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Archive for the ‘Grain de folie’ Category

Qu’importent les espèces, pourvu qu’on ait l’espace.

J’aurais aussi pu écrire :
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Qu’importe l’hippocampe pourvu qu’on ait la lampe.
Qu’importe la question pourvu qu’on ait paresse.
Qu’importe le mimosa, pourvu qu’on sente le chat.
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Mais les historiens ont préféré la version originale du premier jet d’encre.
Copié aimablement et sans son accord sur le modèle suivant :
https://carnetsparesseux.wordpress.com/2017/01/08/quimporte-le-flocon/

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Tout était parti d’une gravure. En fait, Léonard en avait laissé tellement, que les archivistes ne savaient plus par quel bout commencer le classement. Alors, comme chacun sait, dans les cas épineux, lorsque l’homme est accablé d’une tâche qui le dépasse, c’est le hasard qui s’en mêle. Le hasard qui les a fait commencer par celui-là. Tout simplement parce-qu’il était en haut de la pile du premier tas qui se présenta à eux.
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micronef-storm.
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Il fallait choisir dans quel registre le faire entrer. Une partie des archivistes penchait vers le nombre d’or, une autre vers la quadrature du cercle, ce qui laissait dubitatifs les historiens qui ne comprenaient pas l’origine d’une telle divergence, et enfin, une partie pensait que le registre de l’homme de Vitruve était le plus approprié.
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Le premier groupe avait mis en évidence la présence flagrante de mimosas dans la végétation, il ne faisait aucun doute pour eux que le mimosa étant couleur de l’or, De Vinci avait forcément travaillé sur ce sujet du nombre d’or.
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Le deuxième groupe y décryptait plutôt une forme de lèvres, pulpeuses, qui semblaient vouloir signifier le désir de manger le paysage, le goût du voyage, ce qui s’inscrivait directement dans l’emboîtement des symboles, dans la logique évidente des choses, de fil en anguilles, si j’ose dire, cela évoquait de manière flagrante la symbolique de la quadrature du cercle.
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Enfin, le troisième groupe, opposant à toute nuance, catégorisait l’œuvre de Léonard toute entière dans son registre de Vitruve, pour la simple et bonne raison qu’il n’en existait pas d’autre pour eux. Ainsi, toute polémique plombée, plus aucune question ne se posait.
Un peu radical, mais bon, pourquoi pas…
L’idée étant que le débat était ouvert, et toute idée aussi recevable qu’une autre.
Nous classerons ce débat dans la catégorie « liberté de penser ».
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Il n’empêche que, et c’est à cet endroit précis que le hasard frappa. L’un d’entre eux, atteint de nyctalopie, se rendit compte, un soir de ciel couvert, que sous la couleur rouge se trouvait un autre dessin, et que l’œuvre d’origine représentait un cheval de mer.
Un peu comme « La chambre bleue » de Picasso, qui cache le portrait d’un inconnu.
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http://www.maxisciences.com/peinture/un-mysterieux-portrait-decouvert-sous-un-tableau-de-picasso_art32878.html

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http://www.lepoint.fr/arts/un-mysterieux-homme-barbu-sous-la-chambre-bleue-de-picasso-17-06-2014-1837162_36.php

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Forts de cette découverte, tout le monde se prit à chercher les dessins de Léonard en relation avec cet hippocampe. Et c’est là que le récit devient intéressant, car, caché sous un cheval de Vitruve que voici,
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cheval-de-vitruve.
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ils découvrirent ceci.
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lhippocampe-mythologique.
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Et encore ceci.
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chimere-hippocampe.
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Ils détenaient donc la preuve que la théorie de l’évolution de l’espèce selon Darwin était vraie.
Avec en prime, que l’homme descend du cheval, le cheval descend de la chimère, qui descend de l’hippocampe, qui lui-même descendrait du tableau.
Une avancée manifeste dans la science.
Ce qui rendra tentaculaire la légende de Léonard, penseur des siècles, et jamais encore totalement démystifié. Une légende des siècles que n’importe quel Victor Hugo n’irait contester, avec son conte du chat vert, dans Cosette Toulmonde, superbe fresque romanesque où Jean-Albert Valjean-Dupontel donne de l’équin à retordre à Thénardaurevilly.
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Ainsi, après avoir épuisé toutes les facettes de la question, il ne fut plus jamais question de classement, de quelqu’ordre que ce soit.
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A la suite de quoi, le peintre Walter Crane, fabuleusement atteint de grand galop à l’huile, décréta nécessaire de réaliser cette œuvre immortelle afin de ne jamais oublier l’origine de toutes choses y compris du monde.
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les-chevaux-de-neptune-2.
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Mais aussi et surtout de ne jamais oublier que sous l’hippocampe, se trouve une tentacule limbique qui fait le tour du bocal, enfin, de la boite crânienne, une fois tous les 64 du mois, et qui, en provoquant remous et bastringue, est à l’origine des créations les plus… « euh »… « Originales ? ».
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Vous connaissez maintenant tout sur le sens du mot original.
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Voici, écrit pour l’agenda ironique de janvier, chez l’espèce de Dodo paresseux dont l’espace carnets du même nom dédié est accessible par ce lien inclus, espèces d’espaces, issu de l’hippocampe droit de Georges Perec, ici même, les espèces sont identifiées, déclassées par désordres, répertoriées par déclassements dans les espaces peints t’ou bien t’écrits.
Il fallait y inclure les mots :
hippocampe, mimosa, n’importe, chat, manger, tentacule, épuiser, vert.
Et déposer les copies avant le mercredi 18 janvier 2017.

