ci d’un épais voile d’idées bruyantes et sonores qui s’exprimaient toutes en même temps, dans le désordre le plus absolu.
Le Gyrus Temporal Supérieur essayait d’en décoder le plus possible, que s’était-il passé dans son sommeil pour que toutes ces idées aient leur mot à dire ?
L’idée de vérité se disait qu’elle aurait bien du labeur à retrouver ses comparses.
Il y eut un murmure sinueux lorsque l’idée serpentine traversa fugacement une purée de chuchotis.
L’idée de j’m’en foutisme s’en foutait littéralement.
Et puis l’idée de clarté sortit de la cacophonie.
– Voyons, une idée à la fois ! Ordre et rigueur, force et volonté, sagesse et prudence, légèreté et joie, si vous voulez bien vous avancer, nous allons procéder à l’arraisonnage. Rassemblement.
Tout le monde à son poste de travail.
A ce dernier mot, l’ensemble des idées s’était tu.
Wernicke, profitant de l’accalmie, pointa son nez à l’écran de la réflexion pour entonner le chant des marins de l’espèce spatiale spécialement créé pour l’occasion.
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Vous qu’êtes des marins de l’espace
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Rassemblez vos idées, vos pensées vos concepts,
Et mettez sous le coude ce qui sert de précepte.
Hissez haut les couleurs de la philanthropie,
Et accostez les rives du jardin fantasy.
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Mélangez les couleurs,
Hissez haut l’illusion,
Les rêves ont la saveur,
De vos vieux abandons.
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Reprenez tous en chœur,
La vie tient à trois fils,
Où se prendre au sérieux,
N’en laissera que deux.
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Le pont de la lumière célébrera ses flots,
Et la géante rouge ouvrira grand ses eaux,
A nous, ses voyageurs, marins dans les étoiles,
Si nous arrivons nus de représentations.
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Ainsi fut fait. Ils ont hissé haut le pavillon de l’illusoire.
L’hippocampe chaussa le monocle de l’ignorance pour ne rien rater de la découverte.
Connaissant les astuces de l’imagination, les pensées vacuitaires ont déroulé le tapis de l’insignifiant dérisoire sur le pont de la lumière et les couleurs sont passées.
La pensée du crible pour une fois s’est abstenue.
Et la géante rouge les a reçus dans son monde de sensations dénué de paroles où mille nuances d’impressions n’ont plus l’artifice de se dire et où les grands fonds de l’expérience humaine n’ont plus que l’être et le néant de la dilution pour se vivre.
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– Wernicke !
– Wernicke, répondez !
– Wernicke, ici l’Hypothamamus, qu’est-ce que vous foutez, bon dieu !
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L’Hypothalamus avait lancé le catalyseur de l’alchimie réactive.
L’idée fusionnelle se décolla immédiatement du sentiment de bien-être dans lequel elle baignait.
Le grand cric de la littérature Belge se mit à croquer une pomme Star Trekienne Nobélogisée de l’année. Une fane de radis dépassait de sa mâchoire neuronale en faisant signe de la feuille à l’idée de la fébrilité de plage allongée sur sa serviette de bain.
L’estomac rempli de l’interconnexion était resté bouche bée devant le chaudron de la communauté d’où un léger frémissement d’idées s’échappait par endroit ainsi qu’à l’envers.
L’Oméga3 se débattait pour échapper à la ride du terminator.
L’idéfix se rappelait que la palme était aussi décoiffée que l’idévive, ce qui était super car elle adorait les commentaires. Purkinge sortit son stylo neuronal pour en écrire une formule. Il affirmait en ces termes que la mini jupe pouvait se libérer du corset grâce à une circonvolution d’Obi W’Anne.
Un cinquième type à la gouaille Apollonienne élastiquée des chaussettes de Neil Alden Armstrong vint à passer. Il affirmait que les branchements de la marmite allaient probablement se poser sur le papier de la suite. La suite lui donna raison. Une Genèse demandait à enregistrer les originaux afin de fonder son existence sur du développement durable.
Tout cela se déroula dans le bon thon le plus en boite possible.
Une demande de vacances rempotée ventre à terre s’alluma dans le circuit de la force. C’est qu’Obi Louvain, chevalier de la lumière, adorait le pot au feu des maîtres Jedi, que l’emblématique Kenobi savait si bien cuisiner. La régulation des énergies atteindrait irrémédiablement l’équilibre avec une belle conscience des besoins de chacun.
Ainsi fut reconnue la valeur de la corde sur laquelle le funambule traversait en toute conscience le tissage aérien et avec lequel l’existence pouvait être protégée de la pluie ou pas.
L’enthousiasme de la découverte l’emporterait bien au-delà de ce qui était imaginable. Aussi savant qu’un oiseau disparu, pas question de fuir devant l’emportement de notre One Neuve.
Ainsi soit il.
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Wernicke ne répondit que bien plus tard.
Lorsqu’il émergea de la puissante béatitude dans laquelle plus rien n’existait d’autre que la sensation. L’Hypothalamus en vacances sur la Manche rive gauche commençait sérieusement à s’inquiéter.
Lorsqu’il apprit ce qui s’était passé, il sut que la face du monde allait radicalement changer.
Il commença alors à sentir les poissons remuer dans ses cheveux.
La métamorphose l’avait rendu à lui-même, Hypothalamuse.
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Géante rouge

