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Archive for the ‘Concours’ Category

Mathématiquement scriptural

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Tétra agenda ironique de février 2020
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La semaine des quatre jeudis était arrivée. Les autres jours, interloqués, se taisaient devant tant d’indécence. Comment les jeudis avaient-ils osé envahir tout le territoire de la semaine ?
Y avait-il eu complot, qu’aucun des autres jours n’avaient su voir ?
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Le directeur d’académie, Hastings, tournicotait son agenda ironique autour de son cerveau limbique lorsque Séléna Rupin frappa à sa porte.
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– Capitaine, le cours sur la logique cartésienne des phénomènes capito-planéto-rosicrucio-logiques vient d’être annulé. Il était planifié sur le mardi, nous sommes encore jeudi de la semaine dernière, comment faire ?
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Le directeur se leva et, s’appuyant sur le sceptre d’Horus l’ancien que lui avait offert sa mère avant de disparaître en l’abandonnant devant l’entrée de l’urne funéraire du système capitaliste de l’an 2920.
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– Cette chère Séléna ! N’allez pas confondre jeudi de la semaine dernière et jeudi d’aujourd’hui, très chère ! Nous sommes jeudi du jour, et si le cours doit être annulé, faite confiance à votre programme, il sait de quoi il s’agit.
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– Mais nous avions prévu un séjour sur la planète du jour, Hastings, et notre expérience tombera de retard, en ce fait. Savez-vous que nous n’avons qu’un passage tous les deux ans, Hastings ? Et aussi proche qu’elle soit, nous n’aurons pas assez d’essence pour faire la route dans l’autre sens si nous annulons notre départ aujourd’hui.
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Le capitaine crispa légèrement la bouche d’un air réprobateur.
– Mademoiselle Rupin, si le cours du mardi est annulé pour cause de jeudi, soyez bonne joueuse, adaptez votre programme ! Vous n’avez donc jamais entendu parler de ces dix jours escamotés, semble-t-il. Allez-donc vous cultiver et pousser un peu plus loin vos recherches, votre limite est pâle comme le reflet du jour, très chère. Allez, et n’insistez pas !
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Séléna pris une grande respiration et le toisa d’un regard fulminant.
– Vous n’aurez pas le dernier mot, capitaine ! Je n’ai pas l’habitude d’obéïr sans au moins m’assurer que la décision est celle qui aura les meilleures conséquences possibles sur le système à réformer. Vous n’êtes pas là pour faire office de modèle, Monsieur, mais seulement pour laisser les possibles de chacun se déployer dans les limites saines de ses conséquences. Nous irons sur mars quoiqu’il nous en coûte, et ce n’est pas vous qui allez nous en empêcher. Le cours du mardi aura lieu ce jeudi, un point c’est tout !
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Hastings sourit. Il la connaissait par cœur, et savait combien elle avait du caractère. Mais avec l’ensemble des référents enseignants, il avait tout prévu, même cette réaction vive et fulgurante de la part de cette professeur de langage marhématique au tempérament ardent d’exploratrice des espaces encore non défrichés.
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Séléna enseignait la « faconde rigoureuse », une spécialité de l’école, qu’elle avait créée de toutes pièces, en découvrant avec stupeur combien les catégories socio-professionnelles avaient tendance à ne pas mesurer le pouvoir du langage. Les discussions avaient tellement porté leurs fruits, qu’un projet de voyage sur mars, le belliqueux, avait été construit avec les élèves les plus brillants, car ils éclairaient la nuit de l’espace, et permettaient d’aller dénicher la planète en question grâce au lampadaire de la clarté. Le belliqueux mars et son langage percutant ne devait pas le rester bien longtemps, car le voyage prévoyait une application spéciale « arrondis des phrasés ». Sans déphaser les phrases, cette lumineuse expédition ne pourrait se faire un jeudi sans l’aval d’un décalage de l’agenda calendaire du système linguistique ironique, et seul, le capitaine, donc lui-même, serait en mesure de le faire. Il pouvait donc dormir sur ses deux oreilles, rien ni personne n’aurait le pouvoir de ce décalage, La position d’autorité qu’il détenait était pain béni.
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C’était sans compter sur la résistance aux corruptions du groupe « prosodimétrie ».
Qui dépêcha sur le champ son meilleur compositeur de quatrain pour dénoncer le boycott du départ sur mars.
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Ce qui donna :
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« Départ du jour annulé par quatre jeudis tétraplexiques,
Que sont nos mar
dis devenus ?
La clique d’H
astings et sa bande de Poirots métaphysiques,
Biscorne notre voyage qui l’eut
cru ! »
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Une mobilisation générale des étudiants fonda alors le mouvement de la minute de silence la plus longue. C’est ainsi que le sitting de la minute de silence la plus longue dura près de 10 jours, assis en tailleur devant le bureau d’Hastings, du premier jeudi de la semaine des quatre au mardi suivant. Dix jours de silence durant lesquels rien ne se passa, mais au cours duquel le son le plus inaudible gagna les esprits de tous en les alignant sur une même longueur d’onde. Il s’agissait de régler le canal par lequel l’ensemble des personnes présentes pourraient ensuite faire appel à chacun des participants au mouvement de contestation.
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Ainsi, dix jours furent à jamais rayés de l’agenda, sans que l’ironie du sort en fut pour autant affectée. La chance s’inscrivit au voyage suivant puisque partant du jeudi de l’ascension, l’expédition les amena tout droit sur Jupiter. .
La grosse gazeuse les accueillit aériennement dans la plus grande débonnarité.
Un jupitérien vint leur faire le salut tétraflexé Pégasien.
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Tout est dit ?
Non, car Séléna Rupin, enseignante et instigatrice du voyage, entrevit l’écueil et l’anticipa en décidant de lire la logique adjacente dont le sieur Thomas Hobbes fait état dans son Léviathan :
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Tétracitations du fameux Léviathan de Thomas Hobbes :
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1 :
Le premier arc-en-ciel qui fut aperçu dans le monde était un miracle, parce que c’était le premier, qu’en conséquence l’événement était insolite, et qu’il servait de signe venu de Dieu, placé dans le ciel pour assurer à son peuple qu’il n’y aurait plus de destruction universelle du monde par l’eau.
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2 :
De sorte que c’est dans la définition correcte des dénominations que repose le premier usage de la parole, qui est l’acquisition de la science, et c’est sur les définitions inexactes, ou sur l’absence de définitions que repose le premier abus, dont procèdent toutes les opinions fausses et insensées qui font que ces hommes qui reçoivent leur instruction de l’autorité des livres, et non de leur propre méditation, se trouvent autant au-dessous de la condition des hommes ignorants, que les hommes qui possèdent la vraie science se trouvent au-dessus.[CH 4 De la parole]
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3 :
Pour conclure, la lumière de l’esprit humain est la clarté des mots, mais grâce à des définitions exactes préalablement débarrassées et lavées de toute ambiguïté ; la raison est le pas, le progrès de la science la route et l’avantage du genre humain le but.
Leviatan, 5. De la raison et de la science.
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4 : A vous d’écrire la quatrième, si le cœur vous en dit.

