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Archive for novembre 2015

J’étais partie pour écrire un truc, et me voilà à lire ce drôle de livre acheté en écosse, lors de mes dernières vacances. Ce recueil de nouvelles extraordinaires m’a attirée par on ne sait quelle force mystérieuse à laquelle je ne pu résister. Dix jours ! Très exactement dix jours que je l’ai posé sur la table de nuit, que je le regarde, intriguée. C’est que ce livre a quelque chose d’inhabituel. Il me semble que chaque fois que je pose les yeux sur lui, il est identique et pourtant différent, il me laisse une impression étrange, comme quelque chose qui vit mais dont on n’arrive pas à saisir la progression, un sentiment vague, incertain, mais si troublant, qu’il en est obsédant. Bref, ce bouquin s’est emparé de moi au moment où je me décidais enfin à écrire pour l’agenda ironique de novembre chez Madame l’écrevisse turbulente. Y’a pas à dire, elle a les antennes coquelicot, madame l’écrevisse, le stylo leste et l’ironie malicieuse, avec son fameux cronotruc trope qui sonne comme une pseudo farce, de chez Balthazar Dali. Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ? Balthatruc Julio quelque chose en zar ? Oui, c’est bien ce que je disais, elle ne recule devant aucune mer sargastique, devant aucune reproduction d’anguilles à la mode de Caen, mais moi, ça me laisse muette. Tenez-vous bien, elle nous distribue deux pages blanches au milieu d’un livre et dépatouille toi avec ça. Voila-t’y pas que je me suis gratouillé les neurones, tournillé en tout sens les longues synapses ralenties par l’espace sidéral de toute cette blancheur. Neigeux, ralentissant, déconcertant, va falloir trouver une pirouette mais pour l’instant, vu que rien ne vient, j’ai escamdépétré la touche de mon clavier où je m’échappe lâchement, et me voilà avec ce livre bizarre qui me nargue le cerveau en me tenant littéralement sous l’emprise des mots qui déroulent leur histoire au fil des heures d’insomnies. La bonne excuse diront certains, bien en peine de faire autrement rétorquerait vertement d’autres. Ma mauvaise foi reprend du champ ? Non non non ! Jamais de la vie ! Oh, et puis zut, il faut toujours un bouc émissaire alors quoi ? Si ce n’est pas moi qui décontourne la non idée alors c’est bien que la double page immanuscrite ne me dis rien qui vaille. Une écrevisse écrevissante, c’est donc louche et forcément à l’origine de ma non défaillance de mots serrés à côté des mes idées. De mes pompes ?
Voilà, c’est encore mon guide de conscience qui cause. C’est que dois-je dire, je l’ai vu, pas plus tard que cet après-midi, posé sur un radiateur, dans un bureau officiel. Si le message m’a fait sourire alors, son retour du refoulé du soir me fait grincer des dents. Non, je ne délaie pas du mot histoire de faire comme si, je suis prise par l’intensité d’un livre hypnotique qui ne me fait pas dormir.
Minuit a sonné depuis un bon moment, le silence épais m’entoure de son coton amortissant. Ce livre me fait penser à ceux d’Edgar Allan Poe. Le genre de scénario qui saisit bien les tripes, les noue, les serre, les tourne et les retourne, te tient en haleine, jusqu’au dénouement le plus sordide qui soit. Au fur et à mesure de mon avancée, il me semble que la forêt de la couverture devient de plus en plus sombre, épaisse. Et puis il y a cette silhouette à la fenêtre du manoir. On dirait bien qu’Edward Rochester et Jane Eyre sont là, ressuscités d’entre les souvenirs de lecture d’antan. Ces ambiances lourdes et agitées ont toujours eu le don de me captiver. Juste au moment où le chat noir traverse le jardin sous la pleine lune, je tourne la page 127, trois heures sonnent à l’horloge de la salle à manger, les caractères s’effacent alors et me voilà saisie dans une spirale et aspirée entre les deux pages. Le livre se referme sur moi. J’essaie de bouger un orteil, puis deux. J’écarte les pages pour ouvrir le livre. J’en sors. Même pas écrasée, comment ai-je pu tenir ainsi entre deux pages, aplatie, sans volume ? Serait-ce un rêve, me serais-je endormie ?
