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Archive for the ‘Exercice de style’ Category

Temps de préparation : Variable mais long
Temps de cuisson : En fonction de la variabilité
Ingrédients : Les plus nombreux possibles

https://jobougon.wordpress.com/2015/10/15/tete-en-lair-poetique-tete-dans-lair-des-courants-dair/

Préparation de la recette :

Préparez votre état d’esprit en conséquence. Dormez peu, soyez perturbé, accumulez sources d’épuisement, ruminations anxieuses, interrogations existentielles, sentiments de révolte, maltraitances de la part de votre entourage, stress, somatisations, sensibilité exacerbée, lucidité négative, frustrations, difficultés en tout genres, désespoir et désillusions.
Noyez vous.
Ou plutôt, sombrez au fond de votre boite.
Regardez passer un lapin blanc.
Donnez un grand coup de pied.
Remontez à la surface, sortez de la boite, secouez vous les plumes, faites vous aider au besoin.
Regardez disparaître le lapin blanc.
Croisez le regard d’une personne, soyez traversé par un rayon, restez étonné, interrogateurs, cherchez à comprendre.
Menez l’enquête sans faillir, sans doctrine, montez doucement dans l’aérien du sentiment.
Laissez vous transporter.
Vous êtes prêts.

Posez une poêle anti-adhésive sur le gaz allumé à feu doux.
Disposez de la chapelure au fond.
Vaquez à vos occupations. Par exemple, allez prendre une douche, non, trop long, me communique marmiton.com, donc optez plutôt pour un brin de vaisselle, un léger rangement, type rassemblement d’objets en un seul lieu plutôt que dispersés dans toute la maison, un rang de tricot, une lecture de page, rêvez de ce regard, entendez la sonnerie du minuteur, courrez pour rejoindre la cuisine.
Voilà, c’est fait.
Vous y découvrirez avec une immense gratitude que votre capacité culinaire est désormais opérationnelle, que vous vous êtes dépassé.
La boite siège bien sur le lit de chapelure, le fond est bien fondu à point, et cette fois, grâce à la chapelure, elle n’a pas copié-collé au fond anti-adhésif de la poêle.
Les choses se sont faites sans vous, bien qu’avec vous.

Allez manger au restaurant et ne déclarez pas votre sentiment au porteur de ce regard si merveilleux. Parlez lui de la recette du tupperware pané.
Si le rayon est encore là, il manifestera son goût prononcé de la cuisson lente et à feu doux.

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Carnetsparesseux l’a géologé en janvier, CF les différentes strates de gestion du mois sur les commentaires des résultats de janvier ici.
Les votants ont élus les textes gagnants de janvier, félicitations à Celestine, Valentyne, Emilie, ainsi qu’aux organisatrices de l’agenda de février élues ex-aequo, Charlene V et moi-même.
Merci merci, c’est un plaisir.
Etant exactement aequo, nous pouvons organiser de concert l’agenda ironique de février. Ou bien décider de passer le relais. Charlene V a préfèré passer son tour, et bien que j’ai éhontément tenté de la détourner de sa décision pour qu’elle change d’avis, elle a su rester ferme et imperturbable.
J’ai accepté.
Voici ma proposition d’écriture pour l’agenda ironique de février :

Vous aimez les livres ?
Oui. C’est une question ! Même si je me doute un peu de votre réponse…
(Au moins pour certains et pour avoir lu sur les pages de vos blogs respectifs des posts relatifs aux livres qui vous ont marqués.)

Et bien voilà ! Que vous les aimiez ou pas, cela n’a pas vraiment d’importance, vous allez comprendre pourquoi.
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bibliotheque-vol-de-nuit
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Regardez les ! Ceux là ont été soigneusement sélectionnés.
Ils ont été choisis, rangés, proposés à la lecture par leur propriétaire.
Les voici, rassemblés sur cette étagère concue spécialement pour se détendre confortablement, et pourquoi pas, en lisant.
Votre mission en février.
En choisir un et en faire une
critique littéraire.
Que vous l’ayez lu ou pas.
Qu’il existe réellement ou pas.
Qu’un livre intrus se soit glissé distraitement dans le lot.
Que vous rêviez de l’écrire, ou pas.
Ou qu’il soit, peut-être encore soigneusement conservé dans quelque bibliothèque secrète ou interdite.
Que sais-je encore…
L’idée, c’est d’écrire une critique littéraire qui donne soit envie de le lire, soit au contraire, nous en dissuade.