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Tétraplexique : Se dit d’un phénomène se produisant simultanément dans quatre directions.
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Exemple : Une fusée tétraplexique qui s’envole dans les quatre points cardinaux en demi-cercle se rejoignant en altitude pour se déplacer à nouveau en tétraplexie, système auto-renouvelant l’énergie du déplacement et permettant par le mouvement perpétuel d’aller plus loin dans l’univers.
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Tétraflexion : Un salut pégasien.
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Tétra agenda ironique de février 2020
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Tétra-personnages principaux de l’histoire :
1 -Hercule Poirot
2 -Capitaine Hastings
3 -Séléna Rupin
4 -Un pégasien
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N.B. 1 : La tricherie consiste à faire pile 29 paragraphes titre inclus et non pas maximum 29 phrases tel qu’indiqué par jacou33 dans les contraintes d’écriture de l’agenda ironique de février 2020. En y incluant ces deux précisions N.B. 1 et N.B. 2. Ainsi que d’utiliser la semaine des quatre jeudis en bonne et due place de l’une des quatre propositions à inclure que sont «
Henri IV, les quatre mousquetaires, les quatre filles du docteur March, le lac des Quatre Cantons ».
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N.B. 2 : Ecrit pour l’agenda ironique de février 2020 qui se tient ce moi-ci chez jacou33, ici même, sous le titre suivant : Mais, où donc sont passés ces dix jours ?

 

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La vibration laisse émerger le grain de sable qui est là

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The Music 1895 - Gustav Klimt

The Music 1895 – Gustav Klimt


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La vibration :
Laisse-moi te dire quelque chose, l’émergence.
Je suis née d’une réunion de plusieurs longueurs d’onde, de rayonnements incertains, de lumières ténues mais tenaces, durables comme ces montagnes grignotées des pluies ruisselantes, rongées par mille vents embourasqués de chaos, d’enchevelures sauvages embranchées de feuillages, de douceurs moucheteuses aux duvets de tendresse.
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Le grain de sable :
Une vibration a atteint la roche, regarde, l’émergence, regarde comment je suis tombé de son sommet.
La tête d’une montagne n’est que repos pendant que les éléments viennent, dans toutes leurs déclinaisons, se cogner à elle.
Qu’est-ce-qu’elle fait, la tête ? Elle en perd un peu je crois.
Regarde de quoi je suis fais, moi, si petit et pourtant contenant un monde en entier dans mon grain.
Regarde l’émergence arriver qui était attendue, qui était espérée, que la vibration créa par cette insistance du temps et des intempéries.
Des intempéries je suis né, me voici.
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L’émergence :
La merveille des merveilles est arrivée.
Le divin enfant de la montagne vient d’arriver du fond des temps, né des intempéries qui n’ont fait périr personne, mais bien naître le divin grain de sable qui contient toute la création du monde en son cœur.
Que le grain demeure, que le vent se lève, que la pluie déverse ses perles d’eau !
La tête, dévêtue de son petit grain, reste tranquille, imperturbable, témoin du miracle que la nature lui offre en spectacle.
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La vibration :
Le roc, friable ?
Quelques prétentions qu’ait le temps de l’y amener, le roc a encore de beaux jours devant lui.
Il y aurait d’autres grains de sable que rien ne viendrait perturber la tête de la montagne, elle serait à peine moins haute, voilà tout !

Je suis là !
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Qui parle ?
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Le grain de sable, et toi, qui es-tu ?
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JESSIE ARMS BOTKE (1883-1971).png

Le dindon de la prétention


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Je suis le dindon de la prétention !
Le temps me fait chanter, et moi, je glougloute, je dindonne, je ding dingue donne.
Mais lorsqu’il s’agit de dindonner du sable que le temps commande, je grince des dents.
Car le sable s’envole dans le vent et pique mes yeux, pique ma crête, pique ma curiosité.
Et puis le temps, le temps !
Cet individu aux rênes grelottées qui conduit la mort, cet espèce de grignoteur insatiable, prétentieux et froid comme le néant !
Le temps, je t’en ferais, moi, des dindons de la prétention pour lui piquer les grains de secondes, de minutes, d’heures, de jours, de semaines, de mois, d’années, de siècles, de millénaires et j’en passe, pour recouvrir des plages entières léchées par l’espace de la mer, des plages de doux repos, de tendres entrechats, de saveurs oiseuses aux allures fruitées, reposants dans la ouate et le velours des coquillages somnolents, des dunes moelleuses gorgées de suaves effluves câlines.
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L’émergence :
C’est un dindon tout à fait convenable, n’est-ce pas, le grain de sable ?
Ne pourrions-nous pas le dépêcher du côté de l’horloge comics pour qu’il lui sonne les grelots de la plage du temps ?
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Le grain de sable :
Appelle Jacquemart, on verra bien si sa cloche veut bien arrêter de clocher sur la rampe de ses vibrations !
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La vibration :
Faut pas s’en faire, là !
Hop hop hop, hors de question d’éteindre mon ébranlement !
Laissez vibrer au cœur du monde la beauté de ma cause, juste parmi les œuvres de la bonté, alors hein, bon !
Touchez pas aux Grisbis du temps, ils sont réglés comme les pendules de fous co-équipiers des astres. N’allez pas jouer aux apprentis sorciers, laissez faire la fluidité des sons et la confiance naîtra des flux et reflux de mes oscillations, dans l’éternel retour au bercail du home.
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Topinambaulx :
Le son primaire de ta vibration, mon poto, va falloir qu’on cause de sa beauté.
C’est bidonné de farce de dindon, lardé de grains de malice, non ?
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Le grain de sable :
Qui t’es toi ?
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Topinambaulx :
M’enfin, y’me connait pas çuilà !?
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Le grain de sable :
Nan.
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La vibration :
Tiens donc, moi non plus, pardine !
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L’émergence :
Kiki ? L’est pas connu de nous.
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Le dindon de la prétention :
Sesraitipa un nouveau genre de légume ?
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Topinambaulx :
Rhhhôôôô les incultes ! Je suis une ville invisible, vous n’avez donc pas lu Italo Calvino ?
Nan mais, va falloir changer ça, épifissa encore !!!
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La vibration, l’émergence, le grain de sable, le dindon de la prétention, en chœur :
C’est un miracle !
La nuit des temps partant du principe que l’essentiel est invisible pour les yeux.
Alors, nous considérons, d’un commun accord, voire d’un accord commun que, dorénavant, ta ville ne fera que croître dans les jardins de la montagne du temps, et qu’arrosée des pluies, secouée des vents, tu puisses rester impassible et imperturbable. L’essentiel est aussi précieux à notre vie que le cœur de la montagne l’est à son temps.
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La nuit des temps :
Oh purée ! J’ai eu peur qu’ils m’occissent…
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Un des pendules de fou coéquipier :
Z’ont failli régler son compte à la nuit des temps, qu’on dirait bien…
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L’horloge comics :
Minute l’éclair, superseconde, Big-Mandrake-Ben, Iron-day, si on remontait un club des cinq ?
Ça vous dirait ?
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Minute l’éclair, superseconde, Big-Mandrake-Ben, Iron-day :
Enchaînez, enchaînez mon bon ! Vous n’imaginez pas combien nous en rêvions…
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Le dindon de la prétention :
Yep yep, on va pas les voir tous défiler non plus ?
C’était quoi l’histoire, au fait ?
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Le grain de sable :
C’est pas possible, pffff !!! Oukizonmillheurtêtesseula ?
C’était l’histoire de la vibration qui laisse émerger le grain de sable qu’est déjà là !
C’est mon histoire, quoi !
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Evasion vivement recommandée à travers l’agenda ironique de janvier 2020 qui démarre l’an tout neuf chez Véronique.
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«  L’essentiel est invisible pour les yeux », n’est-il point ?