Page 128-129 ? Je ne sais pas trop. Les chiffres n’y sont plus. Je tiens le livre ouvert entre mes mains. Le papier est blanc comme neige. Je n’ose plus tourner une seule page de peur de repartir dans un autre endroit car ma chambre n’est plus la mienne et pourtant je m’y sens comme chez moi. Il y a une cheminée où flambent quelques grosses bûches. Un fauteuil où dort un homme, que je ne connais pas, et ce sentiment de le connaître pourtant. Le décor a quelque chose de familier. J’entends le chat miauler dans le jardin, gratter à la fenêtre. Je le fais entrer, il vient se frotter à mes pieds, puis saute sur le lit et se met en boule contre mon flanc, en ronronnant de plaisir. Il a l’air d’adorer les caresses, il semble me connaître.
Je reprends le livre là où je l’ai laissé, cette fois une inscription bien lisible s’est affichée sur les deux pages.
« Réveille le, il a quelque chose à t’apprendre ».
« Mais qui-est-ce ? Me demandai-je intérieurement ».
Le livre m’entend, il me répond. Des phrases se forment et me répondent. Je me pince le bras, ça fait mal, je ne dors pas. Mais est-ce bien sûr ? Et si la sensation de douleur faisait partie de mon rêve.
Je décide que l’incertitude n’est pas si importante que ça, le livre me dit que c’est mon arrière grand-père. Alors je me lève et vais le réveiller, et découvrir ce qu’il a à m’apprendre.
– Ah, enfin ! Tu es là !
Il se lève, me serre dans ses bras, m’embrasse.
– Je suis revenu d’entre les morts pour te raconter le drame, de là haut je vois bien qu’il te hante au point de t’empêcher de vivre, et tant que tu ignoreras l’héritage qui est le tien, tu vas errer, t’égarer, et ne rejoindras pas ce chemin d’harmonie qui t’est destiné. Assieds-toi, écoute moi attentivement, pose moi toutes les questions que tu veux, nous sommes hors du temps, dans une poche d’éternité, nous ne sommes pas pressés, ensuite, je repartirai dans mon monde et toi dans le tien, et tout changera pour toi comme pour moi.
Et le voilà qui me raconte sa naissance, la rencontre avec mon arrière grand-mère, la naissance de mon grand-père, l’enfant non reconnu, élevé par une mère célibataire, à cette époque, ça pesait lourd. Ce grand-père de père inconnu qui travaille chez son père une fois adulte, un père qui veut léguer sa ferme à ce fils illégitime mais sans dire les raisons, qui en est empêché par sa sœur, vieille fille aigrie avec qui il vit, qui craint l’opprobre du scandale si toute l’histoire venait à être découverte. Et lui qui cède, qui abdique, abandonnant son propre fils à une réputation estimée plus importante, à une sœur qui ne veut rien entendre. Voilà toute l’histoire, me dit-il. Cette fois, je t’offre un mot d’excuses pour ton concours, ma chérie. Tu n’auras qu’à ouvrir le livre à la page 128.
Voilà, de retour sur le blog, madame l’Ecrelicot, ce mot d’excuse de mon arrière grand-père.
« L’embardée des souvenirs d’ancêtre se lisent à la croisée de vos deux pages vierges quand sonnent trois heures. Merci madame Turbuquelicot de m’avoir permis de connaître ma descendante. »
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Ma deuxième proposition à l’agenda chez Martine, dixit turbulente écrevisse coquelicot, ici :
http://ecriturbulente.com/2015/11/05/agenda-ironique-du-mois-onzieme-cest-parti/