Je vous souhaite beaucoup de plaisir à l’écriture.

 

Vous pourrez déposer les liens de vos textes dans les commentaires. Les personnes qui n’ont pas de blog peuvent me faire parvenir leur critique littéraire à l’adresse mail suivante : jo.bougon@hotmail.fr
Cloture du recueil des textes le dimanche 19 février à minuit
Les votes auront lieu la semaine du 20 au 26 et les résultats seront édités le 27.

 

 

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histoire-10

Pour le plaisir de camper l’image

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Encore eusse-t-il fallu inclure l’hippocampe, le mimosa, le n’importe, un chat ou deux, l’action de manger, une tentacule d’on ne sait trop quoi, peut-être d’hippocampe, après tout pourquoi pas, sans s’épuiser, le tout en vert, et non en vers, pour que naquissent ces espaces qui prendront la forme que l’on veut, ces espaces peuplés d’espèces d’on ne sait quelle planète étrange…
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C’est ainsi que :
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Le
mimosa fleurit
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Un
chat mime osa manger la tentacule caudale d’un hippocampe campé sur une épuisette verte que n’importe quel animal aurait pris pour un filet à papillons.
Le
chat mime régurgita la queue de l’animal sur le mimosa fleuri de la carpette campée au pied de la porte du vestibule.
– C’est osé, dit la
tentacule.
– C’est mimé, miaouta le
chat mime.
Ils ressortirent épuisés de l’épuisette verte à papillons où étaient campés un
hippocampe à la tentacule caudale sectionnée proprement et un mime osé miaouté par un chat campé sur une carpette de vestibule fleurie d’un mimosa où gisait une tentacule d’hippocampe sectionnée proprement.
– C’est vert sévère ? Ou c’est versé vert ? Mima le
mimosa fleuri de la carpette du vestibule où une épuisette verte se prenait pour un filet à papillons. A l’intérieur, une tentacule caudale ne mimait pas sa section, tout en cherchant un hippocampe à la tentacule manquante.
– C’est versé sévère et vert, répondit n’importe comment le
chat épuisé d’avoir oser mimer manger une tentacule d’hippocampe allongé sous un mimosa fleuri.
– C’est plutôt vert vers le sévère, n’importe quel
chat pourrait le dire, répondit le mimosa fleuri, gêné par l’absence de la tentacule d’hippocampe épuisée par l’appétit du chat, en faisant mine de manger du mime.
– Et le mime, il en pense quoi ? Demanda le
mimosa.
Le mime mima le
mimosa et le chat, mima l’hippocampe à la tentacule épuisée par l’appétit du chat, mima le vert de ce n’importe quoi sévère qui mimait encore le gris campé sur le mimosa miaouté.
– Où en sommes nous ? Demanda le
chat vers lequel le mimosa se tournait d’un air sévère.
C’est l’
hippocampe qui prit la parole, mais pas n’importe comment, pour répondre aux deux :
– Nous en sommes à onze
hippocampes avec celui-là, douze mimosas avec celui-là, non compris celui du titre, autant de sections, deux chats dont un vert, ce qui fait en tout quatre vingt dix moustaches, huit pattes et…
– Ok, c’est bon on s’arrête là. Coupez !
– Quoi, la
tentacule ?
– Non, le tournage du mime de la section de la
tentacule par le chat, oui mais lequel ?, mimé par…
– Stoooooooooppp !!!!!!!!!!!!

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Ma participation à l’agenda ironique d’Août chez Martine : Merci de me laisser trace de votre passage dans le monde de ma grande folie douce.
Car toute minuscule soit-elle, je gage qu’elle saura admettre que la majuscule contrainte était nécessaire à sa créativité.
Bonne lecture à tous.

Et moi qui me débat encore avec ce terrible exercice de style, mais qui gagne chaque jour un peu plus de terrain.

Je serai chevelue barbue avant le 24 août, c’est dit. Yapuka. Avec deux essais en route, il faudra bien que j’en termine un. Car si la consigne est complexe, pour autant, visiblement, elle n’est pas impossible à remplir. Sauf que dans le style, j’aurais tendance à sembler un peu incohérente de prime abord, et travailler sur la clarté du langage m’ôte toute ma compétence. Furieux paradoxe que celui-là.

Attenter contre lettrine est un crime de lèse-prestige, fulminer ne modifie rien, même si c’est une solution d’hypoesthésie virtuelle.
Bien malgré lui, Eson suffoquait de vindicte devant tant d’indiscipline, son omnipotence se voulait incontestée, patente, manifeste, et il se faisait fort de l’imposer, surtout pas de vague, c’était la règle.