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Ecrit il y a quelques mois déjà, sur une proposition de moi-même à moi-même, et modifiée pour l’édition du jour J, proposition que je soumets à carnetsparesseux dans le cadre de nos échanges sur son blog à l’occasion de l’affaire novembre, ou décembre, enfin, ce n’est pas très clair comme affaire, voyez par vous-même…
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Whouhahouh ! Qu’est-ce qui m’arrive ? J’ai plus de… Mince alors !
Je ne sentais plus rien, mes jambes, mon corps, plus rien ne bougeait, et pourtant, je voyais toujours mon corps, mais ne sentais plus rien !
Je me suis tourné vers mon pote de comptoir, et l’ai poussé du doigt, pour lui demander comment il me voyait. Mon bras est passé à travers son corps, et il n’a pas semblé sentir quelque chose. Par contre, il s’est soudain penché vers un corps allongé au sol.
– OH ! Merde ! Mais c’est moi !
Mon pote a hurlé :
– Adam, Adam, qu’est-ce-que tu fous nom de Dieu !
– Adam ! Merde, arrête de déconner, fais pas semblant d’être mort !
Tout s’est brouillé d’un seul coup, je me suis retrouvé sur un nuage.
Mince alors ! La porte du Paradis ?
Devant, il y avait un bonhomme. Il avait pas l’air commode, le gugusse. L’air un peu armoire à glace, assez refroidissant pour tout dire. Il avait l’air de réfléchir grave, une plume d’ange à la main. Une plume d’ange ? Mais pourquoi je dis ça, moi ?
J’ai tenté de l’interpeller, après tout, si c’était le Saint-Pierre, il me verrait, lui, au moins.
– Dis-donc vieux loup de mer du ciel qui êtes aux cieux, c’est toi qui ouvre les grilles ?
– Pas d’bol mon vieux, c’est complet ! T’as pas vu le panneau ?
– Celui qu’est punaisé sur rien, là ?
Au moins, lui, il m’entendait, et en plus, il avait l’air de me voir. C’était déjà ça.
Même qu’il me répondit encore :
– Ben oui, c’est trop tard, fallait arriver avant, il y a encore deux minutes, il restait une place !
– Il y a deux minutes, je vivais encore !
– Ce n’est pas mon problème, mon vieux, fallait te débrouiller comme tu pouvais, mais arriver à l’heure. Point !
Mouais ! Ça confirmait ma première impression, il était pas facile, le gonze. J’allais devoir négocier.
– Tu sais qui je suis au moins ?
– ça m’est fichtrement égal, les consignes, c’est les consignes !
– Je suis Adam, caboche !

– …
– Oh, et puis arrêtes de faire croire que c’est complet là-d’dans ! La créativité n’a pas été inventée par l’opération du saint esprit, que je sache !
– T’en sais quoi, toi, l’Adam, si c’est complet ou pas ! Tu en as été chassé par ton père, alors hein ! Viens pas me la faire, récupère ton serpent et tout le bataclan, y’a pas d’place, que j’te dis !
– Pffff ! Caractère !
– Roule-toi par terre pendant qu’t’y es !
– J’ai quand même reproduit une sacrée lignée, tu pourrais au moins reconnaître ça !
– Te monte pas le bourrichon, mon vieux ! Tu as vu le résultat ? Une bande de sauvages prêts à s’entre-tuer pour un p’tit bout d’gras supplémentaire, lamentable !
– Ben quand même ! Y sont pas tous comme ça, pourquoi tu ne vois que ceux qui se déchirent ?
– Les autres, qui en parle ?
– Moi !
– Vas-y !
– Et d’un, ils sont créatifs.
– Et de deux, ils font des créations, eux !
– Et de trois, ils créent aussi de la créativité.
– Meeeerde ! Ils se prennent pour Dieu ou quoi ?
– Reste poli, dis-donc !
– Ouais, bon, ok ! Tu veux une place à quel endroit alors, l’Adam ?
– Moi, Adam, je veux une place à ma place !
– Ah ! Si tu ne m’aides pas, je vais avoir du mal à te trouver une place à ta place !
– C’est pas faux !
– Alors ?
– Je veux d’abord retrouver l’Eve, elle est à l’intérieur ;
– D’habitude, c’est l’contraire !
– Oui, beh là ! C’est pas comme d’habitude, alors tu dis quoi ?
– C’est une fouteuse de merde, elle fout la pagaille partout où elle passe. En ce moment, les saints légifèrent, ils ne sont pas sûrs de la garder.
– Aller ! Qu’est-ce qui s’est encore passé ?
– Sais pas, elle fait rien comme personne !
– C’est qui ce Personne ?
– Ben t’es con ou tu le fais exprès ? Personne, c’est personne ! Elle fait rien comme nul autre, quoi !
– Ben encore heureux, mon vieux, sinon, elle ne serait pas elle-même !
– C’est vrai, j’y avais pas pensé.
– Tu penses à quoi, toi ?
– Moi, je ne pense pas. Je fais ce que Dieu me dit de faire.
– Et il te dit quoi, mon père ?
– Il me dit, les méritants d’un côté, les autres de l’autre !
– ça va être pratique ! Je suis tout seul ! Et les méritants, ils méritent comment ?
– Ils suivent la procédure, ils remplissent le formulaire et ils rentrent dans la case.
– Elle est où, ta case, bonhomme ? Tu es en train de me dire que moi, Adam, je dépasse ?
– Je suis en train de te dire que je n’ai pas reçu ta demande.
– Eh, dis-moi, vieux loup saint Pierre ? La Eve, elle a rempli le formulaire ?
– Faut croire ! Et si tu permets, l’Adam, loup et saint pierre, c’est pas le même poisson.
– C’est quoi la différence ?
– Le loup, il a les dents longues, alors que le saint pierre reste de marbre.
– Et je le trouve où, moi, ce foutu formulaire de marbre ?
– Demande à ton père ?
Évidemment, comme il n’était pas visible, ou présent, enfin, j’allais vite le savoir, je me suis tourné vers la grille.
– Papa ?
Voix d’outre-tombe :
– Oui, mon fils ?
– Comment je fais pour entrer au paradis ? Ton sbire de saint marbre n’a plus un seul formulaire valide à fournir !
– Demande à ta mère, elle sait mieux que moi ! Tu sais, moi, les procédures, c’est pas mon truc.
– Et qui c’est, ma mère ?
Voix d’outre-tombe :
– Saint Pierre ?
– Oui, Dieu ?
– Fais le rentrer, parce-que sinon, on n’en sortira jamais !!!

