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Archive for mars 2017

A la suite d’une échange autour du sujet sur un réseau social, je me suis dit que ce serait amusant d’écrire une lettre à ces fameux moutons que nous sommes censés compter pour peu que nous ne réussissions pas à prendre notre sommeil.
Pour l’occasion, j’ai fait revenir à la plume et à l’encre madame Cyclopédie elle-même, qui n’hésite jamais à se lancer dans des polémiques moulin à venteuses, dès qu’elle en a l’occasion.

Lettre de madame Cyclopédie au troupeau de Panurge qui l’empèche de dormir la nuit

Très chers moutons, très chères brebis, très chers agneaux virgule
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– Ligne suivante à la barre !
– C’est moi !
– Levez la main droite et dites je le jure.
– Je l’jure !
– Vous l’jurez quoi ?
– Ben, j’chais pas m’sieur !
– Bien. Très bien mon p’tit. Ce n’est pas grave, tu vas voir, ça va aller. Au fait, je suis une femme, madame Cyclopédie, c’est pas bien gentil, ça, de m’appeler monsieur. Bon, passons. Je déclare le tribunal ouvert.
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Vu le procès verbal du dix dernier à l’appui,
Vu la décision du tribunal de grande instance de Thélème,
Vu l’abbaye par laquelle tout arriva,
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vous êtes priés de cesser cette farce !
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Cela fait maintenant plusieurs fois que, le soir, au coucher, vous débarquez sans invitation à mon chevet.
Il m’est apparu qu’en plus d’avoir un sens de la provocation plutôt développé, vous étiez dotés d’une qualité de ressort remarquable, couplé à une inéfficacité totale. Vous ne me faites pas dormir !

Car oui, le constat suivant m’amène à dire que non content de jouer à saute-par-dessus-vous, ne voilà-t-il pas qu’hier soir l’un d’entre vous, le plus téméraire sans doute, ou peut-être le plus inconscient, ce n’est pas impossible non plus, Dieu ait son âme, bien-essaya le grand saut de… par dessus mon dessus de lit.
Mon dessus de lit n’est pas une barrière à sauter ! Entendez-le !
Je ne sais pas pourquoi je prie pour l’âme de ce mouton là en particulier, sauf à savoir qu’il disparut de l’autre côté du lit, probablement dessous, et que je ne le revis plus, du verbe revivre. Enfin, jusqu’à ce jour où, plus dynamique qu’un autre, je sortirai cet appareil appelé communément un aspirateur…
Je ne me suis pas foulée, je sais !
Et ils sont encore là, épars, voletant au moindre souffle, enfin, comme je les imagine, puisque je ne suis pas encore allée voir dessous comment ça se présente.
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Ceci dit, le dessus de lit se tient au dessus de ma tête dans les moments de grands envahissements d’énergumènes de votre catégorie. Ce dernier montre à mon égard une certaine forme de solidarité dont je le remercie vigoureusement. Toute inéfficace soit-elle, elle a le don de me réconforter en constituant une barrière protectrice entre moi et le reste de vos congénères encore présents en ces lieux.
Oui, je sais. Je dis une chose et son contraire, et alors ? Ça gène quelqu’un ?
Vous imaginerez aisément que, dans mon infinie détresse d’insolitude insomniaque, la recherche de la plus profonde obscurité soit une de mes meilleures contre-attaque.
Je ne comprends toujours pas pourquoi, ni comment, vous réussissez, malgré ce, à la traverser et à passer sous mes paupières pour arriver à ce que je vous compte. C’est pourtant ce que vous avez fait à plusieurs reprises.
Je n’ai pas besoin de me faire repriser les yeux, ce ne sont pas des chaussettes, d’accord ?
J’ai entendu dire qu’il suffisait de vous compter pour ne plus être génée par votre présence, et pour avoir tenté de le faire, je n’en vois pas le bout, est-ce normal ?
C’est pourquoi je vous accuse :
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D’un, de passer et de repasser, sans aucune limite, sans que je puisse authentifier un seul d’entre vous.
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Deux, d’utiliser votre ressemblance à cet effet pour abuser de mon infinie patience.
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Trois, mais où est donc le berger ?
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Vous n’avez qu’à inverser la tendance, et qu’on n’en parle plus ! Prenez exemple là-dessus, pardine !
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Mouton et bergers 1
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Donc, je me permets de solliciter votre grande bienveillance, dussé-je en passer par Panurge lui-même, afin de ne plus vous glisser à l’impromptu dans mes prises de sommeil.
Car je compte bien le prendre, oui, et le reprendre, même, ce sommeil.
Avec ou sans sauts de moutons, avec ou sans vous, oui, vous lisez bien, sans vous, blanches créatures à la fourrure épaisse que nos bergères filent à la quenouille et qui ne cessent de gambader au dessus de la barrière de mon dessus de lit pendant que la pauvre salariée que je suis tente désespérément de subvenir à des besoins primaires en vue d’être relativement en forme pour une nouvelle journée de travail le lendemain.
Dorénavant, si vous souhaitez venir vous faire compter, je vous prie cordialement de bien vouloir prendre rendez-vous au moins la veille, sachant que mon agenda est complet d’ici à trois mois, et toc !
Ce qui n’empêchera que :
Voici ma plainte en question, moutons, brebis, agneaux et dix de der,
ZZZZZZZZZZ RRRRRRRRR TIC TAC ZZZZZZZZZZ RRRRRRRRRR TIC TAC
DRIIIIING !
Oh non, pas déjà !
Siiiiiiiiiiiiii
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Ah ! J’allais oublier.
Mes hommages et mes remerciements les plus confondus pour l’oreille attentive que vous préterez à mon courrier.
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Madame Cyclopédie

