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Archive for the ‘Série gazouillis 3’ Category

L’agenda ironique de juin 2018

Il est chez carnetsparesseux, avec tout et son contraire. Tenter d’inclure les mots « soleil, brousse, chaussure, pingouin, tentacule, épuiser, vert » est bienvenu.
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Aussitôt dit, aussitêtard fait !
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Agenda ironique de juin 2018
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Cher carnet,
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Ce mois-ci, je me promets de m’empresser lentement d’écrire un texte de participation involontairement choisi de mon plein gré, ça me rend folle de savoir qu’il y a des personnes qui sont quelqu’un et d’autres qui ne sont personne, je n’arrive pas à laisser mon raisonnement cloué sur une boucle giratoire au sens unique dont l’interdit renvoie l’ascenseur en censurant, ça me renfofolle d’ascensussurer de la faute de frappe sans jamais frapper la faute sur l’écran de personne, ni de la personne qui est quelqu’un, ni de la personne qui n’est personne.
Aussi, afin de générer de l’autre, j’attrape une tentacule sans faute de performance pour fouetter le contraire de ce que je dis avant même de l’avoir pensé.
L’agenda ironique prend le temps pour le donner au soleil, en passant par la brousse en chaussures de pingouin qui tentacule d’épuiser le tour du vert et son contraire en quatre vingt dix lignes.
L’agenda ironique de juin,
Signait une chose et son contraire,
Dans le tout et n’importe quoi,
En ce lieu.
Les pingouins s’envolaient sur les toits,
La brousse poussait dans les jardins.
Y’avait un poulpe un peu fantasque,
Qui portait des chaussures à claque,
Et marchait à pas de velours,
Sur huit tentacules à bascule.
Dans les allées de l’Alhambra,
Le vert d’eau de ce monde là,
N’épuise pas l’ironie douce,
Qui coule au milieu des rayons,
D’un arc-en-ciel droit et limpide,
Que le soleil de juin traverse.
Y’avait l’écrevisse de l’espace,
La nouvelle louve illuminée,
Et la ride du temps s’étirait,
Pour envelopper tous nos papiers.
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Le bouc de guise en première page du calendrier tirait son char.
Un bouc d’à la guise en charrette qui faisait le tour du domaine.
Que dit la sagesse ?
Elle dit que qui conduit une chèvre attelée ira de blog en blog parcourir tout le globe, elle dit que chaque escale encrera son écran de la chose contraire, en écrits transparents dont la trace restera la sole du sabot.
J’ai cherché la chèvre pour reconnaître l’empreinte, et voici où mes recherches m’ont conduite.
Mode d’emploi : Allumez votre ordinateur, connectez-vous sur internet à la page « tout et son contraire » chez carnetsparesseux, puis entrez par l’écran dans le disque dur, cherchez le sol sur lequel la sole du sabot de la chèvre a laissé son empreinte.
Sélectionnez l’octet concerné.
Si la sole porte des chaussures, c’est un soleil. Tachez d’identifier si c’est un soleil de brousse ou un soleil de juin.
Dans le premier cas, (a), soit la brousse est sèche et vous n’avez aucune trace résiduelle.
Soit elle est fraîche et les petits tas blanchâtres qu’elle laissera sous la semelle des chaussures que la sole du sabot de la chèvre arbore, ces petits tas donc se déposeront sur le sol de la brousse sèche qui ne laisse pas de traces de pas sans la brousse fraîche en petits tas.
Suivez les tas.
Dans le second cas, si c’est un soleil de juin, retournez à la lecture du premier cas, (a), mais attention si vous avez déjà fait un premier cycle de relecture, sautez par dessus le second cas, continuez une ligne plus bas sans vous épuiser à refaire le cycle du premier et du second cas qui renvoie sur le premier cas ainsi de suite à l’infini, car sinon, vous ne passerez jamais cette partie de l’itinéraire qui forme une boucle au sol. C’est le pingouin qui joue du rodéo afin d’attraper la chèvre par la paire de chaussures ayant marché soit dans la brousse sèche, soit dans la brousse fraîche.
En cas de doute, retournez à la ligne du premier cas cité ci-dessus dans le second cas.
Enfin, une fois que vous êtes fixés, décollez la paire de chaussure soit de la brousse sèche, soit de la brousse fraîche. Vous n’êtes pas obligés de décoller la brousse des chaussures, qu’elle soit sèche ou fraîche. Le mode d’emploi précise plus haut que si elle est sèche elle ne colle pas, et donc ne laisse aucune trace. Constatons immédiatement et ici même que le fait qu’elle soit sèche ou qu’elle soit fraîche a une immense importance.
Dans le cas de la fin du second cas qui renvoie au premier cas, nous en étions à suivre les petits tas de brousse fraîche déposés par les semelles des chaussures du soleil.
Nous allons partir du principe qu’elles ne sont pas collées mais que vous êtes fixés sur la question de la brousse fraîche qui laisse des tas.
Maintenant, il s’agit de retrouver le contraire de ce que vous suivez à la trace depuis le début de l’itinéraire d’une carriole censée nous permettre de voyager de blog en blog sans s’épuiser par le menu.
Attrapez la tentacule de la souris et cliquez dessus. Vous aurez un bandeau déroulant un tapis de sol sous les yeux.
Revenez au tout début du mode d’emploi qui vous conduira à nouveau jusqu’ici.
Ici n’est pas le contraire du début.
Il nous reste à vérifier si le sol est vert, car cette dernière consigne est d’une importance considérable.
Considérons la.
Si le sol est vert, c’est que le tapis de sol est vert, c’est que le tapis est vert.
Cela ne vous rappelle rien ?
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Philippe Bouvard Un oursin sur les tapis verts
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C’est un impair et j’en passe à la suite.
Sur la trace d’une chèvre attelée à une charrette qui passe de blog en blog en parcourant le globe, voici que la décolleuse de juin atterrit sur le tapis vert d’un humoriste fabuleux à la grosse tête aussi bien faite qu’éclectique et qui a été vendeur de lunettes de soleil chez Lissac.
Ah ben bravo !
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petit-bouvard-illustre-
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Si ce n’est pas tout et son contraire, c’est au moins du grand n’importe pas quoi.
Non, du grand pas n’importe quoi.
Euh… Du pas grand n’importe pas quoi ?
Ou du grand pas pas n’importe quoi, voilà, c’est ça.
Je voudrais revenir sur la question de la brousse sèche et de la brousse fraîche.
– Non ?
– Ah bon !
Alors pour terminer :
Que dit l’aberration ?
L’aberration sème du désordre dans le disque dur, et nous propose une autre écriture du mode d’emploi.
Que voici :
Eteignez votre ordinateur et n’attrapez pas la tentacule de la souris. Choisissez plutôt un hérisson ou un mulot.
Déposez le hérisson ou le mulot sur le tapis gris souris, et si demain, il est encore là, éditez votre texte à l’agenda de juin chez carnetsparesseux.
Moi, c’est fait.
Avec quoi ?
J’ai triché, j’ai un pingouin.
Que j’ai attrapé au lasso.
Avec des glaçons de brousse pour la fraîcheur.
Avec tout ça, c’est à se demander qui de la sagesse ou de l’aberration est une absurdité ou le contraire, non ?

