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Archive for the ‘Série gazouillis 3’ Category

Il avait plu longuement cette année là, les cousins habituellement en voyage se réunissaient tous les jours à l’heure du thé pour décider avec mère Henriette de la prochaine destination. La restauration du cloître était terminée. La rente annuelle via-chemin-du-sentier-de-soit de ce fait disponible, permettait de disposer d’un budget suffisamment conséquent pour espérer partir à au moins quinze kilomètres du domicile familial, le bonheur se lisait sur le visage de tous les membres. Empêtré, de son prénom, le plus sage de la famille, connaissait son heure de gloire grâce au tube catholique de l’année, « Les cannibales seront bien gardés », qu’il fourbissait à loisir pour le faire briller devant un auditoire qui se serrait les coudes devant tant de lumière. La question à débattre restait de savoir si le voyage se ferait en sautillant à cloche-pied, via la via fée Râto, ou encore en courant, version moins rentable dans la mesure des quinze kilomètres à distribuer sur deux semaines. Vu la couleur du ciel, le temps s’avérerait plus que mouillé, ce qui risquait de ramollir les pralinés qu’Empêtré envisageait d’offrir à Inextricable, sa fiancée, qui résidait à quatre kilomètres en roulant vite d’ici, et chez qui ils envisageaient de faire une halte pour la nuit.
Ce voyage, tout le monde y tenait beaucoup. A tel point que la carte s’arrachait de mains en mains, et qu’il devenait à peine possible de la visualiser plus de quelques secondes voire quelques
niquedouilles de suite. D’ailleurs, Empêtré, résigné à ne pas reconnaître tout l’itinéraire bis, avait décidé d’utiliser tout le temps libre dégagé des préparatifs de ce faîte pour écrire une lettre terriblement tellurique et abécédaire à sa dulcinée que voici. (La lettre, pas la dulcinée)
Le principe est simple, voyez plutôt chez carnet comment il s’y est pris. C’est sur une idée de la licorne ici, et je vous laisse découvrir.
En lisant le texte de carnet, je me suis extasiée devant tant de talent et de créativité. Mais oui le Dodo, j’ai même trouvé presque injustice flagrante de Flanagan à vouloir te coffrer pour incendiarité et précarité d’enquête sur la voie république. Bon enfin, il a l’air d’avoir des preuves. Mais s’il faut faire un faux témoignage, je suis prête à couvrir la première plume qui osera s’y attaquer. Est-ce bien inintelligible ?
S’il est clair que la fluidité ressentie à la lecture de ton texte semble être le reflet de la facilité avec laquelle j’ai pu m’imaginer qu’il avait été écrit, la surprise est arrivée à la fin, retenant par ricochet mon attention, me portant à relire plusieurs fois, lorsque je découvris que le texte était un abécédaire, en d’autres termes, que chaque phrase débutait par, et dans l’ordre, les lettres de l’alphabet. Petit rappel illustré : A-B-C-D-E-F-G-H-I-J-K-L-M-N-O-P-
π -Q-R-S-T-U-V-W-X-Y-Z. Et là, soudain, j’ai mesuré la performance accomplie.

histoire de presser un peu de jus de cerveau dans la mesure où il me semble plus mûr ces derniers temps, vu la remontée des températures, la déclinaison du soleil et la hauteur du mercure, je relève le défi de ce petit bonheur abécédaire.
Toujours avec un train de retard, oui, bon d’accord…
Et puis hors concours chez Anne pour l’agenda électronique de juin.