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Episode 1 ici
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Episode 2 ici
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Episode 3 ici
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Episode 4 ici


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(La machine à penser, s’exprimant à voix haute, s’adressant à l’assemblée de ses idées)
– L’organe de la conscience.
– Il mérite qu’on s’y arrête un petit peu, non ?
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(Hypothèse d’élucubration interne de la machine à penser, marmonnant inaudiblement)
Alors, il est né quand, celui-là ?
Si ce n’est pas une question, ça ?
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(Elucubration interne de la machine à penser, échappement s’adressant tout haut à son for intérieur)
Jung, que je vais retransmettre « en direct » ici même nous en dit quelque chose. Et croyez-moi, ils ne sont pas si nombreux que ça à s’y être penché aussi objectivement.
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(Elucubration interne de la machine à penser, en son for intérieur et en silence, cette fois)
Enfin, ça n’engage que moi d’affirmer un truc pareil, et puis c’est un tout petit rien prétentieux d’en parler en ces termes. Mais après tout, je ne vois pas pour quelle raison objective je m’empêcherais d’avoir ce type de pensée, ni même pour quelle raison objective je m’empêcherais d’être prétentieuse après tout !
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(Elucubration interne se décalant)
Il vaudrait mieux que je demande à la Jobougon de censurer ce passage…
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(Reprenant tout bas)
Et puis, rien ne s’opposera à moi lorsque j’aurai envie de changer ma pensée, pour peu que ma conscience me propose une façon d’être plus ajustée à une nouvelle forme de pensée.
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Par exemple, la pensée cubique si elle le veut vraiment peut prétendre et devenir cruciforme, ou rocambolesque, ou encore à l’ouestisée.
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Ah ah ! Alors la prétention ? Vous voulez rire. Non mais !
Sur une échelle allant de zéro à dix je m’aime à combien ?
Si la mesure de l’amour est d’aimer sans mesure virgule
Et si l’amour rend aveugle, alors je m’aime, c’est sûr.
Preuve en est c’est que je ne me vois pas.
Enfin, objectivement, quoi !
J’ai bien une vague idée parmi toutes, sur certains points.
Je dirais même mieux, une idée tout court.
Mais autant dire que cette idée de mesure m’indiffère au plus haut point. C’est court, une idée tout court. Ça fait tout courir partout.
Ce qui ne m’indiffère pas, par contre, c’est de réussir à appuyer mon moteur sur, et là, je reviens aux moutons de la conscience, la conscience.
Peut-on considérer que ma sensibilité à ce propos est issue d’une croyance ou bien suis-je entièrement responsable de mon choix ?
Et qu’est-ce qui ferait la différence, si ce n’est la conscience des raisons pour laquelle ma détermination un jour s’est ralliée à moi.
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(La machine à penser, qui reprend à voix haute)
Bon ! Assez élucubré ! Allons voir ce que dis C.G. Jung sur la conscience d’elle-même et sur sa naissance ?

https://www.cgjung.net/oeuvre/textes/conscience/index.htm

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Éclosion de la conscience
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« La découverte de l’écriture est pour moi le critère qui permet de dater l’éclosion d’une conscience responsable. Cette découverte représente un pas décisif dans l’évolution de la conscience humaine. Elle indique la naissance d’une conscience réflexive, et non simplement de la conscience.

Il nous faut renoncer à connaître les circonstances de cette découverte. Elle relève de la volonté divine. Mais ce que nous pouvons dire, c’est que la naissance de l’écriture marque aussi la naissance d’une conscience réflexive. Et nulle autre forme de conscience ne peut être qualifiée d’humaine. »

« Les monuments les plus anciens à porter des inscriptions datent de 4200-4100 avant J.-C. Les premiers textes en écriture cunéiforme et les hiéroglyphes remontent à peu près à la même époque. Nous pouvons donc parler d’une conscience humaine à partir de cette époque, c’est à dire il y a environ six mille ans. Ce n’est pas si énorme.

