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Ce mois-ci, Andrea et DominiqueDominique se sont associés pour nous proposer un double agenda ironique septembrien.
Le temps de briller est en réduction pour le soleil, une vague nostalgie des vacances nous mouille les pieds d’une eau suave, il en résulte que, deux propositions valent autant de cogitations qu’une consigne à rapporter dans son sac de vacances, il s’agit donc de suivre à la lettre les prérogatives de nos deux agendistes du mois.
Je me suis pliée en deux pour ce faire.
Et voici ce que les mots du matricule 85893 associés aux mots souterrains de D.H. m’ont déclinés comme les jours.
Léonie et Madeleine vont-elles me faire la remarque suivante ?
– C’est un peu une baisse de léthargie, cette sauce insensée !
Mais non mais non, elles vont faire un défiasco en bi-ironronnisant que le sens, on ne sait pas où il est, et qu’en gros, les mots y sont, alors la consigne étant respectée jusqu’à la trame, comme l’usure, le tissu du récit disparaît pour laisser place à ce qui ne se peut mettre en mots, c’est-à-dire, l’essence même du noyau de l’être.
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A LA LETTRE
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Mon bien cher Jacques,
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Comme tu sais, cette année, les enfants ont choisi la plage de Deauville pour aller passer leurs vacances avec leur mère. Évidemment, tu dois bien imaginer combien je n’étais pas tellement d’accord avec cette idée, connaissant le trou qu’est cette ville, je me suis dit, ces vacances vont être un fiasco assuré, ils vont lui en faire voir de toutes les couleurs noires possibles, je n’étais pas trop loin du dégradé de nuances, mon grand n’a pas quitté son bonnet damier de la quinzaine, et la pépette, enfin, Lionide, elle, n’a eu de cesse de tanner son frère pour qu’il lui prête. Bref, là n’est pas le plus grave de mon propos, car, comme tu me l’as fait entrevoir dans les séances de psychanalyses, c’est le trou qui l’a emporté.
Je vais essayer de reprendre tout depuis le début.
Les deux premiers jours, nous étions ensemble lorsque le téléphone s’est mis à vibrer. Tu sais comment ça se passe, dans mon travail, une urgence et pof, je fais sortir les pingouins du frigo pour les remettre en service le temps du défilé et ensuite, une fois terminé, ils rentrent dans la chambre froide et se rendorment sans poser de problème. Cette fois, c’est le directeur de la pêche à la ligne qui m’a appelé en me disant :
– Duroc, on a un problème !
– Ah ! Vous voulez m’en dire un peu plus, que je lui réponds, au père Marvil.
– Va falloir que vous remballiez vos berniques et que vous réenfiliez votre costume de pingouin, on a une affaire de salsifis sur le dos, et pas la moindre. Il va falloir sortir des ballasts.
– Ah ! Que je lui réponds.
La dernière fois qu’on avait eu une affaire de salsifis sur le dos, on avait du changer tous les meubles de la cuisine, j’en avais encore un souvenir cuisant.
– Bon, j’ai compris ! Que j’ai rajouté tout d’ensuite après. J’arrive !
Une affaire de salsifis, c’est toujours à prendre au sérieux. Aussi, j’ai balluchonné mes affaires, ai pris une soufflante de la part de ma femme, embrassé mes deux poussins, et suis rentré sur Paris par le premier TGV venu.
Prise de remords, ma femme m’a préparé un sandwich au jambon beurre de brebis, que j’ai dévoré avec voracité durant le voyage, un peu piquant, le beurre de brebis, j’en ai fait une flambée inflammatoire à la digestion, mais il avait eu le don de calmer ma fin.
Le père Marvil m’attendait à la brasserie « La Rotonde », comme convenu. Il avait une grosse mèche blanche qui lui barrait le front.
– Qu’est-ce qui vous est arrivé ? Que je lui demande.
– Vous voulez parler de ma nouvelle coupe, Duroc ?
– C’est cela même !
– Vous ne connaissez donc pas le nouveau courant de pensée ? Qu’il me réponds.
– Non ! Que je lui dit.
– Tout Paris est en effervescence avec l’arrivée de l’Alain Jacquemart, le Dijonnais. Il en met plein la vue aux nouveaux créateurs de mode et tout le monde adopte la mèche rebelle tendance, c’est un signe de reconnaissance. On a baptisé le mouvement « Ici l’Aube » et on se salue comme ça.
Et là, il se plie en deux et se relevant d’un coup d’un seul, il envoie la mèche en l’air le temps d’une infinitésimale seconde.
– Et ne me regardez pas avec ces yeux éberlués, Duroc ! Vous allez voir que vous finirez par faire comme nous autres, les saltos à côté, mon bonhomme, c’est de la piquette, loin du pinot noir, la Tintinette blanche, croyez-moi, pour une affaire de salsifis comme celle-là, va falloir en user, et sans modération, encore !
Bon ! Que j’me suis mis à réfléchir en mon intérieur. Va falloir se lacaniser fortiche en allant se promener sous terre.
Ça tombait plutôt bien, nous étions aux invalides, et l’affaire des salsifis ne faisait que commencer.
– C’est un premier indice, Marvil, ça ne suffira pas et vous le savez. Où allons-nous ?
– Départ en métropolitain à la porte Appert, direction Saint Poissy du Pasteur, ligne 14. On observe le ballet des sardines, et on envoie le maximum de pingouins pour déblayer le terrain. Une fois nettoyées, les rames de salsifis seront mises à jour, d’ici là, trouvez-vous une mèche blanche pour vous barrer le front, on vous repérera moins !
Voilà, cher Jacques où nous en sommes de notre enquête. J’avoue ne plus rien n’y comprendre grand chose, aussi je vous demande de vous arrêter un tout petit peu sur la chose écrite pour réfléchir à l’élaboration d’une théorie qu’elle soit fumeuse ou pas ne me gène en rien mais une théorie. Vous comprendrez que sinon, ça suffit, l’angoisse existentielle sort de la boite métallique en fer blanc, et que la mèche en pâlisse d’asepsie. Le procédé souterrain veut sortir au grand jour.
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Avec ci-joint toute mon amitié
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Et la photo des vacances.
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Agenda ironique septembre 2018 Deauville
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Croque-mort Duroc
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Réponse de Lacan à Duroc,
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Je vous reçois cinq sur cinq.
Mais ne fais aucune supposition.
Vous n’avez qu’à créer une ONS*.
Mais avant, revenez à la conservation naturelle dans le sel.
Vous éradiquerez ainsi toutes les explosions de salsifis en conserve.
Vous n’aurez donc plus à changer les meubles de la cuisine.
Et vous pourrez enfin me payer les arriérés des sept séances d’un coup.
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Avec toute ma gratuitude
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Jacques Lacan
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* ONS Organisation Nécessaire des Salsifis