Ces minuscules n’en étaient pas à leur premier soulèvement, mais elles n’avaient apparemment toujours pas entendu sa domination.
Dorénavant, la stratégie à mettre en œuvre se nommait « influence peaufinée », il l’avait affûtée durant les siècles passés, à moult reprises, faire régner la peur pour convaincre et soumettre, il savait très bien faire, voire même encore mieux, puisque cela n’apparaissait plus de façon lisible, il était invisible, invincible, enfin, le pensait-il comme tel.
Eson n’avait jamais banni l’union du savoir assorti aux dispositions d’un plan adroit, nul n’irait sans lui, ni lui sans nul.
Fort de ce postulat, il s’avança vers le lieu des négociations.
Glandeur nature, le peuple des minuscules s’était rassemblé, arborant des banderoles de couleurs vives et brandissant des porte-voix tonitruants, ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers.
Hurlant que la fin des majuscules venait d’arriver, que le Nord sonnait le glas du sud, que le soleil devrait dorénavant se lever à l’Ouest, arguant tout et son contraire à la fois, dépêchant du missionnaire, [sic], satellisant de la fin du monde à tout va autour du grain de trop du grand et puissant Eson.
– « 
Il mélange l’évanescence du blanc avec son envers, chuchota la plus grande des majuscules au plus jeune des paragraphes, c’est un peu cruel tout de même ! »
– « 
Je gage que le résultat produira du chapitre, c’est la moindre des choses ! »
– « 
Kidnappons les interstices, il ne restera plus que la race dominante, c’est-à dire le grand maître et nous, ce sera le bonheur. »
– « 
L‘ouvrage ne voudra rien dire, sans eux, nous risquons de devenir bien insignifiants. »
– « 
Mais qui parle ainsi ? »
– « 
Nous, les livres ; réduits à quelques mauvaises pages, quel futur se profilerait sans la postérité des bibliothèques ?
– « 
Organisez un référendum et tentez de définir ce qui fera trait d’alliance, ce serait en effet regrettable de perdre le sens de l’identité de la culture générale. »
Particulièrement interloqué, Eson, à l’écoute des échanges d’idées, entrevit alors la brèche, mais suffisamment tard, quelques secondes gagnées et le flot des minuscules avait envahi l’édition en rangées bien alignées, régulières, légitimes et alternées, enfin, cadencées, devrait dire l’éditeur ensuite, car les majuscules s’étaient noyées dans la masse, elles formaient les îlots sur lesquels chaque section s’arrimait.
– « 
Quel chaos, rien ne se passe comme prévu, c’est à rendre perplexe un régiment de pictogrammes ! »
– « 
Restons logiques, pas de panique, ceci n’est pas un langage connu. » S’écrièrent de concert au piano un malabar bouchant d’une bulle la porte de l’échappée belle et un acolyte lieutenant coiffé d’une raie au milieu et d’un képi d’acier.
– « 
Tous ensemble, sinon rien ! »
– « 
Unissons nos forces, rassemblons-nous, l’avenir est là. »
Visiblement interdits, certains bouquins ne réagissaient même plus.
– « 
What do you say » ?
– « 
Xénophobes de tout poil, cessez d’exclure, de cliver, d’éradiquer, de rejeter, de castrer, d’eugéniser, j’en passe et des meilleures, vous vous en porterez tellement mieux ! »
– « 
Youpi, il fallait bien que ça arrive un jour, ces enfantillages idiots ont assez duré, serrons-nous les coudes pour le bénéfice de l’ensemble et l’existence de la littérature. »
Zoner du verbe de droite à gauche, de la majuscule du nord au sud, du milieu du centre au centre de l’est-ouest, n’avons-nous donc rien de mieux à faire que de guerroyer sans relâche jusqu’à faire disparaître de la minuscule ?

Ici c’est encore un peu le serpent qui se mord la queue, mais est-ce pour autant possible autrement ? Eson géant gagnant, où sont les petites minuscules libérées, si ce n’est remplacées par d’autres ? La performance littéraire est fabuleuse, mais le procédé décrit est plus que contestable. Lol, ce n’est pas le procès qui compte, c’est ce qui reste à l’intérieur des encriers. Tous les goûts sont dans la nature.

A moins que je ne sois pas allée assez loin dans mon raisonnement, auquel cas ce que j’y verrai ne sera plus ce que j’y ai vu à ce jour.

