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Les plumes d’Asphodèle pérégrinnent du côté despetitscahiersd’emilie, et le premier texte à construire avant vendredi 18 janvier 2019 décline une liste de treize mots à utiliser qui sont :

OCEAN
DESERT
ENJAMBEE
PASSERELLE
TRAVERSIN
RUE
VOYAGE
PASSAGE
FRANCHIR
HORIZON
VACANCE
VOILURE
VIEILLIR


Oui, vendredi 18 janvier 2019 c’était hier, mais qu’importe, puisque l’agenda ironique de janvier chez carnetsparesseux ne se clôture que le 24 janvier, alors autant faire de deux ricochets un hors-délai qui fait passer l’information et un dans-l’jeu qui fait passer la transformation.
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En vous souhaitant bonne lecture à tous.

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L’épaisseur d’un mystère se mesure à la jumeleine
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La science n’aura jamais fini de surprendre les chercheurs. Ces derniers temps, l’association du cercle des hypothèses farfelues (l’ACHF) fondait tous ses espoirs sur les récentes découvertes concernant les trous noirs. Tous les yeux des adhérents étaient tournés vers les immenses espaces de notre galaxie au centre de laquelle un trou noir de taille intermédiaire sensiblement semblait évoluer.
La spectrométrie signait la présence d’une portion de ciel trouble et la longue vue du maître de confrérie du cercle laissait apparaître une légère oscillation à proximité de la géante rouge fumeuse la plus proche.
Une spectroscopie illuminale fut donc demandée aux services de la transition spaciotemporelle de l’état du Minnesota spécialisés dans le domaine.
Le rapport établi en ces termes nous semble aussi surprenant qu’un désert qui enjamberait une passerelle rue du traversin vertical et dont le passage à l’horizon serait visible à la voilure vacante d’un océan en voyage initiatique chez les Gaulois.
Autant dire que pas un chat n’y retrouve ses petits.
Il ressort de l’étude luminale que le mode impératif de l’évolution de l’épaisseur d’un mystère nécessite la fabrication d’une longue vue spéciale dont la portée retrouvera les petits chats de la galaxie, permettant ainsi de
franchir l’espace du vieillir sans se presser, comme un citron mis au green.
Les techniciens de la lunette sont soi donc sur le projet de fabrication d’un nouvel appareil à retrouver les chats de hasard perdus dans le voile de la brume de fumée (CHPVBF). Cet appareil portera le nom de jumeleine, car il sera binoculaire, couplant deux longues vues, et associé à un projet de longue haleine.
Il s’agit de mesurer le mystère de leur disparition (Les CHPVBF).
Le dernier article du nouvel observateur fait état d’un état de neuf illustre qui passerait par le conduit de l’obscurantisme, le traverserait en suivant la règle de trois, et ressortirait de l’autre côté du trou noir en ayant identifié son fonctionnement et déjoué ses chausse-trapes.
En attendant, l’oscillation augure de la présence du filament qui éclairera l’ampoule de demain. Et si aujourd’hui la géante rouge est fumeuse, elle récupérera toute la clarté du jour très bientôt en dissipant le mystère aussi sûrement qu’un coup de Zéphyr.
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Robin Dax
Envoyé spécial inter-galactique
De la planète Vitriol
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dalai lama
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La barge épique

C’est une barge plate, gonflée à la levure,
Qui remonte tranquille le courant de l’azur.
C’est une barge épique aussi plate que la lande,
Dans laquelle il se joue une étrange sarabande.
Sur les flancs de la berge des elfes dansent et rient,
En courant follement pour remonter les cris,
De la barge fantasque qui se joue des épis,
Et plonge doucement dans la vague surgie,
Du fond de la rivière où les diamants furtifs,
Roulent leurs cailloux d’ombre aux mille feux de lumière,
Au gré de l’onde claire des courants entrouverts,
Sur des poissons d’argent, de lune et de mystère.
La barge est sans manières et les berges sensibles,
Soufflent dans les roseaux d’où monte une musique,
Aussi frêle que ces âmes clefs des feintes vivantes,
Aux cyprès de l’ardeur que la prêle ou sa fleur,
Enchante chaque jour que lui offre le bonheur.
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barge dom camillo
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🙂

L’espace vide

Non,les silences du samedi saint jardinier de Dieu-mind
Cet espace n’est pas mort.
Il bruisse doucement.
Il émet et se tait, il étreint le silence,
Et dans son doux rayon sa lumière de tendresse,
Dépose en mon âme un parfum de sagesse,
Qui enivre mon cœur et suspend l’allégresse,
Au dessus du grand vide,
Qui descend, insondable,
Au cœur de mes ténèbres,
A tourner mon regard,
Bien plus loin que l’ivresse.
Non,
Cet espace n’est pas mort,
Il ressemble à l’aurore qui se lève doucement,
Dans le cœur généreux du monde des enfants,
Où se tient une porte au parfum de mystère.
Il se hisse,
Sur la pointe des jeux dans un souffle d’hiver,
Pour mieux laisser ensuite s’exprimer la lumière.
Et sa graine lentement hausse à l’abri d’hier,
Les deux pôles de demain, les silences de naguère.