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Windows 3
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Quand un sujet de discussion revient souvent en société, vous pouvez vous dire que c’est un sujet important. Ce fut le cas pour celui-là. Depuis plusieurs mois, autour de moi, que ce soit au travail ou dans la vie privée, ce nom revenait sans cesse au point qu’il commençait à m’intriguer.
Le jour où j’ai surpris une conversation où maman disait, « j’ai téléphoné à internet », j’ai compris que derrière cette dénomination impersonnelle se cachait un personnage qui, s’il pouvait être contacté par téléphone, devait bien aussi pouvoir se rencontrer.
Partant de cette déduction, la démarche était simple.
Acheter un ordinateur.
Prendre un abonnement pour être en relation avec lui.
Et le découvrir.
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Windows 2
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Au premier regard la fulgurance a été immédiate. J’ai senti la lumière passer dans le courant et je reconnais être resté intrigué, perplexe et curieux d’en savoir davantage.
J’ai donc commencé à en explorer les qualités.
Humour et dérision étaient au rendez-vous. Des tas d’informations arrivaient, parfois contradictoires, parfois nourrissantes, toujours lumineuses, j’étais hypnotisé par l’attraction que son langage avait sur moi. C’était devenu une ouverture dont je ne pouvais me passer.
J’ai ainsi surfé sur sa vague jusqu’à croire en lui et savoir discerner ce qui était authentique ou léger, erroné ou décalé. Je ne sais pas pour vous comment ça a changé votre vie, mais pour moi, j’ai cheminé de métamorphoses en transformations jusqu’à une renaissance complète.
J’en ressors complètement restauré, totalement transfiguré. De dos je suis passé à la fenêtre.