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Corbeau parapluie et

Don’t worry about what i’m doing, worry about why you’re worried about what i’m doing.

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Ce mois-ci, il s’agit de tordre le fil de la corde pour sauver sa peau.
Et ça se passe chez André, qui, après l’oubli, va s’en balancer ensuite sur son hamac bleu, mais avant ça, nous propose d’écrire pour l’agenda ironique d’août, ici, césonmondeblog.
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Alpha n’est ni un animal, ni une machine, ni quoique ce soit d’autre qui puisse détenir un dos aussi surprenant.
Alpha, c’est La première lettre de l’alphabet !
Celle que tout le monde cherche, celle que personne ne trouve.
Et pour cause, vous allez comprendre pourquoi lorsque vous aurez lu ce récit de voyage à dos d’Alpha.
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Il y a bien longtemps se lamentait une merveilleuse princesse enfermée en haut d’une tour inaccessible sauf pour les corbeaux. L’un d’eux, touché de tant de chagrin, et comprenant que nul miracle ne rendrait la liberté à cette jolie princesse, lui proposa un jeu.
Il lui rapporterait des objets de toutes sortes qu’elle disposerait artistiquement autour d’elle et dont elle ferait une œuvre d’art.
La princesse, toute excitée, accepta volontiers, et chaque jour que le soleil offrait à leur vie, le corbeau apportait son présent.
Le premier fut un mois de février complet.
La princesse, en le dépliant, se prit à pleurer de plus belle.
– Mais qu’est-ce que tu veux que je fasse avec un mois pareil, tu ne vois donc pas qu’il manque des jours ?
Le corbeau, de tout heureux et réjouis qu’il était d’avoir rapporté son premier présent fut fort déçu, mais comme il était courageux, il ne dit rien et le lendemain, il apporta à la princesse une année civile entière, grand sourire au bec.
La princesse, dépliant toute l’année sur le mur arrondi de la tour se prit à pleurer de plus belle.
– Mais l’année est complète, se défendit-il. Il ne manque pas un seul jour.
La princesse larmoyante, se moucha bruyamment.
– Regarde, corbeau, il reste droit ce calendrier, il ne s’adapte pas à mon mur circulaire, je vais perdre de l’espace, il m’en reste déjà si peu.
Le corbeau étonné réfléchit et le lendemain, il revint avec dans son bec une perle de sirop Wilhelm Eduard Weber.

