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Archive for the ‘Chance’ Category

La « Anne », elle avait pas son pareil pour tournicoter du coton perlé d’agenda ironique.
Juin, qu’elle avait dit, c’est une affaire dans l’sac.
Alors dans son fourre-tout, elle y a collé
deux images, sages comme des gros lézards du Nil qui dormiraient au soleil, (pas besoin de lunettes noires), et quelques phrases suspectes comme, insérer OBLIGATOIREMENT « C’était à … faubourg de… dans les jardins de ou d’…»  dans l’titre, (zut, le titre, je l’avais loupée cette consigne là), et puis les mots « cannibale, fourbir, niquedouille, praliné, rentable, sautiller, tellurique ».
Pfffftt !!! Pourquoi faire simple quand on peut faire simple ?

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Pis qu’en plusse, on n’a même plus l’droit d’râler !!!
Qu’est-ce que t’as dit ?
Non, non, rien ! J’ai rien dit.
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Famille Addams bis.
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Il y avait réunion de famille, l’heure du gong avait sonné, grand-père Gomaize fêtait ses 150 ans de décès, et Mortencia, drapée dans son digne deuil, allait enfin pouvoir exécuter les dernières volontés de son défunt époux. A ne pas confondre avec ses dernières voluptés, bien entendu, qu’elle exécutait encore fidèlement jusqu’au dernier souffle de Gomaize, mais laissons sous silence leur intimité.
Il lui avait remis, sur son lit funéraire, le contrat de confiance dans lequel elle s’engageait, sait-on jamais, légalement, à ne pas confondre avec létalement, et pour une durée contractuelle du nombre d’année précisé ci-dessus, plus haut, à ne pas prendre aperçu ne serait-ce que de près ou de loin de son testament avant cette date.
Gomaize aimait, à l’époque de son existant, tirer vers le haut du panier, aussi disait-il toujours : « Patience est mère de charité, mais ne moquez pas l’hôtel-Dieu, il touche le fiel ».
Il avait un petit cheveu sur la langue, papy.
Mortensia n’avait plus la grâce d’antan, ni le mordant d’ailleurs. Mais elle avait gardé la blancheur laiteuse de ses vingt ans grâce à l’onguent du docteur sangsuet, cosmétique intégral, indice 6, ayant la caractéristique de maintenir le taux d’hémoglobine sanguin à l’indice correspondant. Affaiblie mais résistante à tout, suivant sa philosophie « atout prendre », Mortencia prétendait mordicus que la lividité consécutive à l’application de cet onguent lui permettait de rester visible à feu Gomaize, qui sinon ne pourrait la reconnaître de l’au-delà. Au delà de quoi, le taux risquerait de flamber, laissant exsangue et sans sang les vaisseaux laissés à sec de ce fait incendiaire. Et rajoutait souvent à qui voulait bien l’entendre, les flammes éclairent mais la nuit porte conseil. Optant pour le style bénitier, lancé par le célèbre couturier Maryvonnet saint Lacroix, elle avait revêtu une veste écossaise portée par lady Conne Doyle dans les années 20 lorsqu’elle a joué le fameux personnage d’
Irène Adler dans « Un scandale en Bohême », achetée au vide grenier de Louvain sainte Uccle Wilsèle pour la modique somme astronomique de dix neptunes.