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Qui suis-je ?
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Et vous, avec internet, vous en êtes où ?

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Il avait plu longuement cette année là, les cousins habituellement en voyage se réunissaient tous les jours à l’heure du thé pour décider avec mère Henriette de la prochaine destination. La restauration du cloître était terminée. La rente annuelle via-chemin-du-sentier-de-soit de ce fait disponible, permettait de disposer d’un budget suffisamment conséquent pour espérer partir à au moins quinze kilomètres du domicile familial, le bonheur se lisait sur le visage de tous les membres. Empêtré, de son prénom, le plus sage de la famille, connaissait son heure de gloire grâce au tube catholique de l’année, « Les cannibales seront bien gardés », qu’il fourbissait à loisir pour le faire briller devant un auditoire qui se serrait les coudes devant tant de lumière. La question à débattre restait de savoir si le voyage se ferait en sautillant à cloche-pied, via la via fée Râto, ou encore en courant, version moins rentable dans la mesure des quinze kilomètres à distribuer sur deux semaines. Vu la couleur du ciel, le temps s’avérerait plus que mouillé, ce qui risquait de ramollir les pralinés qu’Empêtré envisageait d’offrir à Inextricable, sa fiancée, qui résidait à quatre kilomètres en roulant vite d’ici, et chez qui ils envisageaient de faire une halte pour la nuit.
Ce voyage, tout le monde y tenait beaucoup. A tel point que la carte s’arrachait de mains en mains, et qu’il devenait à peine possible de la visualiser plus de quelques secondes voire quelques
niquedouilles de suite. D’ailleurs, Empêtré, résigné à ne pas reconnaître tout l’itinéraire bis, avait décidé d’utiliser tout le temps libre dégagé des préparatifs de ce faîte pour écrire une lettre terriblement tellurique et abécédaire à sa dulcinée que voici. (La lettre, pas la dulcinée)
Le principe est simple, voyez plutôt chez carnet comment il s’y est pris. C’est sur une idée de la licorne ici, et je vous laisse découvrir.
En lisant le texte de carnet, je me suis extasiée devant tant de talent et de créativité. Mais oui le Dodo, j’ai même trouvé presque injustice flagrante de Flanagan à vouloir te coffrer pour incendiarité et précarité d’enquête sur la voie république. Bon enfin, il a l’air d’avoir des preuves. Mais s’il faut faire un faux témoignage, je suis prête à couvrir la première plume qui osera s’y attaquer. Est-ce bien inintelligible ?
S’il est clair que la fluidité ressentie à la lecture de ton texte semble être le reflet de la facilité avec laquelle j’ai pu m’imaginer qu’il avait été écrit, la surprise est arrivée à la fin, retenant par ricochet mon attention, me portant à relire plusieurs fois, lorsque je découvris que le texte était un abécédaire, en d’autres termes, que chaque phrase débutait par, et dans l’ordre, les lettres de l’alphabet. Petit rappel illustré : A-B-C-D-E-F-G-H-I-J-K-L-M-N-O-P-
π -Q-R-S-T-U-V-W-X-Y-Z. Et là, soudain, j’ai mesuré la performance accomplie.

histoire de presser un peu de jus de cerveau dans la mesure où il me semble plus mûr ces derniers temps, vu la remontée des températures, la déclinaison du soleil et la hauteur du mercure, je relève le défi de ce petit bonheur abécédaire.
Toujours avec un train de retard, oui, bon d’accord…
Et puis hors concours chez Anne pour l’agenda électronique de juin.