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Ils s’étaient planqués derrière un muret pour suivre les expériences mystérieuses de Louisette Dezan et d’Herman Castain.
Depuis dix jours, tout le village est en effervescence. Ces deux là sont des scientifiques connus dans le monde entier pour leurs découvertes fracassantes, et les voilà qui viennent s’installer pour des soit disant vacances au fin fond du pays des forges de Moisdon la Rivière, à faire des allers-retours incessants de l’épicerie à la pharmacie, l’herboristerie à la quincaillerie, du village à la villa, intriguant au plus haut point, tant et si bien qu’une réunion extraordinaire du conseil municipal fut mandée, de façon exceptionnelle, eut lieux, houleuse, où la polémique fit rage, et où le maire, Jean Lamine, fut sommé de nommer deux enquêteurs chargés d’élucider les pseudos vacances de nos deux suspects, ou tout au moins de les surveiller au plus près, afin de calmer les inquiétudes.
Il faut préciser que Louisette est à l’origine de la machine à remonter les bretelles qui fait fureur chez les chefs d’entreprise ainsi que chez les enseignants, du réducteur de temps libre utilisé couramment par ceux qui le récupèrent, de la fiole de survie qui prolonge indéfiniment l’agonie de ceux qui refusent de mourir, et enfin, du sérum anti-vérité mis au point par Lapalitruisme plus tard et utilisé pour détourner les chercheurs de vérités de leur mission. Castain, quant à lui, n’avait eu que le malheur un jour d’en verser une goutte dans son vin, et de constater qu’il avait aussi la qualité de rendre n’importe quelle piquette aussi délicieuse qu’un grand cru. Ce qui généralisa l’emploi qu’on en fit chez les viticulteurs, et guérit définitivement de toute consommation vinicole les chercheurs de vérités vraies encore en activité. Mais eut pour conséquence désastreuse d’éloigner définitivement tous les consommateurs de vin de leurs propres vérités. Les laissant irrémédiablement et définitivement à la merci des vents changeants des milieux ambiants. Castain avait une coquetterie, celle de vouloir qu’on l’appelle non pas par son prénom, Herman, qu’il détestait cordialement, car il lui donnait l’impression d’être une tortue de terre, mais par celui de Victor, je vous laisse deviner pourquoi.
Roger et Adrien étaient donc chargés de la filature. Et c’est armés de leurs jumelles qu’ils tentaient parfois un jet d’œil équipé au dessus du muret. L’œil tombait de l’autre côté, relié à une optique de la jumelle, correspondant à la vision gauche, reliée à celle de l’œil droit resté de l’autre côté dans son orbite, ainsi à deux ils réussissaient à obtenir une vision à peu près complète de la situation, du moment qu’ils n’envoient pas en éclaireur l’œil du même côté, enfin, je veux dire, œil droit et œil droit, ou œil gauche et œil gauche, puisqu’il fallait bien qu’ils l’envoient du même côté du muret pour y voir quelque chose… La technique peut sembler complexe. L’explication aussi d’ailleurs. Probablement parce qu’elles l’étaient vraiment. Car le temps imparti ne pouvant dépasser cinq minutes de jet, régulièrement, ils devaient consulter leur trotteuse et ramener le globe oculaire en bonne place. Le risque étant de perdre un œil. Enfin, plus précisément, la vue de l’œil trop longtemps hors de son logement.
Et ils voyaient.
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livre-page-banche
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Il y avait une machine posée dans le jardin.
Une grosse machine avec des rouages.
Une machine qui ne rentrait pas dans une pièce de maison tant elle était grosse.
Une machine qui ne ressemblait à rien.
Une grosse machine qui ronronnait.
Pas comme un chat, non !
Comme un moteur mais pas ordinaire, plutôt comme une abeille, enfin, une ruche d’abeilles, un ronron bourdonnant comme un milliard de guêpes, comme un taon géant, comme un bourdon fou, bref, ça sentait la machine de guerre.
Louisette et Victor allaient et venaient, alimentant la machine de guerre d’on ne savait quoi, pendant que Roger et Adrien, bonne optique bon œil, les regardaient faire.
Parfois Louisette et Victor observaient autour d’eux, comme s’ils craignaient d’être épiés.
Puis, reprenant leurs activités, ils allaient, venaient, remplissant de temps en temps un réservoir situé à l’arrière de la partie visible par les deux espions, rendant impossible toute identification du carburant employé.
C’est à ce moment précis qu’elle est passée à vélo.
La femme du poète venue rendre visite à son cousin le maire.
Gala Eluard.
Bref, c’est à cet instant précis qu’une effluve parfumée vint caresser les narines de nos deux sentinelles postées un œil en avant et un en bonne et due place.
Gala adorait les parfums capiteux.
Adrien jeta un coup d’œil gauche sur sa montre.
– Il est trois heures moins le quart, chuchota-t-il.
Il y a eu un bruit étrange.
La machine crachotait, prise de toux, jusqu’à l’essoufflement. Elle eut un ou deux sursauts, puis ce fut le silence.
L’alarme de temps sonna. Celle d’urgence, au cas où un oubli provoquerait l’irréparable.
Vite, il fallait rentrer l’œil dans son logement. Mais trop tard, ils étaient repérés.
Louisette et Victor se précipitaient déjà vers le muret.
Gala tenta bien de les distraire en les saluant de loin, d’un large mouvement du bras, montre de sympathie. Mais la sonnerie toute discrète soit-elle les avait trahis.
Ils furent débusqués rapidement, et, faisant mine de se réveiller d’un long sommeil, se levèrent en se frottant les yeux.
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Deuxième page blanche
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Louisette et Victor les regardaient, interloqués.
– Qu’est-ce que vous avez fait à vos yeux ?