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Fin



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Voilà !
Carnets paresseux l’a voulu, le voilà. 

Noël ne fait pas de cadeau (8)


carnetsparesseux

22/12/2016 à 15:54

Bon, changement de programme : jo, tu auras les mêmes cadeaux que les autres dans le billet du 25 décembre, mais voici en avance ton lot gagnant : c’est toi qui décides de la « contrainte » / du thème / de l’amorce, on appelle ça comme on veut, d’un des billets du mois de janvier que j’aurais le plaisir de tricoter en conséquence.
à toi de dire, donc !

Répondre

22/12/2016 à 18:33

Dacodac ! Je vais y penser ! Et monter un premier rang impeccable, pour qu’après, tu y tricotes tout le désordre impeccable que tu auras envie d’y voir. D’ailleurs, me vient soudain déjà une idée… Une petite mise en forme au traitement textuel et je t’adresse ma consigne d’écriture d’ici quelques jours. ?

Répondre

Mon premier rang de tricot
aiguilles-a-tricoter-geantes-2

Le Paradis est complet, revenez plus tard, lorsqu’il y aura une place disponible.

Voilà, c’est arrivé !
Vous êtes mort.
Si si, vous avez bien lu, vous êtes mort.
Enfin, je veux dire, vous venez juste de mourir, et vous arrivez peut-être tout juste aussi à en prendre conscience.
Tranquillement, les portes du paradis se présentent à votre vue, vous êtes reçus à l’accueil et là …
Le paradis est complet !

Vous allez devoir faire assaut d’arguments pour rentrer quand même, et de plus, la consigne se complique d’un petit rien puisque vous allez devoir aussi vous glisser dans la peau de l’autre sexe pour soutenir votre argumentation.
Non mais, qui a dit qu’écrire était facile ?
Et en plus, qui a dit que pour rentrer au paradis c’était facile non plus ?
Le Paradis, ma foi ! Ça se mérite, alors bon travail d’écriture, ironisez, prenez d’assaut, montez au créneau, faites comme bon vous semble et réussissez à gagner une place au sein des créatures célestes et merveilleuses qui crèchent au paradis.

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René Magritte L'Art de la conversation

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Un p’tit délire de vacances avec la consigne de Martine mais sans appliquer la règle de la disparition lipogrammique.