Pour ce qui concerne l’idée d’écriture à proposer pour le mois de septembre, je vais le mettre en forme, de quoi, je ne sais pas encore, mais ne tarderai pas à te l’adresser, Martine, dès qu’il est en page.


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Est-ce que lib’Elmer est un journal ?

A la chasse au lapin blanc,
A la chasse au lapin blanc,
Disait le monde étriqué à ses fils décalés
Sur l’ouvrage des idées.
A la chasse au lapin blanc
Tu n’iras pas !
Décalé N°1 lève à peine un sourcil.
Décalé N°2 joue simple, au rouge fil.
Décalé Tartempion s’en tamponne le croupion.
A la chasse au lapin blanc,
Mon monde,
J’irai perché sur une jument,
Une jument Gironde,
Aussi ronde que le monde,
Quand il creuse le terrier,
Du lapin de clapier,
Echappé du bocal,
Du bocal cornichon,
Qui se fait des yeux ronds,
Aussi gros que le monde.
A la chasse au lapin blanc,
Moi je vais,
Mais n’en tue pas vraiment,
Et dire que j’ai le temps,
De tuer des secondes,
C’est comme perdre le monde,
Dans le creux de ton sang.
Mais que font les beaux jours,
Les aiguilles du printemps,
Sur l’horloge de l’amour ?

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Il avait plu longuement cette année là, les cousins habituellement en voyage se réunissaient tous les jours à l’heure du thé pour décider avec mère Henriette de la prochaine destination. La restauration du cloître était terminée. La rente annuelle via-chemin-du-sentier-de-soit de ce fait disponible, permettait de disposer d’un budget suffisamment conséquent pour espérer partir à au moins quinze kilomètres du domicile familial, le bonheur se lisait sur le visage de tous les membres. Empêtré, de son prénom, le plus sage de la famille, connaissait son heure de gloire grâce au tube catholique de l’année, « Les cannibales seront bien gardés », qu’il fourbissait à loisir pour le faire briller devant un auditoire qui se serrait les coudes devant tant de lumière. La question à débattre restait de savoir si le voyage se ferait en sautillant à cloche-pied, via la via fée Râto, ou encore en courant, version moins rentable dans la mesure des quinze kilomètres à distribuer sur deux semaines. Vu la couleur du ciel, le temps s’avérerait plus que mouillé, ce qui risquait de ramollir les pralinés qu’Empêtré envisageait d’offrir à Inextricable, sa fiancée, qui résidait à quatre kilomètres en roulant vite d’ici, et chez qui ils envisageaient de faire une halte pour la nuit.
Ce voyage, tout le monde y tenait beaucoup. A tel point que la carte s’arrachait de mains en mains, et qu’il devenait à peine possible de la visualiser plus de quelques secondes voire quelques
niquedouilles de suite. D’ailleurs, Empêtré, résigné à ne pas reconnaître tout l’itinéraire bis, avait décidé d’utiliser tout le temps libre dégagé des préparatifs de ce faîte pour écrire une lettre terriblement tellurique et abécédaire à sa dulcinée que voici. (La lettre, pas la dulcinée)
Le principe est simple, voyez plutôt chez carnet comment il s’y est pris. C’est sur une idée de la licorne ici, et je vous laisse découvrir.
En lisant le texte de carnet, je me suis extasiée devant tant de talent et de créativité. Mais oui le Dodo, j’ai même trouvé presque injustice flagrante de Flanagan à vouloir te coffrer pour incendiarité et précarité d’enquête sur la voie république. Bon enfin, il a l’air d’avoir des preuves. Mais s’il faut faire un faux témoignage, je suis prête à couvrir la première plume qui osera s’y attaquer. Est-ce bien inintelligible ?
S’il est clair que la fluidité ressentie à la lecture de ton texte semble être le reflet de la facilité avec laquelle j’ai pu m’imaginer qu’il avait été écrit, la surprise est arrivée à la fin, retenant par ricochet mon attention, me portant à relire plusieurs fois, lorsque je découvris que le texte était un abécédaire, en d’autres termes, que chaque phrase débutait par, et dans l’ordre, les lettres de l’alphabet. Petit rappel illustré : A-B-C-D-E-F-G-H-I-J-K-L-M-N-O-P-
π -Q-R-S-T-U-V-W-X-Y-Z. Et là, soudain, j’ai mesuré la performance accomplie.

histoire de presser un peu de jus de cerveau dans la mesure où il me semble plus mûr ces derniers temps, vu la remontée des températures, la déclinaison du soleil et la hauteur du mercure, je relève le défi de ce petit bonheur abécédaire.
Toujours avec un train de retard, oui, bon d’accord…
Et puis hors concours chez Anne pour l’agenda électronique de juin.

