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Archive for mars 2010

Ici l’exercice consiste à écrire des phrases contenant des mots commencant tous par la même lettre, (on appelle ça un tautogramme), puis de les réutiliser librement afin de construire un texte contenant tout ou partie de ces phrases. 
 
Les phrases utilisées sont :
Lentement libérées, les lourdes libellules lévitent légèrement, limitant là les libations libertaires licites.
Ma merveilleuse maman me mitonne méthodiquement mon moelleux muesli.
Chapelier cinglé crayonne ce charmant chat chanteur.
Ca clapote certainement car contre celui-ci, ceux-ci comprennent comment charmer ce cruel crotale.
Regardez la rivière ruisselante se recouvrir d’une ravissante robe de rosée.
Le vertige du vigile devant la vérité du verdoyant vestige de Virgile.
Similitude entre seïsmes solitaires soliloques et soyons sauvages selon les styles stéréotypés.
Mon mur mitoyen me mutile méticuleusement mon marteau.
Riez rois rêveurs, reconnaître Raymonde restera risqué.
 
De fil en aiguille une histoire ça s’habille
 
 
         Lentement, la similitude entre ce qui se voit et ce qui habite émerge des mots. Exercices, tentatives, la trame qui en ressort sans cesse fait écho à ce qui est en moi. C’est un clapotis qui résonne, et soudain la rivière ruisselante recouverte d’une ravissante robe de rosée m’emporte de ses flots qui ne sont que des mots. Comment emportée par ses bouillons fracassants vais-je réussir à deviner la similitude entre un séisme sauvage et un solitaire soliloque ? Méticuleusement, je pose une à une mes idées sur le papier et presque mutilée de ma pensée, je sens le marteau de mes mots qui bat à mes oreilles. Mon crayon cinglé clapote sur la feuille griffonnée et me voilà baignée dans l’histoire avec pour seul compagnon le petit Robert à mes pieds. C’est ainsi que lentement libérées, les phrases s’élèvent, lévitantes, pour s’ordonner dans le texte. Lourdes libellules ou charmant chat chanteur, tout ici est permis y compris l’impossible, surtout l’impossible devrais-je dire. Si un mur mitoyen se met à mourir, personne ici ne trouvera rien à redire. Riez rois rêveurs, tournez manèges enchanteurs. Moi ma merveilleuse maman me mitonne méthodiquement mon moelleux muesli et le nez encore enfoui, j’entends le bruit de l’eau qui bout, annonçant le café du matin.
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Acrostiche

Jocelyne
Jardiner des idées et les mettre en chantier
Ouvrir des cheminées qui se mettent à cracher
Certains jours je m’exerce et bien que fatiguée
En friches jaillissent des phrases inachevées
Lentement elles s’élèvent vers les cieux azurés
Youpi me dit l’oiseau tant pis me dit la fée
N‘allons pas sur la lune l’air y est faisandé
Ecoutons dans le vent et laissons nous porter.

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Après une semaine de stage "atelier écriture", c’est moi qui repars avec le tissage de notre bilan de stage. Nous avons découpés des lamelles de papier sur lesquelles chacun d’entre nous a inscrit une phrase sur ce qu’il a retiré de ce stage. Ces lamelles sont ensuite tissées sur une trame papier et l’ensemble montre les mots hachés que je dois utiliser pour construire un texte. Voici ce que cette trame m’a inspiré.
Janine est l’auteur de "lucarnes" "un silence ordinaire" et anime des ateliers écriture. Elisabeth a été éducatrice, psychologue et enseignante, aujourd’hui à la retraite elle revient parfois animer des formations et entre autres l’atelier d’écriture.
 
Lettre ouverte
       Les mots, ça mène à tout à condition d’en sortir. Ceux tissés là, qui viennent de vous, ceux-là même m’ont écrit beaucoup de belles rencontres autour de cette semaine partagée. C’est arrivé par surprise, de la présence étoffée de chacun d’entre nous et des questions inspirées qui en naissaient. Ainsi se sont articulés nos textes. Petits papiers enchevêtrés, phrases emmêlées qui m’ont fait penser qu’autour de l’aléatoire, des questions de plaisir à l’arrondi étaient en présence. Outils évaporés au démarrage de l’écriture. Aériens et légers de cent, de dix ou même de beaucoup, c’est dans l’oeil du cyclone que nous avons tourné des histoires à n’en plus finir. Ici les canismes découpés côtoient des spirées en perm tout délire sans que personne n’ait rien à redire. Elisabeth nous guide et nous promène dans des miroirs étranges d’où sortent des personnages non moins surprenants. Le regard pétillant, elle nous dévoile tranquillement les facettes miroitantes de notre propre scène, reflets multipliés où des bougies allument des pipes qui n’en sont pas et où le plan de nos représentations serait à l’image d’une pomme. Et puis nous écrivons, construisons des chemins de pierres sèches qui mènent vers des ailleurs au centre de nous-mêmes. Nous-mêmes tous réunis autour d’une table au céméa de Montpellier. Elisabeth, Janine, Lyliane, Pierre, Laurence, Souad, Nathalie, et moi, chevauchant l’écriture à toutes les allures. Des phrases rythmées, chaloupées ou galopées, c’est ligne après ligne que nos mots s’alignent.
Comment ne pas y voir que s’est ouverte, là, sous nos doigts éblouis, la lucarne silencieuse de la magie de Janine ?

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