Au regard de l’histoire de l’humanité, il s’agit d’une période relativement brève. Nous pouvons dire que nous avons parcouru un chemin considérable. Mais, eu égard à toutes les possibilités qui s’offrent encore à nous, ou à l’immense étendue de l’inconscient, c’est peut-être encore bien peu. Et ceux qui affirment que la conscience véritable n’a peut-être pas encore vu le jour ont peut-être raison.

Je pense en effet qu’il y a encore des possibilités infinies pour la conscience humaine. Nous pensons généralement avoir atteint le sommet de nos difficultés, mais en fait nous en sommes très loin. Je croirais plutôt, pour ma part, que l’inconscient représente encore la plus grande part de notre psyché. »

 C.G. Jung  » Sur l’Interprétation des rêves « , Albin Michel, 1998 p 205/ 206.


LA CONSCIENCE EN PHILOSOPHIE

https://la-philosophie.com/la-conscience-philosophie


Dont je ne citerai que la conclusion :

La conscience se définit, certes, par son activité quant à la connaissance, mais aussi par ses lacunes, ses errances, son opacité. En approchant l’homme relativement à cette opacité de la conscience, force est de constater que celle-ci n’est pas transparente à elle-même. Il y a en elle des choses qui lui échappent et qui signalent que par-delà ce que la conscience affirme d’autres choses se disent. Penser la conscience signifie donc aussi penser ce qu’elle ne maîtrise pas au sein du psychisme et qui peut la remettre en question quant à son autorité. Cette remise en question passera par Nietzsche par la volonté de puissance, par Marx dans le domaine social pour aboutir au thème de l’inconscient chez Freud, inconscient qui induira ce constat fatal :

« Le Moi n’est pas maître en sa propre maison »
***
« Mais les mois, l’émoi, et moi, nous avons l’alphabet !
D’où le constat défatalisant suivant pour le plus grand soulagement de tous, sauf de la ménagère : Le bœuf est maître dans la maison ! »

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« 
L’idée d’émancipation se demandait s’il ne fallait pas rajouter une défatalité de plus ».
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Quoiqu’il en soit, notre voyage inter-sidérant s’était fait happer par tout un tas de réflexions issues directement de son cheminement.
L’invention de la sidération consécutive à la prise de conscience d’une rencontre entre le monde des idées et celui d’une géante rouge qui s’avérera plus tard être le monde des affects,
pathos chez les grecs, avait paralysé l’histoire.
Forts de cette expérience imaginaire, nous allions pouvoir reprendre l’exploration réelle de notre premier cheminement d’idée pour lequel Wernicke avait cru bon de faire appel à l’imagination du Gyrus Temporal Supérieur, pensant sans doute que le supérieur aurait suffisamment de prétentions pour en arriver à élaborer une rencontre intemporalement optimale.
Le Gyrus Temporal Supérieur transmit sans tarder sa version de l’imaginaire histoire des idées accostant une géante rouge occupant tout le ciel et s’endormit profondément durant les jours à suivre*.
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En cas d’urgence, vous pouvez contacter l’idée de garde.
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La suite dans deux semaines, défalquées du nombre de jours passés depuis le début de l’apparition de la Géante Rouge dans cet espace et la parution de cette histoire, ce qui emmènera le temps d’aujourd’hui au mercredi 6 juin tout au plus.
Majorée d’une surcote aléatoire d’idées farfelues pouvant aller jusqu’à deux semaines de plus ou de moins, selon le sens de l’orientation du fil conducteur du temps.
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D’ici là, d’autres histoires seront peut-être éditées, aussi je me réserve une page blanche intercalée jusqu’à complète écriture ici-là :
Faussant ainsi le temps de la datation des articles sur WP.
Jobougon, qui s’offre la prétention de réduire le temps de dix jours en ce lieu.
Excellente fin de dizaine à tous.
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* Jusqu’au réveil de l’idée d’émergence.
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Suite et dernier épisode ici :
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la-vague-rouge-elisabeth-vedrine
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Episode 1 ici
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Episode 2 ici
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Episode 3 ici