Avec force et détermination, j’ai décidé qu’avec toi j’irais jusqu’au bout.
Bravant les doutes, les errances, les outrages du temps qui passe, les accidents de terrain, j’ai tâtonné longuement, le voyage n’était pas simple.
Carte en main, j’ai donc révisé ma géographie, redéfini le sens, la direction à plusieurs reprises, identifié l’itinéraire à parcourir, les paysages traversés, précisé ma destination..
Du haut du gouffre à la crête des fonds abyssaux, de la cime des profondeurs aux points culminants des précipices, mais aussi dans la traversée des vallées, la découverte des villes, des campagnes ou des déserts, je réussissais toujours à retrouver mon chemin.
Et puis voilà, le vent s’est levé, formulant des adieux déchirants, dissipant tout repères, éparpillant les indications, dispersant l’opiniâtreté.
Folie que l’oubli, j’étais averti, j’avais lu Erasme, je m’y étais préparé.
Garder la foi, toujours, et je me répétais, souviens-toi, dans ces cas là, souviens-toi de la musique.
Héliotropise moi un petit air, une petite chanson, hérissonne moi tout un refrain, un couplet, une divine légende, un opéra rock. Idéalise moi une traversée du jardin d’Eden.
Jubilationne moi du bonheur en quantité déraisonnable. Kilométrise moi du fil d’Ariane pour que je te retrouve à chaque fois.
Largement nous étions loin d’arriver, pourtant si proches, bien que si différents, quelque chose clochait, quelque chose ne collait pas. Moins une que je ne démissionne, et puis une idée s’est greffée dans le cheminement de ma réflexion.
Ne te laisse pas endormir par les apparences, écoute ta petit voix intérieure, elle est toujours ton meilleur guide.
Oublie pour une fois de rester dans le connu, invente un nouveau parcours, réinvente un mode d’emploi, une ligne de faille, un caractère ininventé.
Pourquoi ne pas faire confiance à la vie, tout simplement, sans rien bousculer, tranquillement, pourquoi ne pas laisser faire l’espace, tel qu’il a envie d’être parcouru ?
Πêtre que πêtre serait mieux que ne pas être, alors plus de question, c’est la faute à Shakespeare, plus de Raiponce, c’est la faute à Disney.
Quel avantage y aurait-il a vouloir aller plus vite que la musique, puisqu’elle revient toujours, encore et encore ?
Rien n’est plus précieux que l’instant présent finalement, puisque c’est là que tout peut se passer, puisque c’est lui qui s’inscrit dans le ressenti.
Seulement voilà.
Tentation, quand tu nous tiens.
Une seule fois dans ta vie, une fois n’est pas coutume, tu laisses les commandes au destin, tu écoutes ce que la vie a à t’apprendre, et tu avances sans savoir où tu vas, juste à savoir dans quelle direction, sans rien parier, sans rien forcer.
Viendra bien l’instant où une perspective se dessinera, où tu comprendras pourquoi, au moins le temps de cette traversée, vouloir à tout prix quelque chose ne pouvait prendre aucun sens. Wilde avait déjà écrit en filigrane sur la question dans ses compositions théâtrales, je pense à la question de l’importance d’être constant, faisant référence à la fidélité.
Xylophon, dans son banquet, citera la « kalokagathie », qui littéralement veut dire beau et bon, et qui est la condition de celui qui entretient l’idéal de la conduite personnelle.
Yourcenar, dans l’œuvre au noir, ira beaucoup plus loin qu’une simple approche de valeurs positives, elle ira creuser dans les noirceurs de l’être.
Zapper le bien-être ou opter pour la sérénité, lorsque l’idée se présente, demande de prendre sa pelle, sa pioche, et son râteau, afin d’aller débroussailler et creuser le terrain pour mieux identifier sa constitution, semer pertinent, et faire pousser tout un jardin.