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Venise vintage
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« Lorsque les philosophes parlent sans détour, je me méfie de leurs paroles ; quand ils s’expliquent par énigmes, je réfléchis ».
Schroeder

L’histoire n’en dit pas long, elle se passe au XVIème siècle.
Elle est conservée en salaison aux archives secrètes du Vatican.

Ce jour là, à Venise, il s’était passé quelque chose d’extraordinaire, et seule une vieille carte de l’île annotée de la main d’un illustre inconnu en faisait foi.
Elle était signée au dos d’un nom ! Andrea Aromatico.
Mais à cette époque là, il n’était pas encore né !

Quoique…

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Venise_Plan_de_Venise_1568

Venise en 1568


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Pierre Basile Valentin, antiquaire de l’île, avait en sa possession un ouvrage de recettes sur la cartographie évolutive du relief des sols.

De temps en temps, lors que sa boutique, désertée de flâneurs, de touristes, ou d’initiés en matière de vieilleries précieuses, se tenait dans le silence le plus pur, il ouvrait délicatement le livre et laissait son regard voguer librement sur les mots et gravures de l’époque, reconstruisant ainsi à l’infini la cité des Doges, ouvrant un passage secret ici, construisant un escalier là, bref, remaniant continuellement l’ouvrage flottant sur la lagune.

L’un de ces instants de profonde méditation fût un jour interrompu par l’arrivée d’une jeune personne habillée simplement d’un surcot et d’une pèlerine à capuche.

L’émanation du coûteux parfum qui embauma alors la boutique permit à Pierre Basile de déduire l’origine bourgeoise de cette charmante jeune femme.

Elle tenait sa capuche resserrée autour du cou, comme pour cacher son visage. Elle semblait bouleversée.

L’antiquaire, qui n’avait pas l’habitude d’accueillir de si jeunes et jolies clientes, encore moins des clientes chamboulées, se leva d’un bond, ce qui fit sursauter vivement la jeune femme.

Ne sachant comment faire, il bredouilla une phrase toute fraîchement lue de son recueil et, en ces termes, lui adressa la paroles.

– La grande sagesse est déjà contenue dans la capacité de pressentir avec exaltation cette main diligente, invisible aux distraits et aux tristes, et vous rassemblez la synthèse de cette immense œuvre, alors soyez la bienvenue. Que puis-je faire pour vous aider ?

De l’embarras apparut sur les traits émus de la dame. Elle le fixa avec de grands yeux intenses et, se reprenant un peu, réussit enfin à être en mesure de lui répondre.

– Monsieur, je cherche un abri, il est arrivé quelque chose d’étrange. Alors que je marchais sur le pont Rialto, allant de mon « humble » demeure à la place Saint Marc pour y retrouver mon amie, j’ai senti le sol se dérober sous mes pas. Après une chute sans gravité, un peu étourdie par le choc, j’ai repris mes esprits et, cherchant à me relever, me suis rendue compte qu’un escalier s’était ouvert sous mes pas. Quelle ne fut pas mon immense confusion de constater que le pont lui-même avait disparu, et que je me retrouvais devant l’entrée d’une sorte de temple, illuminé de millions de bougies rouges, ne comportant aucune porte mais juste une fenêtre dont les volets tirés ne permettaient pas de voir à l’extérieur. Quant à l’escalier, il était bouché par l’éboulement de grosses pierres en forme de creusets, ajustées de telle sorte qu’aucune lumière ne passe entre les interstices. Reprenant mes sens, je fis la déduction que l’oxygène de l’air circulait puisque les millions de petites flammes oranges vacillaient, danses fugaces et sauvages, dans la brièveté de leurs mouvements. L’ensemble était du plus bel effet.
C’est ainsi que, éblouie par cette vision éclatante de beauté, je me suis laissée transporter et, mue par une force venue d’on ne sait quelle part de mon esprit encore ignorée à ce jour, un passage secret s’est ouvert devant moi, m’amenant jusqu’ici.
Permettez que je me reprenne. Qui êtes-vous ? Et où suis-je à cet instant ?

Pierre Basile Valentin, troublé par ces coïncidences évidentes, dressait le lien avec le livre ancien et l’utilisation qu’il en faisait.
Avait-il découvert de façon fortuite l’accès à un temple sacré par l’intermédiaire de cette jeune personne ?

– Je vous en prie, faites donc ! Veuillez excuser mon ébahissement mais il m’importe de savoir par quelle porte vous êtes entrée dans ma boutique. Mon nom est Pierre Basile Valentin.

Devant leur mutuelle stupéfaction, les deux protagonistes décidèrent de s’éclairer mutuellement en remettant dans l’ordre les événements récents.

Une fois l’ensemble des faits rassemblés, une certaine logique advint au jour.
Ce qui leur permit d’entrevoir quelques lumières.
Vous allez me dire, c’est une Lapalissade…
Je continue.
Puis de décider de s’associer pour explorer plus loin une théorie consécutive à leur travail de synthèse.
Il fut convenu que la jeune femme retournerait sur le pont Rialto et y attendrait jusqu’à résurgence de l’expérience, ou pas.
Avant de ressortir de la boutique, elle tendit sa main à Pierre Basile, s’adressant à lui en ces termes.

– Je m’appelle Moderata Fonte, enchantée de vous avoir rencontré, Monsieur Valentin.

– Vous m’en voyez ravi également, Moderata. Soyez remerciée pour l’heureux hasard qui nous fit nous rencontrer autour d’un événement aussi prestigieux que mystérieux et découvrir ainsi une toute nouvelle porte occulte.

Moderata se rendit donc à nouveau sur le pont Rialto et attendit*.

Mais le bon Pierre Basile eut beau laisser voguer ses yeux sur le fameux ouvrage, plus rien ne se produisit. Et lorsque Moderata tenta de revenir à la boutique, elle ne réussit jamais à en retrouver le chemin.

Pierre Basile consigna toutes les observations des faits sur un parchemin qu’il conserva soigneusement dans une enveloppe scellée et rangée dans le livre de recettes sur la cartographie évolutive du relief des sols.

Quelques siècles plus tard, en 1883, le premier préfet des archives secrètes du Vatican, Joseph Hergenröther, intrigué par le titre du livre, feuilleta négligemment ce dernier et découvrit l’enveloppe.

Vous imaginez bien qu’une fois ouverte, ayant pris connaissance de la fameuse expérience occulte, Joseph désira en savoir davantage.
A cette époque, les dignitaires de l’église catholique disposaient de détectives privés à leur service. Il convoqua un homme en qui il avait toute confiance, Andrea Aromatico, pour enquêter sur le sujet.

Les résultats démontrèrent que :

– La seule preuve de l’existence du phénomène est la lettre dans le livre, et plus tard la carte signée au dos par Andrea Aromatico.

– L’expérience est indémontrable de manière scientifique.

– Elle pourrait, qui sait, permettre de sauver Venise de la montée des eaux en la soulevant.

– Elle a été reproduite mais jamais sur commande, occasionnant des phénomènes n’ayant aucune logique et à des moments complètement imprévisibles. De plus, les points de départ et d’arrivée n’ont jamais plus été les mêmes que décrits par Pierre Basile Valentin malgré de nombreuses tentatives.

– Le dernier passage en date est celui de l’an 2000. Il relia chez Gallimard un premier dépôt légal en novembre 1996 à l’escalier du dépôt légal de février 2002. L’auteur est un certain Andrea Aromatico.
Il est entré par l’universale Electa et sorti par le rayon culture et société des éditions découvertes. Le fameux bug de l’an 2000 n’a eu aucune incidence notable sur son passage secret.

