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Archive for juillet 2014

Les cordes du temps

L’automne,
Et son cortège de sanglots longs,
Colorent de rouille jusqu’à mon front.
Mais que font messieurs les rayons,
Cachés sous les jupons du ciel ?
Espèrent-ils que les hirondelles,
Viennent nicher sous leur dentelle ?
Ils se sont tus, tous les violons,
Et leurs larmes creusent les sillons,
Où même le cortège s’effacera,
Devant la neige et les grands froids.
Alors l’hiver s’installera,
Avec son silence de coton,
Et sa froideur crépusculaire.
Il effilochera la lumière,
Glaçant jusqu’aux os la saison,
Sous son manteau de cheveux blancs,
Tissé par les cordes du temps.
Et les vieillards frissonneront,
Plissant leurs yeux en pattes d’oies,
Des yeux en pattes d’oies sauvages,
Prêts à gagner l’autre rivage.

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L’art de manier la dérision,
Lâche ma main, plisse mon front.
Radio crochet crache une étoile,
Dans le radar de la mygale.
Tout le travail de nettoyage,
Commence par un sérieux ménage,
Avant de décrocher l’étoile,
Des fils tendus un peu fatals.
Etre authentique ou faire semblant ?
Un mensonge fait tant de boucan.
Quand plus aucun choix n’est possible,
Devant l’art de l’inadmissible,
Radio crochet tisse une toile,
Sur l’étal de madame Mygale,
Pour lui offrir les friandises,
Des astres gonflés comme des cerises.
Sortez les balais des chapeaux,
Et nettoyez tous les cerveaux.
Aucun désastre indispensable,
Ne nous rendra plus véritable.
Allez cracher tous vos noyaux,
Ailleurs que dans mes caniveaux.

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Le vent avait soufflé si longtemps cette nuit-là que la lune cachait son faciès blafard sous le socle opaque d’une nuit d’encre épaisse. Un léger voile laisse à peine deviner son halo mais il suffit à diriger mes pas dans l’argile bleue de ta demeure. L’obscurité bruisse de mille sons ténus, amortis, chuintements, froissements d’ailes, glissements reptiliens. Je sens des frôlements furtifs, caresses de fils de soie, de fins tissages de chrysalides, tout un monde de chuchotements cotonneux m’accueille. Ton univers est ainsi, habité de mille éclats de vie impalpables et caressants. Il faut sentir tout le détail pour aborder un monde inconnu sans frayeur, une fois les yeux habitués à l’obscurité, les bleus apparaissent. Nuances par milliers, bleus de Chine, bleus ardoise, indigo, de méthylène, roi ou même à l’âme, ils sont tous là, associés dans une palette infinie, miroitante, grouillante. Là où ton pinceau est passé fraîchement, des gouttes scintillent encore.
Mais tes cris à toi demeurent silencieux.
Ils se taisent, foutaises, c’est comme ça que tu les nommes.
Et ces cris, tes cris que l’on n’entend pas, font bien plus de vacarme qu’une foule hurlant devant un but en finale de coupe du monde.

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