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Archive for the ‘Série pignouf illimitée’ Category

Dans un premier temps, ils ont décidé de faire un « grand rassemblement pour savoir comment se défrise le ridicule ». Y’avait l’gros Léon qui courait partout à la recherche d’un coiffeur. Il a finit par tourner en colimaçon dans les anglaises, tout ça pour descendre un escalier à bout portant sans réussir à l’achever. Au final, le plus grand, Dédé je crois, s’est chargé de l’arrêter dans sa course en modifiant l’intitulé. Ils allaient faire un « grand rassemblement pour savoir si finalement on appelle un chat un chat et pas l’inverse ». Le gros Léon, qu’avait pas la langue dans sa poche, la sortit d’un grand fourre-rien et sans les mâcher, il avala ses mots tout rond. Il essayait encore de péter plus haut que la mygale de son plafond quand le vieux Zazard, « César » pour les intimes, les traita tous de vrais-jetons. Les doigts dans le museau, il sorti son aide-souvenir des poches qu’il avait sous les yeux et le feuilleta un instant.
– Au nasomètre, je vais vous retrouver ça, assura-t-il ! J’ai passé une nuit verte à ne pas fermer l’œil, alors croyez moi, je pense ! ça m’évite de filer de la mauvaise ouate. Pas comme ces jeunes noirs-becs qui passent l’arme à droite à la première vague d’insomnie venue. Bon, où je l’ai mis ce machin ? Je croyais l’avoir empoché ce matin, j’ai du me lever du pied bot.
La Marthe, elle le regardait en ricanant bêtement.
– T’as qu’à arrêter de travailler d’arrache bouchées doubles, mon pov’Zazard. Tu l’as rangé la semaine des quatre jeudis, on est vendredi espèce de vieil écervelé ! T’as toujours des histoires qui finissent en queue d’bonite, tu comptes pour de la margarine vieux renard. Range ton pense-crétin et laisse parler les femmes.
Elle avait pas les portugaises cimentées, la Marthe, quand elle a entendu le Léon chuchoter qu’elle n’avait pas le compas dans l’oreille et qu’à force de tirer des plans sur leur casse-tête, elle allait finir par les rendre dingos comme le père Limpinpin. Elle lui a lancé un regard dégondé par la colère qui atterrit droit dans la sourde oreille de Maurice qui traversait le passage vissé juste à ce moment là :
– Si vous vous en tamponnez la coquille, c’est vot’affaire. Rester de granit devant tant d’incivilités, ça n’me pend pas au bout du nez, c’est moi qui vous’l’dit bande de vieilles crapules ! Mais vous allez vous r’trouver dans de sales linceuls si vous continuez à poussez l’capuchon un peu trop plus moins près. Tiens, pour que ça tombe face poil ! Si on créait un « grand rassemblement pour savoir qui va déshabiller Pierre pour habiller Guy » ?
Quoiqu’il en soit, en deux coup de fourchette à potage, elle réussit à mettre d’accord le coiffeur et les autres sans avoir à pleurer toutes les humeurs des crocodiles de sa paroisse. Et pour finir cette histoire à dormir debout en deux coups de cuillère à prose, « à l’impossible, nul n’est boulonné, au saugrenu, Pierre est tout nu » !
Et si on faisait un grand rassemblement pour…
– Ta g….. ! Il va faire nuit.

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Et puis le stigmate du rat,
Du cafard, du pied-plat…
Moi je diverchiffie, sans la gerbille,
La fermentation du coup je distille,
Et ça te fais un tord-boyau, mon ami !
C’est pas non plus le paradis.
Je t’en collerais, des pieds dans le plat,
Des cicatrices, des langues de chat,
Des torpilles et des poissons fats,
Des visse-bonnets un peu plus droits.
N’empêche l’avait bien mérité,
Juste il avait trop dépassé,
Le mur du fond et du requin,
L’avait éclaté son tympain,
D’avoir ourdi le mur de Lourdes,
Sans penser qu’il était pas courge,
Mais tête brûlée tant est difforme,
L’œil du vautour qui le dégomme.

