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Ce mois-ci, véronique nous accueille avec une idée juste farfelue, de grande braderie de mots à revendre, allez-y voir.
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LA BROCANTE D’ÉTÉ ! C’EST ICI
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https://www.youtube.com/watch?time_continue=215&v=SHBGkpXgahc

 

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C’est la boule à qui ? La boule à Zéro ?

Oh, non ! C’est une boule de billard, mais géante, vu que c’est celle de Dieu.

Ah, il y est resté alors….

Où ?

Mais sur le billard voyons !

Ah bon ? Il est pas resté sur le corps ?

Le corps de qui ? Le corps de Dieu ? Le corps du Christ ?

Ah ah ! Sur le corps-billard !

Quelles belles hostilités. Vous reprendrez bien une hostie mon bon monsieur.
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« Approchez, approchez mesdames et messieurs, car aujourd’hui, grande vente aux enchères ! Dans quelques instants, de jeunes apprentis saltimbanques vont vous présenter des mots ! Un mot pour tous, tous pour un mot ! Des gros mots, pour les grossistes, des mots de tête pour les charlatans, des jeux de mots pour les artistes, des mots d’amour pour les amants. »
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Quand c’est la négresse verte qui le raconte au mot près, celui-ci réagit à peu près, ce qui le rend presque dedans.
Il était une fois une fée du jardin qui s’est arrêtée dans la ville de Juin pour monter un chapiteau où des mots vont faire leur cirque !
Il y a les tigrés du Bengale qui grondent sous les cerceaux enflammés du rire des enfants, bondissant à travers les gradins de la prononciation, effrayant au passage les mots affûtés découverts par Paul-Emile Victor dit « de la banquise en soie », qui la noue en articulant audiblement pour en faire surgir une colombe garnie de sa farce et satrape du collège de ‘pataphysique, veuillez, je vous prie, m’excuser si je reprends ma respiration.
Sorti du chapeau haut de forme, le chameau déambule, bosses à l’air, roulade à gauche, roulade à droite, crachoir serré entre les deux, la gorge déployée, tintinnabulant du gosier que la formulation demande, sinon de la hauteur, une souplesse dans les trapèzes aussi précise que complète. Ainsi, le numéro d’équilibriste qui est triste mais juste, ou tri-légiste, ou un truc comme ça, peut commencer la messe.
Certaines nuances d’air écaillent la surface, fendillant d’une coquille l’éclat de ribambelle des sens, jonglant qui d’un bas mi-long, ou long tout court, qui d’un don à se dandiner de la farce à attraper un 15 brumaire, va égaler le 19 au saut de puce et d’obstacles.
Laissez-moi souffler encore un peu, c’est comme qui dirait d’un seul trait, ou d’un jet, ou encore d’une poussée d’art, d’arche, d’Arxchimède, j’en bégaie et j’en bafouille…
Un éclair barré devient un sérum libre d’où jaillissent, fluides, les larmes joyeuses d’humeur à rebondir en cascades cristallines histoire de dévaler la roche jusqu’à son éclosion. Derrière la sieste du voile se tient le corps du mot et ses trois niveaux de lecture.
Ensuite, les timbrés de la cymbale déploient une musique à cinq balles dont les sons déboulent sur la piste aux étoiles.
– Aïe dit l’une d’entre elles, vous m’avez tordu une branche.
Mais rien n’arrête le bruit qui court sur la surface du sable, pleuvant ses notes de course folle dont la précipitation s’entasse en strates atmosphériques. A mots couverts par le bruit des cinq balles, deux otaries s’époumonent, souffle rauque, les pings expirant sur des pongs aux poings serrés comme des pelotes de laine basques.
Tout le monde se demande ce que font les basques au cirque, à part avoir les nerfs en pelote, on voit pas.
C’est bas, mais c’est là ! Cela n’est pas celer.
Enfin, un bruit du côté de chez la cognée nous sort son dédale de pluvaisons, monté sur un nez rouge Géorgien clooneysque, il est attendu depuis le début,
ce Shere khan,
il a vaincu le dragon !
là, tout s’arrête. On sert les cannelés.
La piste reprend plus tard, il est tard, la nuit commence à tomber. Un dompteur la retient, elle rétablit son équilibre. Relève un pan d’obscurité. Elle est à tomber par terre tellement elle est belle, c’est une belle-de-nuit. Par-delà le jour et la nuit, c’est le tour du vif-argent d’en faire voir aux spectateurs, les enfants applaudissent et leurs paumes s’enflamment d’une ardeur enthousiaste d’aphorisme euphorique. L’acrobatie consiste en une volée de mots à pirouetter en deux temps, trois mouvements, en direction du solstice aérien et funambulaire des antipodes.
Du coup, ça clashe. Les flashs fusent.
Voilà.