La majuscule :
Alors comme ça, tu minusculises les majuscules en prétendant que je ne pense à rien, n’est-ce pas ?
La minuscule :
Bah ! Faut dire, c’est tout d’même pas toi qui m’envoies du déroulement, qu’est-ce que tu veux au juste ?
La majuscule :
C‘est juste revoir une majuscule de temps en temps, dont j’ai besoin.
La minuscule :
D‘abord, tu voudrais me faire croire que la majuscule est délicate, ensuite, elle est tendre, et enfin, elle devient confiante, pour peu que tu l’apprivoises, les gens heureux n’ont pas d’histoire, c’est du moins ce que l’on prétend…
La majuscule :
Et puis quoi, encore ?
La minuscule :
Fiche toi de moi !
La majuscule :
Garde toi bien de penser un truc pareil, je ne banalise pas en rapport avec la taille, belle amie.
La minuscule :
Hep, je te rappelle quand même que l’autre jour, tu as osé prétendre que je me prenais pour le centre du monde sous prétexte que j’étais nombreuse.
La majuscule :
Il est évident que tu occupais tellement l’espace que je ne savais plus où donner de la tête, ouest, est, tu étais partout, quelle mégalomane tu fais parfois !
La minuscule :
Je te donne du fil à retordre, n’est-ce-pas ?
La majuscule :
Kesque tu vas pas chercher là, « vieilles biques », retordre du fil de minuscules, tu as donc perdu le nord, tordue que tu es ?
La minuscule :
Largement dépassé, ce nord, mon petit bouchon !
La majuscule :
Méééééh !
La minuscule :
Nan mais qui c’est qui se la joue « vieilles biques » plurielle dans l’histoire, c’est celui, qui dit qui l’est !
La majuscule :
Oh la puérile, mais je n’ai jamais dit ça, moaaaah !
La minuscule :
Paix à son âme….
La majuscule :
Quelle petite garce !
La minuscule :
Reste que c’est comme ça que tu m’aimes, aller, avoue, sinon tu t’ennuierais volontiers dans toute ta belle parade majusculaire comme un hit.
La majuscule :
Soit petite et t’es toi !
La minuscule :
Tant que tu ne me prendras pas au sérieux, j’irai sillonner du sud au centre, du nord largement dépassé, au sud-ouest mon préféré pour le foie de canard.
La majuscule :
Une fois, une marchande de foie, qui n’attendais que majuscule, décida de garder la foi, le crois-tu ?
La minuscule :
Vé, pour sûr, que je connais l’histoire, c’est même moi qui te l’ai racontée dans sa presque totalité !
La majuscule :
Whouah, la grosse mytho !
La minuscule :
X-traordinaire, enfin, tu me cernes de près, de très près, même, puisque je deviens aussi grosse que toi maintenant que tu le reconnais comme tel !
La majuscule :
Zentendez bien, très chère minuscule combien ce dialogue ne rime à rien, puisqu’aucune sonorité ne s’assonne à aucune autre, mais zavez bien raison, on s’en fiche, nous, au moins, on rigole de tout et de rien, n’est-ce pas ce qui compte ?
La minuscule :
Avec ta gueule de métèque on ne va pas remettre ça en repartantà zéro ?
La majuscule :
Bécasson, mais que si, nous zallons repartentationner tout depuis le début.
La minuscule :
C‘est du Zébulon, comme langage ?
La majuscule :
Décidément ma petite, vous mettez de la majuscule partout !
La minuscule :
Epi quoi, encore, Laissez moi au moins le dernier mot, puisque vous gardez la première lettre, cachez donc moi ce « f » que je ne saurais voir !
La majuscule :
fin, je vous l’accorde, accordez-moi ce « f », minuscule, n’est-il point ?

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Clef de sol horloge

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Ah pour sûr, elle ne ferme rien,
C’est pire, elle donne des ailes dorées,
Puis t’envoie t’aller te jeter,
Du haut d’un falaise de chagrin.

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Alors de Charybde en Scylla,
Toujours n’y voir que feu de bois,
Sans que d’appui jamais ne trouve,
Laisse donc mourir si c’est pour ça.

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Donner l’espoir et puis ensuite,
Foutre le camp comme s’évaporent,
Des rêves pourtant qu’iraient bon port,
Pour peu qu’un retour soit sans fuite.

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La clef de sauvetage n’a courage,
Que pour leçons donner à d’autres,
Mais jamais elle ne fait naufrage,
Car dans la vie n’est que mirage.

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Ma participation à l’agenda ironique d’Août chez Martine : Merci de me laisser trace de votre passage dans le monde de ma grande folie douce.
Car toute minuscule soit-elle, je gage qu’elle saura admettre que la majuscule contrainte était nécessaire à sa créativité.
Bonne lecture à tous.

Et moi qui me débat encore avec ce terrible exercice de style, mais qui gagne chaque jour un peu plus de terrain.

Je serai chevelue barbue avant le 24 août, c’est dit. Yapuka. Avec deux essais en route, il faudra bien que j’en termine un. Car si la consigne est complexe, pour autant, visiblement, elle n’est pas impossible à remplir. Sauf que dans le style, j’aurais tendance à sembler un peu incohérente de prime abord, et travailler sur la clarté du langage m’ôte toute ma compétence. Furieux paradoxe que celui-là.

Attenter contre lettrine est un crime de lèse-prestige, fulminer ne modifie rien, même si c’est une solution d’hypoesthésie virtuelle.
Bien malgré lui, Eson suffoquait de vindicte devant tant d’indiscipline, son omnipotence se voulait incontestée, patente, manifeste, et il se faisait fort de l’imposer, surtout pas de vague, c’était la règle.

