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Archive for février 2011

Ce squelette décharné

C’est elle la grande faux
Elle ne fait pas défaut
En mon fort intérieur
Elle choie mes plus grandes peurs
Cette compagne invisible
Qui parfois est paisible
D’autres fois menaçante
Je la vois en attente
Et pourtant c’est son lot
D’apporter le repos
A tous ceux torturés
Qui voudraient s’échapper
Et tous ceux fatigués
Qui aimeraient s’en aller
Compagne la plus fidèle
Elle élève des autels
Echafaudant ma stèle
Au commun des mortels
C’est enfin elle aussi
Qui coupera ma vie
M’emportant à jamais
Dans ses mystères secrets
D’où l’on ne revient pas
Sans que l’on sache pourquoi
C’est cet inéluctable
Qui est insupportable
Mais c’est de cette limite
Qui de fait nous irrite
Que nous devrons construire
De quoi bien nous conduire.

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Son nom

Commence par une note de musique
Continue par l’art de la réplique
N’en finit plus d’une terrible vindicte
Persécutant sans relâche à l’ombrage
La proie qu’il broie sans un cri de carnage
Laissant sur le carreau et fier comme un héros
Une croix à titre posthume qu’il exhibe bien haut
De cet individu qui joue de coups de trique
Moi je dénonce haut le trop bel hypocrite
Qui se saisit de tout pour surseoir une vengeance
Sous couvert de ses droits il assure sa bectance
Aux crochets de celle-là qui trimera ici-bas
Pour cet être abject sans plus avoir de droits.

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Bientôt bien trop tôt

A la saint Roméo
C’est encore bien plus gros
Qu’à la saint bourricot
Tu bloque son numéro
A conduire au caveau
Son triste coquelicot
Tu hérite du sang chaud
Du grand-père asticot
Et claque son oripeau
De façon que là haut
Ca remue les chameaux
Qui boivent pas que de l’eau
Et quand tu dis un mot
Il plante là son couteau
Laissant sur le carreau
Ton sang qui coule à flot
Se répandre dans un rot
Glapissant son haleine
A charger les baleines
Ayant vécues trop tôt
Dans de sombres bistrots.

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Hara-Kinanripa

La frontière insensée est maintenant si près
Que j’entrevois parfois d’ici entre ses rais
Les sanglots étouffés retenus si longtemps
Qui finissent par surgir du fond de l’inconscient
Retenus sans un cri mais sourds comme un volcan
D’une folie sans nom où tout foutrait le camp
Où elle en finirait pour toujours à jamais
Avec ce destin rempli de cruauté
Où d’un trait de colère comme une courte folie
Elle exciserait l’abcès d’un coup de bistouri
D’où s’écoulerait le pus comme on lave sous la pluie
Les horreurs sans nom dans toutes leurs perfidies.

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Fureur

L’échec fut si cuisant
Que trembla en dedans
Toutes les belles paroles
Provoquant une rage folle
Qui faute de s’exprimer
Parvint à comprimer
Ce peu qui lui restait
De raison.

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Opéra bouffant

Les casseroles du désert
Qui n’ont plus rien à faire
Sont priées de rentrer
Dans leurs anciens foyers
Pour tenir compagnie
A tous ceux qui jadis
Ne les voyaient même pas
Et qui pleureront de joie
A les voir revenir
Sans pouvoir retenir
Ces sanglots de bonheur
A l’idée du banquet
Qu’ils iront concocter
Pleins de cette douce ardeur
Retrouvailles émiévrées
De leurs voix éraillées
Chanteront l’épousaille
Des casseroles en émail
Aux fourneaux des cités
D’immeubles agglomérés.

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Cet homme là est si grand
Qu’il vide les océans
En deux coups de clavier
D’un rêve échafaudé
Qui descend l’escalier
D’une falaise enchantée
Riant sous couette molle
Et c’est là sa parole
Il envoie deux mouettes
Qui vivent à la colle
Chercher la mer de glue
Qui aurait disparue
Et puis s’imaginer
Les abysses dévoilés
Comme de profondes vallées
De leurs larmes séchées
Exposant leur beauté
Et d’une balle en plein vol
C’est d’une magie folle
Qu’il instille dans ma rime
Ces jeux là où je frime
Dans l’espérance d’une vie
Qui ne regarde que lui.

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Renverse le jeu

Si tu es échec et mat
Renverse donc cette sacrée boite
C’est l’histoire d’un roi dans son labeur
Qui décide qu’à lui seul constructeur
Il revient de disséquer l’horreur
Afin de mieux déjouer ses peurs
A monter à l’assaut de la dame
Le bon roi n’y trouvant que mélodrame
Décida d’abandonner la partie
Pour bien mieux profiter de sa vie
Nez au vent et flânant il cueillit
Des bouquets entiers de paradis
A composer des histoires enchantées
Se faisant ainsi une telle renommée
Que la dame d’aussi loin qu’elle était
Regretta de n’avoir accepté
D’aimer ce roi puisque finalement
Il méritait bien d’être son amant
Mais le roi assailli de demandes
Ne vit même pas sa belle dame et l’offrande
Acclamé de succès mais prudent
Il savait qu’il n’était rien de plus grand
Que d’avoir renversé le malheur
Et d’y avoir enfin gagné son bonheur
Car de ce jeu s’il a fini gagnant
A renverser le principe allègrement
Et ainsi en retirer sa sagesse
C’est absolument sans aucune bassesse.