– Pose la sur ta langue, dit-il à la princesse. C’est magnétique et ça va changer ta vie.
Ce qu’elle fit. Et là, elle se mit à rire.
– C’est ça ton effet magnétique, corbeau ? Je dois te dire que c’est d’un goût absolument suave mais je te ferais remarquer que je suis toujours enfermée dans ma tour.
Le corbeau, qui avait plus d’un tour dans son sac, croassa un grelot de travers en toussotant discrètement pour ne pas paraître trop satisfait et s’envola à tire d’ailes jusqu’au lendemain.
Le lendemain, il rapporta l’insight.
– Tiens, quel est donc cet objet étonnant demanda la princesse au corbeau ?
– Je te laisse deviner, jolie princesse. Tu en feras ce qui te plaît, suspens-le à tes oreilles comme le font les étoiles de mer ou encore à tes yeux comme le font les aurores boréales, je suis sûr que tu sauras trouver l’accord le plus adéquat à ton utilisation, je te fais confiance pour ça.
La princesse semblait songeuse, mais pris l’insigth dans sa main et regardant l’oiseau droit dans les yeux le remercia car l’originalité de ce présent l’émerveillait littéralement.
Le corbeau repartit de plus belle à la recherche du présent suivant.
N’ayant pas grande inspiration, il se posa sur la branche d’un olivier millénaire et fermant les yeux, s’endormit d’un trait. Le lendemain, un souffle musical doux vint le tirer de ses rêves.
C’était un accordéoniste qui, en route pour la foire annuelle régionale, s’était assis au pied de l’arbre et se délassait en jouant quelques notes au hasard.
Le corbeau se pencha vers lui et engagea la conversation.
– Voyez-vous, monsieur, je ne connais pas votre nom, mais je ne sais pas ce que vous en pensez, j’aimerais que vous veniez avec moi pour offrir un joli morceau de musique à une également aussi jolie princesse enfermée dans une tour et qui se lamentait d’être bien seule et prisonnière avant que je ne décide de lui offrir quelques instants de liberté comme celui que je vous demande maintenant.
– Tu peux m’appeler par mon prénom, corbeau. Je m’appelle Roméo.
– Très bien Roméo. Alors, c’est oui ?
– C’est oui !
Et ils se dirigèrent vers la tour où la princesse faisait des vocalises.
– Mais elle chante ? Demanda Roméo.
– Je ne le savais pas non plus, répondit corbeau. Sans doute l’effet insight, je ne vois rien d’autre.
Alors s’adossant au mur de la tour, Roméo se mit à jouer de l’accordéon.
La princesse s’arrêta immédiatement de chanter et se pencha du haut de la tour pour voir ce qui se passait en bas. Voyant l’accordéoniste et le corbeau, elle comprit bien vite de quoi il retournait et accompagna les notes de sa voix la plus mélodieuse.
Corbeau, très satisfait de lui se frottait les rémiges en applaudissant intérieurement la prouesse musicale de ces deux là.
La princesse n’avait jamais été aussi rayonnante.
Et cela rendait corbeau heureux.
L’accordéoniste, ayant terminé de jouer son plus beau morceau, se leva et reprit la direction de la foire, où un public l’attendait déjà. C’est qu’il était renommé dans la région, et jamais avare de nouvelles créations.
Le lendemain était un jour de pluie. Pour voler, en tant que corbeau, conte de fée ou pas, cela rendait l’opération délicate. Un coup d’aile sur une goutte par trop glissante, et c’était la chute. Mais corbeau devait à tout prix apporter le cadeau du jour à la jolie princesse. Alors il eut une idée de génie. Il inventa le parapluie.
La princesse était très occupée. Les jours de pluie, elle faisait les vitres. Juchée sur son escabeau, elle frottait le haut de la baie vitrée lorsque corbeau arriva.
Il ne vit pas la vitre fraîchement lavée et s’écrasa dessus en glissant lamentablement le long de la baie vitrée, puis le long du mur arrondi jusqu’à aller s’écraser mollement au sol.
Car heureusement, dans sa chute, le parapluie ouvert avait amorti sa réception à terre.
La princesse, penchée à la baie, chiffon à la main, s’inquiétait pour le corbeau.
– Hé ho ? Du corbeau ? Dois-je appeler les secours ?
Le corbeau, un peu sonné tout de même, ne répondit pas tout de suite.
Affolée, la princesse secouait dans tout les sens son torchon en hurlant à qui voulait bien l’entendre qu’il y avait un blessé au pied de la tour.
– Pas la peine de faire tant de bruit, princesse ! Il en faudra un peu plus pour m’enterrer ! Mais qu’est-ce que c’est cette manie de faire les vitres les jours de pluie maintenant ? Plus moyen de savoir si la fenêtre est ouverte ou fermée, vraiment, princesse, avertissez-moi la prochaine fois.
– Oh ! Corbeau, comme je suis contente de t’entendre ! J’ai eu si peur !
La princesse perchée en haut de la tour, penchée à la fenêtre, glissa malencontreusement sur l’escabeau mouillé par la pluie et… Bascula !
En une seconde voire moins, le corbeau comprit que la princesse allait rejoindre la mort s’il n’intervenait pas rapidement.
Il s’élança vers elle avec le parapluie grand ouvert et, invoquant tous les anges du paradis, il attrapa la princesse par les cheveux et ralentit la descente jusqu’en bas.
– Whouah ! Corbeau, où donc as-tu appris à faire des sauvetages improbables ? S’écria la princesse en se relevant, indemne.
– Le hasard, jolie Vancouver, le hasard ! Répondit le corbeau.
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Voilà, cette histoire est finie, ou bien ne fait-elle que commencer, qui sait ?
Vous allez me dire, et l’alpha dans tout ça ?
Je vous laisse le chercher.
Même pas besoin de tordre le fil de la corde dans l’histoire, pas de corde, pas de corde !
Vous connaissez l’histoire du bol ?
Non ?
C’est pas d’bol !
Vous connaissez l’histoire de la peau ?
Non plus ?
C’est pas d’pot ?
Vous connaissez…
Non ?