Ces minuscules n’en étaient pas à leur premier soulèvement, mais elles n’avaient apparemment toujours pas entendu sa domination.
Dorénavant, la stratégie à mettre en œuvre se nommait « influence peaufinée », il l’avait affûtée durant les siècles passés, à moult reprises, faire régner la peur pour convaincre et soumettre, il savait très bien faire, voire même encore mieux, puisque cela n’apparaissait plus de façon lisible, il était invisible, invincible, enfin, le pensait-il comme tel.
Eson n’avait jamais banni l’union du savoir assorti aux dispositions d’un plan adroit, nul n’irait sans lui, ni lui sans nul.
Fort de ce postulat, il s’avança vers le lieu des négociations.
Glandeur nature, le peuple des minuscules s’était rassemblé, arborant des banderoles de couleurs vives et brandissant des porte-voix tonitruants, ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers.
Hurlant que la fin des majuscules venait d’arriver, que le Nord sonnait le glas du sud, que le soleil devrait dorénavant se lever à l’Ouest, arguant tout et son contraire à la fois, dépêchant du missionnaire, [sic], satellisant de la fin du monde à tout va autour du grain de trop du grand et puissant Eson.
– « 
Il mélange l’évanescence du blanc avec son envers, chuchota la plus grande des majuscules au plus jeune des paragraphes, c’est un peu cruel tout de même ! »
– « 
Je gage que le résultat produira du chapitre, c’est la moindre des choses ! »
– « 
Kidnappons les interstices, il ne restera plus que la race dominante, c’est-à dire le grand maître et nous, ce sera le bonheur. »
– « 
L‘ouvrage ne voudra rien dire, sans eux, nous risquons de devenir bien insignifiants. »
– « 
Mais qui parle ainsi ? »
– « 
Nous, les livres ; réduits à quelques mauvaises pages, quel futur se profilerait sans la postérité des bibliothèques ?
– « 
Organisez un référendum et tentez de définir ce qui fera trait d’alliance, ce serait en effet regrettable de perdre le sens de l’identité de la culture générale. »
Particulièrement interloqué, Eson, à l’écoute des échanges d’idées, entrevit alors la brèche, mais suffisamment tard, quelques secondes gagnées et le flot des minuscules avait envahi l’édition en rangées bien alignées, régulières, légitimes et alternées, enfin, cadencées, devrait dire l’éditeur ensuite, car les majuscules s’étaient noyées dans la masse, elles formaient les îlots sur lesquels chaque section s’arrimait.
– « 
Quel chaos, rien ne se passe comme prévu, c’est à rendre perplexe un régiment de pictogrammes ! »
– « 
Restons logiques, pas de panique, ceci n’est pas un langage connu. » S’écrièrent de concert au piano un malabar bouchant d’une bulle la porte de l’échappée belle et un acolyte lieutenant coiffé d’une raie au milieu et d’un képi d’acier.
– « 
Tous ensemble, sinon rien ! »
– « 
Unissons nos forces, rassemblons-nous, l’avenir est là. »
Visiblement interdits, certains bouquins ne réagissaient même plus.
– « 
What do you say » ?
– « 
Xénophobes de tout poil, cessez d’exclure, de cliver, d’éradiquer, de rejeter, de castrer, d’eugéniser, j’en passe et des meilleures, vous vous en porterez tellement mieux ! »
– « 
Youpi, il fallait bien que ça arrive un jour, ces enfantillages idiots ont assez duré, serrons-nous les coudes pour le bénéfice de l’ensemble et l’existence de la littérature. »
Zoner du verbe de droite à gauche, de la majuscule du nord au sud, du milieu du centre au centre de l’est-ouest, n’avons-nous donc rien de mieux à faire que de guerroyer sans relâche jusqu’à faire disparaître de la minuscule ?

Ici c’est encore un peu le serpent qui se mord la queue, mais est-ce pour autant possible autrement ? Eson géant gagnant, où sont les petites minuscules libérées, si ce n’est remplacées par d’autres ? La performance littéraire est fabuleuse, mais le procédé décrit est plus que contestable. Lol, ce n’est pas le procès qui compte, c’est ce qui reste à l’intérieur des encriers. Tous les goûts sont dans la nature.

A moins que je ne sois pas allée assez loin dans mon raisonnement, auquel cas ce que j’y verrai ne sera plus ce que j’y ai vu à ce jour.

Pour ce qui concerne l’idée d’écriture à proposer pour le mois de septembre, je vais le mettre en forme, de quoi, je ne sais pas encore, mais ne tarderai pas à te l’adresser, Martine, dès qu’il est en page.


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Il n’y a pas de Gabonais au numéro que vous avez demandé. Parlez après le signal sonore. Bip – Bip – Bip – Bi – Bop – Be – Bop – A – Lula.
C’est toujours comme ça, quand tu as besoin de ta meilleure copine parce-que tu sens que tu couves une grosse pintade, et que la pintade, c’est toi, bin croyez-le ou pas, ça fait râler de chez craquer.
Bon, dans ces cas là, il me reste encore une sortie de secours. Aller me payer un gloubi-boulga chez Casimir, ça tombe plutôt bien, il y a quatre jeudis cette semaine, voyons, voyons, jeudi ou jeudi ?
Plutôt jeudi au final. Quoique, jeudi, c’est pas mal non plus. Bref, je ferme les yeux, je lance mon doigt à l’aveuglette sur les jeudis de la semaine, et là… Surprise, je tombe sur jeudi. Ça tombe plutôt bien encore une fois, puisqu’on est jeudi. Ouf ! J’ai bien cru ne jamais m’en sortir.

Donc, c’est décidé, je file au carnet bleu, chez Casimir et Susy, sa copine la nymphomane, avec mon tricycle. On l’appelle comme ça parce-qu’elle est capable d’engloutir dix gloubi-boulgas d’affilées et d’avoir encore faim. Bon, tu me diras, avec Casimir, ils forment un super beau couple. Lui, il a la ligne arrondie devant, elle c’est derrière, ce qui fait qu’ils s’emboîtent si parfaitement bien qu’à eux deux ils posent pour les magazines Tao. Tiens, je vous envoie un portrait.
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Pingouin de la banquise