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Réponse du troupeau à madame Cyclopédie
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Très chère madame Cyclopédie,
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Nous accusons réception de votre plainte, très chère, et préconisons d’entrée un rassemblement à l’occasion de la transhumance numéro B 4258612 alinéa 2 du code de l’hypnotique publique afin de traiter votre demande au raid, baygon, catch et kapo réunis au sommet du colloque des plinthes à traiter.
Nous sommes dans une profonde affliction à la suite de la disparition de notre meilleur élément, qui était le moins reconnaissable d’entre nous, puisqu’il se chargeait souvent seul de cette tâche infinie qui consistait à se faire compter régulièrement dans l’hypothèse de provoquer le sommeil qui ne vient jamais, (car peu sensible à la provocation), et souhaiterions venir constater sous votre lit l’identité de celui qui s’y trouve peut-être encore. Une équipe d’autopsy viendra d’ici ce soir procéder au recueil de données. Nous espèrons que votre agenda prévoira un rendez-vous d’urgence, notre troupeau semble frappé du même fléau que vous depuis sa disparition, il s’auto-compte, et nous vous saurons mille gré d’accéder à notre demande.
Notre berger tient à préciser que la « photo preuve » d’une quelconque inversion de la tendance n’est que pure médisance, et n’est qu’une rumeur contre-électorale de plus à laquelle nos équipes insomnigènes ne réagiront pas. Panurge reste notre unique guide en ces prés.
Il est entendu qu’à la suite de cet épisode plus ou moins loufoque vous pourrez reprendre le sommeil de la juste. Nous nous engageons à respecter votre entière tranquillité à ce sujet. Et nous garderons bien dorénavant de venir nous faire compter à ces moments fragiles d’endormissement. Par contre, si vous souhaitez changer de décor, nous vous proposons de venir compter les étoiles dans le ciel, c’est un peu plus long, mais vous aurez peut-être la chance de rencontrer l’astéroïde B 612 sur laquelle vit un petit prince de notre connaissance.
D’ailleurs, il n’est pas impossible non plus que notre confrère disparu soit celui pour qui Antoine de Saint-Exupéry a dessiné une caisse, qu’il soit dedans, et sur l’astéroïde B 612.
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Au plaisir de vous revoir.
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Confraternellement.
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Mouton arc-en-ciel, porte-parole du troupeau concerné et en son nom.
An de grâce 2017
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Mouton arc-en-ciel
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Un seul conseil ? Optez pour le mouton couleur, c’est bon pour le moral.
Et puis même sous les lits c’est plus gai.
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Mouton insomnie 3

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Cette nuit,
La voie lactée a traversé le ciel.
Elle avait des paillettes sur sa robe,
Et l’ourlet effrangé,
Paraissait tout enluminé.
Elle a tourné sur elle-même,
Et toute la poussière est tombée,
Etincelante, encotonnée.
Puis elle a disparu,
Dans un grand frou-frou de dentelles.
Et le soleil est arrivé.
Je me demande encore,
S’ils s’étaient croisés,
De quoi ils auraient bien pu parler.
Elle, la grande voie colimaçonne,
Lui l’éclaireur de nos ténèbres.
Sans doute auraient-ils simplement,
Glissé tous deux comme des amants,
Vers le lit de leur firmament.
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Voie lactée firmament

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L’agenda ironique de mars, le mois des fous, c’est chez monesille que ça se passe.