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Le canon de la dérision,
N’est pas toujours bien opportun.
Et pourtant toute la question,
Est bien relative à chacun.
Quand c’est sieur De La Quichottière,
Qui veut montrer ses belles manières,
En allant porter son égo,
Comme d’autres portent le chapeau,
C’est d’opter pour un béret Basque,
Qu’il se prit à être fantasque.
Je suis coiffé d’un conifère,
Aussi aplati qu’une civière !
De queues de pie en hauts de forme,
Je ne rentre pas dans la norme !
Voyez comme on porte l’égo,
L’égalité de mon cerveau,
N’a pas de méninges dans la bière,
Et les trous de mon ciboulot,
Sont des bouffonneries qui m’aèrent !
Mais quand il s’aplatit en crêpe,
Mon citron bourdonne comme une guêpe,
Un bourdon fredonne sous mon crâne,
Pour que de ma cervelle émanent,
Des fusées aux poisons mortels,
Qui vous envoient direct au ciel.
Sieur Quichottière coiffé d’aura,
Aurait-il ou n’aurait-il pas,
Coiffé le poteau de sapin,
Dans le cimetière de demain ?

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Ceux que les vents secouent n’en diront pas plus aujourd’hui. Penchez-vous sur la rambarde de la rumeur, reniflez son odeur surie, vous en surprendrez les aigreurs en débusquant sous son écaille le détail qui sous l’anodin entache le véhicule divin. Ils se taisent, ceux que les vents affrontent, et leur silence est ourlé de paupières, et il n’y a rien d’autre à faire. L’air brassera toute la poussière que délitent les langues desséchées jusqu’à déposer son battage. C’est un peu comme au cinéma, il y a ceux que l’écran croit, ceux que l’écran montre du doigt, et puis ceux que le cinéma n’abrutit pas, n’abrutit pas…
Parfois ils s’enflent en dérision, parfois pas, telle est la question.
Mais au fond que restera-t-il des colporteurs quand déchargés de leurs fagots, de leurs ragots, ils persifleront sur les têtes sans croustillant à déguster ?
L’ennui les prendra sous son aile à fureter l’indiscrétion pour mieux combler de déjection ces espaces vides et effrayants que sont les manques inassouvis.
Quand les éoliennes tariront, autre chose fera diversion alimentant les quotidiens de ces petits faits anodins qui remplissent mieux que la pensée les couloirs de la vanité.
Ils finiront au même endroit.
De la même façon, je ne crois.

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C’est le printemps, je rempote mes plantes,
Je les entoure de façons tendres,
Sous mes doigts la Terre se détache,
Elle salit un peu mes godasses.
J’ai un clivia que ma maman a marcotté de toute son âme,
Il fleurira si tu l’entends pour avoir le feu de tes flammes,
J’ai une orchidée si fanée que c’en est juste un peu sonnée,
Que je vois ses jours fatigués retirer son manteau peluché.
J’en ai bien d’autres mais qui sans nom,
Désiraient t’y voir pour de bon,
Elles sont si belles qu’une a fleuri alors que ma main sans le son,
De temps en temps les laissent sècher, jusqu’à flétrissement en long.
Mais il y a des heures qui sonnent tellement fort dans ma tête,
Que je me love et m’abandonne en attendant de faire la fête.
J’ai un zéro dans mes claviers qui me ferait tourner la bête,
Une forêt entière d’éléphants qui buttent encore sur mes fenêtres,
Pendant que la Terre tourne rond, pendant que le gong fait des bonds,
La sourde humeur de mes entrailles pourrait bien faire un sacré rond.

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Sérieux en tout genre
Restez-le
Pendant que gambillent en campagnes
Les trésors de la langue Française
A traverser de toute manières
Les feux de la haine et la hargne
Casse-noisettes en tout genre
Ne croisez plus jamais ma route
Car je crois que votre casse-croûte
Vous restera tant de travers
Que la seule sorte de pomme-de-terre
Qui vous sera encore digeste
N’est pas prêt de naître je l’atteste.
Mon Dieu, ceci me rappelle cela !
Padre Nosfera es-tu là ?
Reprenez du bonnet d’âne, mon brave !
Vous n’avez rien mangé.

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La digitale pourpre
Empourprée par l’éloge
Délogée par l’iris
Hérissé de picots
Picorant l’asticot
Elastique et pas sot
Qui d’un saut de canard
Canote sur la mare
La mare est sans amarres
Et l’amiral en poupe
Epoussetant sa toge
Toboggan sur l’abysse
Biscornu en tricot
Côtelé comme la mer
Amertume et si fière
Si fièrement dirigée
La digitale pourpre
Postule contre l’iris
Qui picote l’asticot
Sur la mare aux canards
Où vogue un amiral
Habillé d’un tricot
Comme on porte l’éloge.