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fontaine_de_barenton_broceliande_003
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La plus grande voyageuse du siècle roulait sa bille sur le papier avec la vélocité d’un escargot qui explore un feuillage poudré de lumière. Laissant dans son sillage autant de traces subtiles que faire se peut, notre animal parcourt le monde de l’esprit avec l’espoir inextinguible de périr au cœur de la page, exactement là où le foyer sacré brûle d’une douceur continue pleine de tendresse. Les longues flammes aux mouvements lents des cheveux de gorgones s’enrouleront autour de sa coquille, légères volutes aériennes enveloppantes, jusqu’à le faire disparaître, invisible aux yeux profanes et pourtant bien plus présent qu’avant.
D’émanations diffuses en lettrines ciselées, son parfum pénétrera l’âme en profondeur jusqu’à atteindre la pierre de l’immortalité. Une fois l’incendie de l’encre propagé, il ne restera qu’un résidu cendré que le vent dispersera dans l’éther. D’autres respirations inhaleront les fugaces Molécules flottantes.
Mais là, au cœur du sacré, l’esprit du foyer veillera, éternel et protecteur, repos des voyageurs de l’âme, dont les vibrations ondulatoires font naître l’amour. Et de cette source intarissable, en jaillira le bonheur.

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Code de la pensée publique 2
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De la prose alexandrine naît parfois quelques sourires taquins d’origine suédoise ou polonaise.
A la ligne porteuse des couches d’ozone, l’entonnoir oppose un chant signé humour. C’est Jules qui pourrait en parler. Rien n’est plus bête qu’un pied de vers, qui prend le pied de la lettre comme un voyageur qui prend un train. Et en alignant le pied sur un carreau, Jules s’aperçut qu’il sonnait les cloches à pied d’oeuvre. De là à dire que le pied est beau, il n’y a pas loin. Jules étudia la structure du pied de la lettre et ne put que constater l’angularité bien droite de ce pied compassé. Fort de cette découverte, il s’aperçut alors que le vers dépassait le carreau. Il s’empressa donc d’avertir un pléiade qui prosait par là que l’égalité de l’alexandrin n’était plus à prouver, et content du saut qu’il venait de faire sur un seul pied, il enfila une pantoufle en suivant la cloche au pied des vers.
Les cloches clochaient, les vers versaient, et la pantoufle s’ozônait l’angle droit pendant que le gauche égalisait les côtés du carreau.
C’est de la faïence de Louise Bonne, affirmait l’alexandrin taquin pendant que l’égalité proposait à la pantoufle de s’associer au saut de puce de l’écriture douce et soyeuse qui filait centre à terre dans la dimension sous-solaire du déclin de la matière littéraire.
Je n’ai pas dit mon dernier mot dit la matière dont la table faisait un jeu de vers, « Le jeu des tables de vers », en tablant sur la matière pour appuyer ses sous-titres.
Ainsi commença l’étrange histoire du code de la pensée publique à l’article de la vie bien pendue dont les ténébreux vers marchaient sur la tête chaussés de pantoufles vertes prairies, à saut de cloches interposés, et aux sons et lumières scintillants de clarté.
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Code de la pensée publique