Avec force et détermination, j’ai décidé qu’avec toi j’irais jusqu’au bout.
Bravant les doutes, les errances, les outrages du temps qui passe, les accidents de terrain, j’ai tâtonné longuement, le voyage n’était pas simple.
Carte en main, j’ai donc révisé ma géographie, redéfini le sens, la direction à plusieurs reprises, identifié l’itinéraire à parcourir, les paysages traversés, précisé ma destination..
Du haut du gouffre à la crête des fonds abyssaux, de la cime des profondeurs aux points culminants des précipices, mais aussi dans la traversée des vallées, la découverte des villes, des campagnes ou des déserts, je réussissais toujours à retrouver mon chemin.
Et puis voilà, le vent s’est levé, formulant des adieux déchirants, dissipant tout repères, éparpillant les indications, dispersant l’opiniâtreté.
Folie que l’oubli, j’étais averti, j’avais lu Erasme, je m’y étais préparé.
Garder la foi, toujours, et je me répétais, souviens-toi, dans ces cas là, souviens-toi de la musique.
Héliotropise moi un petit air, une petite chanson, hérissonne moi tout un refrain, un couplet, une divine légende, un opéra rock. Idéalise moi une traversée du jardin d’Eden.
Jubilationne moi du bonheur en quantité déraisonnable. Kilométrise moi du fil d’Ariane pour que je te retrouve à chaque fois.
Largement nous étions loin d’arriver, pourtant si proches, bien que si différents, quelque chose clochait, quelque chose ne collait pas. Moins une que je ne démissionne, et puis une idée s’est greffée dans le cheminement de ma réflexion.
Ne te laisse pas endormir par les apparences, écoute ta petit voix intérieure, elle est toujours ton meilleur guide.
Oublie pour une fois de rester dans le connu, invente un nouveau parcours, réinvente un mode d’emploi, une ligne de faille, un caractère ininventé.
Pourquoi ne pas faire confiance à la vie, tout simplement, sans rien bousculer, tranquillement, pourquoi ne pas laisser faire l’espace, tel qu’il a envie d’être parcouru ?
Πêtre que πêtre serait mieux que ne pas être, alors plus de question, c’est la faute à Shakespeare, plus de Raiponce, c’est la faute à Disney.
Quel avantage y aurait-il a vouloir aller plus vite que la musique, puisqu’elle revient toujours, encore et encore ?
Rien n’est plus précieux que l’instant présent finalement, puisque c’est là que tout peut se passer, puisque c’est lui qui s’inscrit dans le ressenti.
Seulement voilà.
Tentation, quand tu nous tiens.
Une seule fois dans ta vie, une fois n’est pas coutume, tu laisses les commandes au destin, tu écoutes ce que la vie a à t’apprendre, et tu avances sans savoir où tu vas, juste à savoir dans quelle direction, sans rien parier, sans rien forcer.
Viendra bien l’instant où une perspective se dessinera, où tu comprendras pourquoi, au moins le temps de cette traversée, vouloir à tout prix quelque chose ne pouvait prendre aucun sens. Wilde avait déjà écrit en filigrane sur la question dans ses compositions théâtrales, je pense à la question de l’importance d’être constant, faisant référence à la fidélité.
Xylophon, dans son banquet, citera la « kalokagathie », qui littéralement veut dire beau et bon, et qui est la condition de celui qui entretient l’idéal de la conduite personnelle.
Yourcenar, dans l’œuvre au noir, ira beaucoup plus loin qu’une simple approche de valeurs positives, elle ira creuser dans les noirceurs de l’être.
Zapper le bien-être ou opter pour la sérénité, lorsque l’idée se présente, demande de prendre sa pelle, sa pioche, et son râteau, afin d’aller débroussailler et creuser le terrain pour mieux identifier sa constitution, semer pertinent, et faire pousser tout un jardin.