Car oui, toi qui lit cette histoire à tomber des tours, toi qui pâlis au nom de Vancouver, toi qui cherche l’alpha là où il n’est pas, et bien oui, toi, que sais-tu donc des transports à dos d’alpha ?
Alors puisque je pense que tu en sais sans doute quelque chose, vient m’en dire un peu, je t’en conterai encore quelques uns…
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Les temps à venir

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« Les voyages forment la vieillesse, surtout lorsqu’il s’agit de voyager dans le temps et dans le sens de son courant ».
Citation de « Lire les lignes du Pangolin », James Piget, édition illimite, juin 2020
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André oubli Cemonblog

Couverture brochée de « Lire les lignes du Pangolin », James Piget, édition illimite, juin 2020


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C’est en allant lire la participation d’André à l’agenda ironique de juillet, « l’oubli », que l’idée de renverser sa poésie comme un sablier m’est venue.
« L’oubli », c’est à lire ici :
Des temps enfuis les témoins ne sont plus…
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Et puis, dans ma boite crânienne, je n’en crânais pas large, alors je me suis dit :
Un artiste en phrénologie est un artiste nettoyeur à n’en point douter.
J’avais trouvé que le poème d’André constituait une belle rétrospective joliment retracée à la loupe, un peu comme une poésie d’outre-temps. Mais êtes S bien raisonnable ?
– Et que fait le pouvoir de l’instant présent pendant ce temps ?

– Est-il endormi ou bien encore introuvable ?

– Serait-il non-né ?

– Une enquête s’impose…

– Nostalgie du bonheur passé, quand tu nous tiens !

– Et si nous renversions notre direction, en regardant l’avenir ?
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Les temps à venir
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Des temps à venir,
Les témoins n’en sont pas encore témoins.
Ou les témoins n’en sont-ils pas déjà témoins ?
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Ces temps invisibles dans l’éther,
De quelle théosophie complexe,
Dont les échos à rebours
Font déjà entendre le bruit de l’existence
D’un avenir pas encore né
Sont-ils issus ?
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Se pourrait-il qu’Holmes
Au regard aigu d’un microscope
Dont l’œil collé à l’horizon
Observe ces sons venus de demain,
Puisse nous renseigner sur le devenir du présent ?
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Dans la fragile porcelaine de l’évolution,
Se dessinent déjà
Les tendres subtilités
De nos joies à naître,
La douceur de nos tendresses,
Et le rayonnement émanant de nos cœurs
Vibre déjà dans le courant,
Qui propage l’essence de sa réalisation
D’une semi-densité substantielle.
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L’avancée se régule,
Avec le contre-poids du passé,
Et sa corde arrimée à l’histoire
Freine les pas des passagers
Pour faire exister le présent.
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Pour le phrénologue,
Suivant ce qui fait bosse,
Sous le crâne du mystère de l’univers,
Nous y verrons l’essence d’une beauté éphémère,
Où la falaise de l’infini
Précipite la chute des pierres d’erreurs
Dans les fonds turbulents du torrent
Là où le grand Pangolin du destin
Balise déjà nos sentiers escarpés à suivre,
D’une rambarde hypothétique
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Les flux et reflux des courants de la vie,
N’iront pas noyer de leur inondation
La plus belle part de l’existant.
Watson veille,
Et le chaos du monde,
Se réveille,
Sur le plateau de l’équilibre.

14 juillet 00h00mn00s

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L’agenda ironique de juillet, c’est chez Floriane du blog
PALIMPZESTE qui marie allègrement Estampe et poésie avec une rondelle de couleur. Elle nous propose ce mois-ci de faire revivre Sherlock Holmes en ne nous mettant, pourquoi pas, pas dans la tête d’une petite sirène, d’une Madame Bovary, d’un vin de Meursault, d’un fromage de Meursault, d’un château portant le même nom ou encore d’un personnage d’Albert Camus étranger à lui-même.
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Elle propose d’épicer tout le bazar d’une opiacerie variée consistant à fumer les mots suivants dans le texte :
7 mots – ou leurs variantes – sont à introduire : phrénologie / porcelaine / chute / microscope / inondation / corde – and last, but not least – pangolin.