– Pourquoi n’avoir jamais réussi à retrouver dans d’autres archives, ni la preuve de l’existence de l’antiquaire, ni celle de l’événement qu’il décrit ?

– Une hypothèse à cela : Après bien des pérégrinations, et par recoupements, il en ressort l’évidence que l’instant de la rencontre de Pierre Basile et Moderata n’existe pas. Ce temps est celui des dix jours disparus à tout jamais entre le calendrier Julien et celui Grégorien instauré à sa suite.

Les jours inclus entre le vendredi 5 octobre 1582 et le dimanche 14 octobre de la même année sont des jours escamotés par la mise en place du calendrier Grégorien sous l’autorité du pape Grégoire XIII.

La date de la lettre de Pierre Basile fait état du mardi 9 octobre 1582.

Après son exposition à la lumière, le fameux document parchemin annoté de la main de Pierre Basile Valentin s’effaça totalement jusqu’à redevenir vierge.

Heureusement, Andrea Aromatico avait pris soin de laisser trace de cette étonnante et mystérieuse histoire à travers une carte signée de sa main en utilisant l’intermédiaire du regard voguant à travers le livre de recettes sur la cartographie évolutive du relief des sols.

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Venise 1573-Pinargenti-Venedig.jpg

Venise en 1573 ( et en forme d’écrevisse ? )

 


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Le mystère de la rencontre calendaire de Pierre Basile et Moderata restera malgré tout et à tout jamais impénétrable.

* Pour l’anecdote, c’était exactement à cet endroit précis qu’elle avait rencontré son futur époux, Filippo de’ Zorzi, quelques mois auparavant.

Ecrit demain sur une échelle pour l’agenda ironique du gouffre de décembre 2019 en villégiature pour les fêtes de Noël chez le tatillon carnetsparesseux.
Il fallait insérer les mots suivants : Noël, échelle, demain, livre, gouffre et tatillon.
Et avec mes remerciements.

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Ce mois-ci, véronique nous accueille avec une idée juste farfelue, de grande braderie de mots à revendre, allez-y voir.
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LA BROCANTE D’ÉTÉ ! C’EST ICI
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https://www.youtube.com/watch?time_continue=215&v=SHBGkpXgahc

 

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C’est la boule à qui ? La boule à Zéro ?

Oh, non ! C’est une boule de billard, mais géante, vu que c’est celle de Dieu.

Ah, il y est resté alors….

Où ?

Mais sur le billard voyons !

Ah bon ? Il est pas resté sur le corps ?

Le corps de qui ? Le corps de Dieu ? Le corps du Christ ?

Ah ah ! Sur le corps-billard !

Quelles belles hostilités. Vous reprendrez bien une hostie mon bon monsieur.
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« Approchez, approchez mesdames et messieurs, car aujourd’hui, grande vente aux enchères ! Dans quelques instants, de jeunes apprentis saltimbanques vont vous présenter des mots ! Un mot pour tous, tous pour un mot ! Des gros mots, pour les grossistes, des mots de tête pour les charlatans, des jeux de mots pour les artistes, des mots d’amour pour les amants. »
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Quand c’est la négresse verte qui le raconte au mot près, celui-ci réagit à peu près, ce qui le rend presque dedans.
Il était une fois une fée du jardin qui s’est arrêtée dans la ville de Juin pour monter un chapiteau où des mots vont faire leur cirque !
Il y a les tigrés du Bengale qui grondent sous les cerceaux enflammés du rire des enfants, bondissant à travers les gradins de la prononciation, effrayant au passage les mots affûtés découverts par Paul-Emile Victor dit « de la banquise en soie », qui la noue en articulant audiblement pour en faire surgir une colombe garnie de sa farce et satrape du collège de ‘pataphysique, veuillez, je vous prie, m’excuser si je reprends ma respiration.
Sorti du chapeau haut de forme, le chameau déambule, bosses à l’air, roulade à gauche, roulade à droite, crachoir serré entre les deux, la gorge déployée, tintinnabulant du gosier que la formulation demande, sinon de la hauteur, une souplesse dans les trapèzes aussi précise que complète. Ainsi, le numéro d’équilibriste qui est triste mais juste, ou tri-légiste, ou un truc comme ça, peut commencer la messe.
Certaines nuances d’air écaillent la surface, fendillant d’une coquille l’éclat de ribambelle des sens, jonglant qui d’un bas mi-long, ou long tout court, qui d’un don à se dandiner de la farce à attraper un 15 brumaire, va égaler le 19 au saut de puce et d’obstacles.
Laissez-moi souffler encore un peu, c’est comme qui dirait d’un seul trait, ou d’un jet, ou encore d’une poussée d’art, d’arche, d’Arxchimède, j’en bégaie et j’en bafouille…
Un éclair barré devient un sérum libre d’où jaillissent, fluides, les larmes joyeuses d’humeur à rebondir en cascades cristallines histoire de dévaler la roche jusqu’à son éclosion. Derrière la sieste du voile se tient le corps du mot et ses trois niveaux de lecture.
Ensuite, les timbrés de la cymbale déploient une musique à cinq balles dont les sons déboulent sur la piste aux étoiles.
– Aïe dit l’une d’entre elles, vous m’avez tordu une branche.
Mais rien n’arrête le bruit qui court sur la surface du sable, pleuvant ses notes de course folle dont la précipitation s’entasse en strates atmosphériques. A mots couverts par le bruit des cinq balles, deux otaries s’époumonent, souffle rauque, les pings expirant sur des pongs aux poings serrés comme des pelotes de laine basques.
Tout le monde se demande ce que font les basques au cirque, à part avoir les nerfs en pelote, on voit pas.
C’est bas, mais c’est là ! Cela n’est pas celer.
Enfin, un bruit du côté de chez la cognée nous sort son dédale de pluvaisons, monté sur un nez rouge Géorgien clooneysque, il est attendu depuis le début,
ce Shere khan,
il a vaincu le dragon !
là, tout s’arrête. On sert les cannelés.
La piste reprend plus tard, il est tard, la nuit commence à tomber. Un dompteur la retient, elle rétablit son équilibre. Relève un pan d’obscurité. Elle est à tomber par terre tellement elle est belle, c’est une belle-de-nuit. Par-delà le jour et la nuit, c’est le tour du vif-argent d’en faire voir aux spectateurs, les enfants applaudissent et leurs paumes s’enflamment d’une ardeur enthousiaste d’aphorisme euphorique. L’acrobatie consiste en une volée de mots à pirouetter en deux temps, trois mouvements, en direction du solstice aérien et funambulaire des antipodes.
Du coup, ça clashe. Les flashs fusent.
Voilà.
A la brocante circulaire, si vous achetez un lot, vous avez droit à une réduction de mot. Un lot de mots croisés se réduit d’une lettre en commun. Par exemple, l’esprit croisé à Windsor, après une réduction d’s devient éprit, de la rose Windor.
J’ai encore du mot dans ma musette, mais ma musette n’amuse plus personne.
Pas même moi-même.
Alors pour décapiter la tristesse, je lui cruaute un tour de joie.
Elle tourne sur elle-même à l’infini, rebondit sur le bonheur de l’échappée, et rit de toutes ses rondes qui s’arrêteront un jour.
Ce jour là, la nuit tombera.
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Quand la nuit tombe
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Quand la nuit tombe,
Elle tombe des nues,
Des nuées s’élèvent,
Dénuées de lumière,
Elles s’élèvent en chaos.
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La nuit tombe en chaos dans le ciel,
Et le ciel sombre,
Profondeur dénué de lumière,
Dans le désordre de son puits,
Sonde la hauteur des antipodes,
A la lumière de ses ténèbres.
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La nuit tombe de haut,
Quand la mesure de son écart,
Entre le point de chute,
Et son impact d’arrivée,
Au point culminant,
De sa racine du ciel,
Arrive à son halo.
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La nuit est tombée,
Sans désastre,
Sans fracture,
Mollement,
Dans l’amorti du nébuleux,
Et la profondeur du mystère.
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N’en faisons pas tout un fromage !!!
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Le bris de mots
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Les mots en verre peuvent se casser.
Ils sont curieux, ces mots en verre,
Curieux envers les vers qu’ils forment,
L’envers du mot inverse son vers,
Et son vers à l’envers fait rêve.
Le rêve revêt un vert de prusse,
Qui parle le vers sans accent,
Sur le versant d’une poérime,
Aussi versée dans la culture,
Qu’une perle plongée dans la nature
Marine où corail et nacralité,
Font plus que force ni que casser.
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Et ça recommence…
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« Approchez, approchez mesdames et messieurs, car aujourd’hui, grande vente aux enchères ! Dans quelques instants, de jeunes apprentis saltimbanques vont vous présenter des mots ! Un mot pour tous, tous pour un mot ! Des gros mots, pour les grossistes, des mots de tête pour les charlatans, des jeux de mots pour les artistes, des mots d’amour pour les amants. »
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A commencer par une panoplie complète de gros mots arrivée tout droit du syndrome Gilles de la Tourette. C’est une coprolalie de collection qui vaut son pesant d’obscénités. De grande valeur, elle a appartenu à Wolfgang Amadeus Mozart, rachetée en 1901 par André Malraux, et actuellement en attente d’acquéreur de qualité.
Un échantillon :
– Espèce d’impôt sur les grandes surfaces de brocantes de mots.
– Espèce de facture en chocolat de Pâques.
– Redevance pour la téléportation de la vitesse de la lumière.
– Crevaison de semelles en crêpe.
– Crevette des mers du Niort.
– Devoir de résistance sale petite classe ouvrière.
– Guerre des gommes en caoutchouc naturel trafiqué.
– Crotte de mouchoir de poche.
– Nain de jardin potager bio cultivé sans engrais, sans terre, sans graine, et sans légumes.
– Tronche de cake salé à la tranche en biais.
– Ours de Cocagne musical art de la renaissance.
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Tout au long de la journée, des guides ayant droit au chapitre pourrons vous conseiller en la matière, n’ayez pas peur d’aller les solliciter, ils se feront une joie de vous orienter vers le mot recherché.
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En ce qui concerne les mots derniers cris, il faudra patienter. Tous les premiers écrits sont déjà partis, mais ceux-là ne sont pas encore arrivés sur le marché à la brocante.
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Un bouquet de bons mots sera offert à tous ceux qui oseront se mesurer aux mots d’esprits. Ils paraîtront peut-être modestes à certains, à côté de la collection Copro Lalique, mais ils auront le don d’éveiller la floraison des mots roses, dits « mots de soutènement ».
Un lot usé jusqu’à la syllabe arrive par colis-lumières dans quelques secondes, si vous voulez bien les attendre, nous vous les offrirons tout chauds.
Tiens, les voilà qui arrivent.
– Bouquet de pensées.
– Bouquet de pensées.
– Bouquet de pensées.
– Merci.
– S’il vous plaît.
– Avec plaisir.
– je vous en prie.
– Les bons mots sont comme le blé dans les champs : ils moissonnent le pain du bonheur quotidien.
Beaucoup d’amis sont comme le cadran solaire : ils ne marquent que les heures où le soleil vous luit.
La réponse est oui. Mais quelle était la question ?