Elle découvrirait, tout comme le reste de la famille, mais pas avant 90h52mn de la nuit, le contenu du testament que celui-ci avait rédigé en vue de cet instant poignant.
Toute la vérité, rien que la vérité, sur l’origine de la fabuleuse richesse qui allait alimenter les comptes bancaires et ne tarderait pas à dévider sa fortune sur les différents entrepreneurs qui se pressaient aux portes du manoir pour en restaurer les coins et recoins dégradés par le temps.
C’était à Golgothique, faubourg de Baldhoween, dans les jardins d’Addams et Dave.
Grand-mère Mortensia, mortifiée par le froid, s’était emmitouflée jusqu’aux oreilles. Son foulard Kermesse lui donnait l’air comprimé des veuves de bonne loi, son doux sourire revêtu pour l’occasion, elle évitait tout de même d’ouvrir la bouche, n’ayant pas honoré son dernier rendez-vous chez le dentiste, qui devait lui fourbir un dentier flambant blanc, assorti au teint, nous comprendrons un peu plus tard la raison de ce loupé.
Il y avait son frère, oncle Pestilent, de son prénom d’alliance avec Bondéanause, le père de la cousine Germaine. Il a endossé la combinaison rose réservée aux panthères, prétendant que la souplesse est un gage de gri-gri. La dernière fois qu’il a assisté à la lecture d’un testament, dit-il, il a hérité personnellement d’une dette de jeu à hauteur de trois atouts, dont un passage par la case départ. Ce qui lui a permis tout de même d’empocher un mois de salaire, mais a suffit à le rendre méfiant à l’égard des héritages. Pestilent est venu accompagné de ses trois enfants et demi. Ne pouvant en encadrer que deux et demi sur trois, il a décidé de lâcher-prise avec le benjamin, dont le jaune est assorti à son jumeau, à peine plus égal en âge que lui-même. Ils ont la réputation de n’être pas des comics, préférant largement la carrière saurienne à celle ornithienne, plus empennée.
Mon frère, Louis XII, a tenu à se placer à la gauche de Mortensia. « Comme ça, je ne suis pas loin des biscuits à thé », a-t-il avoué ce matin en lorgnant sur son téléphone portable pour voir si l’heure du dé-jeûner allait bientôt arriver. Notre demi-sœur Rellente s’est glissée discrètement du même côté pour ne pas être loin de la table, tout en restant approximativement la niquedouille préférée d’haute-maman. Vu que personne ne l’a jamais vue entièrement, elle reste comme une effluve dans les jardins d’Addams et Dave. Parlons-en de ces deux là, ils sont allongés par terre, toujours prêts à partir en voyage tellurique, sac à portée de main. Ne les confondez pas avec le paysage Pelousain, ce sont des hommes, trans-sexualisés, mariés de surcroît, depuis les années lumières, et bien décidés à affirmer leur position, c’est-à-dire au repos, mais attentifs. Ils ont connu l’époque des attentats aux tifs, celle où les coiffeurs coupaient toutes les franges de travers, et ont décidé de mener le combat de la frange droite, quoiqu’il leur en coûterait. Etant donné les nombreux frais auxquels ils sont exposés, du fait de leur engagement, ils espèrent bien retirer de leur présence un pécule modulatoire, leur permettant d’essorer la majeure partie de leurs dettes de jeux. Car couper de la frange droite, croyez-le bien, est une entreprise hasardeuse, les paris sont relevés à hauteur de sourcils la plupart du temps.
Moi, j’ai choisi d’épauler haute-maman plutôt côté bras droit. Je ne sais pas, une intuition, sans doute. Non pas que je défende le patronat, ou une quelconque accointance avec mon banquier. Simplement, Jules m’a dit, si tu ne restes pas à côté de moi, je ne viens pas avec toi dans ta famille. Moi, Jules, je ne peux pas m’en passer, alors comme il s’est assis sur le fauteuil du mort… Mais Gomaize, de là où il est, n’ira plus jouer les cannibales. D’habitude, il envoyait griller en enfer tous ceux qui osaient s’asseoir sur son fauteuil, histoire de les déguster à point un peu plus tard. Là, il ne bouffe plus grand chose, pauvre grand-père, il doit avoir les dents qui grincent d’écume, à ne rien plus pouvoir faire, de là-haut de l’au-delà. Pépère, c’était pas du praliné. Plutôt du piment de Cayenne. Quand il ouvrait la bouche, c’était pas pour faire des bonbons, qu’on disait de lui.
Grand-maman Mortensia présentait son meilleur profil au photographe venu spécialement de la ville pour immortaliser l’instant.
Ce qui tombait plutôt bien, c’est que le notaire et ce dernier ne faisaient qu’un, vu que la mode était au cumul des emplois, les temps sont durs il faut dire, un peu comme les dents de grand-père.
Une fois le paysage familial fixé sur la pellicule, l’intérêt d’avoir des représentants de la cause capillaire pu parfaitement s’entendre. On entendit aussi la lecture du document, légèrement fossilisé sur les coins vu son âge.
Mortensia versa une larme, en entendant la voix de son époux retransmise en direct par le notairographe, la larme toucha le sol, le sol s’ouvrit sur la piscine, une grosse larme de crocodile qui prit soudain forme, baudruchienne, ce n’était pas le moment de faire l’autruche. Dans l’affolement de l’instant, j’ai vu Rellente sautiller sur le bord de la piscine, prête à perdre l’équilibre..
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Famille Addams bis 2
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Les reptiles grouillaient, se multipliant comme des petits pains gonflés d’hélium, comme des fourmis à la gueule allongée, des termites dentues, crantées, rouage funeste de gri-gri mal réglé. Je l’avais dit à Mortensia, n’invite pas l’oncle Pestilent, tu connais sa capacité à être psychédélique. Cette vieille carne n’avait rien voulu entendre. Raison pour laquelle aucun saurien n’en viendrait à bout, la carne est une substance dure, inattaquable, angulaire et saillante, aussi dure que la semelle de ses pompes.
J’ai donc compris pourquoi elle avait raté son rendez-vous chez le dentiste. Vu que les caïmans, crocodiles, alligators et autres dragons du Komodo, ne sont pas commodes, traverser la propriété pour se rendre à son rendez-vous présentait trop de dangers dangereux pour sa vie, elle préféra rester cloîtrée dans le manoir en attendant qu’un prédateur à reptiles vint faire un peu de ménage dans le jardin d’Addams et Dave.
Nous ne pûmes donc qu’assister à la lecture des premières lignes du fameux testament. Le peu dont je me souvienne fut ceci :
« Meurtricia, mon amour, ma chérie, ma tendre, ma seule, mon unique, si j’ai mis 150 ans à te dévoiler la vérité, c’est que les affaires n’étaient pas rentables du tout. Notre culture d’avocats si florissante au début de notre mariage a souffert depuis quelques années du solanum tuberosum. Nous avons du emprunter deux millions d’heures supplémentaires pour la construction d’une usine de déshydratation pour les transformer en fécule, notre pécule a fondu comme larmes au soleil, les spéculateurs ont bouffé le reste, et je ne laisse que ma collection d’ailes de mouches a ton frère qui me l’a soutiré contre un talisman en forme de trèfle à cheval. Sauras-tu m’en tenir griefs aussi longtemps que la mort ?
N’oublie jamais que je t’ai aimée, Meurtricia, que je t’aime, et que je t’aimerai encore, foi de moitié légitime. »
C’est là que je me suis dit, tout d’même, il n’est même pas foutu de citer le prénom de grand-maman correctement. Et que je me suis redit encore en plus, il faudra que je lui demande pourquoi, à la vieille. Franchement, ça manque largement de respect pour elle.