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Allo les studios, ce n’est pas tao cette photo, mais qu’est-ce qu’y fout… à la télé, tu veux pas qu’ça rende rogneugneu ! Rhhhôôô !
Bref, je continue.
Ils me surnomment le
dragon. Oh, c’est toute une histoire. C’était le jour où je leur avait commandé un smoothies barbe bleue. En fait, le bouchon doseur est tombé avec le curaçao, et la coupe était pleine. Je reconnais que je m’étais bâfrée, c’est pas tous les jours que t’es servi copieux dans un établissement pareil. J’avais juste pas prévu que mon estomac se retourne, dans un hoquet général, sur glace pilée, je vous dis pas, ça fait du désordre, comme une grosse gerbe. Alors ils m’ont raconté qu’à me voir déposer un renard triple boyaux sur le parquet fraîchement lavé, ils ont cru voir un dragon cracheur de feu bleu. Paraît qu’en Chine, y sont sacré, et protégés. Depuis, on en rigole encore quand on se voit.
J’adore les regarder travailler en cuisine. Ils sont inséparables, imparables, impeccables, imperméables, improbables, cherchez l’intrus, et tellement heureux d’être ensemble. Oh, ça ne se voit pas du premier coup d’œil, c’est fin, juste assez pour l’intuiter, à peine pour le voir pour qui ne les côtoient pas. Ils ont une grâce infinie à se savoir, à se sentir là, ensemble c’est tout, à se vivre. Ils dégagent une aura de fraise tagada, tagada, tagada, tagada tsoin tsoin, tagada, tagada, tagada tsoin tsoin, enfin, ils sentent bon, ils sentent le bonbon.
Deuxième acte, la scène se déroule devant la carte, le choix s’avère cornélien, mais ce n’est pas la première fois, comme on dit, les goûts et les couleurs…
Bref, les couleurs qui se faisaient plus vives, même si c’était le mois dernier, continuaient à se densifier, s’y fier, danser, dans ses fieffées cartes, les mélanges s’intensifiaient. Au point que même Casimir en eut des suées. Trop de couleur tue la couleur, divise-moi tout ça par une racine carrée !
Hippolyte son meilleur ami arriva juste à temps pour l’arrêter.
– Stop, fais gaffe mon vieux, choisis bien ton chiffre. Diviser de la racine au carré, c’est comme faire de la compote de pommes, si tu ne mets pas un peu de sucre, y’a comme un pépin.
– Ah ! Quel est le chiffre préféré des Français alors ?
– C’est le 28, parce que dans le 28, il y a 2 et il y a 8.
– Allons pour la
racine carrée de 28, je ne suis pas contrariant pour la futilité populaire. D’ailleurs, la popularité n’est pas mon fort. Il me semble que la maison a opté plutôt pour la qualité dégustative que pour le chiffre d’affaire. Mais quitte à marier les deux, je préfère que la clientèle sorte satisfaite plutôt que la bourse à plat. Je ne ferai pas un cour complet d’algèbre, ni un tour complet du cadran solaire, pour dire que la saveur ne se compte pas, bien au contraire, la saveur compte, c’est ce qui fait son goût de reviens-y.
Revenons-en à nos couleurs. Dans une comédie en trois actes, il y a comédie, et il y a …
Quatrième de couverture, passage à l’acte.
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tomate1
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– Je prendrai la coupe
paléobotanique s’il vous plaît.
Casimir se retourne et me toise de haut en bas.
Pour s’écrier de son bon ton le plus orange qui soit.
– Qu’est-ce que c’est que ce vous !?
Oh la la, je sentais déjà le clafouillis arriver, j’ai piqué un far, puis le nez dans un gloubi-boulga imaginaire pour tenter de sauver la façade. Peine perdue, et c’est rouge comme une pivoine que je bégeya lâmentablement dans la semaine des quatre jeudis.
Si vous voulez le numéro de mon répondeur, composez le gabonais absent et faites l’étoile.
Je vous remercie de votre attention dans le cadre de cette comédie en racine carrée de 28 actes, à partir de ce tombé de rideau, la scène sera jouée en cryptée.
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Pour faire le portrait d’un lapin blanc,
Dessinez un cadre, déposez le dans un champ de thym, attendez.
S’il ne se passe rien, mettez votre réveil à sonner toutes les nuits, mais à différentes heures.
Allez voir si vous voyez apparaître le petit lapin blanc dans le cadre.
S’il ne se passe rien, déplacez le cadre successivement dans un champ de romarin, puis de sauge, de sarriette, d’armoise et enfin de serpolet.
Vous finirez par, un beau jour, ou plutôt une nuit, voir apparaître quelques billes de couleur brun clair.
Lorsque vous remarquerez leur présence, ne touchez plus à rien.
Par contre, cette fois, faites sonner votre réveil à différentes heures du jour et rendez vous sur le lieu des observations afin de constater si le cadre s’est rempli.
Si vous obtenez ceci, c’est que vous avez posé le cadre en savane.
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Câlin girafe
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Mais si vous avez obtenu cela,
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Lapin blanc en peinture
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vous êtes digne de faire d’un poème un portrait, et tout aussi peintre que le peintre de la girafe qui voulait se faire aussi fondue que la garrigue.
Enfin, si vous souhaitez renverser l’histoire de Lewis Caroll, que le petit lapin blanc vous suive et non le contraire, attrapez le, sortez le du cadre, et partez avec.

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mais auxquelles elle a répondu, tout en sollicitant ses amis écrevistes pour en faire de même.