Le génie est un cheval emballé qui gagne la course.
Ceux qui ne savent rien en savent toujours autant que ceux qui n’en savent pas plus qu’eux.

Idiot cherche village.

Pardon ! Pour le bon tri-mot dernier, c’est une petite annonce dont nous ne connaissons pas le sexe.
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Pour ceux qui n’ont pas prévu de sacs d’emballage, nous vous proposons la spirale du bois, l’emballage copeau colimaçon qui fera fonction. Un bruit de mots peut passer à travers, mais le petit filet de mots de bon goût vendu au stand des mots gourmands résoudra grammophoniquement le problème.
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En cas de réclamation, un échange de mots aura lieu.
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Les mots d’amour ne sont pas à vendre.
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N’oubliez pas d’aller découvrir le rayon à mots couverts, reconnaissable à son bras long et son voilage discret. Ils sont idéaux entre deux portes, pour faire enfler une rumeur.
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Les mots blessants sont bien gardés. Ils sont tous rassemblés dans un mot zoo laid, parqués par genre. Ceux qui font saigner sont dans l’aquarium des piranhas, comme ça, s’ils ne veulent pas se faire bouffer, ils n’ont qu’à bien se tenir. Ceux qui brûlent ont été déposés dans du coton garni de crème biafine. Ceux qui coupent sont dans le bac à sable, seuls les mots composés sont autorisés à y entrer, ce sont ceux qui risquent le moins. Dans une grande colonne, il y a les mots des profondeurs, des capteurs tentent de les enregistrer pour décoder leur langage, les naturalistes y travaillent. Pour l’instant, on ne sait pas s’ils sont dangereux, le quartier de sécurité les surveille avant d’en faire usage, comme vous pouvez le constater, cette brocante est très sécurisée, les proscrits sont réintégrés une fois montré lettres blanches.
Pour les mots frappants, il est prévu des cellules capitonnées.
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Un conseil, méfiez vous du mot le plus long, il n’est pas toujours bien vu dans tous les milieux. Si vous voulez le prononcer, prévoyez un moment assez prolongé pour aller jusqu’au bout. Installez-vous confortablement.
On y va ?
« Jevousenferaismoidesmotslongscommedesjoursarallongequiseprennen

tpourdestablesdemultiplicationsnonméhofautpaspousser ».