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Imaginons un point « A » situé dans l’espace. Puis un point « B » situé dans le temps.
Supposons que je sois présente dans « A », pendant que dans « B » tu voyages.
Est-il possible que ces deux points se rencontrent ?
Auquel cas ils formeraient le point « AB » d’intersection à la jonction de l’espace et du temps.
Il ne reste plus qu’à choisir, toi, l’instant, moi, l’endroit, pour ouvrir ce point sur le jardin d’AB.

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« Nous ne pouvons vivre que dans l’entrouvert, dit René Char, exactement sur la ligne hermétique de partage de l’ombre et la lumière, mais nous sommes irrésistiblement jetés en avant. »
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L’héritière de l’agenda ironique de janvier est une bricoleuse hors pair.
Ce mois-ci, elle nous propose d’écrire sur le blanc.
Voir ici : https://patchcath.wordpress.com/2015/12/31/avant-de-refermer-les-volets-et-la-porte/
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Je me suis laissé allée tranquille, le premier texte a été écrit avant d’avoir le thème du mois. Les autres ont suivi tout aussi naturellement.
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La neige est blanche comme une orange
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Elle était tombée drue ce matin là. Il y avait eu une tempête toute la nuit, les vents avaient soufflé en mélangeant leurs souffles d’or et toute la campagne n’était plus qu’un immense manteau blanc qui recouvrait la nature.
La Terre, immobile, préparait déjà le grand réveil du printemps. Toutes les pousses se préparaient à fêter l’événement du grand printemps. Les terriers, creusés profonds cette année là, grouillaient de vie intense.
Il était temps que la Terre se pare de tout autre chose que le froid de saison.

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J’ai vu la terre plate
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En chaussant mes lunettes de sept lieux, quelle ne fut pas ma surprise de voir pencher une branche avec une larme de neige dessus. Le blanc pur de sa goutte m’a paru tellement serein que je m’y suis paralysée, écorchée de son froid lumineux. C’est pourquoi je m’y suis pendue par les pieds pour marcher dans le ciel. Les traces de mes pas laissaient des nuages à n’en plus finir et je suis tombée.