A propos de l’écriture :

1 – Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Elles sont sur les étiquettes, celles des boites de sucre ou de conserves par exemple…
Non, ce n’est pas une plaisanterie. Enfin, presque pas. Enfin, peut-être. Enfin si. Mais j’ai entendu un jour dire des enfants qu’il apprennent à lire sur ces mêmes étiquettes, alors étant encore une grande enfant dans l’âme, j’avais envie d’utiliser cet argument pour le faire valoir.
Par exemple, je prends une boite, je lis ce qu’il y a marqué dessus. Ici, « Ananas en branches au sirop léger ». Evidemment, ce sont des tranches, pas des branches. Comme j’ai envie de jouer de la déformation, je note branche. Je visualise alors les branches, visiblement originaires du Kenya. (C’est marqué sur la boite). Je l’imagine avec des singes dessus, c’est la région, et c’est la représentation que j’ai de ce pays. Je me fiche bien de savoir s’il y a des singes ou pas en vrai, d’ailleurs. Et c’est parti mon kiki ! Voici le début d’un roman. On se souvient tous de la ferme africaine, (dans la formulation ici je garde le « on », le « nous nous souvenons » étant d’une tournure trop lourde à mon goût) de la fameuse Karen Blixen, dont fut issu l’encore plus fameux film, out of Africa, joué par deux grands du cinéma américain, Robert Redford et Meryl Streep, et bien notre autrice, dans ma logique oiseuse, je peux l’imaginer prenant pour point de départ les boites de « singe » que les GI américains mangeaient pendant la guerre (souvenez-vous du corned-beef) pour écrire son roman, sachant très bien que le lecteur en aucun cas ne sera dupe de mes inventions, puisqu’elles sont totalement dénuées de toute rationalité. Ce qui ne me dérange pas, car après tout, en écriture, tout est permis, même la déformation du réel. Et là-dessus, je ne me gène pas. Et voilà, de fil en aiguille, du Kenya nous sommes propulsés aux états-unis en l’espace d’une boite. Comme quoi, la conserve, ça mène à tout à condition d’en sortir.

2 – Quand et pourquoi avez-vous commencé à écrire ?
Le premier juin 1961, alors que je ne venais pas de souffler ma toute non-première bougie, ou pour reformuler plus précisément, une non-bougie parmi l’église de mon existence, le dieu vivant du vocabulaire m’est apparu en rêve. Il m’a envoyé un virus, contaminant, multipliant les formules, les jeux, les rebondissements, les extensions d’idées, l’amour de l’apprentissage, le goût de lier, euh, pardon, de lire, et j’ai été pandémiée à lier à partir de cet instant, il était exactement la même heure à la seconde près au même endroit. Je me souviens avoir prémédité une première dent à cette époque là.
Sinon en vrai, j’ai commencé à aimer écrire le jour où j’ai eu mon premier succès littéraire. C’est-à dire, en classe. J’avais écris un petit texte sur un virtuose du piano qui donnait un concert, et la prof, appréciant fortement ce texte, l’avait valorisé auprès du groupe. Narcissiquement, ce souvenir m’est resté en mémoire, et ce n’est pas pour rien.

3 – Avez-vous tenu un journal, des carnets où vous notiez des citations, des pensées, etc. ?
Oui, je recopiais la composition des aliments sur les étiquettes.
Je peux réciter par cœur la composition de l’huile de foie de morue : Huile de foie de morue.
Huile qui a su offrir à mon cerveau de nourrisson un développement normal et harmonieux témoin de son état général conservé.
Ce qui à ce jour me permet de noter la pensée ici pensée.
C’est oui aussi, dommage, j’avais un super cahier de 200 pages, avec des trucs que j’aimais particulièrement, et que je n’ai plus en ma possession. Il ne me manque pas vraiment, mais si je l’avais encore, il aurait une grande valeur affective à mes yeux.

4 – Qu’avez-vous écrit en premier ?
Mon premier poème est issu d’une boite de sucre en morceaux, dont voici le contenu :

Oh sucre brut,
De canne tu te déclares.
Ton bon goût est un art,
Un peu comme la flûte,
Taillée dans ton roseau.
168 morceaux,
De 6 grammes environ,
Qui fondront dans le fond,
De la tasse de café,
Donneront ton sucré,
Par saveur ajoutée.

Évidemment, je ne me suis pas arrêtée là, puisque d’autres premiers écrits ont suivis et suivront encore.
Et sinon, je ne me souviens pas exactement du premier premier. J’ai juste quelques vagues souvenirs des premiers textes courts que je m’amusais à inventer en seconde, première et terminale, qui étaient si tarabiscotés qu’invariablement je ne les finissais jamais.

5 – Avez-vous persévéré ?
J’ai envie de dire que oui, mais je ne suis pas sûre d’être crédible.

6 – Pourquoi avoir rendus vos textes publics ?
Primo, parce que.
Ensuite, j’y réfléchis.
Probablement pour être lue, ou pour voir si ce que j’écris est apprécié.
Sûrement pour être en interaction avec le lecteur.

7 – Comment imaginez-vous le lecteur ?
Je l’imagine beau, subjugué par la beauté de mes textes, ensorcelé, fasciné, sous le charme.