A la brocante circulaire, si vous achetez un lot, vous avez droit à une réduction de mot. Un lot de mots croisés se réduit d’une lettre en commun. Par exemple, l’esprit croisé à Windsor, après une réduction d’s devient éprit, de la rose Windor.
J’ai encore du mot dans ma musette, mais ma musette n’amuse plus personne.
Pas même moi-même.
Alors pour décapiter la tristesse, je lui cruaute un tour de joie.
Elle tourne sur elle-même à l’infini, rebondit sur le bonheur de l’échappée, et rit de toutes ses rondes qui s’arrêteront un jour.
Ce jour là, la nuit tombera.
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Quand la nuit tombe
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Quand la nuit tombe,
Elle tombe des nues,
Des nuées s’élèvent,
Dénuées de lumière,
Elles s’élèvent en chaos.
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La nuit tombe en chaos dans le ciel,
Et le ciel sombre,
Profondeur dénué de lumière,
Dans le désordre de son puits,
Sonde la hauteur des antipodes,
A la lumière de ses ténèbres.
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La nuit tombe de haut,
Quand la mesure de son écart,
Entre le point de chute,
Et son impact d’arrivée,
Au point culminant,
De sa racine du ciel,
Arrive à son halo.
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La nuit est tombée,
Sans désastre,
Sans fracture,
Mollement,
Dans l’amorti du nébuleux,
Et la profondeur du mystère.
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N’en faisons pas tout un fromage !!!
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Le bris de mots
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Les mots en verre peuvent se casser.
Ils sont curieux, ces mots en verre,
Curieux envers les vers qu’ils forment,
L’envers du mot inverse son vers,
Et son vers à l’envers fait rêve.
Le rêve revêt un vert de prusse,
Qui parle le vers sans accent,
Sur le versant d’une poérime,
Aussi versée dans la culture,
Qu’une perle plongée dans la nature
Marine où corail et nacralité,
Font plus que force ni que casser.
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Et ça recommence…
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« Approchez, approchez mesdames et messieurs, car aujourd’hui, grande vente aux enchères ! Dans quelques instants, de jeunes apprentis saltimbanques vont vous présenter des mots ! Un mot pour tous, tous pour un mot ! Des gros mots, pour les grossistes, des mots de tête pour les charlatans, des jeux de mots pour les artistes, des mots d’amour pour les amants. »
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A commencer par une panoplie complète de gros mots arrivée tout droit du syndrome Gilles de la Tourette. C’est une coprolalie de collection qui vaut son pesant d’obscénités. De grande valeur, elle a appartenu à Wolfgang Amadeus Mozart, rachetée en 1901 par André Malraux, et actuellement en attente d’acquéreur de qualité.
Un échantillon :
– Espèce d’impôt sur les grandes surfaces de brocantes de mots.
– Espèce de facture en chocolat de Pâques.
– Redevance pour la téléportation de la vitesse de la lumière.
– Crevaison de semelles en crêpe.
– Crevette des mers du Niort.
– Devoir de résistance sale petite classe ouvrière.
– Guerre des gommes en caoutchouc naturel trafiqué.
– Crotte de mouchoir de poche.
– Nain de jardin potager bio cultivé sans engrais, sans terre, sans graine, et sans légumes.
– Tronche de cake salé à la tranche en biais.
– Ours de Cocagne musical art de la renaissance.
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Tout au long de la journée, des guides ayant droit au chapitre pourrons vous conseiller en la matière, n’ayez pas peur d’aller les solliciter, ils se feront une joie de vous orienter vers le mot recherché.
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En ce qui concerne les mots derniers cris, il faudra patienter. Tous les premiers écrits sont déjà partis, mais ceux-là ne sont pas encore arrivés sur le marché à la brocante.
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Un bouquet de bons mots sera offert à tous ceux qui oseront se mesurer aux mots d’esprits. Ils paraîtront peut-être modestes à certains, à côté de la collection Copro Lalique, mais ils auront le don d’éveiller la floraison des mots roses, dits « mots de soutènement ».
Un lot usé jusqu’à la syllabe arrive par colis-lumières dans quelques secondes, si vous voulez bien les attendre, nous vous les offrirons tout chauds.
Tiens, les voilà qui arrivent.
– Bouquet de pensées.
– Bouquet de pensées.
– Bouquet de pensées.
– Merci.
– S’il vous plaît.
– Avec plaisir.
– je vous en prie.
– Les bons mots sont comme le blé dans les champs : ils moissonnent le pain du bonheur quotidien.
Beaucoup d’amis sont comme le cadran solaire : ils ne marquent que les heures où le soleil vous luit.
La réponse est oui. Mais quelle était la question ?