Avec force et détermination, j’ai décidé qu’avec toi j’irais jusqu’au bout.
Bravant les doutes, les errances, les outrages du temps qui passe, les accidents de terrain, j’ai tâtonné longuement, le voyage n’était pas simple.
Carte en main, j’ai donc révisé ma géographie, redéfini le sens, la direction à plusieurs reprises, identifié l’itinéraire à parcourir, les paysages traversés, précisé ma destination..
Du haut du gouffre à la crête des fonds abyssaux, de la cime des profondeurs aux points culminants des précipices, mais aussi dans la traversée des vallées, la découverte des villes, des campagnes ou des déserts, je réussissais toujours à retrouver mon chemin.
Et puis voilà, le vent s’est levé, formulant des adieux déchirants, dissipant tout repères, éparpillant les indications, dispersant l’opiniâtreté.
Folie que l’oubli, j’étais averti, j’avais lu Erasme, je m’y étais préparé.
Garder la foi, toujours, et je me répétais, souviens-toi, dans ces cas là, souviens-toi de la musique.
Héliotropise moi un petit air, une petite chanson, hérissonne moi tout un refrain, un couplet, une divine légende, un opéra rock. Idéalise moi une traversée du jardin d’Eden.
Jubilationne moi du bonheur en quantité déraisonnable. Kilométrise moi du fil d’Ariane pour que je te retrouve à chaque fois.
Largement nous étions loin d’arriver, pourtant si proches, bien que si différents, quelque chose clochait, quelque chose ne collait pas. Moins une que je ne démissionne, et puis une idée s’est greffée dans le cheminement de ma réflexion.
Ne te laisse pas endormir par les apparences, écoute ta petit voix intérieure, elle est toujours ton meilleur guide.
Oublie pour une fois de rester dans le connu, invente un nouveau parcours, réinvente un mode d’emploi, une ligne de faille, un caractère ininventé.
Pourquoi ne pas faire confiance à la vie, tout simplement, sans rien bousculer, tranquillement, pourquoi ne pas laisser faire l’espace, tel qu’il a envie d’être parcouru ?
Πêtre que πêtre serait mieux que ne pas être, alors plus de question, c’est la faute à Shakespeare, plus de Raiponce, c’est la faute à Disney.
Quel avantage y aurait-il a vouloir aller plus vite que la musique, puisqu’elle revient toujours, encore et encore ?
Rien n’est plus précieux que l’instant présent finalement, puisque c’est là que tout peut se passer, puisque c’est lui qui s’inscrit dans le ressenti.
Seulement voilà.
Tentation, quand tu nous tiens.
Une seule fois dans ta vie, une fois n’est pas coutume, tu laisses les commandes au destin, tu écoutes ce que la vie a à t’apprendre, et tu avances sans savoir où tu vas, juste à savoir dans quelle direction, sans rien parier, sans rien forcer.
Viendra bien l’instant où une perspective se dessinera, où tu comprendras pourquoi, au moins le temps de cette traversée, vouloir à tout prix quelque chose ne pouvait prendre aucun sens. Wilde avait déjà écrit en filigrane sur la question dans ses compositions théâtrales, je pense à la question de l’importance d’être constant, faisant référence à la fidélité.
Xylophon, dans son banquet, citera la « kalokagathie », qui littéralement veut dire beau et bon, et qui est la condition de celui qui entretient l’idéal de la conduite personnelle.
Yourcenar, dans l’œuvre au noir, ira beaucoup plus loin qu’une simple approche de valeurs positives, elle ira creuser dans les noirceurs de l’être.
Zapper le bien-être ou opter pour la sérénité, lorsque l’idée se présente, demande de prendre sa pelle, sa pioche, et son râteau, afin d’aller débroussailler et creuser le terrain pour mieux identifier sa constitution, semer pertinent, et faire pousser tout un jardin.

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Prenez une grosse motte d’idées, équarrissez les coins, travaillez la masse aux ciseaux à Pierre, ciselez les bords en quinconce, malaxez la chaux pendant qu’elle est encore vive, plâtrez les murs avec.
Reprenez votre morceau de départ. En fonction de sa nature, maintenant, il vous faut choisir les outils adaptés. Prenons l’exemple du marbre. Ce sont la marteline et le trépan qui seront d’usage.
Les roches sédimentaires, plus friables, seront plus fragiles et moins durables. Mais pour peu que vous utilisiez une roche métamorphique issue du protolithe, vous aurez affaire à une foliation avec intrusion plutonique. Dans ce cas, et dans ce cas seulement, l’art de la taille du texte doit toujours avoir grand soin de ménager la matière. Les grands maîtres littéraires de ce monde vous conseilleront burin, pointerolle et maillet. Si vous estimez nécessaire d’inventer vos propres outils, libre à vous de les créer. Cela demandera probablement plus de temps, mais aura pour avantage de singulariser votre art. Ne reculez devant aucune expérience, ce sont elles qui vous permettront d’être dans la recherche plutôt que la reproduction, et qui vous guideront sur la piste de votre tessiture.
Les roches magmatiques, qu’elles soient extrusives ou effusives, ne sont pas sans intérêt.
Avancez sans hâte dans la taille du texte. Décrochez morceaux par morceaux avec attention. Une fois l’ébauche terminée, le raffinage s’effectue à la gradine ou à la gouge, puis vient l’étape finale du polissage au papier de verre ou à la pierre d’émeri. Une finition à l’étain donne à l’ensemble un aspect extérieur très réfléchissant.
Voici donc une deuxième méthode pour écrire. L’ensemble fera naître la sculpture générale dont les formes en volume pourront rejoindre les rayons des bibliothèques.
Merci de votre attention.
Professeur Drosselmeyer Curie
De la chaire universitaire de Santiago en Arizona