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Un signifiant gonfle son haleine putride au-dessus de ma tête
Insignifiant et signifié pourtant
Voici le mot en vibrillance, de son éclat qui danse sous le regard
Il note
Infantilisant et pourtant il fait règle
De sa mesure subjective, il monte ses graduations obscènes,
Faite de moyennes reconnues, additionnées, mathématiques
De ses milliers de têtes bien pensantes
Penchées sur l’écriture dense, acclamée, métrage de foutaises sur le vent
Et tous ici se regorgent d’en être les auteurs
Ils ne sont que seuls, individus isolés, dont la somme s’ajoute
De ces vagues de modes, de ces publics qui encensent, véhiculent,
Transmettent et font perdurer une ignominie sans limite, la note
Celle qui place dans l’échelle, dans le cadre, dans la structure
Adulation du plus grand nombre qui rejette le marginal
L’original, et qui le digère pour l’intégrer.
Un signifiant insignifiant selon qui le regarde, le décrypte.
Et je suis là, pantelante, à faire revenir ses vieux fantômes.
Et le ruissèlement de ma danse n’en finit pas de couler sur mes années
D’une infusion amère
Vomitive
Vermifugeante
Eclatement du chiffre en vergetures tristes.
Une note.

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– La barbe !
– Rasoir
– Quoi, rasoir ?
– Ben, la barbe.
– C’est ce que je viens de dire !
– Oui, je sais, j’ai entendu.
– Tu sais que tu es rasoir ?
– Ah bon !
– Oui, tu rases vraiment !
– T’as toujours ta barbe.
– Oh, la barbe !!!
– C’est toi qui rases !
– Pas de près.
– Pas si près !
– Oh ! Tu rases, et pas que les murs !
– Je ferais mieux d’aller me raser.
– Plutôt que de raser les autres !
– Sais faire que ça.
– Quelle barbe !
– Ben, la mienne, j’en vois pas d’autre.
– Non ! Je disais, quelle barbe !
– Ben oui, j’avais compris.
– Dialogue de sourds !
– Quoi ?
– Rien, je disais, dialogue de sourds.
– Tu crois qu’on entend mieux une fois rasé ?
– Pas sûr…
– …

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Stéréotypés, modélisés, ils ont une idée nette de comment on écrit pour devenir écrivain.
On dirait une frappe en calque, vous m’en ferez trois pages que vous remettrez sur mon bureau demain avant trois heures !
Ainsi sont édités ces aligneurs de mots, ces texteurs de copies à rendre, ou plutôt à vomir.
Ils vendent leur âme au diable et s’étonnent de ne plus la trouver.
Je les vomis, ces mots, ils éructent, postillonnent, salissent gras, grossiers des bas quartiers à enfermer.
Puis je les polis, petits cailloux dorés qui valent leur pesant de pierre d’âne, de ceux qui copiaient sur le voisin et restaient aux fonds des classes près du vieux poêle à bois, à ronronner aux aguets, cueillant au hasard du cours les mots qui résonneront encore longtemps dans leurs cahiers tâchés.
Mais de modèles à écrire, pourquoi faire ?
S’embarrasser de tant de niaiseries, rituels noircissants, soulageant quelles angoisses ?
Non, vraiment, c’est pitoyable !
Alors que sortant de leur ventre mou, des phrases courtes, reprisées, couturées jusqu’à la gorge se moquent bien de les envoyer au Panthéon.
Chanter le murmure des sourciers, voilà un programme à ne pas manquer. Retourner la feuille, l’envoyer valser, dire et encore déplier au fond du lecteur les saveurs dignes comme ces vieillards plissés par l’âge, par la ferveur qui les habite.
Et en crever, bouche grande ouverte, pour ne pas en mourir.
Ils sont allés s’acheter des mots bonbons, mielleux, enrobant et gélatineux. Ils gluent de suave, ils collent aux abcès vides de leur cervelle conditionnée.
Et l’éditeur sourit, il vend, ces sucreries douceâtres, font la une des présentoirs à remplir des sacs, que l’on ferme avec des liens plastiques, et que l’on envoie à la décharge pour ne plus s’ennuyer.
Qu’on les pende, comme dirait celui de la B.D. !
Haut tout court, mais qu’on les extermine, ces faiseurs d’uniformité, ces sucreurs de foutaises !
Moi je les écume doucement, les récupère, les transforme, pour en faire un vocabulaire en forme de tête de Turc. Genre, j’ai une vomibroyeuse dans la poche, toute la comprendoire en tiroiterie, l’étagendaire popliclef verdigeoyurante, et la catharsismoïque en gloriodrille.
Et quand je sors ma carniaiserie tout en fromages, croyez-moi, ça chlingue de chez chlinguer…
J’ai un fromaginaire un peu en panne, alors rien à déclarer avant trois heures sur les bureaux des beaux messieurs bien propres.

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