Le génie est un cheval emballé qui gagne la course.
Ceux qui ne savent rien en savent toujours autant que ceux qui n’en savent pas plus qu’eux.

Idiot cherche village.

Pardon ! Pour le bon tri-mot dernier, c’est une petite annonce dont nous ne connaissons pas le sexe.
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Pour ceux qui n’ont pas prévu de sacs d’emballage, nous vous proposons la spirale du bois, l’emballage copeau colimaçon qui fera fonction. Un bruit de mots peut passer à travers, mais le petit filet de mots de bon goût vendu au stand des mots gourmands résoudra grammophoniquement le problème.
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En cas de réclamation, un échange de mots aura lieu.
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Les mots d’amour ne sont pas à vendre.
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N’oubliez pas d’aller découvrir le rayon à mots couverts, reconnaissable à son bras long et son voilage discret. Ils sont idéaux entre deux portes, pour faire enfler une rumeur.
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Les mots blessants sont bien gardés. Ils sont tous rassemblés dans un mot zoo laid, parqués par genre. Ceux qui font saigner sont dans l’aquarium des piranhas, comme ça, s’ils ne veulent pas se faire bouffer, ils n’ont qu’à bien se tenir. Ceux qui brûlent ont été déposés dans du coton garni de crème biafine. Ceux qui coupent sont dans le bac à sable, seuls les mots composés sont autorisés à y entrer, ce sont ceux qui risquent le moins. Dans une grande colonne, il y a les mots des profondeurs, des capteurs tentent de les enregistrer pour décoder leur langage, les naturalistes y travaillent. Pour l’instant, on ne sait pas s’ils sont dangereux, le quartier de sécurité les surveille avant d’en faire usage, comme vous pouvez le constater, cette brocante est très sécurisée, les proscrits sont réintégrés une fois montré lettres blanches.
Pour les mots frappants, il est prévu des cellules capitonnées.
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Un conseil, méfiez vous du mot le plus long, il n’est pas toujours bien vu dans tous les milieux. Si vous voulez le prononcer, prévoyez un moment assez prolongé pour aller jusqu’au bout. Installez-vous confortablement.
On y va ?
« Jevousenferaismoidesmotslongscommedesjoursarallongequiseprennen

tpourdestablesdemultiplicationsnonméhofautpaspousser ».

Comment ça va ?
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Bouquet de pensées.
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Est-ce que les mots bleus vous tentent ?
Regardez bien mes yeux.
Oui, j’ai compris.
Vous me direz les mots bleus, ceux qui rendent les gens heureux.
Je vous dirai les mots bleus, ceux que je dis avec l’œil bleu.
Y sont inclus les mots démodés, les mots doux, les mots tendresse, les chuchotés au creux de votre oreille, et ceux qui ne sont connus que par nous.
Allons, allons, ceux-là n’ont rien à faire sur une brocante. Sauf quand c’est vous qui me les dites au creux de l’oreille, et que main dans la main, nous sommes allés y flâner.
Mais chut !
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https://www.youtube.com/watch?v=V7EOrUEUaPI
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Poisson-plume-peinture-valerie-brand-artiste-600x482
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Une plume vocabulletait,
Autour d’une encre questionnée,
Lorsqu’une ligne vint décoller,
Une explosion d’hilarité.
La flèche venait de percuter,
L’esprit de la fécondité,
En faisant vocabafouiller,
L’amour de l’orthografusée,
Au cœur de la joie révélée.
Allait-elle poser sur la lune,
La douceur de l’ange à la plume ?
Le créateur, dans un sourire,
Ouvrait le chemin de l’inspir,
Et son silence en disait long,
Sur l’étendue de la question.
Cinq cent vingt pages
Pleines de messages
Vous répondront
Comme un néon !
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Autruches sur fond bleu

Beh ! Elle est où la fusée ??? 