Comment ça va ?
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Bouquet de pensées.
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Est-ce que les mots bleus vous tentent ?
Regardez bien mes yeux.
Oui, j’ai compris.
Vous me direz les mots bleus, ceux qui rendent les gens heureux.
Je vous dirai les mots bleus, ceux que je dis avec l’œil bleu.
Y sont inclus les mots démodés, les mots doux, les mots tendresse, les chuchotés au creux de votre oreille, et ceux qui ne sont connus que par nous.
Allons, allons, ceux-là n’ont rien à faire sur une brocante. Sauf quand c’est vous qui me les dites au creux de l’oreille, et que main dans la main, nous sommes allés y flâner.
Mais chut !
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https://www.youtube.com/watch?v=V7EOrUEUaPI
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jardins de l'Alhambra
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La vie nébule, doucement. Elle nébule les envers, elle déambule à travers, elle flâne, se pose doucement, hume le parfum de la rose sauvage. Oui, la vie se dépose dans la discrète bordure de sa vigne sauvage, aussi sauvage que la rose.
La tranquillité règne en maître dans ses feuillages épais, la
lambrusque habite pleinement l’espace de son intensité, de son touffu, où les maringouins viennent s’abandonner.
Leurs longues et fines pattes grenues ne laissent peser aucune lourdeur. Tout juste un léger souffle d’ailes translucides et diaphanes. Le temps s’est arrêté, la pendule vient de se taire et son balancier, étourdi du labeur de tout ce temps à se balancer, à s’en balancer, vient de s’immobiliser, goûtant au vrai temps, celui de la gratuité, celui qui ne compte pas les secondes, les minutes, celui qui sort du temps.
Une onde s’élève. Elle prend une couleur bleue électrique,
schizophrènée par l’arrêt du temps. C’est une vague céleste, une valse lente comme l’étendue vaste d’un champ de lavande parfumée d’une pointe de douceur vaporeuse parcouru du zéphyr. Rien ne bouge en surface, un remous se fait sentir en profondeur, à peine perceptible, juste un frisson. L’énergumène de la nature conditionnée va probablement s’opposer au soulèvement de ce bleu céleste en émettant un brouhaha cosmique effervescent. Ce qui remettra invariablement l’aiguille de l’agitation en cadence. Mais qu’importe, car le temps, il s’en balance, à traverser encore la vie nébule, il en retirera d’autres temps morts comme le repos de l’éternel. Et à force d’en retirer, c’est toute la vie qui refleurira.

Ecrit pour l’agenda de Mai.
Chez la plume fragile.

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Dis, quand tu as fini tes devoirs, tu iras sortir le chien. Madame Gertrude ne pourra pas venir ce soir, elle est atteinte de polimalie sérieuse.
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Mais maman, il me reste encore un devoir de math, tu veux pas envoyer quelqu’un d’autre ? Et puis c’est quoi encore, cette histoire de polimalie sérieuse ?
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J’aimerais bien, mais la dernière fois qu’on a demandé à la voisine de nous rendre ce service, souviens-toi, le chien est revenu avec trois têtes, il a fallu le faire opérer, il faisait peur à tous les enfants.
Tu as fini ton devoir de français ?
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Pas encore. La pinguouination est assez complexe, il va me falloir plus de temps.
C’est quoi cette histoire de polimalie sérieuse ?
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Bon dépêche toi là ! Parce-que la vessie du chien, elle, elle n’a pas besoin de beaucoup plus de temps !
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C’est pas possible, il le fait exprès ce cabot !
Il a combien de vessies pour demander à sortir aussi souvent ?
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Commence pas, Mauricette ! Sinon, je le sors et tu fais la cuisine !
Il a du chopper la polimalie sérieuse de Gertrude !
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Ouais, ouais, j’y vais ! Pfff, si t’avais pas décidé de faire un soufflé aux rognons de crabe…
Ça s’attrape, ce truc ?
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Tu n’as qu’à appeler Onésime, pour qu’il vienne avec toi. Le chien l’adore.
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Mamaaaaaaaaan !!!
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Quoi encore ?
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Tu sais bien qu’Onésime et moi, on ne se parle plus depuis la semaine dernière.
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Mais qu’est-ce que c’est bête, des adolescents ! Rappelle moi pourquoi vous êtes fâchés ?
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Oh, ça va hein ! Vous, les adultes, vous ne comprenez jamais rien !
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Aller, file, sinon je me fâche !
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Maman, c’est quoi ce truc que tu refuses de me dire ?
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La polimalie sérieuse, c’est… Demande au chien, il le sait !
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Je ne saurais trop me lasser de raconter des histoires…
Toujours pour l’agenda ironique de l’OND chez patchcath en décembre.
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C’était, il y a bien longtemps, dans l’Amérique des années 1697, la famille du pasteur Duncan Sparrow décida de s’installer dans la baie d’Hudson, pour se rapprocher de la communauté pastorale locale. Elodie, qui venait d’avoir 8 ans, n’appréciait guère le froid des hivers rigoureux mais, mue par on ne sait quelle foi indéfectible, elle décida que l’avenir méritait bien un réchauffement climatique annoncé, aussi, elle développa la théorie des calumettes, prétendant que l’association des allumettes et du calumet ferait un tabac plus tard.
Son père, plutôt aimant et large d’esprit, la laissait toute à son imaginaire, veillant aussi à ce qu’elle bénéficie de l’instruction la plus large et complète possible en la confiant aux bonnes œuvres du comité des femmes savantes, baptisé de la sorte à la suite de l’immense succès d’un artiste Français au délicieux « prénom » de Molière.
L’année s’écoulait, tel un fleuve tranquille, lorsqu’un vaisseau de la flotte d’un Louis quelque chose, roi de France, fit son apparition dans la baie d’Hudson.
Une immense fête s’organisa pour l’accueillir, et le comité fut chargé de préparer les festivités le 12 juillet, à l’occasion de la fête des orangistes.
L’agitation qui précéda le jour en question battait son plein lorsque le jeune Onésime, alors âgé de 10 ans fit son apparition.
Nul ne savait d’où il venait ni qui il était. A cette époque, il y avait encore beaucoup d’enfants sauvages que la population adoptait spontanément, le pasteur le prit sous son aile, et Elodie, ravie de n’être plus fille unique, adopta également ce frère un peu miraculeux qui dorénavant partagerais ses jeux et inventions.
Onésime : Je veux bien faire partie de cette histoire, Elodie, mais je te préviens, je participe activement à tes jeux, nous sommes bien d’accord, mais tu participes activement aussi aux miens
Elodie : Ben évidemment, tiens donc, je n’ai jamais prétendu le contraire, quelle idée !
Onésime : Bon, alors viens, on va voir la mer !
Elodie : C’est quel jeu alors ?
Onésime : On a qu’à dire que nous sommes dans un roman de gare, et que nous jouons à écrire le livre.
Elodie : Plutôt un roman de port alors, ça pourrait donner envie aux marins de lire, c’est bon pour la santé.
Onésime : Mouais ! Si tu veux !
Ils s’échappèrent discrètement du local où les matrones cancanaient tranquillement sur la société québecoise tout en pâtissant pour l’une, éminçant pour l’autre, toutes occupées à la fabrication de plats traditionnels pour le déjeuner Orange.
Canard laquais, oies rôties sauce cumin, porcelet mignon, bar en croûte de lait, jambon d’agneau de grain, pain d’épicéa, poutine de pingouin, galette de fèves, soupe de homard des îles de la Madeleine.
D’ailleurs, les matrones avaient l’air de s’entendre comme « Madeleines en foire ». C’était leur plaisanterie préférée, la forte tête de Madeleine, la vraie, détestait cette blague qu’elle qualifiait de blague pourrie. Elles adoraient la mettre en boite. Madeleine avait une amie, Mélanie, qui ne la quittait pas d’une semelle, tout le monde se demandait ce qu’elle pouvait bien lui trouver, à sa Madeleine, mais bon, c’était leur vie, après tout, et cela ne regardait personne d’autre qu’elles.
Les marins du Pélican, mal chauffés sur le vaisseau, venaient d’arriver, invités à venir profiter du confort de la salle. Ils s’étaient rassemblés autour du bon feu qui brûlait dans la cheminée. Certains d’entre eux avaient mis la main à la pâte, épluchant les légumes, remuant dans les casseroles, surveillant la cuisson des fours. Mais surtout, ils arrosaient leur gosier de vin chaud et de grogs. Les enfants couraient entre les tables. Ça criait, ça s’interpellait, ça riait. Mélanie n’était pas la dernière à s’amuser. Un des marins semblait beaucoup se divertir à plaisanter avec elle.
Tandis qu’ils riaient à nouveau, Madeleine se leva, incommodée par le grognement des mioches, s’approcha de son amie et lui glissa à l’oreille : Paradoxalement tu deviens drolatour avec cette diatribe, trouverais-tu que je sens la crevette arctique ?
Mélanie lui sourit, mais n’en pensa pas moins. Les humeurs acides de sa compagne commençaient à lui courir sur le haricot. Si elle n’apprenait pas à se prendre un peu moins au sérieux, elle serait obligée de renégocier le contrat.