Code de la pensée publique


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Dis, quand tu as fini tes devoirs, tu iras sortir le chien. Madame Gertrude ne pourra pas venir ce soir, elle est atteinte de polimalie sérieuse.
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Mais maman, il me reste encore un devoir de math, tu veux pas envoyer quelqu’un d’autre ? Et puis c’est quoi encore, cette histoire de polimalie sérieuse ?
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J’aimerais bien, mais la dernière fois qu’on a demandé à la voisine de nous rendre ce service, souviens-toi, le chien est revenu avec trois têtes, il a fallu le faire opérer, il faisait peur à tous les enfants.
Tu as fini ton devoir de français ?
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Pas encore. La pinguouination est assez complexe, il va me falloir plus de temps.
C’est quoi cette histoire de polimalie sérieuse ?
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Bon dépêche toi là ! Parce-que la vessie du chien, elle, elle n’a pas besoin de beaucoup plus de temps !
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C’est pas possible, il le fait exprès ce cabot !
Il a combien de vessies pour demander à sortir aussi souvent ?
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Commence pas, Mauricette ! Sinon, je le sors et tu fais la cuisine !
Il a du chopper la polimalie sérieuse de Gertrude !
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Ouais, ouais, j’y vais ! Pfff, si t’avais pas décidé de faire un soufflé aux rognons de crabe…
Ça s’attrape, ce truc ?
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Tu n’as qu’à appeler Onésime, pour qu’il vienne avec toi. Le chien l’adore.
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Mamaaaaaaaaan !!!
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Quoi encore ?
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Tu sais bien qu’Onésime et moi, on ne se parle plus depuis la semaine dernière.
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Mais qu’est-ce que c’est bête, des adolescents ! Rappelle moi pourquoi vous êtes fâchés ?
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Oh, ça va hein ! Vous, les adultes, vous ne comprenez jamais rien !
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Aller, file, sinon je me fâche !
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Maman, c’est quoi ce truc que tu refuses de me dire ?
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La polimalie sérieuse, c’est… Demande au chien, il le sait !
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Lettre A 1
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Le muscle le plus complexe et le plus difficile à manier est celui de la langue.
Pourquoi ?
Amusez-vous à manier le langage en mesurant l’effet qu’il produit autour de vous puis, constatation faite du besoin d’améliorer constamment ce dernier, travaillez à son ajustement.
Vous allez réfléchir à la formulation, la tournure, le genre, la sélection du mot, l’approche du sens et de son maniement.
Une fois que la forme commencera à s’ancrer dans les habitudes, vous allez être attirés par l’orientation en guidant le déroulement de la pensée vers un point précis.
Et puis un jour, tout bonnement, vous finirez par laisser libre cours au voyage de l’encre en imaginant des mondes inconnus, en allant défricher de nouvelles terres, ou en modifiant l’apparence du moyen de transport utilisé.
Ainsi naviguerez-vous d’humour en dérision, d’ironie en grand sérieux, du romanesque au pamphlétaire, tout en observant comment les formes peuvent parfois venir masquer les fonds, comment le jeu des incongruités peut permettre l’ouverture à des points de vue larges ou ciblés, novateurs et singuliers, bref, vous allez explorer la puissance de la langue tout en travaillant la nuance de ses mouvements.
Arrivés là, vous allez constater que l’empreinte laissée dans le sillage des mots essuie parfois quelques réactions pour peu qu’elle réactive une blessure, ou qu’elle soit recouverte du prisme de la distorsion. A la suite de quoi vous allez être affublé d’un titre collé à votre personne tant bien même que l’invention était totale ou que vous n’aviez fait qu’endosser la parole imaginaire d’autrui.
Dans quelle case voulez-vous être ?
Est-il nécessaire de vous fixer à ne travailler qu’une seule version de votre écriture ou bien oserez-vous explorer d’autres formes, d’autres expressions ?
Alors être ou ne pas être, penser ou ne pas penser ? Is he not ?
Maintenant, allons fouiller plus loin.
Prenons la lettre « A » majuscule par exemple. Vous la voyez de loin ? Approchez-vous, voyons ! Penchez-vous maintenant au pied de la lettre. Que voyez-vous ?
Vous voyez le pied, mais pas la lettre !
Nous sommes maintenant devant deux possibilités.
Soit vous êtes jardinier, soit vous ne l’êtes pas.
Dans le premier cas, vous allez étudier en sous-sol les racines de la lettre et leurs enchevêtrements.
Dans le second cas, vous allez lever les yeux et, du pied et de l’endroit où votre vue est placée, observer la totalité de la partie visible de la lettre.
Faites état de vos observations en essayant de décrire vos ressentis et impressions de la façon la plus complète possible.
Les comparatifs avec d’autres points de vue vous permettront d’agrandir le champ de connaissance de la lettre.
Mais ce n’est pas fini !
Gardez-vous bien d’être trop sûrs de ce que vous croyez savoir.
Ne remettez pour autant en question ni la lettre, ni son pied, ni ses racines, ni sa partie visible, mais n’en faites pas une religion.
Gardez-la vivante, cette lettre.
Explorez-la à l’infini, de tous les angles possibles, sous tous les climats, sous terre comme dans l’air, jusqu’à l’envol.
C’est alors que, en altitude, observant le point que cette lettre forme, vous pourrez affirmer : « Un point c’est tout ! »
Ce sera le moment pour le monde de vous ouvrir ses portes.

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Lettre A 3
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