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jardins de l'Alhambra
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La vie nébule, doucement. Elle nébule les envers, elle déambule à travers, elle flâne, se pose doucement, hume le parfum de la rose sauvage. Oui, la vie se dépose dans la discrète bordure de sa vigne sauvage, aussi sauvage que la rose.
La tranquillité règne en maître dans ses feuillages épais, la
lambrusque habite pleinement l’espace de son intensité, de son touffu, où les maringouins viennent s’abandonner.
Leurs longues et fines pattes grenues ne laissent peser aucune lourdeur. Tout juste un léger souffle d’ailes translucides et diaphanes. Le temps s’est arrêté, la pendule vient de se taire et son balancier, étourdi du labeur de tout ce temps à se balancer, à s’en balancer, vient de s’immobiliser, goûtant au vrai temps, celui de la gratuité, celui qui ne compte pas les secondes, les minutes, celui qui sort du temps.
Une onde s’élève. Elle prend une couleur bleue électrique,
schizophrènée par l’arrêt du temps. C’est une vague céleste, une valse lente comme l’étendue vaste d’un champ de lavande parfumée d’une pointe de douceur vaporeuse parcouru du zéphyr. Rien ne bouge en surface, un remous se fait sentir en profondeur, à peine perceptible, juste un frisson. L’énergumène de la nature conditionnée va probablement s’opposer au soulèvement de ce bleu céleste en émettant un brouhaha cosmique effervescent. Ce qui remettra invariablement l’aiguille de l’agitation en cadence. Mais qu’importe, car le temps, il s’en balance, à traverser encore la vie nébule, il en retirera d’autres temps morts comme le repos de l’éternel. Et à force d’en retirer, c’est toute la vie qui refleurira.

Ecrit pour l’agenda de Mai.
Chez la plume fragile.

Animalité

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C’était une telle évidence que l’excellent travail d’observation des canalisations ne donnerait plus jamais de phlegmon à la musaraigne étrusque que la présence du muguet dans la gueule de l’espérance ne surpris personne. C’est un geste de solidarité, assura le jour férié ! L’argile donne des cahots ces derniers temps, l’oiseau noir du chagrin est venu couper la route de la joie, il s’agissait de traiter la mise en échec avant qu’elle ne réagisse à la crise de foie. Un bon dépuratif porte l’image de cet étrange langage agi, faire et refaire travailler sans cesse l’exercice haut culot particulièrement fin laissait à penser que les moyens étaient bien plus immenses qu’ils n’y paraissaient de prime abord. Nous avions affaire à un monarque fléché comme une source d’heures retrouvées. Le temps de s’en rendre compte que déjà Olivia passait à cette récolte sept prononcée dans sa langue natale.
Plus rien n’était à comprendre, la tête n’y pouvait pas grand-chose.
Probablement que la gueule de l’espérance allait galoper jusqu’à la réalisation d’un rêve à la Kaghan. Tout était sous contrôle et pourtant rien n’avait changé.
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Musaraigne pachuyre-etrusque_2.jpg
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Ecrit pour

Des mots, une histoire : récolte 6
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Chez
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Olivia Billington

L’oreille du jour

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Sablier
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Les trois dimensions du son,
Rejoindront bientôt celles des yeux.
Dans la transparence des banalités,
Dans la dissipation des opacités,
L’optique au principe d’accommodation,
Cercle d’argent et d’or l’image en résonance,
Et sa fulgurance,
Brève,
Eclate,
Le,
Verre.
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Verre
Dépoli
Quartz
Déchanté
L’espace s’efface
Et la courbe de l’oreille
Amplifie sa transcendance
Et perçoit enfin la vraie dimension
Du temps toute à sa mesure habillé en sablier …