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Vert émeraude, le vert est buissonnier, comme un buisson de Van Gogh, avec des nuances si délicates que la lumière semble sortir du tableau.
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L’assassin revient toujours sur le lieu de son crime
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Bienvenue dans les monde des sauts, vous allez comprendre pourquoi.
J’avais, cette année là, décidé de passer mon bac. Vous savez, cet examen qui consiste à traverser le fleuve. Manque de bol, l’année s’avérait féroce, la neige avait tombé tout l’hiver, et la terre s’était recouverte de givre, ensevelissant toutes les couleurs qui en faisaient sa beauté.
J’avais pris mon sac à dos, l’avait appareillé au mat du vaisseau, et avait gonflé toutes les voiles. Le vent s’était mis à souffler, en poupe, il me glaçait l’échine.
Autour de moi, les embarcations fluettes m’accompagnaient. Je pensais que c’était un hasard si nombre d’entre nous avait décidé la traversée. C’est à ce moment là qu’une mouette traversière a foncé sur mon sac. Elle s’en est emparé, et moi, dépouillée de mes outils, ne sachant plus que faire, j’ai prié.
Dieu, dans son infinie mansuétude, m’envoya une couverture bien chaude dans laquelle je pu m’enrouler pour survivre.
Las, la glace avait figé la surface de l’eau, une couche épaisse recouvrait le fleuve, et mon fier vaisseau, sidéré, refusait d’avancer.
Autour de moi, plus aucune embarcation, du blanc à perte de vue, du vent et de la tempête, moi et ma couverture.
Que faire sinon s’enrouler dedans et attendre le dégel.
Tout de même, j’avais bien l’idée qu’il restait quelque chose à faire.
Alors j’ai observé la nature environnante, et sur la rive, tant espérée, j’ai vu des petits points noirs s’agiter. Les petites embarcations, plus légères, avaient réussi à traverser, pas moi. Et puis j’ai réalisé que la glace était épaisse, et que je pouvais bien marcher sur l’eau, c’était un risque à courir. Prudemment, un pied, puis l’autre, j’ai tenté la traversée.
Sans crampons, la glace, ça glisse. Finalement, pas besoin de patins, il suffisait de lancer le corps en avant, pour que le mouvement m’entraîne.
Bizarrement, plus j’avançais, moins la rive était visible. Sans boussole, dans ce désert immaculé, trouver sa direction n’était pas chose simple. Même mon vaisseau n’était plus visible, disparu.
Moi et ma couverture, rien d’autre.
Bref, à force de patiner, j’ai pris de la vitesse. Et puis tout à coup, je me suis rendue compte que c’était bon, que j’aimais ça. Alors j’ai ri comme jamais. J’avais la joie, j’avais l’amour, j’avais le fleuve. Et lorsque j’étais fatiguée, je m’enrouloulais dans ma couverture pour récupérer.
J’aurais pu me dire que j’allais remonter le fleuve à sa source.
J’aurais pu avoir peur que la glace craque, me coulant d’une mort certaine.
J’aurais pu mourir de faim ou de soif.
Et bien non, rien de tout cela. Je tuais le temps sur la glace histoire de traverser le fleuve.
Et le temps me remercia de l’avoir tué si longuement. J’avais prolongé sa vie de tout ce temps. C’est comme ça que je suis devenue patineuse artistique.
Ah, j’oubliais !
Je suis un livre, ma couverture est toute blanche, et quand je suis fatigué, je m’enrouloule dedans et je dors.
Et chaque jour qui passe, je saute une page pour en écrire une nouvelle.
Est-ce un crime d’écrire ?
Demandez à l’assassin.

 