Juste avant de sortir, Onésime et Elodie entendirent une matrone répondre à propos de la recette du poutine que : « 
Pas encore. La pinguouination est assez complexe, il va me falloir plus de temps. »
Du temps, eux, ils allaient en prendre, et du bon.

La vie en société était plaisante, ils s’en amusaient, mais à petite dose. Et les grands espaces de liberté leur convenaient bien mieux. Ils avaient le sentiment de se connaître depuis des siècles, si bien qu’il n’était parfois pas nécessaire de parler pour qu’ils se comprennent.

Après avoir couru, ils arrivèrent sur la plage.
Onésime : Incroyable ! Sens-tu l’air chargé d’iode, le goût du sel qui pénètre la peau ? Regarde ! La mer s’approche, c’est marée haute. Regarde, l’étendue mergnifique.
Elodie, ravie de le voir si heureux, se disait tout bas : Je regardai. Oui, la mer s’étalait, devant nous.
Onésime : Tu pourrais énoncer ton texte audiblement, j’aimerais en profiter.
Elodie haut et fort : Je disais que je regarde, et que oui, la mer s’étale devant nous.
Onésime : Tu ne remarques rien d’autre ?
Elodie : Si, je remarque que la mer est en train de geler, et que la marée va rester figée en position haute.
Onésime : La glace va rester accrochée aux falaises !
Elodie : Et les marins ne pourrons plus naviguer sur les barques pour rejoindre leur vaisseau.
Lorsqu’ils rentrèrent au coucher du soleil, ils ne furent pas surpris de voir que la salle était toujours pleine.
Mais l’ambiance n’était plus celle festive et joyeuse de tout à l’heure.
Elle était plombée.
Duncan Sparrow attendait sa fille de pied ferme.
Duncan : Nous allons avoir besoin de tes calumettes, fille, lui dit-il gravement.
Elodie : Père, que vous arrive-t-il ? Vous savez bien que ce ne sont que des enfantillages !
Duncan : Pas pour eux !
Et il désigna du menton la troupe d’amérindiens postés derrière les barricades du prieuré.
Duncan : Allez les chercher, ma fille !
A ce moment
là, Onésime réalisa à quel point il était en retard. Les Douze Coups de Midi sonnaient au clocher et les odeurs de brioche remplaçaient allègrement celles des Mc Bacon et autres Cheeseburgers. Il s’empressa de rentrer chez lui, honteux et confus, et jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.
Elodie : Mais qu’est-ce que tu fiches, Onésime ?
Onésime : Je ne te l’ai pas dit, mais je suis le fils de l’un d’eux. Dit-il en montrant les aborigènes. Alors, je continue le roman que nous jouons, ou bien je retourne avec eux ?

Elodie : Ah ! C’est du roman pour de faux, je préfère ça !
Onésime : Oui, mais je t’aime pour de vrai !
C’est à cet instant précis qu’un marin, pris de panique, se mit à déclamer d’un ton grave : Fatalimace ! Nous voici en insolitude ! La route court sous l’eau d’artificelles habitudes ! Mets tes bottes, enfant. Les écriames et les pingouinations attendront que la polimalie des virgules se solve en délibules mirifiques !
Elodie : Mais qu’est-ce qu’il raconte, papa ?
Duncan : Je crois qu’il délire de peur, c’est de la psychose, il a du abuser du rhum ! Va chercher les calumettes, ça apaisera tout le monde.
Ma mère est arrivée, tout essoufflée. Elle avait les bras chargés de bûches.
Ma mère : Tout le monde va avoir froid ici si on ne recharge pas la cheminée, heureusement qu’il reste des femmes pour garder la tête sur les épaules, ici !
Duncan : Elle a raison !
Onésime : Alors, on n’a qu’à prononcer des mots d’amour comme ça, ils se tiendront chaud !

Elodie : Des mots d’amour qui se tiennent chaud devant un feu de cheminée, c’est plus efficace !
Onésime : Chuuuutttt, Elodie, ils sont pour moi, les derniers mots de la fin !Tu peux pas t’en empêcher ! Pffff !

Elodie :
C’est pas moi, c’est le Zébulon.
Ma mère : Mais qu’est-ce qu’ils racontent, ces deux là ?
Duncan : C’est le délire qui gagne, probablement…
Onésine a fait un clin d’œil complice à Elodie.
Elodie est allée chercher les calumettes, et toute l’assemblée les a fumées avec les amérindiens, invités à se joindre à eux.
Ce jour là, ils avaient décidé que la guerre serait finie à tout jamais et que la paix gagnerait, parce qu’ils allaient définir l’acceptable et l’inacceptable, et se mettre d’accord à tout jamais sur le respect de ces limites saines.
Madeleine prépara un chocolat bien chaud, que l’on partagea allègrement. Onésime s’était assis en face d’Elodie .
Elodie :
Ma mère lui offrit des jumeleines, que nous mangeàmes en nous fixant les yeux dans les yeux un rendez-vous créaginaire.
Car ils iraient revoir la mer, c’est sûr. Et cette fois, elle serait peut-être à marée basse.
Ils ramasseraient des coquillages et riraient encore de tout et de rien, complices comme des amis de tout temps, des amis qui s’aiment.
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agenda décembre 2018 calumet hache
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L’agenda ironique sera celui de l’OND*.
*Lire octobre, novembre, décembre.
Après être agendé électrironiquent par chachashire en octobre suite à un plantage de matériel informatique chez moi, il était question d’inventer des mots valise, puis d’en faire des phrases, puis de choisir une phrase chez chaque participant pour en fabriquer un dialogue.
Les trois étapes prirent deux mois, et terminèrent leur course chez patchcath qui décida de reprendre toutes les fins des huit dialogues pour nous faire écrire en décembre.
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Les fins bouclaient leurs bouches avec une telle force que je restai devant le silence avec stupeur en me demandant comment j’allais pouvoir imiter les moutons de l’insomnie en sautant la barrière des clôtures.
Une intense réflexion mit ma pensée en agitation électromagnétique jusqu’au moment où celle-ci produisit une étonnante petite flamme parlante.
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chatnoir tournee
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La meilleure façon d’écrire, me dit-elle, c’est encore celle-ci. C’est de mettre un mot devant l’autre et puis de recommencer.
Oui mais la fin ?
Tu mettras la barrière où tu voudras, et tu pourras même la déplacer au gré de tes vagabondages nocturnes, les mots sauteront par dessus, et toi avec.
La nuit qui suivit ma divine illumination, je me suis réveillée à trois heures du matin pour envoyer une invitation à toutes les fins recensées par patchcath et leur proposer le menu poisson que voici :
Marinade de poisson rose au bouc et au thym de tomate déconfite.
Légumes de retraite studieuse au piment fort accompagnés de sa morue dessalée.
Fromages au plateau d’Ecosse de petit pois.
Fruits de saison de l’agenda.
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Elles m’ont répondu. « WE’RE ALL MAD HERE » !
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Chat du cheshire
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Faisons un petit voyage au centre de la tête du chat, me souffla alors la flamme de la bougie hyppocampique.
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chat noir allégorie ombres
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Vous avez dit pièces d’ombres, Rodolphe ?
En effet, est-ce l’ombre du chat ou le chat lui-même, que vous voyez ?
Ou bien s’est-il recouvert d’ombres solaires ?
A qui tient-il compagnie illustrée ?
Revêtu de son costume trois pièces d’ombres chinoises, le chat noir nous offre ses meilleures rimes.
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Le chat noir
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Montmartre à l’heure de ses oreilles,
Sonne l’horloge aux yeux vermeil,
Et à sa moustache en soleil.
Montmartre au moulin de son cœur,
Sonne la trompette de l’ardeur,
Qui de ses hypnotiques vapeurs,
Chasse le train de ses humeurs.
Le chat noir embasiliqué,
Du sacré-cœur vint à vaquer,
Et de sa moustache qui brillait,
Sortit une fin de son paquet.