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bottes-de-sept-lieues
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Le lac des mots en surface attire bien cette épreuve vers les profondeurs. Il suffit qu’une phrase témoigne d’un éclat particulier pour que la plongée réalise sa trouvaille de trésor, la question du sentier se balise d’impressions.
Ce matin l’impression est nette. La surbrillance est comme un électroencéphalogramme plat, elle est plate et sa bande magnétique mordore sa luminescence pour ne pas griller la célérité du trouble. Le tracé a le nez sur la planche réfléxogènique et la laque se recouvre de cygnes comme un tableau de Picagritte.
Je ne regrette pas de dire que la grille a la lettre prête, et que, dépassée par la rouille du cobalt, elle ne rend plus les faits aussi radicalement supposés qu’avant, mais pour autant, et par déposition de noble factualité, elle dépose aux pieds de la plomberie la résurgence de l’aube.
Ce matin vous suivrez en profondeur l’établicolage de la chose en récupérant, de-ci de-là, une vocab
ularité sourde, contre-testardataire, tout contre, muette comme une timbale de la république météorisée par un terrorisme abdominal dont la terreur fade et écœurante n’est pas sans rappeler celle du sang de lapin. Beurk, ne cherchez pas la surbrillance là où elle n’est pas, mais dites-vous bien que la forme n’est pas toujours le fond des artichauts, et que la forme va aller se recoucher pour reprendre l’électroencéphalogramme à la racine.
Je vous épaluche gauchement quelques baisers sur les deux joues et me vous souhaite une belle soupe de saison, et ce, pour toute la journée d’hier, tout en me confondant de légumes verts tellement la ponctuation me donn
e du rythme à l’ouvrage.
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J’irai jouer y’a d’la joie et du bonheur en allant ramasser les champignons de Paris à la truelle dans la cathédrale notre dame avec l’abbé Pierre, c’est le confesseur poinçon des lilas.
Etant donné que la pluie aura détrempé le sol, je pourrai mettre mes bottes. Véritables Aigles, je pense pouvoir prendre de l’altitude avec.
Où que soient les falaises, de mes quatre ailes en caoutchouc véritable, je ne lâcherai pas le gouvernail de mes sept lieux.
Une fois, j’ai bien cru que le chat botté allait me les repiquer.
Somme toute, je ne lui en aurait pas voulu, quoique…
Avec tout ce qu’il avait fait pour moi, il aurait encore été capable de m’en repiquer une de huit, comme la clef.
Il est bricoleur, c’est une clef de sol de huit.
Mais le sol détrempé de la pluie d’hier ne facilite pas la progression, heureusement que j’ai des aigles aux pieds.
Et puis les plumes d’aigle, c’est chaud comme des oiseaux rois.
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Voilà, je ne me répéterai pas deux fois. Sinon, ça multiplie en fois deux.
Je pourrais en faire fois deux cent lignes et de la plus belle écriture qui soit.
Mais ce ne serait pas très bonnête. Je ne sais pas ce qui m’arrive depuis, depuis… Depuis que j’ai un mouchoir en travers de la gorge, comment dire, depuis que mon appareil à casser les noisettes s’est enroué, je n’ai plus vraiment toute ma tête…
L’électroencéphalogramme ?
Mais oui, c’est ça !
Mais où avais-je la tête ?
Mon tracé est plat.
Je branche la batterie et recharge mon ECG avant de ressusciter au millimètre le papier carbone quatorze.
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bottes jardin Frais Les bottes de sept lieues de Ch¢teau du Rivau Lemere Collection
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Chez Anna coquelicot, l’agenda fourmille d’idées en avril avec la nouvelle consigne du mois, les épis sont en fleur et les imaginaires vont bon train de chemin de fer.
C’est ici :
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https://annacoquelicotimages.wordpress.com/2019/04/02/agenda-ironique-davril/