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A laquelle je mets quiconque au défi d’y répondre.
« A quoi sert de vivre ? »
Ce soir, dans l’unité de soins où je travaille, nous étions à table en train de manger lorsqu’un patient très en verve s’adresse à moi et me pose cette question.
« A quoi sert de vivre ? »
Sachant que ce dernier est lourdement atteint de schizophrénie paranoïde, que ses préoccupations actuelles tournent autour de la vie et la mort, et que qui plus est j’étais bien en peine de lui répondre vu les circonstances, l’environnement, et vu qu’à bien y réfléchir, c’est loin d’être une question idiote.
La question reste posée…

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Aujourd’hui je m’interroge. Certaines questions remuent aussi loin ma conscience que me voilà perplexe, à me questionner sur mes propres façons de penser, sur ma propre conscience. Mais tout d’abord, qu’est-ce-que la conscience ?
Le petit Robert nous apprend que conscience* : C’est la faculté humaine de connaître sa propre réalité* et de la juger. La faculté ou le fait de porter des jugements* de valeur sur ses propres actes.
J’y trouve les termes d’honnêteté, droiture, franchise.
D’où me viennent les questionnements sur mes propres points de vue si ce n’est de cette tendance naturelle à vouloir approcher sans cesse la plus grande justesse de vue ? Mais au regard de quoi ? De ces critères humanistes de justice et de droiture que j’ai fait miens au fil du temps ? Au regard de ces points de vue qui me semblent être respectueux du plus grand nombre ? Au regard de ce que j’aimerais trouver face à moi dans les mêmes circonstances si j’étais à la place de la personne au centre de la situation ? Ou même encore qui sait au regard de ce qui m’assure la plus grande tranquillité ?
Finalement, douter de soi, de ses propres critères de positionnements justes ne permet-il pas de les passer au crible de la critique, de façon à, soit les remettre en question et les réajuster, soit de mieux les conforter dans leur solidité ? Et ainsi réinjecter du plus juste ou plus solide à chaque fois ? Car si j’éprouve le besoin de me questionner sur ce juste auquel je me réfère, n’est-il pas temps tout simplement de le remettre en question, pour mieux ajuster à la réalité du terrain dans lequel j’évolue, et ce, afin de mieux cerner les mécanismes de fonctionnement pour être ainsi à même d’en repérer les dysfonctions et tenter d’y remédier à la mesure de mes moyens ?
Et hop ! Voici à nouveau ma conscience qui se met à parler ! Et si c’était une erreur de croire qu’il est possible de changer cela ? Et si même l’erreur venait de vouloir changer cela ? Dans la mesure où nommer les faits risque de stigmatiser sans rien régler. Ou chacun agit en fonction de son propre regard, prisme de lecture, héritage de son histoire personnelle, familiale, sociétale.
Fataliste ?
Qu’est-il donc nécessaire de faire alors ?
Me recentrer sur moi et ma difficulté.
Si je veux changer une situation, c’est qu’elle a des répercussions négatives sur moi. Alors plutôt que de vouloir changer ce qui ne dépend pas de moi, pourquoi ne pas plutôt laisser faire, exprimer mon désaccord, et de fait laisser ceux qui agissent ainsi porter les conséquences de leurs actes ? Dans la mesure où bien sûr il ne s’agit en rien d’inacceptable.
Mais voilà où le bât blesse ! Mon éthique professionnelle me rend tributaire et dépendante du travail de l’autre. Et pour mes collègues qui travaillent avec moi et qui sont dans la même situation et pas forcément d’accord avec ma pratique professionnelle, c’est exactement pareil ! Voilà le malaise ! Coordonner nos pratiques n’est pas gagné.
Et ma conscience me dit qu’on n’est pas prêts d’en venir à bout.
Et si justement, de cette différence, en ressortait une plus grande justesse de vue, à confronter nos avis respectifs ? A en débattre et à se nourrir mutuellement de nos différences ? Tant que le dialogue et la confrontation existeront, nous seront moins à même d’être dans l’erreur.
Alors, fataliste ?
Oui, je l’avoue.
Mais pas sans communication. Et pas sans y réfléchir un tant soit peu de temps en temps, en n’oubliant pas que donner son avis est aussi important que nécessaire, et que de la capacité d’écoute de chacun ressortira qui sait une plate-forme commune qui viendra cimenter un véritable travail d’équipe où chacun aurait une place spécifique à sa personnalité mais où les valeurs principales resteraient ajustées au plus près de la nécessité des circonstances.

Réalité* : Caractère de ce qui est réel, de ce qui existe effectivement, et n’est pas seulement une invention, une apparence.
Vérité, matérialité. En opposition aux désirs, aux illusions, à l’imagination, aux représentations par l’art.

Jugement* : Point de vue, avis, sentiment, façon de voir. Discernement, perspicacité.

Raison* : Faculté qui permet à l’être humain de connaître, juger, agir conformément à des principes, (compréhension, entendement, esprit, intelligence), et spécialement de bien juger et d’appliquer ce jugement à l’action. (Discernement, jugement, bon sens). Raisonnable, rationnel, lucidité, fondement, cause.

Citations :
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.
François Rabelais

Le spectacle de l’injustice m’accable, mais c’est probablement parce qu’il éveille en moi la conscience de la part d’injustice dont je suis capable.
Georges Bernanos

La conscience est bien plus que l’écharde, elle est le poignard dans la chair.
Emil Michel Cioran

Que chacun raisonne en son âme et conscience, qu’il se fasse une idée fondée sur ses propres lectures et non d’après les racontars des autres.
Albert Einstein

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