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Prenez une grosse motte d’idées, équarrissez les coins, travaillez la masse aux ciseaux à Pierre, ciselez les bords en quinconce, malaxez la chaux pendant qu’elle est encore vive, plâtrez les murs avec.
Reprenez votre morceau de départ. En fonction de sa nature, maintenant, il vous faut choisir les outils adaptés. Prenons l’exemple du marbre. Ce sont la marteline et le trépan qui seront d’usage.
Les roches sédimentaires, plus friables, seront plus fragiles et moins durables. Mais pour peu que vous utilisiez une roche métamorphique issue du protolithe, vous aurez affaire à une foliation avec intrusion plutonique. Dans ce cas, et dans ce cas seulement, l’art de la taille du texte doit toujours avoir grand soin de ménager la matière. Les grands maîtres littéraires de ce monde vous conseilleront burin, pointerolle et maillet. Si vous estimez nécessaire d’inventer vos propres outils, libre à vous de les créer. Cela demandera probablement plus de temps, mais aura pour avantage de singulariser votre art. Ne reculez devant aucune expérience, ce sont elles qui vous permettront d’être dans la recherche plutôt que la reproduction, et qui vous guideront sur la piste de votre tessiture.
Les roches magmatiques, qu’elles soient extrusives ou effusives, ne sont pas sans intérêt.
Avancez sans hâte dans la taille du texte. Décrochez morceaux par morceaux avec attention. Une fois l’ébauche terminée, le raffinage s’effectue à la gradine ou à la gouge, puis vient l’étape finale du polissage au papier de verre ou à la pierre d’émeri. Une finition à l’étain donne à l’ensemble un aspect extérieur très réfléchissant.
Voici donc une deuxième méthode pour écrire. L’ensemble fera naître la sculpture générale dont les formes en volume pourront rejoindre les rayons des bibliothèques.
Merci de votre attention.
Professeur Drosselmeyer Curie
De la chaire universitaire de Santiago en Arizona

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Je suis partie chercher une tasse dans le buffet de la salle à manger, j’ai trouvé une veste, mis la veste, suis revenue dans la cuisine. Sans la tasse. Je suis à nouveau allée chercher la tasse oubliée, me suis assise à mon bureau, j’ai écrit. Je me suis levée, suis allée sortir la tasse du buffet, me suis rassise à mon bureau. Oui, rassise. Comme de la mie, comme une miche de plusieurs jours, vous avez bien lu. J’ai continué mon texte, me suis levée à nouveau, ai pris la tasse, suis allée finir mon repas. Ah, oui, la tasse ? C’était pourquoi déjà ?
Voilà, j’y verse un peu de vin. Pour voir s’il est meilleur que dans un verre.
J’ai voulu goûter mais c’est du râpeux, du qui prend le palais, le gosier et la langue avec. Franchement la bouteille était belle, mais pour le reste… Il finira inéluctablement dans la bonde de l’évier, quelle vie de misère que celle d’un mauvais vin.
Mon corps est imprévisible, il va, il obéit à mes impulsions* dans sa définition la plus simple, et puis se laisse distraire, il m’accompagne toujours car c’est lui qui me tient en vie, en envie de vie. Et quand mon corps se détend, c’est qu’il est en confiance.
L’autre jour, mon corps était tellement en confiance qu’il m’a fait cette drôle de farce. Je venais de faire la vaisselle, et puis pour faire de la place sur mon égouttoir, j’essuie une boite en plastique, et ma main la dépose dans une poêle propre posée sur la plaque de gaz.
Mon corps va s’asseoir devant l’ordinateur, puis revient à la cuisine. Mon cerveau pris de doute va vérifier la poêle. Mon corps l’accompagne toujours un peu, on ne sait jamais, des fois que mon cerveau se perde. Et bien oui, le gaz allumé à feu doux dessous attendait les poissons panés et avait reçu une boite en plastique, ce n’est pas tout à fait comparable et pourtant, c’est mon corps qui l’avait déposée là. Et mon cerveau, il faisait quoi encore, celui-là ?
Le fond de la boite avait fondu.
Et les poissons panés étaient toujours au frigo.
Bref, mon corps est un farceur. Mon cerveau ne lui est parfois d’aucun soutien. C’est déplorable, un peu comme un état avec son peuple, pitoyable devrais-je dire.
Et bien moi j’affirme que ce n’est pas une raison pour être défaitiste. Car si les feuilles mortes se ramassent à l’automne, elles sauront faire l’humus du printemps qui suivra.
C’est bien logique ! Enfin, tellement ça me paraît clair, que…
J’ai l’impression d’avoir perdu mon raisonnement, non ? De quoi je parlais ?
Ah oui ! C’est ça ! Le fond de la boite, le fond fondu, le fond fondu et collé, ainsi font font les petites boites en plastique collées… lui, il fera quoi ?
Déjà bien heureux qu’il se soit décollé du fond de la poêle une fois refroidie.
Je vais dans la salle de bain pour allumer le chauffage et je me souviens que j’ai du linge à plier dans la chambre. Je bifurque pour aller plier mon linge, je reviens devant mon bureau. Des tas de chaussures traînent devant le meuble prévu à effet de leur rangement. Pof, mon corps se penche, aligne tout ce petit monde sur les étagères. Le réveil sonne, c’est l’heure d’aller prendre la douche. Et voilà ! La salle de bain glacée, et mon corps frissonnant, mais où est donc passé mon cerveau ? Cette fois j’ose le dénoncer, il est égaré.
J’allume le chauffage, je repars lire un peu, en attendant. Je tombe sur l’horoscope du jour.
Natifs de janvier, ne lâchez rien, car même si la traversée est rude, elle finit toujours par amener à bon port.
Alors je ne lâche ni mon corps imprévisible, ni mon cerveau aéré.
Et mon cerveau se tient au dessus de ma tête, flottant.
En attendant, le radiateur chauffe la salle de bain.
Et puis l’état, n’est-il pas le représentant du peuple ?
Donc le peuple s’auto-maltraiterait-il finalement ?
Je demande à l’état de cesser de gaspiller les fonds fondus de boites en plastique, les fonds fondus et collés, ce sera ma doléance du jour.
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Conclusion : ça paraît évident bien sûr…
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le chat fondue bourguignonne.