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Insolites bâtisseurs :
tant pis si la forêt se fane en épis de pereskia
tant pis si l’avancée est celle des fourmis tambocha
tant pis si le drapeau ne se hisse qu’à des hampes
desséchées
tant pis
tant pis si l’eau s’épaissit en latex vénéneux préserve la parole rends fragile l’apparence capte aux décors le secret des racines la résistance ressuscite
autour de quelques fantômes plus vrais que leur allure
insolites bâtisseurs
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Aimé Césaire
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Maintenant, je vous propose un Agenda Ironique qui traitera  des épis de pereskia et des fourmis tambocha. Connaissez-vous cette faune et cette flore? Sinon cherchez, imaginez, inventez, détournez… Ceci en prose ou en vers.
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« L’épi, derme de la fourmi, est au centre de l’épi tête ce que l’épi cure né est au cœur du gramme ».
Le gramophone Pharisien, Damien Guillon, 2009
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aimé Césaire et wifredo_lam_the_jungle insolites bâtisseurs.jpg
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Il était une fois une lointaine forêt située au cœur d’une planète dont nous ne connaissons pas encore le nom, où vivait une colonie de fourmis tambocha.
Curieuses créatures qui n’avaient rien en commun avec celles que nous connaissons en tant que terriens, les fourmis tambocha n’avaient, pour seule utilité, que celle d’être.
Croyez-bien que cela occupait tout leur temps, sachant, de plus, que le temps sur leur planète était incomparable au nôtre, dans la mesure où chaque seconde contenait l’éternité toute entière, et que leur temps passait d’éternité en éternité sans jamais passer par la seconde primaire, (ou première), à peine plus archaïque que la seconde. (seconde seconde)
Non, l’auteur n’est pas bègue !
Ces fourmis, donc, filaient du temps, longues silhouettes élancées en cheveux de gorgones, se balançant au gré des courants temporels secondaires.
De temps en temps, l’une d’elles se détachait, flottante, pour aller déposer un grain un peu plus loin, histoire d’être plus.
La colonie vivait donc paisiblement ainsi depuis une éternité d’unités de mesure d’éternités jusqu’au jour où la planète, appelons-la Ursule pour les besoins du texte, rêva du darwinisme.
Il n’en fallut pas plus pour qu’une mutation intervienne.
Le grain déposé plus loin, cette fois, mit au monde d’Ursule le premier épi de pereskia.
Ce fut un choc !
Les fourmis tambocha, d’être, furent !
Soudain, un être autre les agrandit en introduisant la notion de différence.
L’épi, primaire de sa nature, premier de son espèce, se crut fourmi tambocha.
La planète Ursule, constatant la véracité du rêve, frémit séismiquement d’un frisson de joie qui parcourut l’assemblée des fourmis tambocha, ce qui eut pour effet de scinder l’épi primaire en deux.
Le premier, voyant le deuxième, réalisa qu’il n’était pas conçu sur le modèle des fourmis.
Ce fut un autre choc !
Chacun maintenant se regardait singulièrement, cherchant la dissemblance et son contraire, avec l’interrogation du sens.
L’autre allait-il rompre le lien des secondes d’éternité ?
Bref, l’autre allait-il semer le grain de la zizanie ?
Ce qui fut évoqué arriva. Le premier grain de zizanie naquit. Plus pacifique que lui, il n’y avait pas. Puisqu’il était né de l’entre-deux d’entre la fourmi tambocha et l’épi de pereskia.
D’un grain à l’autre, la planète Ursule s’en trouva comblée.
Alors qu’au cœur d’une nuit profonde elle rêva à nouveau, ce fut d’une règle de trois cette fois.
Disposant à un point A une fourmi, reliée d’une droite à B, un épi de pereskia, elle décala en un point C la zizanie et, se plaçant légèrement au dessus, créa sa première forme géométrique. Le tétraèdre régulier.
Chacun des éléments de la pyramide se vit, la vit, et depuis, ils n’eurent de cesse de construire solidement suivant le modèle de base.
Ces drôles d’édifices multipliés dans la forêt du cœur d’Ursule alors qu’il en était la tête en rendit fou plus d’un. Il n’empêche qu’il en rendit heureux plus d’un. Allez y comprendre quelque chose, vous, aux mathématiques de l’espèce !!
Mais il arrive que parfois la forêt se demande quel est le sens de ces multiplications.
Ursule, en bon administrateur de lui-même en tant que planète, reçut l’interrogation de la forêt en excellente due forme, et décida de faire appel à l’original créateur de ces étranges créatures, l’auteur lui-même.
Aimé Césaire, l’auteur créateur, vit en Créolie Foyalaise, une planète en forme d’île recouverte de poèmes.
Lorsqu’il reçut la question, Aimé, qui venait de prendre une retraite de créateur bien méritée, reprit sa plume pour répondre à Ursule que :
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Très cher peuple d’Ursule,
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La multiplication n’est pas posée au bon endroit.
C’est la question qui l’est.
Vous êtes nés de l’imagination d’un mirage du fond des âges qui traînait ses guêtres dans l’air d’une île et que les vers d’une poésie attrapèrent pour en formuler l’existence.
Un mirage réalisé n’en est plus un.
A la recherche de lui-même qui n’est plus, il se réplique, se réinvente, et parfois ne se ressemble plus, au point que la raison de son existence première finit par disparaître.
Si vous pensez qu’Ursule inventât l’eau chaude en décalant, vous pensez juste.
La fonction des fourmis tambocha n’était ni posée ni connue et c’était là sa singularité.
Sur votre planète, elle est devenue. Sur une autre, elle ne le serait pas.
Si vous imaginez être plus parce-que la mutation s’est produite, vous produisez de la mutation imaginaire et enrobez de mirage le noyau d’une forêt, l’enveloppant comme d’une coquille. Maintenant, vous savez pour l’œuf.
Recevez toute mon amitié de l’au-delà d’où je gîte dorénavant.
Aimé Césaire
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Moralité : Lorsque les fourmis t’embauchas, le chas de l’aiguille de l’épi tu passas.
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aime-cesaire-picasso-lam expo-paris-
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