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J’étais partie pour écrire un truc, et me voilà à lire ce drôle de livre acheté en écosse, lors de mes dernières vacances. Ce recueil de nouvelles extraordinaires m’a attirée par on ne sait quelle force mystérieuse à laquelle je ne pu résister. Dix jours ! Très exactement dix jours que je l’ai posé sur la table de nuit, que je le regarde, intriguée. C’est que ce livre a quelque chose d’inhabituel. Il me semble que chaque fois que je pose les yeux sur lui, il est identique et pourtant différent, il me laisse une impression étrange, comme quelque chose qui vit mais dont on n’arrive pas à saisir la progression, un sentiment vague, incertain, mais si troublant, qu’il en est obsédant. Bref, ce bouquin s’est emparé de moi au moment où je me décidais enfin à écrire pour l’agenda ironique de novembre chez Madame l’écrevisse turbulente. Y’a pas à dire, elle a les antennes coquelicot, madame l’écrevisse, le stylo leste et l’ironie malicieuse, avec son fameux cronotruc trope qui sonne comme une pseudo farce, de chez Balthazar Dali. Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ? Balthatruc Julio quelque chose en zar ? Oui, c’est bien ce que je disais, elle ne recule devant aucune mer sargastique, devant aucune reproduction d’anguilles à la mode de Caen, mais moi, ça me laisse muette. Tenez-vous bien, elle nous distribue deux pages blanches au milieu d’un livre et dépatouille toi avec ça. Voila-t’y pas que je me suis gratouillé les neurones, tournillé en tout sens les longues synapses ralenties par l’espace sidéral de toute cette blancheur. Neigeux, ralentissant, déconcertant, va falloir trouver une pirouette mais pour l’instant, vu que rien ne vient, j’ai escamdépétré la touche de mon clavier où je m’échappe lâchement, et me voilà avec ce livre bizarre qui me nargue le cerveau en me tenant littéralement sous l’emprise des mots qui déroulent leur histoire au fil des heures d’insomnies. La bonne excuse diront certains, bien en peine de faire autrement rétorquerait vertement d’autres. Ma mauvaise foi reprend du champ ? Non non non ! Jamais de la vie ! Oh, et puis zut, il faut toujours un bouc émissaire alors quoi ? Si ce n’est pas moi qui décontourne la non idée alors c’est bien que la double page immanuscrite ne me dis rien qui vaille. Une écrevisse écrevissante, c’est donc louche et forcément à l’origine de ma non défaillance de mots serrés à côté des mes idées. De mes pompes ?
Voilà, c’est encore mon guide de conscience qui cause. C’est que dois-je dire, je l’ai vu, pas plus tard que cet après-midi, posé sur un radiateur, dans un bureau officiel. Si le message m’a fait sourire alors, son retour du refoulé du soir me fait grincer des dents. Non, je ne délaie pas du mot histoire de faire comme si, je suis prise par l’intensité d’un livre hypnotique qui ne me fait pas dormir.
Minuit a sonné depuis un bon moment, le silence épais m’entoure de son coton amortissant. Ce livre me fait penser à ceux d’Edgar Allan Poe. Le genre de scénario qui saisit bien les tripes, les noue, les serre, les tourne et les retourne, te tient en haleine, jusqu’au dénouement le plus sordide qui soit. Au fur et à mesure de mon avancée, il me semble que la forêt de la couverture devient de plus en plus sombre, épaisse. Et puis il y a cette silhouette à la fenêtre du manoir. On dirait bien qu’Edward Rochester et Jane Eyre sont là, ressuscités d’entre les souvenirs de lecture d’antan. Ces ambiances lourdes et agitées ont toujours eu le don de me captiver. Juste au moment où le chat noir traverse le jardin sous la pleine lune, je tourne la page 127, trois heures sonnent à l’horloge de la salle à manger, les caractères s’effacent alors et me voilà saisie dans une spirale et aspirée entre les deux pages. Le livre se referme sur moi. J’essaie de bouger un orteil, puis deux. J’écarte les pages pour ouvrir le livre. J’en sors. Même pas écrasée, comment ai-je pu tenir ainsi entre deux pages, aplatie, sans volume ? Serait-ce un rêve, me serais-je endormie ?
Page 128-129 ? Je ne sais pas trop. Les chiffres n’y sont plus. Je tiens le livre ouvert entre mes mains. Le papier est blanc comme neige. Je n’ose plus tourner une seule page de peur de repartir dans un autre endroit car ma chambre n’est plus la mienne et pourtant je m’y sens comme chez moi. Il y a une cheminée où flambent quelques grosses bûches. Un fauteuil où dort un homme, que je ne connais pas, et ce sentiment de le connaître pourtant. Le décor a quelque chose de familier. J’entends le chat miauler dans le jardin, gratter à la fenêtre. Je le fais entrer, il vient se frotter à mes pieds, puis saute sur le lit et se met en boule contre mon flanc, en ronronnant de plaisir. Il a l’air d’adorer les caresses, il semble me connaître.
Je reprends le livre là où je l’ai laissé, cette fois une inscription bien lisible s’est affichée sur les deux pages.
« Réveille le, il a quelque chose à t’apprendre ».
« Mais qui-est-ce ? Me demandai-je intérieurement ».
Le livre m’entend, il me répond. Des phrases se forment et me répondent. Je me pince le bras, ça fait mal, je ne dors pas. Mais est-ce bien sûr ? Et si la sensation de douleur faisait partie de mon rêve.
Je décide que l’incertitude n’est pas si importante que ça, le livre me dit que c’est mon arrière grand-père. Alors je me lève et vais le réveiller, et découvrir ce qu’il a à m’apprendre.
– Ah, enfin ! Tu es là !
Il se lève, me serre dans ses bras, m’embrasse.
– Je suis revenu d’entre les morts pour te raconter le drame, de là haut je vois bien qu’il te hante au point de t’empêcher de vivre, et tant que tu ignoreras l’héritage qui est le tien, tu vas errer, t’égarer, et ne rejoindras pas ce chemin d’harmonie qui t’est destiné. Assieds-toi, écoute moi attentivement, pose moi toutes les questions que tu veux, nous sommes hors du temps, dans une poche d’éternité, nous ne sommes pas pressés, ensuite, je repartirai dans mon monde et toi dans le tien, et tout changera pour toi comme pour moi.
Et le voilà qui me raconte sa naissance, la rencontre avec mon arrière grand-mère, la naissance de mon grand-père, l’enfant non reconnu, élevé par une mère célibataire, à cette époque, ça pesait lourd. Ce grand-père de père inconnu qui travaille chez son père une fois adulte, un père qui veut léguer sa ferme à ce fils illégitime mais sans dire les raisons, qui en est empêché par sa sœur, vieille fille aigrie avec qui il vit, qui craint l’opprobre du scandale si toute l’histoire venait à être découverte. Et lui qui cède, qui abdique, abandonnant son propre fils à une réputation estimée plus importante, à une sœur qui ne veut rien entendre. Voilà toute l’histoire, me dit-il. Cette fois, je t’offre un mot d’excuses pour ton concours, ma chérie. Tu n’auras qu’à ouvrir le livre à la page 128.
Voilà, de retour sur le blog, madame l’Ecrelicot, ce mot d’excuse de mon arrière grand-père.
« L’embardée des souvenirs d’ancêtre se lisent à la croisée de vos deux pages vierges quand sonnent trois heures. Merci madame Turbuquelicot de m’avoir permis de connaître ma descendante. »
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Ma deuxième proposition à l’agenda chez Martine, dixit turbulente écrevisse coquelicot, ici :
http://ecriturbulente.com/2015/11/05/agenda-ironique-du-mois-onzieme-cest-parti/