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( Le Gyrus Temporal Supérieur)
– Adaptation, adaptation, il en avait de bonnes, le Wernicke, avec son adaptation. J’aimerais bien l’y voir, moi, devant l’idée d’invention de la géante rouge, pfff !
– Des fois, on s’demande bien si les gens pensent vraiment à c’qu’y disent…
– Bon aller, zou ! On va commencer par un truc, épionverrabiencequisuit.
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Il était une fois, une géante rouge nommé Xylil. Elle était si géante que parfois le ciel ne voyait qu’elle. Un jour où rien ne se passait d’extraordinaire, une pensée surgit du vide et vint se coller sur le hublot de notre fameuse machine à penser.
– Tient, se dit-elle, voici une pensée de l’espace !
La pensée, surgie du vide, faisait moult gestes désordonnés, semblant vouloir dire quelque chose. La machine à penser, intriguée, lui ouvrit le dialogue en lui offrant l’accès à son habitacle. Les résonances amplifiées par le résidu de vide brouillèrent dans un premier temps la communication mais ensuite, une fois résorbés ses grésillements, la compréhension installa un pont entre la machine et la pensée de l’espace.
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(Pensée de l’espace)
– Dis-moi, la machine à penser, depuis que nous connaissons la géante rouge, avons-nous jamais pensé à prendre le temps de la connaître ?
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(La machine à penser)
– Non, je ne vois rien de pensé de tel dans nos archives.
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(Pensée de l’espace)
– Est-il possible de la créer avec votre bécane ?
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(La machine à penser, devenue bécane à penser)
– Il me semble bien que tu n’as pas eu besoin de moi pour la créer à l’instant en la formulant.
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(La pensée de l’espace, par extension devenue l’idée de prendre le temps de connaître la géante rouge)
– Ce serait donc aussi simple ! Il suffirait de formuler l’idée pour que j’existe ?
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(La machine à penser, résolue à redevenir elle-même)
– En tant qu’idée, oui. En tant que matérialisée, cela passe par un projet et des actes visant à te réaliser.
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(L’idée de prendre le temps de connaître la géante rouge)
– Cela voudrait donc dire que je n’existe pas ?
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(La machine à penser, toujours résolue à redevenir elle-même)
– Si ! Tu existes en tant que pensée. Mais pas en tant que réalisation. Pour cela, tu vas devoir passer par tous les stades graduels de la mise en pratique de toi-même jusqu’à l’accomplissement.
En t’émettant, tu viens d’informer l’interlocuteur auquel tu t’adresses de ce qui occupe ton for intérieur. Et en tant qu’interlocutrice, je m’estime privilégiée de te recevoir suffisamment cinq sur cinq pour être dorénavant fortement intéressée par l’aventure de la connaissance de notre bonne vieille géante rouge.
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(L’idée de l’archéologie du ciel)
– Nous pourrions procéder à des fouilles élucubrologiques ?
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(L’idée technicospacifique)
– Oui, nous pourrions lancer un treuil locomoteur hameçon puis tourner le moulinet pour nous rapprocher d’elle.
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(La machine à penser, redevenue elle-même)
– Bien, rassemblons toutes nos compétences pour en faire une découverte merveilleuse.
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( Le Gyrus Temporal Supérieur, soupirant fortement)
– Avec ça, si on ne tourne pas autour du pot ! Je ne sais pas ce que cette machine mouline, mais c’est d’un long !
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(La machine à penser)
– Oui, bon, c’est pas la peine de mettre la pression mon vieux ! Entre l’idée et sa réalisation, si nous allons trop vite, nous n’en réaliserons que la moitié. Et encore, l’estimation est généreuse !
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(Les bras)
– Bien, je crois que c’est le moment pour moi d’intervenir.
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Ainsi fut fait.
L’hameçon fut choisi à ventouse, pour ne pas léser la surface de la géante rouge.
Le moulinet actionné réduisit rapidement la distance, bientôt la machine accosta la surface et les idées purent déambuler sur Xylil.
Ce n’est pas que le Gyrus cédait à la pression mais bon, …
Visiblement la géante était déserte. Toute sa surface était recouverte d’ondes dont la longueur se situait à environ 650 nanomètres.
Les idées de jeux s’amusèrent à surfer sur les vagues avec de grands éclats de plaisir. Toutes sortes d’idées jaillissaient de nulle part et se joignaient à l’allégresse générale. Et ça faisait un de ces boucans…
Jusqu’au moment où un crépitement puissant se fit entendre, couvrant tout le boucit.
Pardon, couvrit tout le boucan.
Toutes les vagues se figèrent.
Toutes les idées restèrent sidérées.
La conscience de la rencontre avec la différence de nature venait d’arriver.
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Suite de ce quatrième épisode ici :
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Vagues rouges

Identification d’une pensée d’amalgame de tons sur ton en train de surfer.

 

 

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