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Baleine sous gravillon 2
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Il y a baleine sous gravillon,
Dit le fils thon sous le ponton.
Il y a baleine sous gravillon,
Quand je respire et que je t’hume.
Tu sens le parfum de l’écume,
Alors que censé être roche,
Sans avoir odeur de brioche,
Tu devrais sentir le caillou,
Mais pas l’écume et son courroux.
C’est mon haleine, dit la baleine,
Je crois que j’ai indigestion,
De murailles et d’indignation,
Sous le gravillon je promène,
Et vide l’air de mes poumons.
Mon estomac du haut en bas,
A le hoquet, n’en parlons pas.
Et le gravillon qui me couvre,
A le parfum de qui m’éprouve.
Ton père le thon sous le ponton,
N’a de courroux aucune raison,
Puisque de la conversation,
Se débattaient toutes les questions.
Fils thon de la mer si tu veux,
Dis-moi comment n’être que jeux,
Ecumer l’eau de l’océan,
Sous gravillon prend tout mon temps.
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Baleine sous gravillon 1

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mais auxquelles elle a répondu, tout en sollicitant ses amis écrevistes pour en faire de même.

A propos de l’écriture :

1 – Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Elles sont sur les étiquettes, celles des boites de sucre ou de conserves par exemple…
Non, ce n’est pas une plaisanterie. Enfin, presque pas. Enfin, peut-être. Enfin si. Mais j’ai entendu un jour dire des enfants qu’il apprennent à lire sur ces mêmes étiquettes, alors étant encore une grande enfant dans l’âme, j’avais envie d’utiliser cet argument pour le faire valoir.
Par exemple, je prends une boite, je lis ce qu’il y a marqué dessus. Ici, « Ananas en branches au sirop léger ». Evidemment, ce sont des tranches, pas des branches. Comme j’ai envie de jouer de la déformation, je note branche. Je visualise alors les branches, visiblement originaires du Kenya. (C’est marqué sur la boite). Je l’imagine avec des singes dessus, c’est la région, et c’est la représentation que j’ai de ce pays. Je me fiche bien de savoir s’il y a des singes ou pas en vrai, d’ailleurs. Et c’est parti mon kiki ! Voici le début d’un roman. On se souvient tous de la ferme africaine, (dans la formulation ici je garde le « on », le « nous nous souvenons » étant d’une tournure trop lourde à mon goût) de la fameuse Karen Blixen, dont fut issu l’encore plus fameux film, out of Africa, joué par deux grands du cinéma américain, Robert Redford et Meryl Streep, et bien notre autrice, dans ma logique oiseuse, je peux l’imaginer prenant pour point de départ les boites de « singe » que les GI américains mangeaient pendant la guerre (souvenez-vous du corned-beef) pour écrire son roman, sachant très bien que le lecteur en aucun cas ne sera dupe de mes inventions, puisqu’elles sont totalement dénuées de toute rationalité. Ce qui ne me dérange pas, car après tout, en écriture, tout est permis, même la déformation du réel. Et là-dessus, je ne me gène pas. Et voilà, de fil en aiguille, du Kenya nous sommes propulsés aux états-unis en l’espace d’une boite. Comme quoi, la conserve, ça mène à tout à condition d’en sortir.

2 – Quand et pourquoi avez-vous commencé à écrire ?
Le premier juin 1961, alors que je ne venais pas de souffler ma toute non-première bougie, ou pour reformuler plus précisément, une non-bougie parmi l’église de mon existence, le dieu vivant du vocabulaire m’est apparu en rêve. Il m’a envoyé un virus, contaminant, multipliant les formules, les jeux, les rebondissements, les extensions d’idées, l’amour de l’apprentissage, le goût de lier, euh, pardon, de lire, et j’ai été pandémiée à lier à partir de cet instant, il était exactement la même heure à la seconde près au même endroit. Je me souviens avoir prémédité une première dent à cette époque là.
Sinon en vrai, j’ai commencé à aimer écrire le jour où j’ai eu mon premier succès littéraire. C’est-à dire, en classe. J’avais écris un petit texte sur un virtuose du piano qui donnait un concert, et la prof, appréciant fortement ce texte, l’avait valorisé auprès du groupe. Narcissiquement, ce souvenir m’est resté en mémoire, et ce n’est pas pour rien.

3 – Avez-vous tenu un journal, des carnets où vous notiez des citations, des pensées, etc. ?
Oui, je recopiais la composition des aliments sur les étiquettes.
Je peux réciter par cœur la composition de l’huile de foie de morue : Huile de foie de morue.
Huile qui a su offrir à mon cerveau de nourrisson un développement normal et harmonieux témoin de son état général conservé.
Ce qui à ce jour me permet de noter la pensée ici pensée.
C’est oui aussi, dommage, j’avais un super cahier de 200 pages, avec des trucs que j’aimais particulièrement, et que je n’ai plus en ma possession. Il ne me manque pas vraiment, mais si je l’avais encore, il aurait une grande valeur affective à mes yeux.