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Ils s’étaient planqués derrière un muret pour suivre les expériences mystérieuses de Louisette Dezan et d’Herman Castain.
Depuis dix jours, tout le village est en effervescence. Ces deux là sont des scientifiques connus dans le monde entier pour leurs découvertes fracassantes, et les voilà qui viennent s’installer pour des soit disant vacances au fin fond du pays des forges de Moisdon la Rivière, à faire des allers-retours incessants de l’épicerie à la pharmacie, l’herboristerie à la quincaillerie, du village à la villa, intriguant au plus haut point, tant et si bien qu’une réunion extraordinaire du conseil municipal fut mandée, de façon exceptionnelle, eut lieux, houleuse, où la polémique fit rage, et où le maire, Jean Lamine, fut sommé de nommer deux enquêteurs chargés d’élucider les pseudos vacances de nos deux suspects, ou tout au moins de les surveiller au plus près, afin de calmer les inquiétudes.
Il faut préciser que Louisette est à l’origine de la machine à remonter les bretelles qui fait fureur chez les chefs d’entreprise ainsi que chez les enseignants, du réducteur de temps libre utilisé couramment par ceux qui le récupèrent, de la fiole de survie qui prolonge indéfiniment l’agonie de ceux qui refusent de mourir, et enfin, du sérum anti-vérité mis au point par Lapalitruisme plus tard et utilisé pour détourner les chercheurs de vérités de leur mission. Castain, quant à lui, n’avait eu que le malheur un jour d’en verser une goutte dans son vin, et de constater qu’il avait aussi la qualité de rendre n’importe quelle piquette aussi délicieuse qu’un grand cru. Ce qui généralisa l’emploi qu’on en fit chez les viticulteurs, et guérit définitivement de toute consommation vinicole les chercheurs de vérités vraies encore en activité. Mais eut pour conséquence désastreuse d’éloigner définitivement tous les consommateurs de vin de leurs propres vérités. Les laissant irrémédiablement et définitivement à la merci des vents changeants des milieux ambiants. Castain avait une coquetterie, celle de vouloir qu’on l’appelle non pas par son prénom, Herman, qu’il détestait cordialement, car il lui donnait l’impression d’être une tortue de terre, mais par celui de Victor, je vous laisse deviner pourquoi.
Roger et Adrien étaient donc chargés de la filature. Et c’est armés de leurs jumelles qu’ils tentaient parfois un jet d’œil équipé au dessus du muret. L’œil tombait de l’autre côté, relié à une optique de la jumelle, correspondant à la vision gauche, reliée à celle de l’œil droit resté de l’autre côté dans son orbite, ainsi à deux ils réussissaient à obtenir une vision à peu près complète de la situation, du moment qu’ils n’envoient pas en éclaireur l’œil du même côté, enfin, je veux dire, œil droit et œil droit, ou œil gauche et œil gauche, puisqu’il fallait bien qu’ils l’envoient du même côté du muret pour y voir quelque chose… La technique peut sembler complexe. L’explication aussi d’ailleurs. Probablement parce qu’elles l’étaient vraiment. Car le temps imparti ne pouvant dépasser cinq minutes de jet, régulièrement, ils devaient consulter leur trotteuse et ramener le globe oculaire en bonne place. Le risque étant de perdre un œil. Enfin, plus précisément, la vue de l’œil trop longtemps hors de son logement.
Et ils voyaient.
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livre-page-banche
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Il y avait une machine posée dans le jardin.
Une grosse machine avec des rouages.
Une machine qui ne rentrait pas dans une pièce de maison tant elle était grosse.
Une machine qui ne ressemblait à rien.
Une grosse machine qui ronronnait.
Pas comme un chat, non !
Comme un moteur mais pas ordinaire, plutôt comme une abeille, enfin, une ruche d’abeilles, un ronron bourdonnant comme un milliard de guêpes, comme un taon géant, comme un bourdon fou, bref, ça sentait la machine de guerre.
Louisette et Victor allaient et venaient, alimentant la machine de guerre d’on ne savait quoi, pendant que Roger et Adrien, bonne optique bon œil, les regardaient faire.
Parfois Louisette et Victor observaient autour d’eux, comme s’ils craignaient d’être épiés.
Puis, reprenant leurs activités, ils allaient, venaient, remplissant de temps en temps un réservoir situé à l’arrière de la partie visible par les deux espions, rendant impossible toute identification du carburant employé.
C’est à ce moment précis qu’elle est passée à vélo.
La femme du poète venue rendre visite à son cousin le maire.
Gala Eluard.
Bref, c’est à cet instant précis qu’une effluve parfumée vint caresser les narines de nos deux sentinelles postées un œil en avant et un en bonne et due place.
Gala adorait les parfums capiteux.
Adrien jeta un coup d’œil gauche sur sa montre.
– Il est trois heures moins le quart, chuchota-t-il.
Il y a eu un bruit étrange.
La machine crachotait, prise de toux, jusqu’à l’essoufflement. Elle eut un ou deux sursauts, puis ce fut le silence.
L’alarme de temps sonna. Celle d’urgence, au cas où un oubli provoquerait l’irréparable.
Vite, il fallait rentrer l’œil dans son logement. Mais trop tard, ils étaient repérés.
Louisette et Victor se précipitaient déjà vers le muret.
Gala tenta bien de les distraire en les saluant de loin, d’un large mouvement du bras, montre de sympathie. Mais la sonnerie toute discrète soit-elle les avait trahis.
Ils furent débusqués rapidement, et, faisant mine de se réveiller d’un long sommeil, se levèrent en se frottant les yeux.
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Deuxième page blanche
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Louisette et Victor les regardaient, interloqués.
– Qu’est-ce que vous avez fait à vos yeux ?