– On dirait des œufs au plat oubliés sur le feu ! Noircis mais que d’un côté !
– Des yeux au plat, oui… pff, ça ne vous donne pas bonne mine.
– Et puis vous faites quoi ici ? Vous n’avez donc rien d’autre à faire que de vous pocher les yeux derrière un muret ?
Roger et Adrien ne se laissèrent pas déconcerter pour autant, et contre attaquèrent du tac au tac.
– Mais c’est quoi encore cette machine bon sang ?
– C’est bon, on a compris. Qui vous envoie ?
– Répondez d’abord !
– Non, vous d’abord !
– ça risque d’être long, s’il n’y en a pas un pour commencer.
– Vas-y Louisette, explique leur.
– C’est une machine à distordre le temps.
– Whouah ! Ambitieux, mais arrêtez de vous payer nos têtes !
– Si elle vous le dit, bande d’incultes !
– On a lu Henri Bergson, nous, au moins !
– Qui c’est encore, ce Henri qui sonne ?
– Pfff ! Mais qu’est-ce que ça va apporter encore comme fléaux à l’humanité votre truc, faut vous calmer là !
– Et bien justement, distordre le temps permettra à chacun de se rapprocher de son passé et donc de se pencher davantage sur son futur, d’avoir une mémoire plus large, d’acquérir plus de conscience.
– Oh beh il est p’t’être temps, là, avec vos conneries, voyez dans quel état vous avez mis la population.
– Oui, bon, ça va ! On pouvait pas deviner que ça allait être utilisé de cette façon ! Au départ, l’idée, c’était d’inventer un vaccin contre le fatalisme et la résignation, on n’a pas eu d’pot, c’est tout !
– Ce sont tous les autres qui n’ont pas eu de chance imbéciles !
– Vous auriez au moins pu chercher l’antidote à vos dégâts !
– Et vous avez pensé aux conséquences imprévues de vos découvertes avant d’essayer de les découvrir ?
– Impossible de les prévoir, il faut les inventer pour le savoir. Et puis les questions d’éthique, vous savez, ce n’est pas notre partie. Nous on est des chercheurs, c’est tout !
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– Tiens, on est beaux, avec des chercheurs pareils. Et vous croyez que de remonter les bretelles à des vertus pédagogiques a des vertus pédagogiques ? Que le réducteur de temps libre est une avancée de l’humanité ? Que la fiole de survie va faire disparaître le pire en retardant la mort ? Vous êtes des doux rêveurs dangereux. Des vrais cinglés, ouais !
La machine fit pof pof dans un grand bruit de suffoquement et soudain se remit en marche.
– Et aller ! C’est reparti pour on ne sait quoi encore !
Plus la machine amplifiait son ronronnement, et plus l’environnement semblait se tordre, comme fondu. Les visages coulaient littéralement, se gondolaient, comme ramollis. Même la machine semblait se disloquer, et pourtant, elle tournait toujours.
– Mince, s’écria Louisette catastrophée. J’avais oublié que le temps gouverne la matière. Victor, fais quelque chose, pour une fois.
– Merci pour le « pour une fois » ! C’est toujours à moi de résoudre les complications. Comment on le coupe, ce truc ?
– Va savoir…
– J’ai les doigts tout mous, je ne peux même plus actionner l’interrupteur…
Et voilà,
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dali