4 – Qu’avez-vous écrit en premier ?
Mon premier poème est issu d’une boite de sucre en morceaux, dont voici le contenu :

Oh sucre brut,
De canne tu te déclares.
Ton bon goût est un art,
Un peu comme la flûte,
Taillée dans ton roseau.
168 morceaux,
De 6 grammes environ,
Qui fondront dans le fond,
De la tasse de café,
Donneront ton sucré,
Par saveur ajoutée.

Évidemment, je ne me suis pas arrêtée là, puisque d’autres premiers écrits ont suivis et suivront encore.
Et sinon, je ne me souviens pas exactement du premier premier. J’ai juste quelques vagues souvenirs des premiers textes courts que je m’amusais à inventer en seconde, première et terminale, qui étaient si tarabiscotés qu’invariablement je ne les finissais jamais.

5 – Avez-vous persévéré ?
J’ai envie de dire que oui, mais je ne suis pas sûre d’être crédible.

6 – Pourquoi avoir rendus vos textes publics ?
Primo, parce que.
Ensuite, j’y réfléchis.
Probablement pour être lue, ou pour voir si ce que j’écris est apprécié.
Sûrement pour être en interaction avec le lecteur.

7 – Comment imaginez-vous le lecteur ?
Je l’imagine beau, subjugué par la beauté de mes textes, ensorcelé, fasciné, sous le charme.

Ça fait toujours du bien.
Je l’imagine cultivé comme un champ de betteraves à sucre, sans pour autant comparer le lecteur à une betterave à sucre, non mééééh ! Etait-il nécessaire de le préciser ? Auquel cas, vérifiez auprès de votre sélecteur de blog si celui qui s’octroie toutes les libertés est approprié à votre équilibre psychique. Ou alors, lisez le fameux livre d’Harold Searles, « l’effort pour rendre l’autre fou », et faites vous plaisir, devenez-le. Ensuite, pour continuer, je l’imagine intelligent comme le SIS, un peu secret donc, mais distinguable en braille et même en dé-braillé.
Exactement comme vous qui me lisez.
Enfin, en imaginaire, je ne demande pas confirmation ou bien si ?

8 – Que voulez-vous offrir au lecteur ?
Une meilleure connaissance de la lecture des étiquettes lui permettant un meilleur repérage nécessaire à tout consommateur soucieux de savoir ce qui occupe son assiette.
Pour citer l’étiquette de l’eau minérale naturelle que j’ai sous les yeux, 80 mg/litre de calcium, dans l’assiette, choisissons la à soupe, et fractionnons le litre en plusieurs portions, de façon à être plus adaptés.

9 – Êtes-vous sensible à la critique ?
Absolument ! J’ai toujours une ampoule de cortisone à proximité au cas où je ferais un œdème de couic réactionnel. Même avec beaucoup d’humour et de recul, il m’est nécessaire de faire trois amples respirations pour reprendre mes esprits quand une remarque justifiée ou pas me demande méditation profonde pour y voir clair.
Par exemple, l’autre jour, lorsque j’ai écrit. « Ma main gauche s’est mise à trembler, faisant tomber mon stylo, laissant ce dernier profondément immobile au sol », et qu’un lecteur m’a demandé si j’étais sûre que c’était la main gauche, il m’a fallu aller ouvrir la fenêtre et prendre au moins trois goulées d’air frais avant de commencer à pouvoir y réfléchir correctement, de façon objective et rationnelle. Deux nuits pour déterminer qu’au final, étant droitière, ce ne pouvait pas être la gauche. Une semaine pour me souvenir qu’à cet instant là, je mangeais un sandwich de la main droite, que tenant le stylo de la main gauche, je ne voyais pas le sens de la position puisque je n’ai aucune capacité d’ambidextrat. Enfin, lorsque j’ai réalisé que la main gauche était celle du cœur, j’ai compris pourquoi ce côté, simplement parce-que j’envisageais alors d’écrire un poème d’amour.
Voilà dans quels affres d’interrogations mon raisonnement peut s’immerger et ce, pour peu que je me mette à réfléchir, réflexion induite par les remarques critiques venant remettre en question mes affirmations ou positionnements quelconques.