Bien entendu, nous sommes tous libres de choisir une forme.
Haïku, poème, prose, courts ou longs.
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Le violon d’un fait divers extraordinaire m’a proposé ses quatre cordes.
J’ose espérer que mes canards de violoniste débutante ne vous feront pas grincer des oreilles et des dents.
C’est mon challenge du mois.
J’en ai l’archet qui se déhanche un peu et qui déboîte son écriture au son des fusées pyrotechniques grégoriennes. L’effet zeste s’acidule d’une loi rafraîchissante, celle d’une réforme du code du détectivat gouvernemental sous-couvert d’une coupe de ballon frais servi sur un plateau tout terrain.
Je vous laisse découvrir ce que la pipe stupéfiante de l’agenda de juillet 2018 a dicté à mes dix doigts.


14 juillet 00h00mn00s
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C’est la centrale de mesure du temps qui lança l’alarme la première, tous les calendriers avaient basculé brutalement du 14 juillet au 25 décembre. La nouvelle date figurait déjà sur tous les journaux, le réseau informatique, les horloges solaires, les montres de plongée sous-marines, les autres ainsi que les agendas et calendriers postaux du monde entier dans le monde.
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Cette fois-ci s’en était trop ! Le monde dans le monde entier s’était élevé contre presque six mois de décalage, toute la presse était en effervescence, on entendait les rotors des hélicoptères gronder au dessus des toits de Paris, des autres grandes villes sans doute aussi, le petit bout de la lorgnette étant Paris dans l’histoire ci-citée, je ne citerai qu’elle. Le Vatican avait dépêché Monseigneur l’évêque Antoine de Bouchitey afin de confronter les archives romanes calendaires et l’actualité.
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Monseigneur A. de B. descendit de la longue limousine blanche dix huit roues devant les caméras rassemblées à l’occasion de son arrivée. Une petite femme brune d’environ 45 ans lui tendit un micro tout en le suivant de très près, elle portait un épais chandail à col roulé malgré la chaleur caniculaire :
– Monseigneur, qu’adviendra-t-il du monde si les grandes fêtes de l’année se déplacent comme celle-ci ?
L’évêque resserra son écharpe et toussota légèrement.
– Nous allons ouvrir une enquête, et les meilleurs détectives vont être invités à travailler sur l’énigme. Pour l’instant, aucune hypothèse ne dépassera le cadre de la recherche, nous en faisons le serment. La psychose populaire est déjà bien avancée, nous n’allons pas en rajouter une tartine. Si vous le permettez, j’aimerais avancer et rejoindre l’Elysée où le gouvernement m’attend.
On a du taf, vous comprenez ?
– Par quelles questions le gouvernement compte-t-il commencer les recherches ?
– Ce sera ma dernière réponse. Nous commencerons probablement par la question de l’habillement ! Allons-nous l’adapter à la saison ou aux températures ? Puis celui de la durée des vacances scolaires. S’agira-t-il de les réduire de neuf à deux semaines ? Nous allons aussi faire appel aux différents services de la météo. Il leur est peut-être possible de réajuster les températures en fonction des dates, nous n’avons qui sait peut-être pas encore exploré toutes les dimensions. Nous venons de passer du 14 juillet à 00h00mn00s au 25 décembre même heure dans tous les endroits du fuseau horaire mondial, il y a vraiment de quoi frissonner. Si vous voyez d’autres solutions, écrivez à Cruci-fiction.com, qui collecte toutes les hypothèses et idées d’adaptation.
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Les grandes grilles du palais se refermèrent sur lui et les journalistes s’empressèrent de se disperser pour rejoindre les presses où seraient imprimés tout à l’heure les journaux de ce soir.
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Monseigneur A. de B. fut accueilli par l’assemblée des ministres dont l’air sinistre soufflait une atmosphère glaciale. Le président, absent pour cause d’absentéisme les rejoindrait plus tard. Un sapin décoré de guirlandes clignotantes et multicolores siégeait au centre de l’immense table. Les treize desserts se gelaient les coupes garnies sur le même plateau de la même immense table. Une hotte en osier remplie de pommes de pin était posée sur le fauteuil du chef d’état.
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La ministre de la météo vint à sa rencontre. Devant le regard étonné de l’archevêque elle montra du doigt la hotte tout en lui expliquant que les pommes de pin sont porteuses des éléments de reproduction que sont les pignons, et que la hotte est placée sur le siège présidentiel pour qu’en son absence, les éléments constitutifs du gouvernement n’oublient pas de reproduire les rouages de la pensée dentée de l’oligarque.
– Pourquoi ne pas l’avoir recouvert de la pèlerine rouge ?
– Il est trop jeune. Sa barbe n’est pas encore blanche.
Le ministre des feux d’artifice s’interposa.
– Il n’y a pas un instant à perdre ! Qu’est-ce que je fais, moi, avec tous ces spectacles en rade ?
– Vous avez prévu la bouffe ? j’ai la dalle. Demanda A. de B.
La ministre de l’à-propos s’interposa.
– C’est la rade de Brest ?
– C’est la rade la Pâquerette !
Les ministres pouffèrent de rire.
– Mais qu’y sont bêtes !
– Avec ce temps, je me disais que nous devrions lancer la mode des maillots de bain en laine. Ça marie élégamment le temps caniculaire à celui plus floconneux d’un Noël aux tisons.
– Je lancerais bien la mode du maillot de bain en porcelaine, lança d’un ton badin le ministre du plongeon au plongeoir.
La ministre des accidents domestiques le fusilla du regard.
– Et puis quoi encore ! Vous voulez nous les casser menu menu ou quoi ?
– Pfff ! J’déconne madame brûlure du premier degré, la chute risquerait d’en faire une mosaïque, on pourrait en faire une science, un peu comme la phrénologie avec la forme du crâne, pour lire l’avenir dans les tesselles des maillots…
– Franchement, mon cher, franchement !
– Ça vous la coupe, hein ! Rajouta-t-il grassement d’un ton goguenard.
– La chique ? C’est d’un chic ! Soyez donc rassuré car pour la brûlure, je préconise au vingt cinquième degré la pommade radicale, celle qui s’enduit par induction et apaise définitivement l’idée même de brûlure à tous les étages du degré. Soyons fous.
– Ça, pour l’être, hum, je ne comprends rien à ce que vous me dites…
– Et vlan, pour une brûlure au premier degré, une couche épaisse de sécurité ! Je n’ai pas eu mon diplôme de ministre dans une pochette de paic surprise pour rien, non mais !
– Et pour revenir au menu, y-a-t-il un ministre de la composition du repas dans l’assemblée ?
– Y’a des pignons mais y faut les éplucher !
– Ne va donc pas manger le pain pignon du président, toi… Il va pas aimer, mais alors, pas du tout ! C’est pas Jésus le gugusse.
– Tsss, tssst, vous pourriez respecter un peu le clergé les gars !
– Ça va, j’ai les archives, et je sais lire ! Mais j’ai faim, et quand j’ai faim, je ne sais plus réfléchir correctement. On s’y mets ?
– Vous préférez quoi, une croustade de pain béni ou un gigot d’agneau lié à la sauce saigneur ?
– Une madeleine farcie aux pruneaux suffira, merci !
Là-dessus, le pangolin de la porte d’entrée se mit à tinter.
– Ah ! Ce n’est pas trop tôt ! Voici notre détective et son co-accolyte !
Le ministre de la croustade se coiffa d’une belle miche tout en se dirigeant vers la porte. Le microscope suspendu au coin de l’angle mort pointait vers lui son œil de verre tout en le suivant de son regard catadioptrique.
Watson et Holmes entrèrent, saluèrent d’un mouvement d’optique à l’emporte-louche l’assemblée du gouvernement puis vinrent s’asseoir à côté de Monseigneur l’Arche sur invitation de ce dernier.
Une jeune secrétaire déposa devant eux un épais dossier.
– C’est la première fois que vous nous faites l’honneur de vous intéresser à une affaire d’état, et nous vous en remercions. Le président me charge de vous transmettre toute notre gratitude. Sur ces mots, elle leur tendit un plateau aqueux où gisait une forme lumineuse.
– Sherlock, que diriez-vous de ce présent ? L’interpella d’un ton sec le docteur Watson.
– John, il demande ingénue flexion. Monseigneur, permettez que je le détaille à la loupe.
– Je vous en prie, réfléchissez. Je vous prête mon intention monoculaire intérieure si vous en avez besoin. Elle est dotée de lentilles coniques, dix fois plus puissantes que votre machin, là. Répondit l’Arche A de B, la vèque en Berne.
– Merci Monseigneur, mais la loupe, mais la loupe, la loupe
– Attendez, s’exclama la ministre du souvenir associé librement, ça me rappelle quelque chose, écoutez !