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Je suis partie chercher une tasse dans le buffet de la salle à manger, j’ai trouvé une veste, mis la veste, suis revenue dans la cuisine. Sans la tasse. Je suis à nouveau allée chercher la tasse oubliée, me suis assise à mon bureau, j’ai écrit. Je me suis levée, suis allée sortir la tasse du buffet, me suis rassise à mon bureau. Oui, rassise. Comme de la mie, comme une miche de plusieurs jours, vous avez bien lu. J’ai continué mon texte, me suis levée à nouveau, ai pris la tasse, suis allée finir mon repas. Ah, oui, la tasse ? C’était pourquoi déjà ?
Voilà, j’y verse un peu de vin. Pour voir s’il est meilleur que dans un verre.
J’ai voulu goûter mais c’est du râpeux, du qui prend le palais, le gosier et la langue avec. Franchement la bouteille était belle, mais pour le reste… Il finira inéluctablement dans la bonde de l’évier, quelle vie de misère que celle d’un mauvais vin.
Mon corps est imprévisible, il va, il obéit à mes impulsions* dans sa définition la plus simple, et puis se laisse distraire, il m’accompagne toujours car c’est lui qui me tient en vie, en envie de vie. Et quand mon corps se détend, c’est qu’il est en confiance.
L’autre jour, mon corps était tellement en confiance qu’il m’a fait cette drôle de farce. Je venais de faire la vaisselle, et puis pour faire de la place sur mon égouttoir, j’essuie une boite en plastique, et ma main la dépose dans une poêle propre posée sur la plaque de gaz.
Mon corps va s’asseoir devant l’ordinateur, puis revient à la cuisine. Mon cerveau pris de doute va vérifier la poêle. Mon corps l’accompagne toujours un peu, on ne sait jamais, des fois que mon cerveau se perde. Et bien oui, le gaz allumé à feu doux dessous attendait les poissons panés et avait reçu une boite en plastique, ce n’est pas tout à fait comparable et pourtant, c’est mon corps qui l’avait déposée là. Et mon cerveau, il faisait quoi encore, celui-là ?
Le fond de la boite avait fondu.
Et les poissons panés étaient toujours au frigo.
Bref, mon corps est un farceur. Mon cerveau ne lui est parfois d’aucun soutien. C’est déplorable, un peu comme un état avec son peuple, pitoyable devrais-je dire.
Et bien moi j’affirme que ce n’est pas une raison pour être défaitiste. Car si les feuilles mortes se ramassent à l’automne, elles sauront faire l’humus du printemps qui suivra.
C’est bien logique ! Enfin, tellement ça me paraît clair, que…
J’ai l’impression d’avoir perdu mon raisonnement, non ? De quoi je parlais ?
Ah oui ! C’est ça ! Le fond de la boite, le fond fondu, le fond fondu et collé, ainsi font font les petites boites en plastique collées… lui, il fera quoi ?
Déjà bien heureux qu’il se soit décollé du fond de la poêle une fois refroidie.
Je vais dans la salle de bain pour allumer le chauffage et je me souviens que j’ai du linge à plier dans la chambre. Je bifurque pour aller plier mon linge, je reviens devant mon bureau. Des tas de chaussures traînent devant le meuble prévu à effet de leur rangement. Pof, mon corps se penche, aligne tout ce petit monde sur les étagères. Le réveil sonne, c’est l’heure d’aller prendre la douche. Et voilà ! La salle de bain glacée, et mon corps frissonnant, mais où est donc passé mon cerveau ? Cette fois j’ose le dénoncer, il est égaré.
J’allume le chauffage, je repars lire un peu, en attendant. Je tombe sur l’horoscope du jour.
Natifs de janvier, ne lâchez rien, car même si la traversée est rude, elle finit toujours par amener à bon port.
Alors je ne lâche ni mon corps imprévisible, ni mon cerveau aéré.
Et mon cerveau se tient au dessus de ma tête, flottant.
En attendant, le radiateur chauffe la salle de bain.
Et puis l’état, n’est-il pas le représentant du peuple ?
Donc le peuple s’auto-maltraiterait-il finalement ?
Je demande à l’état de cesser de gaspiller les fonds fondus de boites en plastique, les fonds fondus et collés, ce sera ma doléance du jour.
.