– On dirait des œufs au plat oubliés sur le feu ! Noircis mais que d’un côté !
– Des yeux au plat, oui… pff, ça ne vous donne pas bonne mine.
– Et puis vous faites quoi ici ? Vous n’avez donc rien d’autre à faire que de vous pocher les yeux derrière un muret ?
Roger et Adrien ne se laissèrent pas déconcerter pour autant, et contre attaquèrent du tac au tac.
– Mais c’est quoi encore cette machine bon sang ?
– C’est bon, on a compris. Qui vous envoie ?
– Répondez d’abord !
– Non, vous d’abord !
– ça risque d’être long, s’il n’y en a pas un pour commencer.
– Vas-y Louisette, explique leur.
– C’est une machine à distordre le temps.
– Whouah ! Ambitieux, mais arrêtez de vous payer nos têtes !
– Si elle vous le dit, bande d’incultes !
– On a lu Henri Bergson, nous, au moins !
– Qui c’est encore, ce Henri qui sonne ?
– Pfff ! Mais qu’est-ce que ça va apporter encore comme fléaux à l’humanité votre truc, faut vous calmer là !
– Et bien justement, distordre le temps permettra à chacun de se rapprocher de son passé et donc de se pencher davantage sur son futur, d’avoir une mémoire plus large, d’acquérir plus de conscience.
– Oh beh il est p’t’être temps, là, avec vos conneries, voyez dans quel état vous avez mis la population.
– Oui, bon, ça va ! On pouvait pas deviner que ça allait être utilisé de cette façon ! Au départ, l’idée, c’était d’inventer un vaccin contre le fatalisme et la résignation, on n’a pas eu d’pot, c’est tout !
– Ce sont tous les autres qui n’ont pas eu de chance imbéciles !
– Vous auriez au moins pu chercher l’antidote à vos dégâts !
– Et vous avez pensé aux conséquences imprévues de vos découvertes avant d’essayer de les découvrir ?
– Impossible de les prévoir, il faut les inventer pour le savoir. Et puis les questions d’éthique, vous savez, ce n’est pas notre partie. Nous on est des chercheurs, c’est tout !
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– Tiens, on est beaux, avec des chercheurs pareils. Et vous croyez que de remonter les bretelles à des vertus pédagogiques a des vertus pédagogiques ? Que le réducteur de temps libre est une avancée de l’humanité ? Que la fiole de survie va faire disparaître le pire en retardant la mort ? Vous êtes des doux rêveurs dangereux. Des vrais cinglés, ouais !
La machine fit pof pof dans un grand bruit de suffoquement et soudain se remit en marche.
– Et aller ! C’est reparti pour on ne sait quoi encore !
Plus la machine amplifiait son ronronnement, et plus l’environnement semblait se tordre, comme fondu. Les visages coulaient littéralement, se gondolaient, comme ramollis. Même la machine semblait se disloquer, et pourtant, elle tournait toujours.
– Mince, s’écria Louisette catastrophée. J’avais oublié que le temps gouverne la matière. Victor, fais quelque chose, pour une fois.
– Merci pour le « pour une fois » ! C’est toujours à moi de résoudre les complications. Comment on le coupe, ce truc ?
– Va savoir…
– J’ai les doigts tout mous, je ne peux même plus actionner l’interrupteur…
Et voilà,
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dali

Dali’, Salvador (1904-1989): The Persistence of Memory (Persistance de la memoire), 1931. New York, Museum of Modern Art (MoMA) Oil on canvas, 9 1/2 x 13 (24.1 x 33 cm). Given anonymously. 162.1934*** Permission for usage must be provided in writing from Scala. May have restrictions – please contact Scala for details. ***