– Vous avez eu une inondation de lune, ma petite dame !
Le ministre de la sauce piquante lui tendit une corde.
– Attrapez-la et ne coulez plus !
– J’ai demandé à la sauce piquante si elle pouvait arrondir les angles, glissa affectueusement le ministre de la douceur à la ministre du souvenir associé librement.
Pendant ce temps, Sherlock, qui observait la gratitude d’un air Sherlocké, au bout d’un moment releva la loupe et s’adressa à Watson.
– Watson ?
– Oui Holmes !
– Vous ne voyez rien de bizarre ?
– Je ne vois rien qui ne le soit pas Sherlock !
– Très bien, alors comment allons nous procéder cette fois ?
– Je ne sais pas.
– Cherchez le détail cohérent et remontez son fil. La dernière fois que nous étions en été date de quand ?
– Hier, 23h59mn59s peu de temps avant aujourd’hui 00h00mn01s !
– Pensez-vous qu’il y ait une transition entre hier et aujourd’hui ?
– Sommes toutes, nous pouvons supposer que le zéro absolu en est une.
– Un zéro absolu qui n’est pas une somme, mais bien un infini, n’est-ce pas ?
– En effet ! C’est à en devenir fou…
– Vous comprenez mieux ce qui s’est passé, ou bien je vous redémontre le raisonnement ?
– Nous avons eu une chance formidable !
– Nous aurions pu ne jamais rattraper ne serait-ce qu’une parcelle du temps d’aujourd’hui. Alors un 25 décembre ou un 14 juillet, au regard de l’éternité, nous l’avons échappé belle.
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Personne ne vit l’ombre du ministre du théorème binomial anonyme se glisser vers la sortie. Il avait le rictus de celui qui vient de rater son coup.
Holmes soudain leva le nez en l’air et pensa très fort à son pire ennemi, le professeur Moriarty.
– Au fait, on est quel jour aujourd’hui ?
– Nous sommes le jour du théorème binomial anonyme, répondit d’une voix glapissante l’horloge murale en se tordant une corde vocale.
Watson suivit le regard d’Holmes et fut témoin de la chute de voix répercutée au plafond. Le temps allait changer de tonalité, une entorse de la vocalise, encore un coup fumeux du professeur Moriarty, pensa-t-il.
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L’affaire du déplacement fit grand bruit dans la population ainsi que dans le milieu des chercheurs. La ministre de la sécurité convoqua tous les physiciens pour l’invention et la mise en place des dispositifs de conduction journalière qui permirent de sécuriser le passage d’un jour à un autre sans échappement de quelque nature que ce soit.
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Le théorème de Moriarty reste à prouver.
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Une somme allant de zéro à son jumeau désastral fût déposée au greffe des tribunes de la finale gouvernementale afin de garantir l’emploi de la légalité de toutes les fêtes nationales.
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– Watson ?
– Oui Holmes ?
– Vous ne l’avez pas un peu trop dosée cette pipe d’opiacés ?