Conclusion : ça paraît évident bien sûr…
.
.
le chat fondue bourguignonne.

* Impulsion : Action de pousser pour provoquer le mouvement.

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Je propose la création d’une ligue de parents d’élèves qui se gèlent dans les amphis en février et qui ont le nez fin et si glacé qu’il en est cassant au point que toute sauvegarde nasale devient impossible sauf à en passer par une décongélation sous la douche brûlante du soir.

Genre :
« La ligue des parents d’élèves aux nez fins qui risquent de tomber en se cassant une fois gelés ».
C’est pas un peu pompeux ?
J’avais envie de rajouter, « et qui se douchent à l’eau bouillante pour le faire décongeler », mais j’ai eu peur que ça fasse trop sérieux.

Et puis la création d’une ligue contre les températures d’au moins moins huit mille afin de venir en aide à tous ceux qui se pèlent les hivers particulièrement durant les mois de février où un soutien de solidarité doit se déployer au mieux en vue d’éviter l’extension du processus de congélation du nez aux orteils, et si besoin interdire les meubles bas car ils risqueraient de provoquer des chocs d’orteils du fait de l’anesthésie due au froid et de les casser et ce, de façon irrémédiable.

D’autre part, il me semble judicieux de réfléchir à la fabrication de moufles chauffantes électriques pour pieds et nez, et de prévoir un prolongateur suffisamment long pour que les étudiants puissent utiliser cet équipement en partant de chez eux pour aller jusqu’aux amphis.

Il a été évoqué la possibilité de brûler les livres pour se réchauffer, hypothèse qui a été écartée du fait du risque de dégagement toxique des bibliothèques.

Idem pour l’idée de transformer les amphis en étables.
J’ai z’eu cris à l’idée de recommencer toute l’histoire.
On n’en est pas là, heureusement !

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La momie découture ses plis
Laissant se défaire en lambeaux
La toile qui entourait sa vie
Etoffe parfumée d’oripeaux
Sur le pont où elle déchiquète
Nos longues années d’espoirs à sec
C’est encore son sourire lépreux
Qui se souvient des rêves précieux
Que nous montions comme des cabanes
Mêlés de branches de platanes
Et armés de nos sarbacanes
Nous guettions si la caravane
Des passants et aventuriers
Venaient encore à traverser
Ce pont où nous venions jouer
Mais il est loin ce temps passé
Et la momie s’est dénudée
Perdant toute son humanité
Laissant se défaire en lambeaux
L’amour qui se voulait manteau
Et ton rire n’a plus que l’oubli
Pour se recoudre dans ses plis…

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Elle se couche à minuit
Et se lève à Paris
S’endort dans le sommeil
Se réveille à Marseille
S’assoupit sous un pont
Et se retrouve à Lyon
La facétie du rêve
L’emmène jusqu’à Genève
Elle fait couler son bain
Atterrit à Pékin
Ecorche ses genoux
Pour aller à Moscou
De la douleur elle peste
Arrive à Budapest
Dans les bras de Morphée
Voyage jusqu’à Poitiers
Va se brosser les dents
Le vol tombe à Milan
Et sous la capitale
Elle remue du bocal
Dans les vents de l’Oural
Et puis quand elle se parle
Elle retrouve la ville d’Arles
Son sourire dans la nuit
La ramène dans son lit
D’où elle sort épuisée
D’avoir tant voyagé
Pris tant de longues années
A faire tous ces trajets
Et fermant les paupières
Elle termine au cimetière.

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Lunettes noires

Incognitard sous son plumage
L’oiseau vient faire son chant d’oisard
Incognito sous son chapeau
Un volatile se joue l’oiseau

Casquette dorée au coin du nez
Pour servir de lunettes cerclées
L’incognitard fait son spectacle
Dans le design de sa débâcle

Mais l’agent qui passait par là
Lui demande ses papiers en bois
Et se fait assommer de chef
Par l’oiseau rare et sa casquette

Le joli volatile plumeux
Avait sorti l’humour véreux
Pour picorer dans la foulée
Le contenu du déjeuner

Avec un oiseau à lunettes
N’allez pas lui conter sornettes
Car il risquerait de shunter
Sous sa cornette d’un coup de tête.

 

Avec mes remerciements
A celui qui m’a inspiré
Cette poésie
D’un mot foireux.
Biz, biz

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