* Impulsion : Action de pousser pour provoquer le mouvement.

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Je propose la création d’une ligue de parents d’élèves qui se gèlent dans les amphis en février et qui ont le nez fin et si glacé qu’il en est cassant au point que toute sauvegarde nasale devient impossible sauf à en passer par une décongélation sous la douche brûlante du soir.

Genre :
« La ligue des parents d’élèves aux nez fins qui risquent de tomber en se cassant une fois gelés ».
C’est pas un peu pompeux ?
J’avais envie de rajouter, « et qui se douchent à l’eau bouillante pour le faire décongeler », mais j’ai eu peur que ça fasse trop sérieux.

Et puis la création d’une ligue contre les températures d’au moins moins huit mille afin de venir en aide à tous ceux qui se pèlent les hivers particulièrement durant les mois de février où un soutien de solidarité doit se déployer au mieux en vue d’éviter l’extension du processus de congélation du nez aux orteils, et si besoin interdire les meubles bas car ils risqueraient de provoquer des chocs d’orteils du fait de l’anesthésie due au froid et de les casser et ce, de façon irrémédiable.

D’autre part, il me semble judicieux de réfléchir à la fabrication de moufles chauffantes électriques pour pieds et nez, et de prévoir un prolongateur suffisamment long pour que les étudiants puissent utiliser cet équipement en partant de chez eux pour aller jusqu’aux amphis.

Il a été évoqué la possibilité de brûler les livres pour se réchauffer, hypothèse qui a été écartée du fait du risque de dégagement toxique des bibliothèques.

Idem pour l’idée de transformer les amphis en étables.
J’ai z’eu cris à l’idée de recommencer toute l’histoire.
On n’en est pas là, heureusement !

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La momie découture ses plis
Laissant se défaire en lambeaux
La toile qui entourait sa vie
Etoffe parfumée d’oripeaux
Sur le pont où elle déchiquète
Nos longues années d’espoirs à sec
C’est encore son sourire lépreux
Qui se souvient des rêves précieux
Que nous montions comme des cabanes
Mêlés de branches de platanes
Et armés de nos sarbacanes
Nous guettions si la caravane
Des passants et aventuriers
Venaient encore à traverser
Ce pont où nous venions jouer
Mais il est loin ce temps passé
Et la momie s’est dénudée
Perdant toute son humanité
Laissant se défaire en lambeaux
L’amour qui se voulait manteau
Et ton rire n’a plus que l’oubli
Pour se recoudre dans ses plis…

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