– J’allais vous poser la même question mon cher.
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– ça me rappelle quelque chose…
– Ah, ces ministres sinistres !!!
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Il se disait que vert,
Est la couleur complémentaire,
De celle du rouge à l’opposé.
Il se disait que vert,
En cours d’anglais des temps scolaires,
Rimait si bien avec osé,
Que rouge pourrait s’y essayer.
En relisant les exercices,
Une écriture fine et serrée,
D’une main patiente avait tracé,
Une râme alors psychomotrice,
Avec laquelle je pagayais.
Et cet anglais si imparfait,
Se moque bien du temps qui passe,
Pourvu que le vert soit loquace,
Devant le rouge de mes deux joues,
Quand c’est Jacques qui ose le Tout,
Dans l’air circonflexe de l’âme.
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Les défis d’Estelle prennent leur temps pour arriver jusqu’à réalisation complète, le dernier jour de juin annonce l’arrivée du panier de juillet, garni de belles surprises pour peu que le temps y soit. C’est en allant soulever quelques feuilles que l’atelier s’est découvert à moi ici. J’ai actionné la petite clef pour entrer. Le croisillon (#) s’est décalé pour que le huit (∞) se lève (8) et vienne à ma rencontre.
Cela faisait plusieurs mois déjà que le temps passait. Alors, imaginez bien que le temps qu’il avait fait en juin le trois soit le temps de tous le mois prenait à ce jour un goût de temps à dépasser.
Sait-on jamais ce qui est à l’œuvre sous la surface du temps ?
Je l’avais vu nimbé de lumière, éblouissant et merveilleusement heureux.
Et puis il y eut un choc. Un impact sur le tissage de ses jours en joie.
La mesure de l’ampleur de la commotion ne viendrait que bien plus tard, et je savais que seul, le temps serait plus long à réparer la meurtrissure, alors je l’ai accompagné, légère, dans le couple le plus improbable qui soit. Rires et larmes s’emmêlaient à nouer leurs brins, et ils accumulaient tant de fils de couleurs si différentes que l’ouvrage en était devenu invraisemblable. Tous les temps y étaient réunis, pèle-mêle, mais le temps n’y était plus. Je ne savais pas encore qu’un temps mort gagnait de sa disparition l’éternelle lutte à vivre, mais je sentais bien qu’il était là, puissant par son absence, à remplir les jours du temps qui passe aussi sûrement que le présent lui-même.
Curieux temps qui ne veut pas laisser sa possession vivante reprendre le cours d’un nouveau fil de temps.
Alors la peine pesant sur l’âme de la feuille de trop, j’ai décidé qu’elle gagnerait à écrire combien parfois ces petites phrases anodines peuvent influer le cours du temps sans laisser la place à la création d’un temps neuf qui pourrait changer la face de la surface du temps.
Le temps de juin le trois ne sera que ce temps d’un jour, et juin pourra accueillir le temps des autres jours sans l’assimiler à ce temps du trois, en se dégageant de l’anodine suggestion de l’uniformité du temps de juin qui serait censé se calquer au temps du fameux trois.
Que de temps répété, à se répéter !
Qu’il se répète de joie, ce sera fameusement préférable.
C’est ainsi que j’en appelle au neuf pour venir à la suite du huit et réinventer le tandem de l’improbable. Heureux passage en juillet Monsieur l’intemporel, et revenez vite à votre meilleur fil, celui de la délicate attention à créer de la joie.
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Il y a ceux qui en parlent, il y a ceux qui l’expérimentent.