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C’est de cette terrible découverte fortuite qu’est né le fameux tableau de Dali, lorsqu’il a eu connaissance de la chose.
Car pour finir, Gala, prise par l’élan de la bicyclette et se rapprochant d’eux pour les rejoindre, avec son aura de fragrances enivrantes, avait à nouveau provoqué l’arrêt de la machine infernale.
Il était exactement trois heures à la montre d’Adrien.
Juste trois heures.
Et les deux pages blanches maintenant étaient recouvertes d’inscriptions, juste à temps pour éviter l’irrémédiable.
Le parfum avait eu un tel impact sur la mémoire du temps que toute les déformations s’étaient estompées à l’arrêt du moteur. Et lorsque des années plus tard elle raconta l’aventure à son mari, Dali, qu’elle n’avait pas encore rencontré alors, il en fut inspiré au point de reproduire la vision d’un monde presque mort, défiguré, déformé, tordu, la vision d’un monde qui aurait pu être le nôtre aujourd’hui si le parfum de Gala n’avait fait reprendre sa consistance au temps.
Pour ne pas inquiéter par trop de réalisme, le tableau fut baptisé «  la persistance de la mémoire ». Il ne mit pas en scène les personnes, seul un animal, (est-ce un canard, un cheval ?), figure l’existence d’une vie gisante ou d’une mort figée.
La machine fut démontée, les plans détruits, le projet oublié à jamais.
Louisette et Victor continuent des recherches faisant plutôt état d’observations et d’analyse que réellement de créativité en matière scientifique.
Mais on n’est pas à l’abri d’une trouvaille expérimentale inopinée, d’une idée folle faisant irruption, d’un éclair de génie louable ou dangereux.
Bref, on n’est pas à l’abri d’une récidive illuminée de Louisette Dezan et Victor Herman Castain.
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Sur une proposition de Martine pour l’agenda ironique de novembre, voici mon premier texte.

http://ecriturbulente.com/2015/11/05/agenda-ironique-du-mois-onzieme-cest-parti/

 

 

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La virgule était de taille à effarer le plus courageux, ça zigzaguait dans les coursives. Une lame plombée montant des fonds sous-marins prétendait vouloir zinguer la carrosserie du vaisseau un peu spécial, les ailes des mouettes rieuses s’étaient recouvertes de points de suspension, les laissant suspendues, immobiles, au dessus de la surface de l’eau. Toute la croisière s’affolait. Fallait-il changer le cap, monter les voiles en direction de l’île la plus proche ?
Ils en décidèrent ainsi, cueillant une à une les mouettes suspendues, traînant dans leur sillage les immobilismes les plus récalcitrants, et finissant par mouiller l’ancre dans la baie des points d’interrogation, sur l’île aux mouettes du grand aventurier répondant au nom de Pierre-Henri Sciortino.
L’équipage ne cachait pas son agacement. La rumeur collait à la carlingue, ils avaient embarqué en direction d’une parenthèse, dont la publicité miroitait un espace de détente, et les voilà contraints à une escale imprévue en compagnie d’un introspectif perdu au milieu de l’océan.
En même temps, ils réalisaient leur chance d’avoir échappé au plomb douteux des détritus virguleux, émettant l’hypothèse suivante : S’il y avait eu un point sur la virgule, ils seraient déjà tous précipités six milles sous mer, à se faire bouffer les tripes et pieds paquets par les anémones alanguies des sols de corailleux. Décor d’outre fonds, ils l’avaient échappé belle !
C’est donc râlant, tempêtant, rouméguant, rouspétant qu’ils débarquèrent en masse sur l’île aux mouettes immobiles, à détacher un à un les points de suspension des ailes de ces volatiles bavards, qui reprirent ensuite leur activité de plus belle.
Finalement content d’eux d’avoir accompli une B.A. Au milieu de rien, et décidant qu’ils feraient contre mauvaise fortune bonne figure, et en profiteraient pour s’octroyer cet espace de détente, à pêcher un peu, accessoirement chasser le sanglier dont les traces nombreuses auguraient d’une abondante pitance.
Un petit séjour sur une île était toujours bon à prendre. C’est ainsi qu’ils s’équipèrent de slashs, de guillemets, s’apostrophant au passage de noms d’oiseaux, histoire d’égayer l’assemblée. Le capitaine avait fait provision de tirets, ce qui lui permit de tirer la conclusion suivante. De toute situation imprévue naît toujours une expérience nouvelle. A voir le bon côté des choses, au moins, on se donne toutes les bonnes raisons d’en être heureux. Les plus critiques finirent par en convenir. Fut donc désigné un scribe pour prendre note de tout détail de leur métamésaventure. Le groupe s’était rassemblé autour de l’idée de survie, sans omettre la question de la découverte plaisir. Ainsi la vague plombée avait été l’occasion de réfléchir, se mettre d’accord, et d’œuvrer dans la même direction.
Une fois le danger écarté, la croisière reprendrait, avec en prime ce souvenir unique, celui d’un épisode à la complicité intégraale.

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