J moins quatre ! Pas une ligne, pas une crotte de mouche en vue.
Ce n’est pourtant pas faute de l’avoir tourné, retourné dans tout les sens, regardé sous toutes les coutures.
Le sujet me laisse mutique, enfermée dans la tiédeur laiteuse de ma boite cranienne.
Pas un seul brin de piste en vue, peut-être une vague référence magistrale en stock.
Celle d’Erasme et son éloge de la Folie.
Lui, son idée, ça a été de faire parler la folie pendant 200 pages environ.
Et si la raison venait lui répondre ?
Et si je m’amusais à participer au débat entre la folie et la raison ?
Ça pourrait donner ça.

– *Qu’on dise de moi tout ce qu’on voudra (car je n’ignore pas comme la Folie est déchirée tous les jours, même par ceux qui sont les plus fous), c’est pourtant moi, c’est moi seule qui, par mes influences divines, répands la joie sur les dieux et sur les hommes.

Tiens donc ! Quelqu’un parle ?
Je tends le neurone droit de l’audition.
Est-ce la réalité, ou encore l’une de ces fichues voix qui vient me parler ?

– Regarde donc autour de toi, tu vois bien qu’il n’y a personne. Tu es encore en train de délirer, c’est une voix dans la tête, rien de plus qu’une hallucination auditive.

Personne, personne. Pfff ! Et moi alors, je suis personne ?

– *En effet, dès que j’ai paru dans cette nombreuse assemblée, dès que je me suis disposée à parler, n’a-t-on pas vu briller tout à coup sur vos visages une gaité vive et extraordinaire ?

– Heureusement que je ne t’écoute pas, sinon, dans quel état errerais-je à l’heure qu’il est ! A oublier ses devoirs nul ne peut bénéficier de ses droits.

– *Et les éclats de rire qui se sont fait entendre de toutes parts, n’ont-ils pas annoncé la gaité charmante qui s’emparait de vos cœurs, et le plaisir que vous causait ma présence ?

– Mouais ! Pour le payer en sales grosses mouches nettoyeuses, avec le sentiment de culpabilité qui te plaque au sol, te tord les boyaux, même pas en rêve ma pauv’fille !

– Dis-donc, la raison, tu vas t’ouvrir à la joie sans raison un jour ou quoi ?

– Sûrement pas madame la Folie ! Pour me faire traiter de folle, ça jamais !

– Il faut avoir une raison folle pour traiter la raison de folle…

Pourquoi donc vous opposer l’une à l’autre ?
Mettez-vous d’accord, vous devriez réussir à le faire, non ?

– Ah ! Mais quelle ingrate ! S’exclame la Folie.

– Et quel manque d’intérêt pour la culture générale ! Surenchérit la raison.

Et d’une seule voix les deux de s’écrier.
– Nous sommes bien d’accord.

Fin

* les parties du dialogue précédées d’une Astérixme sont toutes extraites de l’éloge de la Folie d’Erasme écrit en 1509.

Ah ! J’allais oublier. A l’intérieur du paysage laiteux de mon cerf-volant existe un attrape-mouches offert par un cousin-germain du cerf-volant, le cerf-vorapide, qui lui arrive sans-faute à l’heure des rendez-vous. Tout le monde comprendra pourquoi.

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Je sens que ça va dépasser tout ce que l’on a pu déjà connaître à travers les mois passés de l’agenda ironique. Il n’y en avait qu’une pour nous faire sortir de notre raison, et je crois qu’elle va réussir son pari.
Mais quel est donc ce petit boulon qui se dévisse ?
Est-ce le boulon de la jaunisse,
Ou bien celui qui se déplisse ?
Est-ce le boulon des doux délices,
Ou bien celui des artifices ?
Ce n’est qu’un boulon d’ironie,
Un boulon de ma mise en plis,
Après une vrille de février,
ça méritait bien de friser.
Oui mais friser n’est pas folie,
Puisque folie est dépasser.
Alors dépasser la folie,
C’est encore plus loin composer.

Merci monesille, qui prend le relais de mars à l’agenda ironique 2017.

monesille

Me voilà bien ! Je m’étais proposée pour organiser l’agenda ironique de Mars, mais persuadée qu’Ariel Littel relèverait le défit du mois dernier comme il  avait remporté le concours, haut la main, j’attendais sagement le thème et l’organisation et je n’ai RIEN préparé !  Bon. Je m’y colle immédiatement de suite; vous allez vivre en direct la réflexion sur le choix d’un thème qui laisse cours à l’imagination sans faire dissert de lycée, le genre de truc qu’on trouve génial du fond de son lit et qu’au matin, tout froissé de nuit, vous trouvez grelottant de timidité sur un coin de votre bureau et vous  suppliant : non, non, pitié, pas moi, je ne vaut pas un fifrelin !

bouffon2

Qu’est ce que je pourrais bien vous proposer ? Qu’est ce que j’aime ? En ce moment je lis beaucoup d’Histoire, avec de grandes haches même s’il  y a beaucoup de…

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