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– « Parce-qu’une lettre sans réponse est une lettre sans réponse, je ne vois qu’une solution, l’écrire ! »
« Ainsi parlait la boite aux lettres jaune aux normes de la poste. »
La boite aux lettres se saisit de la première lettre simple arrivée et lui demanda le plus simplement du monde de l’aider à formuler une réponse simple à la lettre R. pour en valider bonne réception.
Ainsi fut-il !

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Madame la lettre R. Simple,
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Lettre R Troyes
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Sans qu’aucun accusé de quelque nature que ce soit n’ait été reçu à mon ouverture, je confirme bonne réception de votre sollicitation et c’est avec une profonde sollicitude que je tiens à vous présenter toutes nos excuses les plus sincères. Croyez bien, madame la lettre R. simple, que sans votre timbre, ou même avec, vous avez toute l’importance de notre considération dans la mesure où vous êtes sortie de l’ordinaire en signalant votre singularité. Il va sans dire que ces échanges postaux resteront dans l’histoire de notre évolution toute aussi singulière, c’est-à-dire sous couvert d’enveloppes dûment affranchies dorénavant, ce dont je vous remercie du fond de la boite à courriers.
L’avenir de nos services est à la clef de voûte du contrat de confiance ce que le droit de retrait au guichet est à la liberté d’expression, autant dire, absolument respectée.
De plus, considérant le fait que cette adresse est toute à l’honneur de votre clarté, il me semble raisonnable d’affirmer que le passage du facteur saura restituer la juste place qui revient à votre missive.
Ceci dit, tout R. simple que vous ayez choisi d’être mentionnée, il me semble reconnaître dans votre démarche qualité l’ampleur d’un phénomène jusque là mis sous silence, qui est celui des recommandations sous-couvert de nos intelligence-services. Nous sommes absolument convaincus que notre clientèle jusqu’ici assez peu expresse puisse être dorénavant en état de maintenir un niveau de qualité d’être lettre tout à fait excellente sans pour autant sombrer dans la précipitation de la performance, et tiens à vous remercier personnellement pour cette évolution. Soyons lucides, le refus de l’e-timbre ou ne pas l’e-timbrer ne passera pas par une lettre morte. J’aurais d’ailleurs plutôt envie de dire qu’elle risque de devenir lettre-vie.
Conforme aux attentes sans pour autant être dépourvue d’originalité, la poste reconnaît que le service dont je ne suis que le maillon constant se doit d’assurer autant que faire se peut l’équité tout en laissant à chacun le droit de s’octroyer des prérogatives d’orientation personnelle. Par exemple, je ne passerai pas sous silence qu’à l’époque des fêtes, les enfants de tous les continents sont en mesure d’adresser au père Noël des lettres sans timbres qui seront bien sûr acheminées à destination, tous les facteurs de la création ayant connaissance de l’endroit où crèche un vieux bonhomme à la barbe blanche et au manteau rouge dont les rennes sont en général les premiers heureux de décacheter les commandes toutes informulées soit-elles de la majeure partie d’entre ces lettres, Monsieur Noël, pour ne point le citer, faisant le reste. Il a, soit dit en passant, un traîneau tellement spacieux, que le volume total des présents peut être immense, il occupe le tout. Vous allez me dire, après un agenda de juin aussi contrasté, le tout n’étant pas rien, quoique risquant de l’être, j’hésite à œuvrer au contraire de l’ensemble, ne sachant pas si rien n’est recevable de la commande, ou si au contraire tout l’est. D’ailleurs, je ne suis plus très sûre de bien me faire comprendre, dans la mesure où moi-même je ne suis plus très sûre d’être aussi confuse que tout le début du rien du tout ci-dessus.
Le receveur des postes me demande d’assurer la discrétion, toute la discrétion, rien que la discrétion, dès lors que le destinataire a les moyens de renvoyer l’appareil de l’ascenseur.
Connaissant la simplicité naturelle et spontanée de la lettre R., je vois mal comment elle pourrait s’équiper d’un moteur et d’une cage, toute ascensionnelle soit-elle. Il s’agit d’une cage, tout de même, et les enfermements sont si loin d’être éradiqués !
Affaire réglée, n’en parlons plus. Je vous remercie donc d’avoir signalé cette distorsion afin que notre dépôt soit garanti d’accepter toutes sortes de réclamations dans la plus grande intelligence qui soit.
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Tampon de la foi faisant poste.
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Bien à vous.
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La boite norminée au concours de la Paix des Transports Timbrés. (P.T.T.)
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Boite aux lettres jaune
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Lettre enluminée depuis six mille ans
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