Dali’, Salvador (1904-1989): The Persistence of Memory (Persistance de la memoire), 1931. New York, Museum of Modern Art (MoMA) Oil on canvas, 9 1/2 x 13 (24.1 x 33 cm). Given anonymously. 162.1934*** Permission for usage must be provided in writing from Scala. May have restrictions – please contact Scala for details. ***

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C’est de cette terrible découverte fortuite qu’est né le fameux tableau de Dali, lorsqu’il a eu connaissance de la chose.
Car pour finir, Gala, prise par l’élan de la bicyclette et se rapprochant d’eux pour les rejoindre, avec son aura de fragrances enivrantes, avait à nouveau provoqué l’arrêt de la machine infernale.
Il était exactement trois heures à la montre d’Adrien.
Juste trois heures.
Et les deux pages blanches maintenant étaient recouvertes d’inscriptions, juste à temps pour éviter l’irrémédiable.
Le parfum avait eu un tel impact sur la mémoire du temps que toute les déformations s’étaient estompées à l’arrêt du moteur. Et lorsque des années plus tard elle raconta l’aventure à son mari, Dali, qu’elle n’avait pas encore rencontré alors, il en fut inspiré au point de reproduire la vision d’un monde presque mort, défiguré, déformé, tordu, la vision d’un monde qui aurait pu être le nôtre aujourd’hui si le parfum de Gala n’avait fait reprendre sa consistance au temps.
Pour ne pas inquiéter par trop de réalisme, le tableau fut baptisé «  la persistance de la mémoire ». Il ne mit pas en scène les personnes, seul un animal, (est-ce un canard, un cheval ?), figure l’existence d’une vie gisante ou d’une mort figée.
La machine fut démontée, les plans détruits, le projet oublié à jamais.
Louisette et Victor continuent des recherches faisant plutôt état d’observations et d’analyse que réellement de créativité en matière scientifique.
Mais on n’est pas à l’abri d’une trouvaille expérimentale inopinée, d’une idée folle faisant irruption, d’un éclair de génie louable ou dangereux.
Bref, on n’est pas à l’abri d’une récidive illuminée de Louisette Dezan et Victor Herman Castain.
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Sur une proposition de Martine pour l’agenda ironique de novembre, voici mon premier texte.

http://ecriturbulente.com/2015/11/05/agenda-ironique-du-mois-onzieme-cest-parti/

 

 

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My Sweet Rose (or Soul of a Rose), John William Waterhouse 1908.
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C’est que le rosier,
Poussé par on ne sait quelle force,
Tentait bien de grimper,
Par dessus le muret.
Chaque matin il gagnait,
Quelqu’humbles centimètres,
Et chaque soir elle venait,
En belle châtelaine,
Mesurer la poussée,
humer en son haleine,
Que le rosier restait,
Sans trop se perdre ailleurs,
Dans son jardin de cœur.

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