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Archive for octobre 2015

L’impossible mission que d’écrire sur ce phénomène et pourtant, toute confidentielle soit cette histoire, bin moi, je vais vous la conter.
Le croque-Nord est une manifestation du retournement climatique qui s’est éteint l’hiver dernier. On peut le comparer à un immense glacier qui croquerait tout sur son passage, un ogre névé destructeur de vie, mangeur à la conscience torturée qui n’a de répit qu’en ingurgitant toute vie encore présente dans la moindre parcelle de nature. Il croque du pointu de sa griffe, écorche la terre, remue la misère. Il envoie au tapis tout ce qui bouge et même ce qui ne bouge pas. C’est un croqueur de cailloux, de hiboux, de genoux, il croque et dévore le monde et les étoiles, la lune et le soleil, et puis les arc-en-ciel, les abeilles, les ruches et toutes les fleurs de la création.
Mais le réchauffement climatique survient toujours tôt ou tard, et de glaces transies il dévale en rigoles, en flaques où les enfants sautent à pieds joints, avec leurs jolies bottes en caoutchouc. Les enfants, ils adorent les flaques et les bottes en caoutchouc.
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Bottes en caoutchouc coeur.
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Parce-que c’est chou, c’est crème, et montés l’un sur l’autre, c’est religieuse au café ou au chocolat.
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Religieuse au café.
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Bref, ça ne fait pas tapisserie mais bien pâtisseries follement appétissantes, et puis après tout, c’est toujours l’éclair qui l’emporte.
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éclair.
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A la lueur des braises rougeoyantes, le chat s’endort, là, au coin de l’âtre encore chaud. Il s’endort les yeux mi-clos, en rêvant aux histoires que viennent partager à la veillée les habitants de la ferme. Les grains des blés mûrs sont engrangés, le temps est au repos. Seul le meunier continue de faire tourner son moulin pour produire la farine qui remplira de bâtards et de belles miches odorantes la boulangerie traditionnelle du village. Perché à flanc de colline, c’est un village rural fleuri, aux pierres sèches ajustées par les constructeurs amoureux de belles traditions, qui apprécient au plus haut point le travail bien fait. Ils ont l’esthétique en visière, visent le bonheur des habitants, vivent paisiblement, au rythme des saisons et des chaumières accueillantes d’antan. La boulangère, le dimanche, revêt son petit tablier blanc en dentelles, soulignant ses jolies jambes potelées, aussi appétissantes que les miches de la fournée que son époux ne manque pas de dorer à la flambée du four à bois. Il tisonne, attise au soufflet, et quand la température est adéquate, enfourne, surveille, en attente d’une cuisson parfaite. Les pains seront tous achetés ce soir, la croûte épaisse viendra craquer sous les dents des villageois comblés, conscients de la chance qu’ils ont de pouvoir déguster encore de si belles saveurs. Pour l’instant la fournée embaume l’air, recouvrant de son nuage odorant les toits roses aux tuiles pimpantes ourlées de gouttières envahies de lierres grimpants, dont les feuilles rougissent aux rayons obliques des lumières et des couchants d’automne.
Le chat s’endort les yeux mi-clos, moustaches frémissantes, à la caresse des grandes flammes qui monteront, craquantes, des belles bûches que le maître de maison viendra disposer amoureusement sur les braises encore crépitantes pour que le feu reparte. Il fait bon vivre dans cet univers rustique, agrémenté de poteries colorées où des plantes vivaces s’épanouissent librement, où les rideaux campagnards soulignent de leurs vichy rouge les grandes baies vitrées ouvrant sur les monts embrumés des paysages sereins.
Mais approchons nous du chat, qu’a-t-il donc de si énigmatique ?
Les moustaches tressaillantes, alangui il s’étire, ouvre un œil curieux, il veille.
C’est lui l’âme de ces lieux paisibles.
Il se tient là, gardien silencieux distingué, pattes aux aguets, chasseur de rongeurs, pisteur de grignoteurs de bons grains, trappeur de mulots, traqueur de loirs, collectionneur de campagnols, c’est lui le gardien du bon grain. Et on le soigne, on le choie, on le câline. Car il rempli divinement bien sa mission.
Et lorsque sa queue bat la cadence au rythme de ses rêves, on sait que même dans un univers parallèle, le chat, il continue de chasser, et la fournée parfumée sera bien gardée.

La référence au « bâtard » qui avait provoqué les gloussements dans la boulangerie n’avait toutefois rien à voir avec Fatima. Il s’agissait d’un bâtard au sens littéral, qui devait être bientôt baptisé dans l’église du village; nul ne savait encore qui en était le père.

Tout cela Fatima l’apprit par Samuel quelques minutes plus tard, lorsqu’elle le rejoignit dans le garage pour lui confier son vélo dont la chaîne avait sauté. Il l’avait  lui-même su par son nouvel ami, Achille le chef de gare.

Et ne garder que le bâtard…

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Dans les décombres encore fumants,
Une grosse empreinte de Dodo,
Laisse imaginer le brigand,
Mais ça n’brûle plus, ce matin tôt.
La pluie froide déversée du ciel,
A arrêté l’été en flamme,
Et le froid glace la capitale,
Jusqu’au duvet de l’arc-en-ciel.
C’est au moins une hibernation,
De preuve tangible et ostensible,
Qui prend son essor en champion,
Des grands comas imperceptibles.
C’est comme si le couvercle gris,
Du ciel obscurcissait la vie.
Ça la retient au ralenti,
Pour qu’elle recharge les batteries.

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Mosaïque de textes, et ce plancher ciré qui n’en finit pas de se trimbaler en arrière-plan, l’ironie d’octobre va se laisser déguster au bon cru Bordelais. Reste plus qu’à cogiter jusqu’à la lie. 😀

Les mots autographes

Pour continuer l’agenda ironique, j’emprunte à Carnets Paresseux son Septembrien, le transformant en octobrien.

Je vous invite à cette Grande Participation en Ecriture Octobrienne.

Octobriennes et octobriens distingué(e)s ou pas (le » ou pas », emprunté à Martine, gagnante officielle), je vous propose de puiser, sans vergogne, votre inspiration dans plusieurs textes que je vous propose, comme je l’ai fait en empruntant deux personnages anodins dans le texte « En vis-à vis » chez Carnets Paresseux », les faisant vivre dans « Amours dans une vitrine ».

Textes proposés:

La référence au « bâtard » qui avait provoqué les gloussements dans la boulangerie n’avait toutefois rien à voir avec Fatima. Il s’agissait d’un bâtard au sens littéral, qui devait être bientôt baptisé dans l’église du village; nul ne savait encore qui en était le père.

Tout cela Fatima l’apprit par Samuel quelques minutes plus tard, lorsqu’elle le rejoignit dans le garage pour lui confier son vélo dont…

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