10 – Quand vous écrivez, avez-vous un rituel d’écriture ?
Entre deux mots, je me lève, je compte trois pas en arrière, deux en avant, trois en arrière, quatre en avant, et je me rassois. Ça m’aide à la concentration.
Parfois, je rajoute une boite de quelque chose comme des biscuits au chocolat, ou un verre de coca, et je refais la même chose mais à cloche pied, la boite de chocolat ou le verre d’eau à la main. Le challenge, c’est de ne rien renverser. Si une seule goutte tombe à terre, je suis tenue de tout recommencer mais en double, puis en triple, et ainsi de suite, jusqu’à réussite complète de l’exercice. C’est mon côté perfectionniste qui est en jeu alors.
Des fois, quand j’écris des âneries plus grosses que moi, je me trouve pitoyable. Alors je prend mon courage à deux mains, et j’édite. Et là, il y a toujours quelqu’un pour trouver ça complètement déjanté et en rire, et bien croyez-le bien, cela me fait rire de mes mêmes âneries et me donne envie de continuer à me sentir bête dans mes écrits mais d’opter pour le parti d’en rire.
Naaaan donc, en vrai, je n’ai aucun rituel d’écriture, si ce n’est celui de mettre en marche l’ordinateur, et parfois, de surfer des heures durant sur des idées en cherchant sur le net pour en faire un article à peu près satisfaisant et à mon goût. Un peu comme les sucres de la boite.

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cerf volant crocodile

Un crocodile volant,
Très lent au demeurant, 
Parcourait tout le ciel,
Tiré par des ficelles. 
Quelle est votre recette,
Pour être si léger ?
Lui demanda la bête,
Aux longues dents qui rampait.
« Je ne croque que l’air,
Mais jamais la chanson »,
Dit le cerf-volant fier,
De jouer les bouffe « on ». 

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Une sonorité, un rythme, une idée, et voici une réécriture approximative de la chanson de Serge Gainsbourg qui a été son premier succès en 1958, adaptée pour l’agenda ironique de mai, « en attendant le prochain pont ».
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J’suis l’pointilleur des émois,
Celui qui trace la direction des joies,
J’écoute le chant des cœurs,
C’est mon bonheur,
J’pointille et trace sous carapace,
Toute la cruauté qui nous glace.
Une fois pointillée la chose,
Je la renverse comme un pot aux roses,
ça fait un pont d’aurore,
Dans le décors,
Et la tristesse devient la joie,
Et la vie devient nirvana.
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J’fais des ponts, des p’tits ponts, encore des p’tits ponts,
Des p’tits ponts, des p’tits ponts, toujours des p’tits ponts,
Des ponts sous la glace,
Des ponts dans l’espace.
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J’suis l’pointilleur des ponts rois,
Celui qui trace ma direction vers toi,
J’embrasse toute la lumière,
J’en suis bien fier,
J’pointille les lois qui font de toi,
L’île qui n’attendait plus que moi.
J’y fais pousser du bonheur,
Je prends mon temps car jamais je n’ai peur,
J’arrive, et je renverse,
Tout ce qui reste,
Et qui n’est pas tourné vers lui,
Ce monde où je construis ma vie.
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Quand j’pointille, j’fais des ponts, des ponts solitaires,
Tous ces ponts, ces p’tits ponts, parfois je m’y perds,
Je perds mes repères,
Et je désespère,
Sur les ponts, les p’tits ponts, je m’assois par terre,
Pour les ponts, pas question, d’une mise en bière,
De mes idéaux les plus chers.
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A pointiller de la joie,
Qui sait si les ponts riront bien de moi,
Je m’fous de ces ornières,
Qui trop austères,
Finiront par noyer le cœur,
De ceux qui auront bien trop peur.
Qu’est-ce qui nous rendra heureux,
Est-ce d’essayer ou bien d’être peureux,
Nos choix, nous appartiennent,
Mais si la haine,
Prend le dessus moi je me casse,
Et laisse le pont à sa place.
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J’fais des ponts, des p’tits ponts, encore des p’tits ponts,
Des p’tits ponts, des p’tits ponts, toujours des p’tits ponts,
Des ponts d’chemin d’faire,
Des ponts luminaires.
J’fais des ponts, des p’tits ponts, encore des p’tits ponts,
Quand j’pointille, j’fais des ponts, toujours des p’tits ponts,
Des ponts solidaires,
Des ponts sans manières,
Et dans l’fond, dans le trou, j’y trouv’rai un pont,
Un pont sous la terre,
Un pont d’mise en bière.

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