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Chuuuuuuuuuuuut Elodie, ils sont pour moi les derniers mots de la fin !
Chat noir, chat noir, vous avez dit chat noir, comme c’est bizarre…
C’est bizarre, avec ses pièces d’ombres et ses célèbres lumières de génie, avec l’illustre et joyeuse troupe poétique qui de Montmartre témoigne encore du bouillonnement intense d’une basilique exceptionnelle, d’où de longs vers d’encre s’échappent encore, filaments invisibles noyés dans la masse de lignes aéro-postales issues d’un auteur aux cheveux couleur de blés mûrs. Le mélange des genres ici atteint des gammes muettes mais perçantes comme le regard du chat.
Vous n’avez pas votre pareil, Rodolphe, lui avoua un jour Allais en complaignant d’un humour impeccable ce mirliton d’Aristide Bruant.
Vous n’avez pas votre pareil pour dépareiller les premières photos de mon moulin à paroles.
Tu peux pas t’en empêcher ! Pfffff !
Et le moulin à paroles de Normand de reprendre la parole aussi impeccablement qu’aimablement en lui octroyant la meilleure pensée de l’ombre féllinienne pour demander une trêve de douceur de vivre.
Mais Elodie n’en démordra pas, elle lèvera les yeux vers la place du Tertre en modiglianant quelques mots incompréhensibles.
C’est pas moi, c’est le Zébulon.
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Chat noir Dragon noir
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Les confessions d’une agendiste non repentie.
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Agenda pingouin octobre novembre 2018
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Tout avait commencé ici fin septembre,
https://epaisseursansconsistance.com/2018/09/24/textes-et-vote-agenda-ironique-09-2018-5-6/

Et là après palabrages négociatifs et résolutifs,
https://jobougon.wordpress.com/2018/09/08/lessence-du-pinot-et-le-salto-des-salsifis/

Les votes du mois de septembre en avaient décidé ainsi, c’est à moi que revenait l’organisation et la création de l’idée d’écriture du mois suivant, et le choc fut tel que mon ordinateur ne le supporta pas.
Il calancha !
En d’autres termes, il clamsa.
https://epaisseursansconsistance.com/2018/09/30/resultats-agenda-ironique-09-2018-6-6/comment-page-1/#comment-1382

Bien heureusement, un génie se présenta à moi aussitôt, solutionnant la question en deux temps, trois mouvements.
De sorte que, étincelle de génie il y eut.
L’agenda se ferait en duo et en trois étapes.
La première :
https://differencepropre.wordpress.com/2018/10/06/agenda-ironique-doctobre-novembre/

La deuxième :
https://differencepropre.wordpress.com/2018/10/17/agendironique-automnal-2eme-etape/

La troisième :
https://jobougon.wordpress.com/2018/11/03/aia-2018-troisieme-etape/#comment-10405

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Un seul mois insuffisait largement, je dûmes en décider en solidaire, l’agenda pingouin prendrait deux mois.
Toutes les étapes se combinèrent sans couacs, jusqu’à l’épisode du dépouillement des tableaux de vote.
Où ne figuraient bien sûr que les textes et les participants de la troisième étape.
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Couac !
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Je décidâmes que tout ces couacs n’auraient finalement que l’importance que je lui accorderions.
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Les résultats en décidiez ainsi.
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Bravo au premier texte qui remporte le suffrage des pourcentages et bloqua le tableau à 27,27% avec son grain de sable outre-Atlantique !
Victorhugotte et sa conversation surréaliste remporte le trophée du premier texte devant trois autres participants aux résultats pourcentégaux.

https://epaisseursansconsistance.com/2018/11/10/le-copain-dapres/

https://monesille.wordpress.com/2018/11/11/le-forfait-de-monesille/

Other: Que nous pourrions considérer comme l’expression du couac de la constitution ne laissant pas apparaître dans les tableaux de vote les participations des deux autres étapes.
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Je cite :
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Pour la première étape :
Jacou33, manuraanana, victorhugotte, monesille, chachashire, Andrea Couturet, Laurence Délis, La Licorne, Domi Amouroux, marinadedhistoires, Valentyne, gibulène, patchcath, Adrienne, palimpzeste, iotop, carnetsparesseux, sissistronnelle, roijoyeux et moi-même.
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Pour la deuxième étape :
Patchcath, palette d’expression, gibulène,
marinadedhistoires, victorhugotte, chachashire, Andrea Couturet, iotop, carnetsparesseux, et moi.
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Bon, comme quoi, dans l’exploration de nouvelles formules, tout n’est pas prévisible, et l’essentiel de la découverte se situe à l’arrivée.
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Je n’avais pas prévu cette situation.
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Trop tard pour revenir en arrière, les jeux sont faits, rien ne va plus, faites vos jeux, chez patchcath ce mois-ci puisque c’est elle qui remporte le trophée de fin d’année, et qu’elle est d’accord pour que l’agenda ironique de décembre se passe chez elle.
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Bravo et merci à tous, pour ces nombreuses interactions.
Et à très bientôt chez patchcath.

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AIA d’automne, les votes

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Agenda pingouin octobre novembre 2018
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Ne vous écriamez pas trop vite sur la consistance d’une globule marinée au patchcath devant l’épaisseur monesillarde victorhugottée d’une bougonnesquerie aussi balumentaire qu’artifiçorbitante ou chachashirée !!!
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Vous n’échapperez pas à la gymnasticotterie pingouidigieuse des tableaux de vote, ni à chocilité phénomènéérique du choix de l’organisateur ou trice du mois décembroustouflant qui clôture-rera 2018.
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Vous avez le choix de drolatourer de manière délibulaire ou pas, mais je précise que la résultante sera nette de taxes.
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Voici le mode d’emploi :
Première étape – Appuyez sur une seule détente par tableau.
Fin du mode d’emploi.
Si vous avez des questions, n’hésitez pas à : CF dans les commentaires.
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Nous saurons ainsi le très prochain 30 novembre qui d’entre nous créaginairera la suite de notre programme.
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En vous présentant nos meilleures charonniardaises, toute l’équipe de l’automne vous amuplique à l’avance.
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Mes remerciements particuliers à chachashire qui, voir ici, m’ôta une épine du pied de pingouin d’octobre.
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Ainsi qu’à tous pour la participation hurlubuesque qui dépasse, et de loin, toutes les inventiginations possibles et fantaisistes.
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Ce fût un plaisir.

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