Ça fait toujours du bien.
Je l’imagine cultivé comme un champ de betteraves à sucre, sans pour autant comparer le lecteur à une betterave à sucre, non mééééh ! Etait-il nécessaire de le préciser ? Auquel cas, vérifiez auprès de votre sélecteur de blog si celui qui s’octroie toutes les libertés est approprié à votre équilibre psychique. Ou alors, lisez le fameux livre d’Harold Searles, « l’effort pour rendre l’autre fou », et faites vous plaisir, devenez-le. Ensuite, pour continuer, je l’imagine intelligent comme le SIS, un peu secret donc, mais distinguable en braille et même en dé-braillé.
Exactement comme vous qui me lisez.
Enfin, en imaginaire, je ne demande pas confirmation ou bien si ?

8 – Que voulez-vous offrir au lecteur ?
Une meilleure connaissance de la lecture des étiquettes lui permettant un meilleur repérage nécessaire à tout consommateur soucieux de savoir ce qui occupe son assiette.
Pour citer l’étiquette de l’eau minérale naturelle que j’ai sous les yeux, 80 mg/litre de calcium, dans l’assiette, choisissons la à soupe, et fractionnons le litre en plusieurs portions, de façon à être plus adaptés.

9 – Êtes-vous sensible à la critique ?
Absolument ! J’ai toujours une ampoule de cortisone à proximité au cas où je ferais un œdème de couic réactionnel. Même avec beaucoup d’humour et de recul, il m’est nécessaire de faire trois amples respirations pour reprendre mes esprits quand une remarque justifiée ou pas me demande méditation profonde pour y voir clair.
Par exemple, l’autre jour, lorsque j’ai écrit. « Ma main gauche s’est mise à trembler, faisant tomber mon stylo, laissant ce dernier profondément immobile au sol », et qu’un lecteur m’a demandé si j’étais sûre que c’était la main gauche, il m’a fallu aller ouvrir la fenêtre et prendre au moins trois goulées d’air frais avant de commencer à pouvoir y réfléchir correctement, de façon objective et rationnelle. Deux nuits pour déterminer qu’au final, étant droitière, ce ne pouvait pas être la gauche. Une semaine pour me souvenir qu’à cet instant là, je mangeais un sandwich de la main droite, que tenant le stylo de la main gauche, je ne voyais pas le sens de la position puisque je n’ai aucune capacité d’ambidextrat. Enfin, lorsque j’ai réalisé que la main gauche était celle du cœur, j’ai compris pourquoi ce côté, simplement parce-que j’envisageais alors d’écrire un poème d’amour.
Voilà dans quels affres d’interrogations mon raisonnement peut s’immerger et ce, pour peu que je me mette à réfléchir, réflexion induite par les remarques critiques venant remettre en question mes affirmations ou positionnements quelconques.

10 – Quand vous écrivez, avez-vous un rituel d’écriture ?
Entre deux mots, je me lève, je compte trois pas en arrière, deux en avant, trois en arrière, quatre en avant, et je me rassois. Ça m’aide à la concentration.
Parfois, je rajoute une boite de quelque chose comme des biscuits au chocolat, ou un verre de coca, et je refais la même chose mais à cloche pied, la boite de chocolat ou le verre d’eau à la main. Le challenge, c’est de ne rien renverser. Si une seule goutte tombe à terre, je suis tenue de tout recommencer mais en double, puis en triple, et ainsi de suite, jusqu’à réussite complète de l’exercice. C’est mon côté perfectionniste qui est en jeu alors.
Des fois, quand j’écris des âneries plus grosses que moi, je me trouve pitoyable. Alors je prend mon courage à deux mains, et j’édite. Et là, il y a toujours quelqu’un pour trouver ça complètement déjanté et en rire, et bien croyez-le bien, cela me fait rire de mes mêmes âneries et me donne envie de continuer à me sentir bête dans mes écrits mais d’opter pour le parti d’en rire.
Naaaan donc, en vrai, je n’ai aucun rituel d’écriture, si ce n’est celui de mettre en marche l’ordinateur, et parfois, de surfer des heures durant sur des idées en cherchant sur le net pour en faire un article à peu près satisfaisant et à mon goût. Un peu comme les sucres de la boite.

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A la suite d’un commentaire j’ai pont oui-oui dire qu’un pont est invité à passer par patte pour arriver en lysière chez Emilie, c’est-y pas du joli ? Même que par la même occasion le pont-y dessert les Carnetsdudodo ainsi qu’une certaine Anne de Panama perchée ou penchée (voire même pont-chez) sur la question du yogi, c’est selon.
Missionnée par l’encrier pour faire le tour de la question, je m’interroge encore mais je n’ai pas d’opinion. Pour risquer d’en avoir une, (d’opinion), en général, je constitue une grille de critères à mettre dans la balance.
– Détester dé-pont-dre de quiconque, est-ce pour autant une ponstruosité ?
– Qui pont un œuf pont un bœuf. Dissertation à développer architecturalement parlant plus tard.
– Un pont-age est-il chiffrable en termes de temps-ponts ?
– Aucun rapport avec le premier pont venu.
– Une fois les ponts pesés déchaussés, le régime hypont-calorique est établi par pont-phylaxie. (qui c’est celui-là?)

– Les quatre types de pont-ventions sont soit primaires, secondaires, tertiaires ou quaternaires.
– Les cons-ponctionnaires auraient perdu leurs T.
– Dans la pont-xion publique, il paraît que ceux qui arrivent en retard croisent ceux qui partent en avance.
Voilà, j’étais bien avancée. De ponts en ponts, jamais encore je le jure, je n’aurais cru, ça je l’assure, tourner en rond.

Car de quel côté de la balance mettre chaque argument ?

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